La séance a commencé par la présentation de la
rédaction définitive de l'article 7 des nouveaux statuts de l'association
GIROLLE.
"Pour devenir membre de
l’association il faut :
- être motivé par l’étude des concepts
psychologiques, philosophiques et spirituels présentés par l’association.
- accepter d’entreprendre une démarche holistique
régulière intégrant les plans de la personnalité (physique, émotionnelle,
mentale) et une pratique quotidienne de la méditation permettant l’accès
progressif à un niveau de conscience plus élevé, celui de l’âme.
- accepter de coopérer à tous les travaux de
groupe dans un esprit d'ouverture, de tolérance et de fraternité.
Après une série d’entretiens avec un membre du GIR
(Groupe d’Incitation et de Recherche) permettant de vérifier ses motivations
profondes et sa bonne volonté, le candidat sera admis progressivement au
sein du groupe si aucun membre de GIROLLE ou toute personne n’a fait
connaître à son propos des comportements contraires aux lois de la société
et à l’éthique de l’association."
Cette formulation exprime clairement les choix de
l'association. En l'absence d'une classification plus fine des activités par
notre société, qui n'intègre pas encore la spiritualité, la rubrique 913A –
Organisations religieuses – dans la nomenclature des activités françaises
(code NAF) est celle qui caractérise le mieux notre association :
"Les activités culturelles des associations religieuses
ou similaires :
- la catéchèse, la célébration et l'organisation
des différents cultes,
- les activités monastiques ou similaires.
Cette rubrique ne comprend pas les actions sociales et
éducatives réalisées par cette organisation."
Faudra-t-il adapter les questions posées à chaque frère
avant le début de nos travaux de groupe : "as-tu médité la phrase
d'intégration depuis au moins sept jours ?", "as-tu médité au moins sept
fois depuis la dernière rencontre ?" afin de correspondre aux exigences de
l'article 7 ?
Il est toujours possible d'augmenter la rigueur mais si
elle est entièrement appliquée cela peut aussi représenter une difficulté.
Comment pourrions-nous chercher les énergies
nécessaires sans méditer ? Nous connaissons la joie de retrouver une
personne aimée : nos énergies descendent alors jusqu'au plan astral. Ne
pourrions nous pas faire en sorte d'éprouver une joie équivalente lorsque
nous allons à la rencontre des Maîtres dans nos méditations ?
Lorsque nous méditons ou lorsque nous tournons
symboliquement vers l'Est, soyons conscients du dialogue que nous engageons
avec l'Être le plus avancé que nous pouvons contacter. Pour certains il
s'agit du Frère Instructeur, pour d'autres, il peut s'agir d'un Frère
Supérieur au travers du Frère Instructeur. Le Frère Instructeur ne demande
pas l'adoration, mais Il constate le manque de respect qui se traduit par la
mise en place d'une relation d'horizontale. Lorsque le Frère Instructeur
salue le groupe, il transmet la réponse de la Hiérarchie à chacun des
frères. Il est important que chacun perçoive – au travers et au-delà du
Frère Instructeur – la Lumière qui vient de l'Est, celle des Êtres plus
avancés.
Ces Êtres supérieurs nous guident tout en sachant que
chacun d'entre nous est son propre chemin, connu du Frère Instructeur. Les
étapes et les crises futures qui devront être dépassées sont elles aussi
connues. Sur le sentier énergétique, l'approche des premières initiations
est connue du Frère Instructeur. Celui-ci nous aide à réaliser les prises de
conscience nécessaires en provoquant une catharsis au moment où les
circonstances de la vie y concourent.
Notre âme sait les épreuves qui restent à passer ; son
chemin est conditionné par son rayon qui l'attache à un ashram et à un
certain type de Maître. Il y a des étapes incontournables et c'est en cela
que le futur est connu.
Lorsqu'une épreuve est refusée, un sentiment d'échec
subsiste jusqu'au dernier jour. Par exemple, lorsqu'un prêtre abandonne sa
voie pour se marier, lui et sa famille restent durablement marqués par
l'épreuve.
Aucune séparation n'est gratuite et sans effet. Ceux
qui partent critiquent durement et il impossible de dire qu'il en ressort de
la joie. La dureté marque un échec qui est difficile à reconnaître.
La notion de groupe doit nous être très chère. Si nous
nous rappelons les paroles de Jésus : " Seigneur, que Ta volonté soit faite
et non la mienne", il ne nous est pas possible de faire fi du groupe et de
nous organiser à notre guise. En cas de rupture, il n'y a pas de menace
d'enfer ou de feu mais les Maîtres nous préviennent que nous tirerons de la
tristesse d'avoir relativisé d'une façon désinvolte le début de relation que
nous avons eu avec notre âme. Même s'il est possible de relativiser la
relation avec le Frère Instructeur, ni notre âme, ni la Hiérarchie ne
peuvent l'accepter.
Une certaine désinvolture est parfois affichée par
notre sœur Sy. et elle devrait se poser la question de sa signification. Sy.
doit bientôt quitter la région de Bordeaux pour suivre son compagnon J.C.
qui jusqu'à présent a respecté la participation de Sy. aux réunions et
travaux du groupe. Aujourd'hui les demandes de J.C., qui associe Sy. à son
projet professionnel, pourraient ne plus permettre à Sy. la même assiduité.
Celle-ci doit rappeler à son compagnon son vœu de verticalité et lui
demander de le respecter en exprimant ainsi sa détermination sur le sentier.
J.C. doit réaliser son projet sans pour autant induire une rupture entre Sy.
et le groupe, qui ne serait pas dans l'intérêt de J.C. En effet, il
bénéficie indirectement des énergies du groupe qui aident Sy. à maintenir
une harmonie au sein de sa personnalité et dans son entourage.
Notre sœur Irène a demandé
si nous sommes dans la foi ou dans une relation particulière avec la
Hiérarchie ?
Si nous n'avions pas
d'activité professionnelle, en profiterions-nous pour accroître notre temps
de méditation journalier ? Nous ne pouvons en être certains car le vieil
homme trouve toujours à s'occuper. Même dégagé des obligations sur le plan
horizontal, il faut être préparé pour méditer plus souvent. Notre rythme est
défini aussi par notre âme. Avons-nous choisi, en nous réincarnant, d'aller
en ligne droite pour édifier l'antahkarana ? Dans ce cas, tout le reste
devient accessoire. Lorsque nous savons faire beaucoup de choses, il ne nous
reste plus qu'à servir l'humanité.
Développons la capacité
qui nous permet de passer de l'axe horizontal à l'axe vertical sans trop de
résistance. C'est l'amour que nous éprouvons envers tous ceux qui nous font
confiance qui nous pousse à méditer plus afin de mieux les servir. A ce
stade, nous ne nous demandons plus si nous avons la foi, nous servons. Celui
qui doute à un moment donné s'est laissé aller à faire ce qu'il ne fallait
pas faire, malgré les avertissements de son guide. Si nous n'entendons pas
ce que notre guide nous dit, il se peut que nous vivions notre prochaine
incarnation seul, sans Frère Instructeur. Tant que notre personnalité répond
faiblement à la vie de l'âme, l'opportunité de rencontrer un guide n'est pas
systématique. Il faudra alors reprendre l'ascension, peut-être dans un autre
mouvement ou une autre religion. La miséricorde, symbolisée dans la religion
Chrétienne par Marie, accueille tous ceux qui errent. Toutes les religions
ont leur raison d'être. Sachons les aider au lieu de les dénigrer.
L'aptitude à penser juste
nous permet de vérifier un concept et de voir s'il s'applique dans notre
existence. L'édification de l'antahkarana suppose que nous nous accrochions
à des concepts plus élevés, même si nous ne les comprenons pas
immédiatement. Le disciple s'efforce de faire vivre ces concepts au
quotidien afin qu'ils ne demeurent pas de simples idées au niveau de son
mental.
L'exemple de notre sœur Mo. qui, par un rythme plus
soutenu dans ses méditations, ressent plus d'énergies, nous démontre que le
temps consacré à la méditation permet d'accroître le contact avec les
énergies supérieures. Dans un premier temps, il est nécessaire d'apprendre à
faire silence. Puis quand nous ressentons les énergies, nous apprenons à les
diriger.
Tant que nous sommes trop enclins à ressentir nos
émotions, nous ne pouvons pas travailler correctement avec nos énergies.
Tout est processus énergétique. Lorsque nous nous sommes relativisés, nous
ne ménageons plus notre entourage pour des raisons affectives.
Le groupe est notre joyau. Acceptons les remarques de
notre Frère Instructeur qui, quand Il nous observe, pense au futur. De Ses
observations peut résulter une rupture de notre fait qui mettra du temps à
se réparer. Cette distanciation fera que l'aspirant devra attendre
l'opportunité de rencontrer un autre Frère Instructeur.
Notre sœur La., qui vient de laisser la fonction de
Frère de la Miséricorde, est confrontée à des peurs qui réapparaissent. Les
problématiques de notre personnalité sont mises entre parenthèse durant le
temps de notre service où nous bénéficions d’un courant d’énergie créé par
le triangle formé entre le Frère Instructeur, le Frère de la Rigueur et le
Frère de la Miséricorde.
Nous pouvons nous demander qu’est-ce qui intervient
dans la vitalisation d’un triangle. Qu’est-ce qu’un triangle et comment les
trois points interagissent-ils ? Dans certaines méditations, nous
construisons certains triangles : coronal - ajna - cœur et coronal - ajna -
alta-major. Ils se vitalisent progressivement, entrant dans un processus
d’amplification.
Nous avons tous plus ou
moins peur, ce qui induit des obstacles à notre avancement. Si nous méditons
sur nos peurs, nous risquons de les amplifier. Il en est de même pour la
méditation sur les mirages. Nous collons trop aux sentiments que nous devons
dépasser. N’oublions pas que nous cheminons en groupe et que nous nous
aidons mutuellement.
Le groupe a poursuivi la lecture de la deuxième partie
de Rayons et Initiations, Traité sur les sept Rayons, Volume V
(pp. 438 à 448).
La dualité de l'existence du Maître
Le Maître fonctionne sur le plan de l'Existence,
contrairement au disciple qui vit dans les trois mondes jusqu'à la troisième
initiation. Les termes d'Existence, de Vie essentielle, d'Energie dynamique
caractérisent les initiations supérieures. Le Maître a réuni en lui tout ce
que le disciple aspire à exprimer.
Tous les aspects divins peuvent être exprimés par le
Maître. Du point de vue du temps et de l'espace, leur forme est relative.
Les Maîtres savent cependant qu'une manifestation plus intense de ces
caractéristiques divines est possible, et ce fait ne leur procure aucune
tension car Ils connaissent la loi de l'Inévitabilité. Associée à la loi de
Service, elle projette les candidats à la sixième initiation dans un champ
d'expérience plus vaste.
Le disciple envisage péniblement le fait que les
initiations supérieures soient affranchies de toute réaction émotionnelle
car il a du mal à percevoir le moment où il sera libéré des limitations
inhérentes à la vie phénoménale. Le Maître a laissé derrière lui les
anxiétés liées à l'aspiration et à l'ambition spirituelle. Il connaît la Loi
et le temps ne le concerne plus.
La dualité de l'existence du Maître s'organise autour
de deux axes : celui de la conscience monadique et celui de la forme créée
par lui. L'étudiant ne doit pas oublier qu'il existe de nombreux groupes de
Maîtres qui ne sont pas connus car ils ne travaillent pas tous dans les
trois mondes. Ils ne possèdent pas tous un corps physique et il ne leur est
pas demandé de faire les sacrifices qu'implique le travail dans les trois
mondes. Tous les Maîtres ne travaillent pas sous les ordres du Bouddha
d'Activité en charge du Plan pour l'humanité. Chacun des trois grands
Bouddhas est responsable devant la Chambre du Conseil et travaille au moyen
d'un triangle d'énergies.
Lorsque le Maître comprend la simplicité de la
constitution planétaire et dépasse le mental concret, Il entre dans un monde
d'effort spirituel, libéré des formes qui cachent la vérité.
Le disciple vit dans le Devenir, complexe et
emprisonnant. Le Maître évolue sur le plan de l'Existence, libre et simple.
Il travaille simultanément dans le monde relié à l'existence pure et dans
celui gouverné par la Hiérarchie. Seul le Plan retient son attention.
La science de l'Antahkarana
La dualité de la vie du processus initiatique concerne
la préparation du disciple à l'initiation, engageant sa vie et ses attitudes
mentales.
Deux aspects coexistent dans la conscience du
disciple : la vie par laquelle il exprime l'attitude de l'âme et la vie
subjective à partir de laquelle il met en rapport :
1. Le mental concret et le mental abstrait.
2. Lui-même et le Maître de son groupe de rayon.
3. Lui-même et la Hiérarchie dans son ensemble.
Tant que le disciple n'a pas commencé à construire
consciemment l'antahkarana, créant une relation entre la Triade spirituelle
et le mental, l'initiation ne se présente pas. Par la suite, son cerveau
devient un agent d'enregistrement sur le plan physique. Ce processus
nécessite du travail, la capacité d'interpréter et un grand pouvoir de
visualisation. Ce pouvoir concerne la sensibilité symbolique qui exprime la
compréhension spirituelle. Le sens de la visualisation est difficilement
perçu par celui qui commence le travail de construction de l'antahkarana.
L'initié finit par découvrir la valeur de l'imagination
créatrice résultant de la vie astrale. Au fur et à mesure de son évolution,
le désir se transforme en aspiration, et l'aspiration en faculté
d'intuition. Ce processus se vérifie par l'apparition de la qualité
d'imagination de l'âme qui, mettant en œuvre le désir pour devenir une
faculté supérieure, conduit à des réalisations plus élevées. Les énergies du
mental, combinées à l'imagination, deviennent un agent d'invocation et de
création.
L'étudiant ne doit pas oublier que le plan astral
n'existe pas en tant que tel. Il est issu du mirage créé par l'humanité
depuis l'Atlantide. Les contacts croissants avec l'âme dispersent le mirage
et favorisent l'utilisation de l'imagination créatrice. Mise en action par
un mental illuminé, le disciple utilise l'imagination créatrice afin
d'obtenir des contacts plus élevés que ceux de l'âme. Il met alors sous
forme symbolique ce dont il a pris conscience par l'intermédiaire de l'antahkarana.
A chaque initiation, le disciple découvre la valeur du pont qu'il a créé
sous l'inspiration de la Triade spirituelle, à l'aide des trois aspects du
mental et avec la coopération intelligente de sa personnalité. Dès que la
conscience imaginative n'est plus nécessaire, il prend conscience que ce
qu'il a créé est bien réel et il sait que "la foi est la substance des
choses que l'on espère, et la preuve des choses que l'on ne voit pas."
Construction de l'Antahkarana
Durant la majeure partie de son expérience, l'âme
humaine est prisonnière des trois énergies inférieures. Puis sur le Sentier
de Probation, l'aspirant essaie d'utiliser consciemment son mental et
d'exprimer l'amour-sagesse car l'énergie double de l'âme se fait sentir. Ces
cinq énergies à l'œuvre permettent d'établir un rythme entre la personnalité
et l'âme. Ces deux énergies groupées pénètrent dans leur champ réciproque
d'influence, établissant le sentier de contact. Cette Voie est terminée dès
que la troisième initiation est prise. L'initié peut alors passer à volonté
vers des mondes plus élevés, passant de l'obscurité à la lumière, et revenir
de la lumière à l'obscurité. Ainsi, la première grande union sur le Sentier
de Retour est accomplie. Se présente alors le deuxième stade de la Voie
conduisant à la libération complète des trois mondes. L'âme est la synthèse
de différentes énergies : celle de la Vie même, de l'amour-sagesse et du
mental spirituel, connues sous le nom de atma-buddhi-manas.
La troisième initiation étant réalisée, la Voie est
franchie rapidement et l'antahkarana est achevé. Les mondes de l'âme et de
la personnalité ne font qu'un. L'initié y travaille sans faire de
distinctions, considérant le premier comme le monde de l'inspiration et le
second comme le monde du service. Ils incarnent sur le plan extérieur le
corps éthérique subjectif et le corps physique dense.
Quels sont les stades que le disciple doit parcourir
pour construire l'antahkarana ? Cette construction est effective dès que le
disciple s'est focalisé sur le plan mental, à partir duquel il distingue le
penseur, l'appareil de la pensée et la pensée elle-même, avec leur double
fonction ésotérique : la reconnaissance et réceptivité des Idées et la
faculté créatrice de construction de formes-pensées.
La focalisation du disciple sur le plan mental, mise en
place par la méditation, lui permet de s'entraîner au pouvoir et à
l'utilisation de la pensée. Il peut alors orienter le projecteur du mental à
la fois vers le monde de l'effort humain et vers celui de l'activité de
l'âme. La relation entre mental concret et abstrait est perçue en termes de
lumière. Cette voie de lumière est l'antahkarana, construit par la
méditation et un effort constant. Tout ce processus suppose que le disciple
a acquis préalablement sur le Sentier de Probation un caractère correct et
certaines qualités.
L'effort permettant d'attirer l'intuition demande la
pratique d'une méditation occulte dirigée, une intelligence entraînée, une
discipline constante du mental et une interprétation juste.
La construction du pont est au préalable mise en place
par une tendance de vie dirigée et une réorganisation basée sur un plan.
L'intelligence, la constance et l'activité de l'étudiant lui permettent
d'avancer à grand pas.
L'humanité est aujourd'hui en mesure de commencer le
travail de construction de l'antahkarana. Il en résultera l'unité. Les
aspects physiques et spirituels de l'homme seront focalisés, permettant de
diriger à volonté l'attention inférieure vers le supérieur.