En début de rencontre, le groupe a
continué de travailler sur le problème de mathématiques abordé lors de la
précédente rencontre. Il s'agissait de trouver, dans un triangle ABC
quelconque, l'emplacement d'un point O tel que la somme des distances OA +
OB + OC soit la plus petite. L'indice qui avait été donné pour résoudre ce
problème était : "le plus court chemin entre deux points est la ligne
droite".
Dans tout processus de réflexion,
interviennent à la fois l'intelligence et la mémoire. Il s'agit de les
utiliser à bon escient pour parvenir à une démonstration simple de ce
problème.

Un point O arbitraire étant choisi, nous
construisons le triangle ADE par rotation du triangle AOB de 60° autour du
point A. De ce fait, la longueur DE est égale à la longueur OB et La
longueur OD est égale à la longueur OA puisque il résulte de la construction
que le triangle AOD est équilatéral.
Cette construction permet de déployer
les trois longueurs OC, OA et OB selon une ligne brisée constituée des
longueurs CO, OD et DE. Les positions de départ et d'arrivée de la ligne
brisée, C et E, sont fixes, c'est-à-dire indépendantes de la position du
point O. En effet, E est l'image de B après rotation de 60°.
Pour trouver la somme (OA + OB + OC)
minimale, il faut aligner les trois segments [CO], [OD] et [DE] puisque le
plus court chemin entre deux points est la ligne droite. Le point O cherché
(noté ici O') se trouvera donc sur la droite (CE). Pour déterminer
l'emplacement précis du point O', il faudra effectuer la même construction à
partir du côté CB. Le point O' est le point de concours des droites (CE), (AF).et
(BG).
Il y a longtemps, les Maîtres
facilitaient le travail des disciples en explicitant largement
l'enseignement. Aujourd'hui, ils donnent des indications aux disciples qui
doivent utiliser leur intelligence, développée par la vie moderne, pour les
comprendre. Il existe ainsi toujours une marge entre les indications données
par le Maître et le niveau de réflexion atteint par le disciple.
La vie moderne développe un certain type
d’intelligence à laquelle sont initiés les enfants d’aujourd’hui. En
parallèle, certaines facultés ont régressé. Le niveau d’intelligence verbale
actuel est moins élevé que par le passé ce qui a des répercussions dans les
relations que les jeunes peuvent entretenir avec autrui. En effet, lorsque
l’intelligence verbale fait défaut, lorsque les échanges ne peuvent être
nuancés, il ne reste que les coups de poings pour s’exprimer. Si un jeune
est cultivé, il peut comprendre plus de concepts et donc différer des
comportements primaires.
Dans tous les types d'intelligence, il
s’agit d’établir des relations entre les objets, les êtres, les concepts.
Certains signes, comme les Gémeaux, ont plus de facilité que d’autres à
développer une intelligence relationnelle. La capacité à établir des
relations est plus ou moins rapide selon les individus ; bien souvent, les
tests évaluent une rapidité d’exécution et non une capacité en soi. Il faut
bien distinguer la profondeur de l'intelligence et la rapidité de celle-ci.
Un certain type d'intelligence, qui ne
peut être évaluée par les tests psychotechniques, est à développer sur le
sentier de l’évolution ; celle-ci doit permettre au disciple d'établir des
relations entre les lois supérieures et inférieures et donc de comprendre
plus facilement les problèmes qui se posent à lui au quotidien.
Dans tous les problèmes que nous avons à
résoudre, le cheminement intérieur que nous faisons nous permet d'inventer
une solution. En toutes choses, ayons la fibre du chercheur.
A quoi sert de se poser des problèmes de
géométrie ? Réfléchir à ces problèmes nous permet d’élargir notre conscience
et d'avoir un l'esprit large, prêt à envisager de nouveaux chemins. Nous
faisons des mathématiques pour exercer notre mental afin d’acquérir de
nouvelles connaissances.
Si nous sommes autodidactes, soyons
vigilants à ne pas devenir orgueilleux. L'orgueil est un écueil : il nous
auto-élimine, nous stoppe dans notre progression.
Si nous voulons témoigner de notre
démarche à l’extérieur, nous devons être plus intelligents et plus cultivés
que la moyenne. Le mysticisme et la spiritualité sont trop souvent
discrédités car les personnes qui en sont les porte-parole sont trop
passives, pas suffisamment explicatives et rationnelles aux yeux d’autrui.
Il est difficile de communiquer ce que
nous maîtrisons ; la seule chose qui peut être transmise, c’est
l’intelligence qui résulte de cette maîtrise. Le mental doit être affiné,
cultivé, discipliné pour transmettre à autrui notre compréhension des
phénomènes et des concepts spirituels. Il s'agit de développer un esprit
d'induction et de déduction qui permet de démontrer que nous ne sommes pas
influencés par un individu ou un groupe mais guidés par notre propre
intelligence.
Le discrédit, par son entourage, d’une
personne qui fait une démarche spirituelle survient très vite. Comment
prouver à notre entourage que nous sommes dans une démarche scientifique ?
En montrant que nous sommes des adultes responsables, impliqués dans un
processus actif de compréhension.
Le rôle du Frère Instructeur est
d’exiger une progression spirituelle qui ne doit pas être entravée par des
pensées du type "je suis handicapé". Dès qu’on se dit handicapé, on
s'empêche de progresser jusqu'à la fin de la vie. Le mental est comme un
jardin : si nous ne le cultivons pas, il devient de la friche.
Certaines de nos sœurs, Pi. et Co. en
particulier, sont pugnaces mais cette combativité s'appuie sur le vieil
homme, c’est-à-dire sur les vieux mécanismes de la personnalité.
L'observateur n’est pas triste en regardant le vieil homme car il est
associé à un état de conscience situé à la pointe de la personnalité,
touchant déjà l'âme. S’il y a de la tristesse, elle émane du vieil homme qui
se regarde, se juge et se condamne. Les vieux mécanismes vont alors être
amplifiés au lieu d'être transformés.
Lorsque l'âme parle, nous devenons
humbles, sensibles et sages. Ce n'est jamais l'âme qui réagit mais notre
personnalité, notre noyau dur, particulièrement résistant dans le Lion et le
Scorpion. Ces signes sont d’ailleurs les plus représentés en politique. Il
s’agit, pour la société, de se doter d’hommes politiques qui soient de
véritables serviteurs de l'humanité, qui utilisent leurs facultés au service
des autres. Mais tant qu’ils n’auront pas atteint un certain niveau
initiatique, l’orgueil peut être encore être un écueil car il est difficile
de rester humble tout en dirigeant un groupe. Certains êtres peuvent se
retirer de la société pour vivre une vie d’abnégation et d’humilité.
L’orgueil se loge partout : les jeunes
croient qu’ils savent tout et le revendiquent haut et fort ; les adultes se
rendent compte qu’ils ne savent pas grand chose mais ils ont du mal à le
dire aux autres. L’essentiel sur le sentier est de garder confiance et de
chercher la vérité.
Les frères qui ont abandonné le travail
de groupe sont partis déçus car ils s'attendaient à un processus magique,
sans effort d'humilité. Or, le mental doit être un outil docile, affûté, au
service de l'âme et non de la personnalité. Le mental doit être calme, comme
des eaux limpides, et des associations doivent être inspirées par les plans
supérieurs. Le mental doit poser les problèmes, les examiner et faire
confiance.
Le vieil homme en nous est sourd mais se
réveille dès qu'on lui dit qu'il va mourir ; il est malin et cherche par
tous les moyens à éviter d’être piégé. Le vieil homme veut conserver ses
mécanismes qui font vivre la personnalité.
Comment l’extérieur peut-il faire la
différence entre la démarche d’humilité de l’aspirant-disciple et le
processus de dépersonnalisation ? Trop souvent, la discipline et
l’obéissance au maître sont vues comme le résultat d’un processus
d’influence.
Les enfants font ce que leur disent les
adultes car ils les craignent ; ils ne sont pas dans la véritable
obéissance. Le disciple est un véritable collaborateur et il obéit en toute
intelligence à la réalisation du Plan. L'obéissance se transforme alors en
une faculté de compréhension supérieure.
L'association mentale, faite par
certains, entre la relation hiérarchique et la relation parent-enfant est le
signe d'une incompréhension totale. Le Maître ne demande pas à être obéi ;
il l’est naturellement par des disciples qui demandent à être instruits. La
Hiérarchie est un cadeau merveilleux que Dieu nous accorde.
Les parents qui ne se comportent pas
dignement détruisent la représentation de la Hiérarchie et de Dieu chez
leurs enfants. Il faudra plus tard, pour ces derniers, découvrir une
conception et un vécu heureux de la Hiérarchie.
Si nos parents n'ont pas su nous
enseigner la beauté de la Hiérarchie de sagesse entre les êtres, la relation
avec le Frère Instructeur ravivera certaines expériences douloureuses de
l'enfance.
Certains sont prédisposés à tout
regarder avec méfiance, à tout critiquer et à mettre le conflit en place
dans tous les domaines de la vie. C'est le cas des mentaux de quatrième
rayon (Scorpion, Sagittaire…). Le conflit résulte de l'interprétation des
évènements au travers d’une intelligence fixe, manquant de souplesse, qui ne
peut sauver ni les autres, ni soi-même. Il faut trouver un point de paix
par-delà les interprétations de notre mental hérissé et sur le qui-vive, qui
cherche à sauver la personnalité.
Quel contrat avons-nous passé avec notre
âme en début d’incarnation ? Développement de la personnalité ou
développement de la relation âme-personnalité ? Même dans nos services,
apparemment altruistes, le vieil homme ne récupère-t-il pas encore des
choses pour lui-même ?
Lorsque nous rendons service,
donnons-nous vraiment de nous-mêmes en nous oubliant ? ou bien sommes nous
contents de nous-mêmes et de la bonne action que nous avons faite ? Quel que
soit le métier ou l'action que nous faisons, nous devons les faire en toute
conscience, en don de soi véritable.
Notre sœur Sy., qui travaille dans le
secteur social, est souvent révoltée. C’est sa personnalité et non son âme
qui se révolte. Sy souffre d’être confrontée à la vision d’une "mauvaise
horizontalité", de situations sociales difficiles. La verticalité affirmée,
forte, permet d'assumer toute horizontalité. C'est la croix verticale qui
supporte la croix horizontale et non le contraire. Le véritable service
permet de faire monter l'humanité. La plupart des actions que nous menons
relèvent de la solidarité et non du service. La solidarité devrait être un
réflexe inné et ne devrait pas être qualifié de "service".
Certains frères se forment actuellement
auprès d'une association d'accompagnement de fin de vie. Celui qui chemine
et qui a une compréhension de la mort a-t-il besoin de leçons puisqu'il est
déjà capable de mourir lui-même ? Le véritable accompagnement ne peut être
fait que par des personnes qui sont capables de mourir elles-mêmes. Il
s'agit donc de disciples, d'âmes triomphante qui peuvent accompagner
beaucoup plus loin, beaucoup plus haut, que la plupart des autres
accompagnants car elle peuvent y aller elles-mêmes en toute liberté.
Les associations d'accompagnement de fin
de vie mettent en place, auprès des gens qu'elles forment, un cadrage, des
garde-fous dogmatiques, un principe de précaution car le processus de la
mort n'est pas connu et parce qu'elles ne veulent pas passer pour des
sectes. Mais c'est comme si on disait à un musicien de venir jouer dans un
orchestre sans qu'il puisse jouer telle ou telle note de musique.
La paix intérieure, le calme de
l'intériorité ne peuvent s'apprendre, s'enseigner par des consignes. Ce
n'est que lorsqu'on est dans l'amour, que lorsqu'on a travaillé sur soi
pendant des années que l'on peut véritablement accompagner des êtres qui
souffrent.
C'est la vérité et l'amour qui doivent
être cherchés au fond de nous-mêmes. Saint Paul écrivait : "J'aurais beau
parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité,
s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale
retentissante…" Si nous posions chez nous des actes d'amour, nous n'aurions
pas besoin d'aller chercher un cadre ailleurs pour poser ces actes dits "de
service".
Les religieuses (qu'on dénomme
couramment "bonnes sœurs") sont souvent critiques, maniaques et crispées sur
des habitudes répétitives. Comment dans ce cas peuvent-elles vivre dans
l'amour et adorer Dieu ?
Il devrait être possible, bien que rare,
d'entendre quelqu'un affirmer : "Je voudrais être policier et travailler
dans l'amour." ? Dans notre espace professionnel, nos collègues peuvent nous
percevoir comme différents, pas véritablement à notre place et cependant
très proches d'eux.
Notre sœur Ma. a lu sa planche : "Je ne
peux pas abandonner mes frères et sœurs de groupe".
Cette phrase l'a réveillée en pleine
nuit et lui a fait prendre conscience qu'elle déviait de la direction dans
laquelle elle s'était engagée avec ses frères de groupe. Ma. observe en elle
des états émotionnels qui l'attirent vers le bas. Elle ne trouve pas de
point de paix et se laisse envahir par la peur et la colère. Quand elle a
l'impression de reprendre le dessus, elle se rend compte après coup que
c'était une fois de plus ses émotions qui la dirigeaient. Elle a le
sentiment d'être prise dans une tempête qui ne se calme pas. Ma. oscille
entre l'envie de persévérer et d'abandonner sa démarche. Elle remplit le
temps avec des trajectoires horizontales qui ne la satisfont pas. Ses
déterminismes de Taureau la poussent à vouloir posséder et maîtriser dans
une lutte incessante. Ma. doit trouver la véritable paix en expérimentant
une solitude salutaire. Ma. a conclu en demandant pardon à ses frères et
sœurs de groupe et au Frère Instructeur de les avoir trahis par ses pensées
et invoque l'aide du Seigneur afin de se libérer de son fardeau.
Est-ce le groupe qui a besoin de Ma. ou
Ma. qui a besoin du groupe ? Si Ma. quitte ses frères et sœurs, le groupe
sera-t-il orphelin ? Un enfant abandonne-t-il sa mère ? Il semblerait que ce
soit Ma. qui ait besoin du groupe.
Notre sœur devra-t-elle vivre des
épreuves encore plus dures pour pouvoir dire : Je connais déjà la direction
et j'avance vers elle.
Notre sœur An., vivant une pause
vis-à-vis du groupe, a envisagé un très court instant le suicide comme seule
issue aux épreuves qu'elle traverse. Peut-être que le grand choix s'est
enfin posé à elle : la mort ou la Vie.
Le problème du choix se pose également
pour notre sœur Mar. qui reste à la porte de notre Temple. Mais ayant acquis
une certaine force, elle va peut-être pouvoir faire ce choix.
Quels sont les événements symboliques
qui, pénétrant notre être, nous permettront de faire le choix entre la vie
et la mort ? Pour certains, être abandonné par leur conjoint est une épreuve
terrible, alors que d'autres l'ont dépassée et demeurent, inébranlables,
dans la confiance et la foi.
Comment en arrivons-nous à perturber
notre corps physique par l'émission d'un certain type de pensées ? Sûrement
parce que nous attachons beaucoup trop d'importance à ces pensées. Nous
sommes responsables de notre état. Le Frère Instructeur ne s'apitoie pas, il
observe notre descente et assiste à notre remontée. Lorsque nous pensons au
suicide, c'est le vieil homme qui veut mourir, pas notre âme. Ceux qui
passent à l'acte disent inconsciemment à leur entourage que c'est de leur
faute. Le suicidé culpabilise ses proches qui se désolent de n'avoir rien
décrypté dans son attitude.
Nous faisons un drame de chaque
situation éprouvante alors que c'est notre imagination qui déforme la
réalité. Le Frère Instructeur incite Ma. à trouver en elle une certaine
force sinon elle devra observer une pause vis-à-vis du groupe. Le Frère
Instructeur avait envisagé cette possibilité suite aux absences répétées de
Ma. Au cours des nuits suivantes, Ma. a "capté" cette pensée et en a été
perturbée. Si la fraternité existe, elle est là pour nous faire comprendre
ce qui est essentiel.
Co. a été interpellée sur la notion de
fraternité. Elle reconnaît qu'elle a tout à apprendre à ce sujet. La
fraternité, qui est une attitude découlant de la perception de l'unité,
s'apprend-elle comme n'importe quelle discipline ? La fraternité ne passe
pas par le mental. Si Co. pouvait être notée sur son aptitude à la
fraternité, elle aurait peut-être une note éliminatoire. Co. peut-elle être
aimée dans l'isolement provoqué par le vieil homme ? Seul l'isolement non
basé sur l'égoïsme laisse une place aux autres.
Notre sœur My. doit apprendre dans
l'isolement qui est le sien à s'aimer et à aimer les autres. Nous devons
rechercher une solitude introspective qui est différente de l'isolement
affectif. Nos moments de solitude sont-ils réservés à nos désirs égoïstes ?
Pouvons-nous être aimé lorsque nous sommes enfermés dans cette attitude ?
Parfois, certains êtres se sentent isolés au milieu d'un groupe car ils ne
prennent que ce qui les intéresse. Quand le vieil homme veut s'isoler, il
finit par s'endormir. Y a-t-il de l'amour dans cette tendance à nous
réfugier sur nous-mêmes ? Nous pouvons nous isoler parce que nous sommes
déçus de nos relations avec les autres. Le vieil homme peut même être amené
à douter des gentillesses que les autres lui témoignent, il devient alors
misanthrope. Avons-nous encore envie d'expérimenter cet état-là ? Là où il
n'y a plus les hommes, plus d'amour, pouvons-nous y trouver Dieu ? Nous
pouvons avoir toutes les facultés nécessaires à l'initiation, être "doué",
et cependant échouer dans l'épreuve de la séparativité et de l'égoïsme.
Avons-nous fait des choix vraiment
profonds ?
Notre frère Th., en attente permanente
de sensualité, n'a-t-il pas fait un demi choix, qui le maintient dans la
souffrance ?
Dans ce groupe, nous faisons le choix de
l'humilité. Certains d'entre nous ont-ils commencé cette démarche trop tôt ?
L'âme enregistre toutes nos tentatives, jusqu'à la victoire. L'orgueil est
un obstacle majeur. Développons le type d'intelligence qui nous permettra
d'attaquer le vieil homme. Lorsque l'éducation que nous avons reçue ne nous
a pas permis de faire ce travail, alors nous devrons faire ce chemin tout
seul. Connaissons-nous beaucoup de parents qui parlent d'humilité à leurs
enfants ? En général, ils leur disent : "débrouille-toi et dégage". Voyant
nos propres parents se débrouiller dans une forme de stratégie et de
manipulation, nous reprenons cette attitude à notre compte.
Par manque de volonté, Ma. ne tient pas
longtemps les résolutions dictées par la raison. Ma. a déjà expérimenté la
fragilité jusqu'à quitter le groupe.
Sa peur d'être seule la plonge dans des
états sombres, où elle se laisse influencée et achoppe sur la bonne réponse.
Elle doit se relever seule et non en s'appuyant sur son compagnon ou sur
l'espoir que son compagnon revienne vers elle, car dans ce cas, Ma. exerce
un chantage affectif. Elle ferme les yeux puis les ouvre à moitié pour voir
si l'autre est là. Ma. n'a pas encore résolu sa problématique et son état
émotionnel peut poser des problèmes d'ordre énergétique au groupe.
Son compagnon a besoin lui aussi
d'expérimenter une descente très profonde pour pouvoir se relever tout seul.
A l'heure actuelle, Ma.et son compagnon ont un besoin morbide l'un de
l'autre.
Tenant compte de la nature de son
compagnon, Ma. doit prendre une décision dans la force et non dans la
faiblesse. Il en va de l'équilibre psychique des deux.
La solitude est nécessaire afin
d'apprendre à poser des actes sans dépendre de l'autre. Nous nous savons
capables de faire beaucoup de choses par nous-mêmes. C'est la dépendance
vis-à-vis de l'autre qui crée l'illusion de ne pas savoir faire telle ou
telle chose. Quelle est la chose essentielle que Ma. ne saurait pas faire si
elle devait vivre seule ? Ma. souffrirait d'un manque en général. Elle pense
que sa passivité, son immobilisme sont compensés par les mouvements
permanents de son compagnon. Dans ce cas, pourquoi hésitent-ils à reprendre
leur vie commune ? Ma. a-t-elle pardonné à Th. son aventure avec une autre
femme ? Si son pardon n'est pas entier, elle maintiendra pernicieusement
quelques petits conflits.
Le compagnon de Ma. a besoin de vivre
des paroxysmes. Pour l'aider à remonter, Ma. doit être forte. Mais elle ne
peut reprendre des forces que dans une prise de distance. Il est nécessaire
de comprendre ce qui est bon pour les deux afin de faire grandir l'enfant
qui est en eux.
Chaque frère a été invité à exprimer le
choix qu'il ferait s'il était à la place de Ma. La séparation, même
provisoire, semble être la meilleure solution car Ma. doit se protéger et
protéger son enfant. Ma. peut-elle assumer le déséquilibre psychique de
Th. ? Peut-elle se cantonner indéfiniment au rôle d'une infirmière
psychiatrique ? Dans l'immédiat, il est nécessaire que Th. se soigne et que
tous deux sortent de leur dépendance mutuelle.
L'expérience que vit Ma. aujourd'hui lui
permettra d'éviter dans le futur ce type de situation car elle aura tiré les
leçons, acquis plus de sagesse et allégé son karma.
Un disciple peut assumer ce type de
relation car il ne s'attache pas. Si la personne qu'il tente de sauver
s'obstine à se laisser sombrer, il la laisse "couler".
La meilleure façon d'aider Th. est de
l'inciter à se soigner. Ma. pourrait-elle lui dire : "si tu m'aimes tu te
soignes, sinon nous arrêtons notre relation". Dans cette hypothèse, Ma.
deviendrait un levier pour Th. Pourrait-elle utiliser le registre affectif
et sexuel pour l'inciter à se soigner, tout en maintenant suffisamment de
distance et de force ? Pas si Ma. a encore besoin de prendre et de recevoir,
car elle entretiendrait une certaine fragilité. La sexualité peut être un
gouffre terrible car elle ne rend pas lucide. C'est l'étage le plus bas,
connecté au centre sacré et au plexus solaire. Si nous profitons des
énergies du groupe pour les mettre au profit des centres inférieurs, le
Frère Instructeur peut bloquer leur arrivée. Ses considérations sont d'ordre
énergétique et non d'ordre moral. La sexualité est une activité qui peut et
qui doit être dépassée car elle représente une ouverture complète sur le
plan astral via le plexus solaire.
Notre sœur Jo. a vécu une situation
proche de celle de Ma. lorsqu'elle a aidé J.P., en l'accueillant chez elle à
condition qu'il se soigne. Cela lui a permis de sortir la tête de l'eau un
certain temps.
Le choix de notre compagnon ou compagne
reste très délicat. Quand l'autre devient terriblement négatif, critique,
qu'il nous interdit de vivre des choses par rapport à notre démarche, que
faire ? Le Frère Instructeur veut aider Ma. mais il doit avant tout
préserver le groupe.
En acceptant de porter l'aube, nous
avons renouvelé notre choix et notre engagement. Prenons conscience que
revêtir du gris ou du noir à l'extérieur nous fait du mal. Sachons tendre
une main d'amour sans descendre au niveau de celui que nous tentons de
sauver.