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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE
Ne crois
rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien, Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie. SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)
Bulletin no 306 Séance du 16/08/2008
L'importance de la réflexion de groupe Réfléchir sur des questions philosophiques, psychologiques, métaphysiques permet de développer l'intelligence et de rester en éveil au plus haut niveau. Se poser des questions quotidiennement est essentiel. Dans sa conférence sur la paix intérieure et extérieure à Nantes, le 16 août 2008, le Dalaï Lama incitait l'assemblée à lui poser des questions, soulignant que celles-ci sont toujours très intéressantes car elles permettent de voir les choses sous un autre point de vue, d'articuler les concepts entre eux d'une manière nouvelle. Dans un travail de groupe, chacun apporte sa propre richesse ce qui permet d'élargir la conscience de tous et d'aborder de nouvelles relations entre les idées. Le travail de groupe est ainsi associé au développement de l'intelligence et de la conscience de groupe, ce qui le rend beau et précieux.
La dévotion Jusqu'à la deuxième initiation, la dévotion est attachée à l'aspiration et vient des couches supérieures de l'astral. Le vecteur ascensionnel s'ancre encore dans l'émotionnel ; il est donc encore sous l'influence du mirage et des émotions passées. C'est la raison pour laquelle les trois mots associés à la seconde initiation sont : "consécration – mirage – dévotion". Dans "Les Rayons et les Initiations" (Traité sur les cinq rayons, volume V), page anglaise 682, le Maître D.K. explique la relation entre ces trois mots : "C'est la consécration de l'aspirant qui invoque le feu. (…) L'aspirant qui est sur les niveaux supérieurs du plan astral est emporté par le "feu de la consécration". Ceci focalise immédiatement sa volonté, telle qu'elle se manifeste, sur le plan mental, et cette focalisation, en temps voulu, entreprend le travail sérieux de déplacer sa conscience sur les niveaux du mental. Alors, immédiatement, le "feu" entre en action, et la première réaction est la "rencontre du feu et de l'eau" ; en conséquence, il se produit du brouillard, de la brume, du mirage et de l'illusion. (…) Le facteur qui conduit à la dissipation du mirage est la dévotion – dévotion à un individu, à un Maître ou à quelque projet idéal. C'est finalement une dévotion illimitée à la Voie, au parcours du Sentier à n'importe quel prix, et à l'attachement indéfectible au service – en ce que celui-ci constitue la technique majeure du Sentier. La consécration, ayant pour conséquence le mirage dissipé par la dévotion – voilà les notes-clé de la deuxième initiation." Au-delà de la seconde initiation, le disciple n'a plus de dévotion ou tout au moins ne ressent plus la note émotionnelle de la dévotion ; il est désormais polarisé sur le plan mental et peut ressentir une forme de sécheresse par contraste avec l'exaltation ressentie auparavant vis-à-vis du Maître et du groupe. Le penseur s'élevant au-dessus du plan astral reste fidèle à la Hiérarchie sans investir le plan émotionnel.
La dévotion est un vecteur ascensionnel, un facteur de stimulation spirituelle, qui génère cependant des séparatismes car elle oriente le regard dans une seule direction. Dans les religions, la dévotion est associée à une forme d'exclusivité : les chrétiens privilégient la relation avec le Christ, les bouddhistes privilégient une relation avec un maître, avec Bouddha mais ne croient pas en Dieu… Les juifs vivent aussi une dévotion, même si leur culte est dénué d'image. Le Maitre ne demande pas au disciple une exclusivité relationnelle ; au contraire, il le met en garde contre une focalisation émotionnelle excessive sur sa personne. Il l'invite à ne pas se centrer sur un barreau de l'échelle mais sur le haut de celle-ci ; il lui montre le sommet et l'incite à appréhender l'universel dans une forme d'abstraction et d'inclusivité. On se regroupe autour d'un chef d'orchestre parce qu'on aime la musique et que cela nous relie. Nous aimons l'Instructeur car il évoque en nous l'âme et, de manière plus large, le divin. Mais c'est avant tout parce que nous aimons Dieu que nous aimons Ses Serviteurs qui nous aident à gravir la montagne, non l'inverse. Le Maître, quel que soit son niveau, ne s'interpose pas entre le disciple et Dieu.
Le dévouement Le dévouement est associé à des actes horizontaux sous-tendus par une verticalité – la volonté de servir Dieu. Il est lié à une compréhension élargie, universelle, des actes qui sont posés pour les autres. Le dévouement aboutit à l'oubli de soi, à l'abnégation. Il permet de poser des actes qui permettent de vaincre progressivement l'égoïsme personnel. La phrase des Gémeaux résume bien les étapes de l'évolution de l'homme qui avance sur le sentier : "je me sers moi-même, puis je sers mon frère, et enfin je sers Dieu". La dévotion seule ne permet pas de vaincre l'égoïsme car elle induit une relation exclusive. Le Maitre n'est pas en attente de cela : il ne demande au disciple que de contribuer au bien du groupe et donne pour cela des indications qui ne doivent pas être déformées par l'égoïsme personnel. Ainsi, les disciples servent en se connectant à une intelligence supérieure qui leur permet de voir ce qui est nécessaire pour le groupe. Le véritable dévouement permet d'accéder à la connaissance directe. Si le disciple a accès au plan bouddhique, les intuitions ne sont pas déformées par des idées du mental concret. Il n'y a aucun mélange entre des éléments personnels et des énergies du plan supérieur.
Relations entre le Maître et le disciple Le disciple est observé de vie en vie par un grand disciple qui fournit des compte-rendus, des diagrammes basés sur la psychologie ésotérique, au Maître de l'ashram. Le disciple est accepté dans l'ashram au moment où il est durablement polarisé sur le plan mental, où il n'est plus agi par son corps émotionnel mais par ses pensées. Le champ énergétique de l'ashram doit être préservé ; aussi, l'entrée d'un nouveau disciple doit être évaluée avec sagesse car elle est toujours source de perturbation énergétique. Au départ, s'il est sensible, le disciple sera perturbé par toutes les vibrations qu'il percevra de manière exacerbée mais deviendra, de plus en plus, un soleil capable de les transcender toutes. Le disciple parviendra à engendrer le retour de la terre vers l'esprit, à sauver tout ce qui l'entoure.
Le maintien du taux vibratoire Lorsqu'un Maître ou un disciple avancé descend pour des raisons rédemptrices dans des plans inférieurs, la confrontation permanente avec un milieu polluant peut abaisser son taux vibratoire si ce dernier n'a pas été stabilisé. Il peut être nécessaire pour lui de se retirer pour le faire remonter. Mais lorsque la stabilisation est atteinte, il devient un foyer rayonnant permanent par rapport à cette vibration. Ce processus est inhérent à toute initiation. Le travail spirituel en formation de groupe, sous la bienveillance d'un "Frère Supérieur", permet à chacun de se régénérer dans le "puits de Lumière" créé par Ses hautes vibrations. Un taux vibratoire plus élevé et plus subtil peut ainsi être atteint grâce à cette main tendue depuis les plans supérieurs et par la force générée par la "cordée d'alpinistes" constituée par le groupe. La puissance d'un groupe suit une loi similaire existe en électricité, selon laquelle la Puissance résulte de la multiplication de la Résistance par l'Intensité au carré (P = RI²).
Les Stades du Disciple Existe-t-il une différence entre disciple accepté et disciple avancé ? Faut-il être d'abord un disciple avancé pour être accepté ? Techniquement un disciple avancé est de toute façon un disciple accepté. Tant que nous ne sommes que des aspirants, il nous est difficile de saisir ces subtilités. Mais, de même qu'un peintre est plus qualifié qu'un débutant pour apprécier un tableau, un disciple, lui, doit être capable d'apprécier les êtres qu'il approche. L'avancement d'un disciple peut être évalué par son comportement, la polarisation de sa conscience et sa connaissance de la nature humaine. Le Maître DK cite des critères concernant le disciple à la 1ère et à la 2ème initiation : "tous ceux qui aiment sincèrement leurs semblables, qui s'intéressent à l'enseignement ésotérique, et qui cherchent à se discipliner pour parvenir à plus de beauté dans la vie, sont initiés et ont pris la première initiation. (…) des personnes qui recherchent la polarisation mentale et témoignent du désir de penser et de savoir, associé aux marques distinctives de ceux qui ont pris la première initiation, peuvent être considérées, en toute probabilité et sécurité, comme ayant pris la deuxième initiation ou sont sur le point de la prendre. (Rayons et Initiations, A.A.B, pp 667) Mais ces critères de comportement manquent de fiabilité. Une personne susceptible, colérique et fantaisiste, s'intéressant aux écrits d'Alice Bailey, n'a pas nécessairement atteint la 2ème initiation. Inversement, il n'est pas exclu qu'une personne calme, organisée, à l'esprit synthétique, polarisée sur le plan mental, sans démontrer d'intérêt pour l'ésotérisme, soit un initié du 2ème degré. Faut-il penser que tout individu lisant les enseignements d'A. Bailey a forcément la 1ère initiation ? Le Maître DK décrit ce stade de "petit chéla" correspondant à une phase d'intérêt spirituel (médiumnité, livres, régimes) et commençant plusieurs vies avant la 1ère initiation. Le stade de "chéla dans la Lumière" désigne le disciple qui a établi un contact avec son Ame. A la 1ère initiation, ou "naissance du Christ dans le cœur", l'Ame élit domicile dans le cœur physique. Une consécration est déjà exigée qui peut passer par des sacrifices extrêmes sur le plan physique. Le dévouement de certains pompiers, bravant le danger pour sauver autrui, peut signaler la préparation à cette initiation.
Lecture de L'Etat de disciple dans le Nouvel Age d'A.Bailey (§675 à 678) Dans ce passage, DK décrit de manière très allégorique les 5 stades du cheminement de l'Homme vers la Lumière. Après être entrée aux stades 1 et 2 "sur la voie du réel désir" et s'être distraite "dans le champ où jouent les enfants", l'âme plongée dans la forme se détourne du chemin du désir et approche de la 1ère initiation. Au cours de cette étape (stade 3), une voix résonne au sein de son cœur et l'incite à "entrer dans le terrain de jeux du mental" d'où la fleur du corps causal est parfois entrevue. Au stade 4, le disciple est invité à pénétrer dans une sombre caverne pour s'y trouver lui-même. Il doit marcher dans les ténèbres, portant une lampe allumée sur la tête. Dans le lointain, à travers une ouverture, il aperçoit une croix avec en son centre une rose. Il la laisse en arrière mais, les yeux fixés sur elle, il reste attentif aux cris plaintifs de ses frères qui aspirent à la lumière. Au stade 5, la voix résonne dans la tête du disciple et l'exhorte à revenir vers le terrain de jeux du Seigneur pour y travailler désormais à "l'élévation des petits". La souffrance sur le chemin La souffrance conduit les hommes vers la Paix, la Lumière et la Libération. Elle apparaît à tous les stades sous une forme différente : "La souffrance est cette lutte vers le haut à travers la matière qui conduit l'homme aux Pieds du Logos ; la souffrance consiste à choisir la ligne de plus grande résistance et par là à atteindre le sommet de la montagne ; la souffrance est la destruction de la forme et l'arrivée au feu intérieur ; la souffrance est le froid de l'isolement qui conduit à la chaleur du Soleil central ; la souffrance est le feu qui brûle dans la fournaise afin de connaître finalement la fraîcheur de l'eau de vie ; la souffrance est le voyage dans le pays lointain, qui se termine par la bienvenue dans la maison du père ; la souffrance est l'illusion du désaveu du Père, qui conduit le fils prodigue directement au cœur du Père ; la souffrance est la croix de la perte totale, laquelle rend les richesses de l'éternelle munificence ; la souffrance est le fouet qui oblige le constructeur peinant à pousser jusqu'à la perfection suprême la construction du Temple." L'eau et le feu Sur le sentier, la souffrance issue de la fièvre des désirs réprimés est soulagée par l'eau. Après la coupe amère du karma, vient la deuxième, apaisante et régénératrice. Lorsque tout a été purifié et que la colonne vertébrale est parcourue par les eaux apaisantes, le feu de Kundalini peut s'éveiller, provoquant dans un premier temps le brouillard de l'illusion puis, dans une ardeur accrue, conduisant à la connaissance parfaite de la Vérité : "Tel est le sentier pour tous ceux qui cherchent la Lumière. D'abord la forme et toutes ses aspirations. Ensuite la souffrance. Ensuite, les eaux apaisantes et l'apparition d'un petit feu. Le feu croît, et la lumière devient alors active dans la petite sphère et accomplit son travail ardent. On voit aussi de l'humidité ; un brouillard épais, et à la souffrance s'ajoute un triste égarement, car ceux qui se servent du feu du mental au cours du premier stade se perdent dans une lumière illusoire. La chaleur devient ardente ; vient ensuite la perte de la sensibilité à la douleur. Lorsque ce stade est dépassé, il se produit alors l'éclat du Soleil que rien ne voile plus et la lumière claire et brillante de la Vérité. Tel est le sentier qui retourne au centre caché."
La récapitulation du disciple et le dépassement des désirs de vie en vie Si nous consacrons notre vie à suivre une démarche spirituelle, à étudier les enseignements d'Alice A. Bailey, peut-être avons-nous passé la 1ère initiation. Mais pour les plus jeunes d'entre nous, qui ont commencé le travail spirituel accompagnés de leurs parents dans cette voie, ce sera, un plus tard, leur existence et leur constance qui le diront. Chaque vie ou réincarnation comporte une période plus ou moins longue de récapitulation. Un disciple ou un initié sera un enfant comme un autre, pouvant même avoir mauvais caractère. Mais très vite, dès que l'âme aura établi fermement un contact avec le cerveau physique, l'enfant ou l'adolescent-disciple se démarquera. Un disciple voit surgir en lui des désirs et ressent leur attraction puissante. Ils se présentent à lui comme quelque chose de bien connu et qui a été de multiples fois éprouvé. Il les vivra avec très tôt la mise en place de la loi d'économie et de synthèse. La récapitulation lui fera revivre ces choses-là assez rapidement par de grandes étapes, la compréhension et la sagesse l'aidant à prendre le plus court chemin et à éviter la répétition douloureuse des égarements du désir. La sexualité, par exemple, ne le laissera pas indifférent au début, mais il ressentira la nécessité de la dépasser et s'il décide de la vivre, il le fera toujours dans le respect de la relation avec l'autre sexe et une économie d'expérience, presque incompréhensible pour les autres. Il sait que les désirs nous amènent sûrement à une forme d'insatisfaction. Il comprend qu'il est rare que notre désir colle avec celui des autres. Il n'y a pas de stabilité dans les désirs, ce qui est source de frustration dans la relation avec l'autre. Le disciple, de vie en vie, face aux désirs et aux dualités, élague et tranche de plus en plus facilement et il dépasse de plus en plus rapidement les étapes. Il distingue ensuite les grandes étapes qui contiennent de l'Amour ou non. Le disciple comprend qu'il doit dépasser ses désirs et recherche un compagnon ou une compagne qui veut aussi les dépasser. Nos jeunes frères sont invités à une démarche merveilleuse, mais s'ils ne sont pas prêts ce n'est pas grave. Leur âme le sait et attendra 1, 2 ou plusieurs vies que la personnalité soit prête. Mais si nos enfants ont choisi des parents qui sont sur le sentier, ce n'est peut-être pas un hasard. Nos frères adolescents commencent à conscientiser les enjeux et les dualités très fortes auxquelles leur personnalité sera confrontée et expriment une crainte de ne pas être en mesure de poursuivre leur démarche spirituelle. Ils ne savent pas s'ils auront assez de courage et de volonté.
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