En début de séance, notre sœur Ir. a exprimé un
sentiment de paralysie, d'immobilisme pour expliquer le fait qu'elle n'a pas
pu terminer la planche qu'elle devait rédiger.
La dualité à l'origine de ce sentiment conduira-t-elle
Ir. à quitter le groupe ? Le seul espoir réside dans une aspiration
maintenue. Sans une aspiration véritable, il ne peut y avoir que surdité à
toute guidance. Lorsque le Guide attire l'attention sur les périls qui
peuvent surgir sur le chemin, il faut faire un effort de compréhension et
non pas seulement avoir une confiance aveugle dans le Guide. Celui qui
chemine quitte le sentier dès lors qu'il n'écoute plus les avertissements du
Guide qui perçoit les périls à l'avance. Les Maîtres savent que les épreuves
qui conduisent à une démission finissent par être surmontées. Là est
l'expression de la Miséricorde.
La dualité dans laquelle se trouve actuellement Ir.
naît dans le labyrinthe du mental qui suscite le "oui, mais..." typique des
natifs du signe de la Vierge. L'élément caractérisant la Vierge est le sable
fin coulant entre les doigts, paraissant souple, flexible et adaptable, mais
dont chaque grain est rigide et cristallisé. Tous les signes possèdent des
caractéristiques qui empêchent la progression : certains sont trop rigides,
d'autres ne sont pas assez persévérants. Seule la visualisation du But et le
regard fixé sur le haut de la montagne permettent de contourner l'obstacle
sans changer d'orientation. Le Guide veille à maintenir le cap et l'étudiant
doit maintenir le contact avec Lui. Le Guide sait qu'Il sait et sait que
nous ne savons pas.
La capacité du Guide à signaler les périls provient de
son expérience qui est plus grande que celle de l'étudiant. Il connaît les
pièges du chemin et Il peut nous aider à visiter notre château ou notre
labyrinthe car Il est lui-même libéré du sien. Chaque labyrinthe individuel
est différent mais tous ont quelques éléments communs.
Le Guide comprend plus vite les processus de la vie car
la Sagesse intérieure acquise dans les vies antérieures permet d'économiser
les énergies en évitant certains chemins. Il s'agit d'économies vitales (non
financières...) qui permettent de tout optimiser pour animer le mental, le
corps émotionnel et le corps physique.
Le Guide fait preuve de sollicitude en acceptant
d'entrer dans la logique du labyrinthe de chacun, en attendant que Lui soit
posées les questions auxquelles Il donne alors des réponses, en constatant
l'absence d'esprit de synthèse des néophytes, qui explorent une voie puis
une autre, comme autant de nervures d'une feuille de palmier, en quête d'une
nouvelle technique prometteuse.
Y a-t-il un âge pour atteindre cette synthèse ?
L'adolescent dans sa tête idéalise tout et croit tout savoir...
Beaucoup d'enseignements modernes entretiennent des
illusions, ceux qui déclarent dévoiler des "secrets", comme si l'Initiation
pouvait s'acheter dans les livres ou comme si l'on pouvait inventer une
"machine à construire l'antahkarana en quelques jours".
En réalité, les Maîtres nous laissent librement
construire l'antahkarana et cela est difficile. Pour y parvenir, la Loi
d'Économie doit être prise en compte car une vie est vite passée.
Le Guide est un observateur extérieur qui conduit
l'étudiant à percevoir ses modes de fonctionnement. Il faut des années à
l'étudiant, faisant une démarche consciente avec un observateur intérieur
vigilant, pour comprendre ses programmations et cette prise de conscience
provoque des crises.
L'exemple de notre sœur Co. a été évoqué. Un grave
accident de la route l'a conduite à abandonner sa carrière de dentiste.
Animée par une personnalité de rayon 3, volontaire mais propice à la
dispersion, elle s'est réorientée avec succès vers la psychologie en suivant
cinq années d'études en faculté. Co. est telle une petite fille qui,
cherchant la réussite et les félicitations de ses professeurs, s'enferme
dans son excellence en oubliant l'Amour du Maître et l'Amour Sagesse.
Co., maintenant diplômée, est entrée dans une nouvelle
activité professionnelle. Or, du fait de son accident, elle perçoit de son
assurance une rente de 3000 € par mois. Par conséquent, Co. doit-elle encore
consacrer une part importante de ses énergies à une activité lucrative ou
doit-elle chercher à en consacrer une bonne partie à la verticalité ?
Nous ne sommes pas programmés pour utiliser toutes nos
énergies dans un travail lucratif. Ne faut-il pas laisser aux autres la
possibilité de gagner de l'argent dès lors que nous avons suffisamment de
revenus financiers sans être contraint à le gagner ? Lorsque le vieil homme
a satisfait ses besoins élémentaires, il faut s'en contenter et se consacrer
à la verticalité. Bien entendu, tant que l'aspiration spirituelle ne nous
polarise pas entièrement sur la recherche de la verticalité, le travail ne
permet pas seulement d'assurer la satisfaction de nos besoins vitaux ; il
nous évite aussi de sombrer dans la paresse, les plaisirs et le
laisser-aller. Ainsi, avoir beaucoup d'argent peut être un drame pour celui
qui n'est pas prêt à la verticalité car l'abondance matérielle est stérile ;
elle doit être peu à peu orientée vers la verticalité pour que l'homme ne se
perde pas.
Les Frères Chartreux vivent seuls dans leur cellule et
consacrent leur temps à la lecture de la Bible, la prière et la
contemplation. Sommes-nous capables d'une telle verticalité ? Ne
cherchons-nous pas des activités de toutes natures qui occupent le temps et
le remplissent complètement ? Il est vrai que la télévision, devant laquelle
nous passons beaucoup de temps, peut nous donner l'occasion de connaître des
vies multiples par procuration.
Cependant, même dans certains monastères, la nécessité
du développement d'une acticité lucrative finit par laisser trop peu de
place à la verticalité. Des moines peuvent se faire récupérer par
l'horizontalité au détriment de la verticalité. Chacun doit avoir le souci
d'équilibrer l'horizontalité limitée à l'essentiel et la verticalité qui est
l'essentiel.
L'exemple de notre Frère
Instructeur illustre le choix de la verticalité qui peut être fait. Alors
qu'Il avait une belle situation qui lui assurait une sécurité financière, Il
a décidé de tout arrêter pour devenir psychologue et se consacrer à la
verticalité. Il constate aujourd'hui qu'il a pu assurer ses besoins
essentiels et qu'il a pu réaliser une véritable vocation. C'est l'Ame qui
veut... Il n'y a pas de méthode applicable à tous. Pour réussir dans cette
voie, il faut aussi être soutenu par la foi. Les contre-exemples de
charlatans qui réussissent, ne doivent ni nous arrêter ni nous détourner car
ils accumulent un Karma qu'il leur faudra dissoudre plus tard.
Le regard de la
Hiérarchie est très large et, bien qu'il ne plonge pas dans notre quotidien,
il perçoit notre inconstance, qui résulte de toutes les interférences avec
notre verticalité, même celles qui découlent de nos fréquentations. Lorsque
notre sœur Ma. dit qu'elle recommence à fumer, la réponse du Frère
Instructeur est que "l'on juge un arbre à ses fruits".
Les enfants eux-mêmes
prennent conscience de notre laisser-aller. Une démission en entraînant une
autre, l'enfant, lorsqu'il se construit, démissionne à son tour et finit par
ne plus avoir de respect pour les adultes. Il est normal que les enfants
soient l'image de leurs parents. Ainsi, lorsque les parents parlent à leurs
enfants, ils se parlent à eux-mêmes.
En restant calmes, stables
et équilibrés, nous attirons par affinité des âmes elles-mêmes équilibrées,
qui connaissent déjà la Loi d'Économie. Même les grands disciples
s'incarnent dans un environnement favorable et choisissent un foyer
lumineux. De même que notre groupe met en place une forme de résistance à
l'entrée de nouveaux membres pour n'accepter que ceux qui désirent ardemment
servir dans la durée, de même, un foyer peut opposer une résistance à
l'incarnation d'âmes non préparées.
Un adolescent évolué n'est
pas nécessairement un enfant docile car il peut faire preuve d'une grande
force de caractère, c'est-à-dire de détermination. Cependant, celle-ci
s'accompagne déjà d'une sagesse. Au contraire, le caractère difficile d'un
adolescent peu évolué, traduisant résistance et indiscipline, le conduit à
des expériences malheureuses.
La Loi d'Économie, une
fois qu'elle est intégrée, permet de faire des choix sans nécessiter des
délibérations profondes et permet de savoir jusqu'où il est possible
d'osciller sans risque autour du point d'équilibre. Ainsi, stabilité et Loi
d'Économie ont une signification commune.
Dans la maîtrise, il n'y a
pas de vibrations excessives qui épuisent, que ce soit sur les plans
physique, émotionnel ou mental. Cette maîtrise s'acquiert non pas en termes
de morale mais en termes d'énergies. Le caractère d'une personne est
déterminé uniquement par le fonctionnement des centres d'énergie. Les
méditations sur les centres appropriés conduisent à la maîtrise. Les
méditations peuvent par ailleurs être classées en plusieurs catégories :
- l'invocation dirigée vers une entité
supérieure ; il s'agit d'une demande d'aide, d'un appel vertical pour
bénéficier d'une énergie que nous n'avons pas,
- la relation de soi à soi durant laquelle nous
cherchons à ressentir les centres et les triangles d'énergie,
- la construction de l'antahkarana, celle-ci
faisant appel à la visualisation et éventuellement à l'invocation.
Dans tous les cas, la méditation est un travail
énergétique.
Comment méditer ? Si la question se pose, c'est que la
pratique de la méditation n'est pas encore suffisante. Il faut apprendre à
régler les différents types d'énergies, d'intensité et de fréquence. Il
s'agit du vrai travail auquel il faut se consacrer, surtout si l'on peut se
passer de travailler pour gagner de l'argent.
La grâce divine ne peut s'écouler qu'à travers des
disciples qui méditent. Le guide est en soi dès que l'on est conscient que
nos propres énergies peuvent profiter à quelqu'un qui est en attente. Nous
pouvons toujours être le guide de quelqu'un dès lors que nous avons
conscience de notre caractère et de nos énergies.
L'évangile rapporte que Jésus était conscient des
énergies qui le quittaient en réponse à une demande d'aide. Dans la foule,
une femme ait touché Jésus en pensant : "Si je touche ses vêtements, je
serai sauvée" et Jésus avait demandé : "Qui m'a touché ?", ayant perçu
l'attente de cette femme, qui avait été guérie instantanément.
Lorsque nous nous sentons fatigués, il s'agit en fait
d'une question de "réglage" des énergies et nous devons nous consacrer à
l'équilibre des énergies qui passent en nous.
Jésus a dit au jeune homme riche : " Si tu veux être
parfait, va vendre toutes tes richesses et donne-les aux pauvres. Puis
viens, suis-moi !" Mais les désirs s'opposent à cette suggestion. Le
renoncement et la continence ne doivent pas être tristes. Le disciple
éprouve de la joie lorsqu'il réalise la maîtrise et qu'il a conscience de sa
victoire sur le vieil homme. Mais, lorsque nous nous adressons au Frère
Instructeur en tant que vieil homme, Il sourit... Seul le vieil homme qui
est en nous peut imaginer que le Frère Instructeur n'a pas compris le sens
véritable de ce que nous sommes en train de Lui dire.
Le blocage de notre sœur Ir. est le signe d'une grande
dualité qui commence à l'empêcher de regarder vers l'Est. Lorsque le regard
fuit l'Est, le départ n'est pas loin. Dans l'état de crise qui précède le
départ, le regard dévie, il est flou et se perd dans le vide ; l'apprenti
n'a pas fait ce qu'il fallait et l'aspiration disparaît. La tricherie
apparaît et l'apprenti prend le mauvais sentier. L'état du penseur au plan
mental se répercute au niveau émotionnel et enfin sur le plan éthérique-physique.
Ainsi toute fatigue est le signe d'un déséquilibre au niveau mental.
Notre sœur Co. a été invitée ensuite à lire sa
planche : "La croix, expression de la vie verticale et de la vie
horizontale de service".
Évoquant les caractéristiques de l'aspirant du 3ème
Rayon et le But qu'il se fixe, Co. exprime la nécessité pour elle d'imposer
la tranquillité à sa personnalité et de renoncer à la suractivité. Elle a le
sentiment de n'arriver à rien qui puisse favoriser le but que son âme s'est
assignée et le vit comme un point de crise. Pour surmonter cette difficulté,
Co. est consciente qu'elle doit changer profondément son mode de
fonctionnement et ne plus mobiliser son mental sur la seule satisfaction de
ses désirs.
Pour y parvenir elle s'inspire de l'Enseignement du
Maître Tibétain qui mentionne la crise que peut vivre l'aspirant du 3ème
rayon et le travail qu'il doit entreprendre pour atteindre l'immobilité, la
compréhension et la vision de ce qu'il doit faire. Il doit en tout premier
lieu parvenir à un désengagement et une libération de ses propres idées. Ce
processus est souvent long, mais dès qu'il aboutit, l'intégration peut être
très rapide. L'aspirant, alors, monte sur la croix. Sa vie quotidienne est
essentiellement basée sur une attitude verticale et une efficacité
horizontale.
Le disciple, à la jonction de la verticale (Dieu -
Matière) et de l'horizontale (Méthode - Accomplissement), quel que soit son
niveau d'évolution, se consacre au service de l'humanité dans l'Amour,
l'Humilité et la Reconnaissance. Sa méthode pour y parvenir mobilise
l'intelligence du cœur et fait appel à l'observation, la visualisation, la
découverte des lois, l'expérience dans la matière et le dépassement de
l'orgueil et des désirs irrationnels. Ainsi le disciple se libère de la
souffrance et devient un collaborateur intelligent de l'âme.
Selon le Maître D.K., la Croix horizontale de service
est associée à : Compréhension, Unité, Expression et Bonne Volonté. Les deux
premières sont qualité de l'âme, les deux suivantes sont les moyens que la
personnalité utilise dans le service.
La vie du disciple prend alors deux aspects : il se
réalise spirituellement et il sert l'humanité. Le service lui permet de
s'élever sur la ligne verticale affirmant ainsi la primauté de la
verticalité sur l'horizontalité.
Co. conclut en constatant qu'elle vient d'être
confrontée au noyau dur de sa personnalité qui fait obstacle à son
aspiration spirituelle et qu'elle doit s'engager dans un véritable
renoncement et une reconstruction personnelle dans la Paix du cœur.
Notre sœur Co. comprend
qu'elle aborde la démarche spirituelle avec les mécanismes que sa
personnalité utilise pour acquérir rapidement des connaissances qui la
mettront à l'aise dans le milieu dans lequel elle se trouve. Ce mode de
fonctionnement témoigne de la reconnaissance que Co. attend de ses
professeurs ou du Maître, afin d'acquérir un statut particulier, de
valoriser sa personnalité et de prendre des responsabilités.
Lorsque nous pénétrons dans le Temple, c'est l'âme qui
doit maîtriser et non plus le vieil homme. Le Frère Instructeur peut être en
admiration devant une âme qui chemine mais pas face à une personnalité,
aussi brillante soit-elle.
Pourquoi Co. est-elle éprouvée en ce moment ? Sans
doute parce qu'elle a tendance à organiser sa vie selon son vouloir et que,
vivant plus près du regard du Frère Instructeur que d'autres frères de
groupe, elle s'expose un peu plus à ses remises en question.
Ceux qui sont plus éloignés au quotidien viennent à
chaque rencontre avec "une plume sur leur nez" tel le chien coupable d'avoir
mangé une poule... Leurs errances laissent des traces énergétiques dans
leurs auras. Ne cherchons pas la miséricorde du Frère Instructeur quand nos
égarements nous fatiguent. Les Maîtres ne s'occupent pas de ce que nous
faisons sur le plan physique, c'est la lumière que nous dégageons qui les
intéresse, c'est-à-dire notre aura, interaction entre notre âme et notre
personnalité. Le Frère Instructeur n'a pas besoin de vivre à nos côtés pour
connaître nos travers. La vie communautaire serait sans doute très difficile
pour la plupart d'entre nous car il y a une certaine dynamique à maintenir.
Nous pouvons soit nous rebeller contre la Hiérarchie en pensant que c'est
Elle qui décide de tout, soit considérer que nous sommes un orchestre guidé
par un chef d'orchestre, étant donné que nous avons une musique à jouer
ensemble. Il peut nous paraître difficile de trouver une place au sein de la
Hiérarchie car, lorsque nous sommes en bas de la pyramide, nous critiquons
ceux qui sont plus haut que nous sans avoir la capacité d'être à leur place.
Ne critiquons pas la Hiérarchie car nous y sommes déjà
associés. En effet, nous aussi, nous sommes attachés à des êtres moins
évolués ou plus jeunes que nous et nous devons pour cela nous efforcer de
représenter une verticalité. Les parents apprennent le sens de la Hiérarchie
avec leurs enfants en s'efforçant de maintenir un état intérieur de Paix et
d'Amour.
En cas de conflit, sachons, avec souplesse, nous situer
au centre et laisser les énergies se mouvoir autour de nous, comme dans
l'aïkido. Le manque de souplesse et de flexibilité nous font prendre des
décisions autoritaires et arbitraires.
Ce peut être le cas des parents vis-à-vis de leurs
enfants mais c'est aussi ce que nous observons au sein de nos gouvernements
successifs qui perpétuent les mêmes travers. Ils imposent des lois qui ne
vont pas dans le sens du bien commun. Ce qui se passe dans la rue
aujourd'hui n'a rien d'étonnant. La contestation sociale du moment est une
continuité au "non" qui a été prononcé à un certain type d'Europe et qui
traduit le refus du capitalisme. Or, toutes les lois actuelles favorisent le
capitalisme car l'influence des grandes entreprises pèse sur les
gouvernements. Les forces noires s'en servent pour déstabiliser l'économie
et appauvrir le plus grand nombre.
Progressivement, nous élirons des êtres au Service de
l'humanité, n'attendant rien pour eux-mêmes et nous remplacerons peut-être
le concept d'élus par des "groupes de services" choisis pour une période
donnée. Ils sauront "descendre" pour observer ce qui se passe puis
"remonter", prendre une décision et corriger éventuellement ce qui n'est pas
adapté. Si nous comprenons les plus hauts concepts, nous savons qu'il y a
toujours une vérité à dégager entre thèse et antithèse. Que pouvons-nous
élever et synthétiser si nous ne tenons pas compte des différentes facultés
des uns et des autres ? Les règles doivent être ajustées aux groupes dans
lesquels elles s'appliquent...
La Hiérarchie ne se permet pas de décider pour
l'humanité, elle adapte et s'adapte, observant les mouvements des hommes, ne
sachant pas d'avance à quel rythme ils vont évoluer. Il doit en être de même
pour nos gouvernants qui règnent encore comme des rois. Symboliquement, le
gouvernement représente le sommet privilégié d'une pyramide, manquant
d'humilité. Les jeunes qui manifestent aujourd'hui ont déjà une certaine
sagesse car ils refusent qu'un seul individu décide pour tous, sans
concertation. Il est souhaitable que les hommes expérimentent et supportent
collectivement la dualité et que le haut et le bas soient pleinement
solidaires. Les initiés assument l'incarnation jusqu'à se faire crucifier.
Notre sœur Ir. s'est sentie interpellée par la planche
de Co. car elle a mis en place les mêmes mécanismes de suractivité qui lui
permettent de combler un vide. Peut-être que l'appel à la verticalité n'est
pas assez fort. Ir. a encore le désir de se distraire tout en reconnaissant
que cela ne la satisfait plus. Quelles activités Ir. peut-elle maintenir
sans chercher une quelconque reconnaissance ? Le Maître peut demander à
celui qui fait de l'art de défaire son travail afin d'apprendre le
détachement, puis de recommencer. La majorité des artistes ne sont pas
détachés de leur création. Ils recherchent la reconnaissance et affichent
une vie déséquilibrée car ils bénéficient généralement d'un courant astral.
Sans verticalité, notre horizontalité finit par nous
ennuyer car nous ne savons plus quoi faire et tel une animal, attiré par le
champ du voisin, nous finissons par nous égarer. Une réflexion faite par Co.
il ya quelques temps : "Je ne veux pas d'une vie de monastère", montre qu'il
y a différents degrés dans l'appel à la verticalité.
Le Frère Instructeur peut continuer seul son ascension
vers le sommet de la montagne. Mais son Service est de prendre les mains qui
se tendent et de tirer vers le haut. Ne sacrifions pas le groupe par nos
dissipations, sinon nous ferons porter trop de poids sur les épaules de nos
frères. Souhaitons-nous vivre des périodes de pause hors du groupe et croire
que nous allons nous en sortir tout seul, oubliant les énergies du groupe ?
Nous sommes responsables de nos actes horizontaux qui sapent notre vie
verticale. C'est le rôle du Frère Instructeur de nous le rappeler.
Les "montagnes" initiatiques prennent la forme d'une
courbe accidentée tantôt cachant tantôt dévoilant le sommet initiatique.
Nous sommes face à une montée, en direction de la prochaine initiation, puis
face à une descente, et nous ne ressentons plus rien. Cela ne doit pas nous
faire reculer car c'est le chemin emprunté par tous les initiés. Le nombre
de "creux" et de "bosses" que nous avons déjà franchis reflète l'état
initiatique déjà atteint. Lorsque nous sommes dans un creux, nous devons
nous accrocher à d'autres énergies porteuses. Si nous reculons, nous en
retirerons une certaine amertume. Les moines qui reviennent à la vie civile
pendant leur traversée du "désert" ne paraissent pas plus heureux. La
sinusoïde nous permet de comprendre que ceux qui sont momentanément dans la
lumière se retrouveront dans un creux et vice-versa.
Sur le Chemin, économisons nos sentiments. Si nous
adorons le Frère Instructeur, nous pourrons un jour basculer et le détester.
Nous avançons tous. Soyons vigilants par rapport aux annonces de stages qui
nous promettent d'exalter nos centres et énergies, de trouver un plus grand
instructeur qui nous révèlera ses secrets.
Le groupe a poursuivi la lecture de la deuxième partie
de Rayons et Initiations, Traité sur les sept Rayons, Volume V
(pp. 430 à 438).
Le Proche-Orient et la
Palestine sont des zones de difficulté. Les actes terroristes des Juifs
entravent la bonne volonté de ceux qui encouragent la paix mondiale. Par
leurs activités, les juifs ont partiellement ouvert la porte aux forces du
mal qui n'avait pas été complètement scellée à la fin de la guerre mondiale.
Ces forces agissent par l'intermédiaire d'un triangle situé d'une part aux
Etats-Unis et représenté par le mouvement sioniste, d'autre part en Europe
Centrale et enfin en Palestine, qui n'est plus considéré comme une Terre
Sainte.
Ce tableau mondial
implique les Juifs, le Proche-Orient et la Russie. Du point de vue
hiérarchique, tout le Proche-Orient et une partie de l'Europe sont
recouverts d'un lourd nuage. Le problème est de savoir s'il peut être
dissipé par la pensée juste ou s'il va provoquer un désastre mondial.
L'humanité est libre de
conduire sa propre destinée. Elle n'a pas encore appris la leçon de la vie
double de l'homme.
La Dualité de la Vie
dans le Processus Initiatique
Le processus de dualité de
la vie passe par la compréhension de la relation entre le cerveau, la
personnalité et l'âme.
1. Le cerveau est un appareil de réception et de
transmission, réceptif à l'information qui lui est transmise par les sens,
et par qui la personnalité prend conscience de son environnement.
2. Le cerveau est essentiellement conditionné par
le système endocrinien :
a. Trois glandes majeures le gouvernent : le corps
pituitaire, la glande pinéale et la glande carotide.
b. Elles forment un triangle étroitement relié
chez l'homme spirituel.
c. Elles sont les correspondances des trois
centres énergétiques par lesquels l'âme gouverne.
d. Un triangle d'énergies en circulation
s'installe dès que la relation entre les trois glandes s'est resserrée.
e. Ce triangle entre en relation avec d'autres
glandes et centres via la glande carotide.
3. Le cerveau devient un agent de direction :
a. Récepteur et transmetteur de la vie, il édifie
une relation avec le cœur et le centre du cœur via la glande carotide qui
est gouvernée par le centre alta-major.
b. Récepteur de l'énergie de l'âme, c'est le
centre ajna, gouvernant le corps pituitaire, qui devient l'agent directeur.
c. Ces énergies sont reçues par l'intermédiaire du
centre de la tête qui gouverne la glande pinéale.
Le cerveau physique est utilisé en tant qu'appareil de
réception et de transmission grâce au triple mécanisme de la tête qui vient
d'être décrit. Le disciple ne doit pas rechercher délibérément à déclencher
ce mécanisme de la tête, mais il est incité à entraîner son mental à
recevoir des communications via trois sources : les trois mondes de la vie
ordinaire, l'âme et la Triade spirituelle.
La véritable épreuve du processus initiatique n'est pas
prévisible car elle teste l'initié sur sa capacité à retenir dans la
conscience de son cerveau les faits enregistrés dans les différents mondes.
Ces faits doivent être correctement interprétés sur le plan physique. Le
Maître, sur n'importe quel plan et à volonté, doit être conscient à chaque
instant. Graduellement, les cinq sens plus le mental doivent faire la preuve
de leurs correspondances supérieures et de ce fait d'un appareil subtil en
développement. Grâce à cet appareil, l'initié se rapproche de la conscience
planétaire jusqu'à ce que son mental devienne le "mental qui existe chez le
Christ".
Ce tableau implique quatre facteurs d'importance
majeure pour l'initiation : le but, les moyens, le point d'épreuve et le
cerveau physique.
La Dualité de la Vie du Disciple
Elle est différente de celle dont le Maître fait
preuve.
Au sujet du disciple, la personnalité triple, l'âme et
le mental abstrait sont impliqués. S'il atteint la conscience immédiate et
fusionnée de ces trois facteurs, il est parvenu au but. Il appréhende le
fait que cela engage la construction de l'antahkarana. Ces objectifs sont
vrais jusqu'à la troisième initiation. Ils présentent au disciple sa tâche
qui l'occupe pleinement. Il faut ajouter à cela l'aptitude grandissante à
travailler sur tous les plans de conscience impliqués. Il progresse en se
stabilisant sur le Sentier et en vivant sur le plan physique la vie d'un
homme intelligent, de bonne volonté et d'intention spirituelle rigoureuse.
Dans le premier stade de son discipulat, le disciple
est libre de se soumettre à ces contraintes car le facteur temps intervient.
Mais la rapidité de la vie spirituelle change en définitive cette attitude.
Il travaille alors sans véritable conscience du temps.
Dans les premiers stades, il faut du temps pour que les
contacts acquis par le disciple pénètrent des niveaux élevés jusqu'au
cerveau. Puis, sa conscience du temps étant ébranlée, il franchit le premier
pas sur le sentier de "l'absence de temps". Il travaille alors avec plus de
rapidité que l'homme ordinaire. Il neutralise les limitations du temps, ce
qui le conduit à en faire beaucoup plus. Ces faits indiquent que la vie
intégrée de la personnalité du disciple est remplacée par la dualité.
Cette dualité dans la vie de tous les disciples les
conduit à une interprétation mentale plus rapide, qui leur est nécessaire
pour l'enregistrement de la vie phénoménale. Lorsque, par le mental, la
connaissance est transmise au cerveau physique, l'interprétation doit être
correcte. Pour cela, il faut du temps, et c'est ce qui différencie le
disciple du néophyte. Quand le temps n'intervient plus, ce qui est
enregistré par le cerveau est avéré.
L'exemple suivant illustre la lenteur de la pénétration
de l'information dans le cerveau : peu d'aspirants sont conscients du fait
qu'ils ont déjà pris la première initiation, naissance du Christ dans le
cœur, et paraissent surpris quand on leur annonce. Dès que la conscience de
l'Eternel présent pénètrera leur intelligence, le passé, le présent et
l'avenir s'effaceront dans la conscience de "l'inclusivité du moment qui
EST". La loi de Karma, liée au passé et à l'avenir, sera neutralisée. La
dualité cosmique du Maître succèdera à la dualité de la vie du disciple.
Bien que libéré du temps, le Maître n'est pas libéré de l'espace car c'est
une Entité éternelle.
A ce point d'évolution, l'aspirant doit comprendre la
nécessité de l'alignement. A cela se joint la construction de l'antahkarana
qui doit être achevée à la troisième initiation, afin que s'établisse un
contact avec la Triade spirituelle. La destruction du corps causal lors de
la quatrième initiation met fin à la dualité de la vie du disciple.