Bulletin no 245 du 15/04/2006
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 245

Séance du 15/04/2006

La séance a commencé par la présentation de la rédaction définitive de l'article 7 des nouveaux statuts de l'association GIROLLE.

"Pour devenir membre de l’association il faut :

-       être motivé par l’étude des concepts psychologiques, philosophiques et spirituels présentés par l’association.

-       accepter d’entreprendre une démarche holistique régulière intégrant les plans de la personnalité (physique, émotionnelle, mentale) et une pratique quotidienne de la méditation permettant l’accès progressif à un niveau de conscience plus élevé, celui de l’âme.

-       accepter de coopérer à tous les travaux de groupe dans un esprit d'ouverture, de tolérance et de fraternité.

Après une série d’entretiens avec un membre du GIR (Groupe d’Incitation et de Recherche) permettant de vérifier ses motivations profondes et sa bonne volonté, le candidat sera admis progressivement au sein du groupe si aucun membre de GIROLLE ou toute personne n’a fait connaître à son propos des comportements contraires aux lois de la société et à l’éthique de l’association."

Cette formulation exprime clairement les choix de l'association. En l'absence d'une classification plus fine des activités par notre société, qui n'intègre pas encore la spiritualité, la rubrique 913A – Organisations religieuses – dans la nomenclature des activités françaises (code NAF) est celle qui caractérise le mieux notre association :

"Les activités culturelles des associations religieuses ou similaires :

-       la catéchèse, la célébration et l'organisation des différents cultes,

-       les activités monastiques ou similaires.

Cette rubrique ne comprend pas les actions sociales et éducatives réalisées par cette organisation."

Faudra-t-il adapter les questions posées à chaque frère avant le début de nos travaux de groupe : "as-tu médité la phrase d'intégration depuis au moins sept jours ?", "as-tu médité au moins sept fois depuis la dernière rencontre ?" afin de correspondre aux exigences de l'article 7 ?

Il est toujours possible d'augmenter la rigueur mais si elle est entièrement appliquée cela peut aussi représenter une difficulté.

Comment pourrions-nous chercher les énergies nécessaires sans méditer ? Nous connaissons la joie de retrouver une personne aimée : nos énergies descendent alors jusqu'au plan astral. Ne pourrions nous pas faire en sorte d'éprouver une joie équivalente lorsque nous allons à la rencontre des Maîtres dans nos méditations ?

Lorsque nous méditons ou lorsque nous tournons symboliquement vers l'Est, soyons conscients du dialogue que nous engageons avec l'Être le plus avancé que nous pouvons contacter. Pour certains il s'agit du Frère Instructeur, pour d'autres, il peut s'agir d'un Frère Supérieur au travers du Frère Instructeur. Le Frère Instructeur ne demande pas l'adoration, mais Il constate le manque de respect qui se traduit par la mise en place d'une relation d'horizontale. Lorsque le Frère Instructeur salue le groupe, il transmet la réponse de la Hiérarchie à chacun des frères. Il est important que chacun perçoive – au travers et au-delà du Frère Instructeur – la Lumière qui vient de l'Est, celle des Êtres plus avancés.

Ces Êtres supérieurs nous guident tout en sachant que chacun d'entre nous est son propre chemin, connu du Frère Instructeur. Les étapes et les crises futures qui devront être dépassées sont elles aussi connues. Sur le sentier énergétique, l'approche des premières initiations est connue du Frère Instructeur. Celui-ci nous aide à réaliser les prises de conscience nécessaires en provoquant une catharsis au moment où les circonstances de la vie y concourent.

Notre âme sait les épreuves qui restent à passer ; son chemin est conditionné par son rayon qui l'attache à un ashram et à un certain type de Maître. Il y a des étapes incontournables et c'est en cela que le futur est connu.

Lorsqu'une épreuve est refusée, un sentiment d'échec subsiste jusqu'au dernier jour. Par exemple, lorsqu'un prêtre abandonne sa voie pour se marier, lui et sa famille restent durablement marqués par l'épreuve.

Aucune séparation n'est gratuite et sans effet. Ceux qui partent critiquent durement et il impossible de dire qu'il en ressort de la joie. La dureté marque un échec qui est difficile à reconnaître.

La notion de groupe doit nous être très chère. Si nous nous rappelons les paroles de Jésus : " Seigneur, que Ta volonté soit faite et non la mienne", il ne nous est pas possible de faire fi du groupe et de nous organiser à notre guise. En cas de rupture, il n'y a pas de menace d'enfer ou de feu mais les Maîtres nous préviennent que nous tirerons de la tristesse d'avoir relativisé d'une façon désinvolte le début de relation que nous avons eu avec notre âme. Même s'il est possible de relativiser la relation avec le Frère Instructeur, ni notre âme, ni la Hiérarchie ne peuvent l'accepter.

Une certaine désinvolture est parfois affichée par notre sœur Sy. et elle devrait se poser la question de sa signification. Sy. doit bientôt quitter la région de Bordeaux pour suivre son compagnon J.C. qui jusqu'à présent a respecté la participation de Sy. aux réunions et travaux du groupe. Aujourd'hui les demandes de J.C., qui associe Sy. à son projet professionnel, pourraient ne plus permettre à Sy. la même assiduité. Celle-ci doit rappeler à son compagnon son vœu de verticalité et lui demander de le respecter en exprimant ainsi sa détermination sur le sentier. J.C. doit réaliser son projet sans pour autant induire une rupture entre Sy. et le groupe, qui ne serait pas dans l'intérêt de J.C. En effet, il bénéficie indirectement des énergies du groupe qui aident Sy. à maintenir une harmonie au sein de sa personnalité et dans son entourage.

Le Frère Instructeur veille à l'intégrité du groupe. Les énergies du groupe peuvent vitaliser le corps émotionnel mais ne doivent pas être détournées pour alimenter les passions de nos personnalités. Le Frère Instructeur peut décider de couper la commutation avec un frère qui n'a pas atteint un certain degré de pureté.

En faisant la "chaîne", chacun et surtout les êtres les plus évolués acceptent la relation avec d'autres personnes qui sont encore impures. Celles-ci ne doivent pas chercher à profiter des énergies du groupe de manière indue. Nous avons tous besoin du groupe et nous devons le respecter. C'est notamment pour ces raisons, que le Frère Instructeur ne laisse pas un nouveau frère entrer dans le groupe facilement. Les frères doivent aussi faire très attention avant de mettre en place une séparation avec le groupe, car leur réintégration sera encore plus difficile. Même le Service ne peut être un motif valable pour se couper du Maître. Il faut se rappeler qu'une pause hors du groupe aussi longue soit-elle, demandée par le Frère Instructeur, est très différente d'une départ volontaire.

Notre sœur Irène a demandé si nous sommes dans la foi ou dans une relation particulière avec la Hiérarchie ?

Faut-il se poser la question de la foi ou se demander ce qui nous détourne de la verticalité ? Est-ce la sensation d'un vide horizontal qui nous détourne de la verticalité ? Certaines personnes éprouvent un tel vide. Ainsi à 60 ans, certains aspirent encore à une relation intime voire même de couple. Pour d'autres, la notion de groupe s'est substituée à celle de couple, qui est une étape dépassée pour eux.

Il y a un aspect viril dans la relation avec l'âme qui se traduit par la rigueur que nous devons accepter.

L'aspect affectif peut n'être qu'un moyen pour conduire à la verticalité. Par exemple, le lien affectif, essentiel pour les enfants, permet de leur dire "si tu m'aimes, suis-moi !". Dans ce cas, le lien affectif permet d'engager la démarche verticale tout en les avertissant que ce lien doit évoluer pour s'élever. Le Service doit permettre l'élévation de ceux que nous approchons. Un disciple a tout autant la capacité de se rendre proche que d'être distant pour inciter son entourage à s'élever. Le Maître ne saurait dire "colle-toi à l'autre pour avancer avec lui" mais il n'est pas interdit de se servir de l'affectif tout en se préservant d'y "succomber". Lorsque nous visualisons la robe rose de la dévotion, ce n'est pas pour s'attacher mais pour élever ceux que nous croisons.

Il n'est possible d'accéder à l'art de la relation humaine que lorsqu'on en a la maîtrise. C'est la connaissance des réactions humaines qui nous permet d'établir de bonnes relations avec les autres. Un psychothérapeute ésotériste met en place une relation d'amour, ce qui n'est pas toujours le cas d'un psychothérapeute "classique" qui a tendance à se protéger derrière une déontologie. L'un est plus libre que l'autre. Celui dont le vécu est suffisant, qui a relativisé la relation affective, n'est pas dupe de la vraie nature des relations et ne peut pas se laisser piéger. Celui qui maîtrise n'est ni bloqué ni frustré. Lorsque la Paix profonde est en soi, il est possible de dire à l'autre "sois en paix" car cette Paix profonde émane alors de soi telle une vague énergétique. Mais tant que le corps émotionnel n'est pas maîtrisé, ces paroles ne sont qu'un vœu pieux sans effet direct.

Notre sœur My. a dernièrement accumulé des difficultés : elle n'a pas respecté les échéances des appels de cotisations trimestrielles et, pour compliquer la situation, la foudre a mis hors d'usage tous ses appareils électroménagers, y compris son ordinateur. Bousculée et fatiguée, My. a envisagé de demander à faire une pause vis-à-vis du groupe. C'est le vieil homme qui veut encore décider et devancer une décision du Frère Instructeur.

Chez My., les pulsions suicidaires qui l'avaient conduite, étant jeune, à une tentative de suicide ne sont pas dissoutes. La répétition des processus ne s'arrête que lorsque l'épreuve est suffisamment forte pour que l'on accepte de se remettre en cause. My. doit définitivement dépasser le désir de mourir et éprouver une profonde envie de vivre. La Hiérarchie ne peut s'émouvoir d'un suicide ; vu de plus haut, cela n'a pas d'importance, il ne s'agit que de la crise d'une âme. Répondre sérieusement et positivement à la question "est-ce que je veux vivre ?" implique complètement dans la vie et donne les ressources pour acquérir un savoir-faire et une autonomie, dans le domaine de l'informatique par exemple. My. ne rechercherait-elle pas une bonne raison pour décliner ses fonctions, en accumulant les erreurs, tant elle est éprouvée par rapport à la compétence ?

Est-il possible d'imaginer un mécanisme qui échapperait au Frère Instructeur ? Les contingences peuvent être différentes mais les mécanismes restent toujours les mêmes et sont bien connus. La problématique est la même pour tous et nous devons tous franchir les étapes. Le Frère Instructeur le sait.

Ne nous arrive-t-il pas de dire "après j'aurai le temps" ? Le mental a une activité qui est en rapport avec notre propre déviance qui est rarement verticale. Une autre forme de déviance consiste à dire "j'ai envie de faire cela et c'est légitime sur le plan spirituel". Le mental s'active puis il ne dispose plus d'énergie et ne sait plus où il en est. Si le Guide prévient, apparaît le sentiment d'être emprisonné par une volonté extérieure.

Si nous devions justifier profondément et rationnellement nos actes, très vite nous arrêterions nos activités horizontales pour nous consacrer à la verticalité. La verticalité accepte l'aridité (symboliquement la neige, le sable, le désert, l'absence d'arbres et d'oiseaux…) Tant qu'il y a de l'animation autour de nous, nous sommes dans le plan astral et potentiellement en danger. Le plan astral doit être abandonné, c'est-à-dire que les émotions doivent être dépassées, que le plexus solaire ne doit plus se faire entendre, avant de pouvoir construire l'antahkarana dans le plan mental abstrait.

Au niveau du groupe, la construction de l'antahkarana est la résultante de celui de chacun, comme des cheveux qui s'assemblent, les plus courts comme les plus longs en formant un fil qui s'élève verticalement. De temps à autres, une main tendue peut aider cette construction et cela se produit lorsque nous faisons appel à l'invocation au cours de la méditation. Il y a une technique de construction et le groupe doit construire son propre antahkarana. Il n'est pas possible de poser des actes individuels même sur le plan spirituel en marge du groupe, car là où nous sommes est le groupe. Toute démarche est centrée sur le groupe. Le Frère Instructeur interpelle les uns ou les autres sur les actes posés : Pourquoi cet acte ? Où est le groupe ? Et les réponses sont souvent puériles et peu profondes.

Si nous n'avions pas d'activité professionnelle, en profiterions-nous pour accroître notre temps de méditation journalier ? Nous ne pouvons en être certains car le vieil homme trouve toujours à s'occuper. Même dégagé des obligations sur le plan horizontal, il faut être préparé pour méditer plus souvent. Notre rythme est défini aussi par notre âme. Avons-nous choisi, en nous réincarnant, d'aller en ligne droite pour édifier l'antahkarana ? Dans ce cas, tout le reste devient accessoire. Lorsque nous savons faire beaucoup de choses, il ne nous reste plus qu'à servir l'humanité.

Développons la capacité qui nous permet de passer de l'axe horizontal à l'axe vertical sans trop de résistance. C'est l'amour que nous éprouvons envers tous ceux qui nous font confiance qui nous pousse à méditer plus afin de mieux les servir. A ce stade, nous ne nous demandons plus si nous avons la foi, nous servons. Celui qui doute à un moment donné s'est laissé aller à faire ce qu'il ne fallait pas faire, malgré les avertissements de son guide. Si nous n'entendons pas ce que notre guide nous dit, il se peut que nous vivions notre prochaine incarnation seul, sans Frère Instructeur. Tant que notre personnalité répond faiblement à la vie de l'âme, l'opportunité de rencontrer un guide n'est pas systématique. Il faudra alors reprendre l'ascension, peut-être dans un autre mouvement ou une autre religion. La miséricorde, symbolisée dans la religion Chrétienne par Marie, accueille tous ceux qui errent. Toutes les religions ont leur raison d'être. Sachons les aider au lieu de les dénigrer.

L'aptitude à penser juste nous permet de vérifier un concept et de voir s'il s'applique dans notre existence. L'édification de l'antahkarana suppose que nous nous accrochions à des concepts plus élevés, même si nous ne les comprenons pas immédiatement. Le disciple s'efforce de faire vivre ces concepts au quotidien afin qu'ils ne demeurent pas de simples idées au niveau de son mental.

L'exemple de notre sœur Mo. qui, par un rythme plus soutenu dans ses méditations, ressent plus d'énergies, nous démontre que le temps consacré à la méditation permet d'accroître le contact avec les énergies supérieures. Dans un premier temps, il est nécessaire d'apprendre à faire silence. Puis quand nous ressentons les énergies, nous apprenons à les diriger.

Tant que nous sommes trop enclins à ressentir nos émotions, nous ne pouvons pas travailler correctement avec nos énergies. Tout est processus énergétique. Lorsque nous nous sommes relativisés, nous ne ménageons plus notre entourage pour des raisons affectives.

Le groupe est notre joyau. Acceptons les remarques de notre Frère Instructeur qui, quand Il nous observe, pense au futur. De Ses observations peut résulter une rupture de notre fait qui mettra du temps à se réparer. Cette distanciation fera que l'aspirant devra attendre l'opportunité de rencontrer un autre Frère Instructeur.

Notre sœur La., qui vient de laisser la fonction de Frère de la Miséricorde, est confrontée à des peurs qui réapparaissent. Les problématiques de notre personnalité sont mises entre parenthèse durant le temps de notre service où nous bénéficions d’un courant d’énergie créé par le triangle formé entre le Frère Instructeur, le Frère de la Rigueur et le Frère de la Miséricorde.

Nous pouvons nous demander qu’est-ce qui intervient dans la vitalisation d’un triangle. Qu’est-ce qu’un triangle et comment les trois points interagissent-ils ? Dans certaines méditations, nous construisons certains triangles : coronal - ajna - cœur et coronal - ajna - alta-major. Ils se vitalisent progressivement, entrant dans un processus d’amplification.

Nous avons tous plus ou moins peur, ce qui induit des obstacles à notre avancement. Si nous méditons sur nos peurs, nous risquons de les amplifier. Il en est de même pour la méditation sur les mirages. Nous collons trop aux sentiments que nous devons dépasser. N’oublions pas que nous cheminons en groupe et que nous nous aidons mutuellement.

Le groupe a poursuivi la lecture de la deuxième partie de Rayons et Initiations, Traité sur les sept Rayons, Volume V (pp. 438 à 448).

La dualité de l'existence du Maître

Le Maître fonctionne sur le plan de l'Existence, contrairement au disciple qui vit dans les trois mondes jusqu'à la troisième initiation. Les termes d'Existence, de Vie essentielle, d'Energie dynamique caractérisent les initiations supérieures. Le Maître a réuni en lui tout ce que le disciple aspire à exprimer.

Tous les aspects divins peuvent être exprimés par le Maître. Du point de vue du temps et de l'espace, leur forme est relative. Les Maîtres savent cependant qu'une manifestation plus intense de ces caractéristiques divines est possible, et ce fait ne leur procure aucune tension car Ils connaissent la loi de l'Inévitabilité. Associée à la loi de Service, elle projette les candidats à la sixième initiation dans un champ d'expérience plus vaste.

Le disciple envisage péniblement le fait que les initiations supérieures soient affranchies de toute réaction émotionnelle car il a du mal à percevoir le moment où il sera libéré des limitations inhérentes à la vie phénoménale. Le Maître a laissé derrière lui les anxiétés liées à l'aspiration et à l'ambition spirituelle. Il connaît la Loi et le temps ne le concerne plus.

La dualité de l'existence du Maître s'organise autour de deux axes : celui de la conscience monadique et celui de la forme créée par lui. L'étudiant ne doit pas oublier qu'il existe de nombreux groupes de Maîtres qui ne sont pas connus car ils ne travaillent pas tous dans les trois mondes. Ils ne possèdent pas tous un corps physique et il ne leur est pas demandé de faire les sacrifices qu'implique le travail dans les trois mondes. Tous les Maîtres ne travaillent pas sous les ordres du Bouddha d'Activité en charge du Plan pour l'humanité. Chacun des trois grands Bouddhas est responsable devant la Chambre du Conseil et travaille au moyen d'un triangle d'énergies.

Lorsque le Maître comprend la simplicité de la constitution planétaire et dépasse le mental concret, Il entre dans un monde d'effort spirituel, libéré des formes qui cachent la vérité.

Le disciple vit dans le Devenir, complexe et emprisonnant. Le Maître évolue sur le plan de l'Existence, libre et simple. Il travaille simultanément dans le monde relié à l'existence pure et dans celui gouverné par la Hiérarchie. Seul le Plan retient son attention.

La science de l'Antahkarana

La dualité de la vie du processus initiatique concerne la préparation du disciple à l'initiation, engageant sa vie et ses attitudes mentales.

Deux aspects coexistent dans la conscience du disciple : la vie par laquelle il exprime l'attitude de l'âme et la vie subjective à partir de laquelle il met en rapport :

1. Le mental concret et le mental abstrait.

2. Lui-même et le Maître de son groupe de rayon.

3. Lui-même et la Hiérarchie dans son ensemble.

Tant que le disciple n'a pas commencé à construire consciemment l'antahkarana, créant une relation entre la Triade spirituelle et le mental, l'initiation ne se présente pas. Par la suite, son cerveau devient un agent d'enregistrement sur le plan physique. Ce processus nécessite du travail, la capacité d'interpréter et un grand pouvoir de visualisation. Ce pouvoir concerne la sensibilité symbolique qui exprime la compréhension spirituelle. Le sens de la visualisation est difficilement perçu par celui qui commence le travail de construction de l'antahkarana.

L'initié finit par découvrir la valeur de l'imagination créatrice résultant de la vie astrale. Au fur et à mesure de son évolution, le désir se transforme en aspiration, et l'aspiration en faculté d'intuition. Ce processus se vérifie par l'apparition de la qualité d'imagination de l'âme qui, mettant en œuvre le désir pour devenir une faculté supérieure, conduit à des réalisations plus élevées. Les énergies du mental, combinées à l'imagination, deviennent un agent d'invocation et de création.

L'étudiant ne doit pas oublier que le plan astral n'existe pas en tant que tel. Il est issu du mirage créé par l'humanité depuis l'Atlantide. Les contacts croissants avec l'âme dispersent le mirage et favorisent l'utilisation de l'imagination créatrice. Mise en action par un mental illuminé, le disciple utilise l'imagination créatrice afin d'obtenir des contacts plus élevés que ceux de l'âme. Il met alors sous forme symbolique ce dont il a pris conscience par l'intermédiaire de l'antahkarana. A chaque initiation, le disciple découvre la valeur du pont qu'il a créé sous l'inspiration de la Triade spirituelle, à l'aide des trois aspects du mental et avec la coopération intelligente de sa personnalité. Dès que la conscience imaginative n'est plus nécessaire, il prend conscience que ce qu'il a créé est bien réel et il sait que "la foi est la substance des choses que l'on espère, et la preuve des choses que l'on ne voit pas."

Construction de l'Antahkarana

Durant la majeure partie de son expérience, l'âme humaine est prisonnière des trois énergies inférieures. Puis sur le Sentier de Probation, l'aspirant essaie d'utiliser consciemment son mental et d'exprimer l'amour-sagesse car l'énergie double de l'âme se fait sentir. Ces cinq énergies à l'œuvre permettent d'établir un rythme entre la personnalité et l'âme. Ces deux énergies groupées pénètrent dans leur champ réciproque d'influence, établissant le sentier de contact. Cette Voie est terminée dès que la troisième initiation est prise. L'initié peut alors passer à volonté vers des mondes plus élevés, passant de l'obscurité à la lumière, et revenir de la lumière à l'obscurité. Ainsi, la première grande union sur le Sentier de Retour est accomplie. Se présente alors le deuxième stade de la Voie conduisant à la libération complète des trois mondes. L'âme est la synthèse de différentes énergies : celle de la Vie même, de l'amour-sagesse et du mental spirituel, connues sous le nom de atma-buddhi-manas.

La troisième initiation étant réalisée, la Voie est franchie rapidement et l'antahkarana est achevé. Les mondes de l'âme et de la personnalité ne font qu'un. L'initié y travaille sans faire de distinctions, considérant le premier comme le monde de l'inspiration et le second comme le monde du service. Ils incarnent sur le plan extérieur le corps éthérique subjectif et le corps physique dense.

Quels sont les stades que le disciple doit parcourir pour construire l'antahkarana ? Cette construction est effective dès que le disciple s'est focalisé sur le plan mental, à partir duquel il distingue le penseur, l'appareil de la pensée et la pensée elle-même, avec leur double fonction ésotérique : la reconnaissance et réceptivité des Idées et la faculté créatrice de construction de formes-pensées.

La focalisation du disciple sur le plan mental, mise en place par la méditation, lui permet de s'entraîner au pouvoir et à l'utilisation de la pensée. Il peut alors orienter le projecteur du mental à la fois vers le monde de l'effort humain et vers celui de l'activité de l'âme. La relation entre mental concret et abstrait est perçue en termes de lumière. Cette voie de lumière est l'antahkarana, construit par la méditation et un effort constant. Tout ce processus suppose que le disciple a acquis préalablement sur le Sentier de Probation un caractère correct et certaines qualités.

L'effort permettant d'attirer l'intuition demande la pratique d'une méditation occulte dirigée, une intelligence entraînée, une discipline constante du mental et une interprétation juste.

La construction du pont est au préalable mise en place par une tendance de vie dirigée et une réorganisation basée sur un plan. L'intelligence, la constance et l'activité de l'étudiant lui permettent d'avancer à grand pas.

L'humanité est aujourd'hui en mesure de commencer le travail de construction de l'antahkarana. Il en résultera l'unité. Les aspects physiques et spirituels de l'homme seront focalisés, permettant de diriger à volonté l'attention inférieure vers le supérieur.

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