Bulletin no 241 du 18/02/2006
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 241

Séance du 18/02/2006

En début de rencontre, le groupe a continué de travailler sur le problème de mathématiques abordé lors de la précédente rencontre. Il s'agissait de trouver, dans un triangle ABC quelconque, l'emplacement d'un point O tel que la somme des distances OA + OB + OC soit la plus petite. L'indice qui avait été donné pour résoudre ce problème était : "le plus court chemin entre deux points est la ligne droite".

Dans tout processus de réflexion, interviennent à la fois l'intelligence et la mémoire. Il s'agit de les utiliser à bon escient pour parvenir à une démonstration simple de ce problème.

 

 

 

Un point O arbitraire étant choisi, nous construisons le triangle ADE par rotation du triangle AOB de 60° autour du point A. De ce fait, la longueur DE est égale à la longueur OB et La longueur OD est égale à la longueur OA puisque il résulte de la construction que le triangle AOD est équilatéral.

Cette construction permet de déployer les trois longueurs OC, OA et OB selon une ligne brisée constituée des longueurs CO, OD et DE. Les positions de départ et d'arrivée de la ligne brisée, C et E, sont fixes, c'est-à-dire indépendantes de la position du point O. En effet, E est l'image de B après rotation de 60°.

Pour trouver la somme (OA + OB + OC) minimale, il faut aligner les trois segments [CO], [OD] et [DE] puisque le plus court chemin entre deux points est la ligne droite. Le point O cherché (noté ici O') se trouvera donc sur la droite (CE). Pour déterminer l'emplacement précis du point O', il faudra effectuer la même construction à partir du côté CB. Le point O' est le point de concours des droites (CE), (AF).et (BG).

Il y a longtemps, les Maîtres facilitaient le travail des disciples en explicitant largement l'enseignement. Aujourd'hui, ils donnent des indications aux disciples qui doivent utiliser leur intelligence, développée par la vie moderne, pour les comprendre. Il existe ainsi toujours une marge entre les indications données par le Maître et le niveau de réflexion atteint par le disciple.

La vie moderne développe un certain type d’intelligence à laquelle sont initiés les enfants d’aujourd’hui. En parallèle, certaines facultés ont régressé. Le niveau d’intelligence verbale actuel est moins élevé que par le passé ce qui a des répercussions dans les relations que les jeunes peuvent entretenir avec autrui. En effet, lorsque l’intelligence verbale fait défaut, lorsque les échanges ne peuvent être nuancés, il ne reste que les coups de poings pour s’exprimer. Si un jeune est cultivé, il peut comprendre plus de concepts et donc différer des comportements primaires.

Dans tous les types d'intelligence, il s’agit d’établir des relations entre les objets, les êtres, les concepts. Certains signes, comme les Gémeaux, ont plus de facilité que d’autres à développer une intelligence relationnelle. La capacité à établir des relations est plus ou moins rapide selon les individus ; bien souvent, les tests évaluent une rapidité d’exécution et non une capacité en soi. Il faut bien distinguer la profondeur de l'intelligence et la rapidité de celle-ci.

Un certain type d'intelligence, qui ne peut être évaluée par les tests psychotechniques, est à développer sur le sentier de l’évolution ; celle-ci doit permettre au disciple d'établir des relations entre les lois supérieures et inférieures et donc de comprendre plus facilement les problèmes qui se posent à lui au quotidien.

Dans tous les problèmes que nous avons à résoudre, le cheminement intérieur que nous faisons nous permet d'inventer une solution. En toutes choses, ayons la fibre du chercheur.

A quoi sert de se poser des problèmes de géométrie ? Réfléchir à ces problèmes nous permet d’élargir notre conscience et d'avoir un l'esprit large, prêt à envisager de nouveaux chemins. Nous faisons des mathématiques pour exercer notre mental afin d’acquérir de nouvelles connaissances.

Si nous sommes autodidactes, soyons vigilants à ne pas devenir orgueilleux. L'orgueil est un écueil : il nous auto-élimine, nous stoppe dans notre progression.

Si nous voulons témoigner de notre démarche à l’extérieur, nous devons être plus intelligents et plus cultivés que la moyenne. Le mysticisme et la spiritualité sont trop souvent discrédités car les personnes qui en sont les porte-parole sont trop passives, pas suffisamment explicatives et rationnelles aux yeux d’autrui.

Il est difficile de communiquer ce que nous maîtrisons ; la seule chose qui peut être transmise, c’est l’intelligence qui résulte de cette maîtrise. Le mental doit être affiné, cultivé, discipliné pour transmettre à autrui notre compréhension des phénomènes et des concepts spirituels. Il s'agit de développer un esprit d'induction et de déduction qui permet de démontrer que nous ne sommes pas influencés par un individu ou un groupe mais guidés par notre propre intelligence.

Le discrédit, par son entourage, d’une personne qui fait une démarche spirituelle survient très vite. Comment prouver à notre entourage que nous sommes dans une démarche scientifique ? En montrant que nous sommes des adultes responsables, impliqués dans un processus actif de compréhension.

Le rôle du Frère Instructeur est d’exiger une progression spirituelle qui ne doit pas être entravée par des pensées du type "je suis handicapé". Dès qu’on se dit handicapé, on s'empêche de progresser jusqu'à la fin de la vie. Le mental est comme un jardin : si nous ne le cultivons pas, il devient de la friche.

Certaines de nos sœurs, Pi. et Co. en particulier, sont pugnaces mais cette combativité s'appuie sur le vieil homme, c’est-à-dire sur les vieux mécanismes de la personnalité. L'observateur n’est pas triste en regardant le vieil homme car il est associé à un état de conscience situé à la pointe de la personnalité, touchant déjà l'âme. S’il y a de la tristesse, elle émane du vieil homme qui se regarde, se juge et se condamne. Les vieux mécanismes vont alors être amplifiés au lieu d'être transformés.

Lorsque l'âme parle, nous devenons humbles, sensibles et sages. Ce n'est jamais l'âme qui réagit mais notre personnalité, notre noyau dur, particulièrement résistant dans le Lion et le Scorpion. Ces signes sont d’ailleurs les plus représentés en politique. Il s’agit, pour la société, de se doter d’hommes politiques qui soient de véritables serviteurs de l'humanité, qui utilisent leurs facultés au service des autres. Mais tant qu’ils n’auront pas atteint un certain niveau initiatique, l’orgueil peut être encore être un écueil car il est difficile de rester humble tout en dirigeant un groupe. Certains êtres peuvent se retirer de la société pour vivre une vie d’abnégation et d’humilité.

L’orgueil se loge partout : les jeunes croient qu’ils savent tout et le revendiquent haut et fort ; les adultes se rendent compte qu’ils ne savent pas grand chose mais ils ont du mal à le dire aux autres. L’essentiel sur le sentier est de garder confiance et de chercher la vérité.

Les frères qui ont abandonné le travail de groupe sont partis déçus car ils s'attendaient à un processus magique, sans effort d'humilité. Or, le mental doit être un outil docile, affûté, au service de l'âme et non de la personnalité. Le mental doit être calme, comme des eaux limpides, et des associations doivent être inspirées par les plans supérieurs. Le mental doit poser les problèmes, les examiner et faire confiance.

Le vieil homme en nous est sourd mais se réveille dès qu'on lui dit qu'il va mourir ; il est malin et cherche par tous les moyens à éviter d’être piégé. Le vieil homme veut conserver ses mécanismes qui font vivre la personnalité.

Comment l’extérieur peut-il faire la différence entre la démarche d’humilité de l’aspirant-disciple et le processus de dépersonnalisation ? Trop souvent, la discipline et l’obéissance au maître sont vues comme le résultat d’un processus d’influence.

Les enfants font ce que leur disent les adultes car ils les craignent ; ils ne sont pas dans la véritable obéissance. Le disciple est un véritable collaborateur et il obéit en toute intelligence à la réalisation du Plan. L'obéissance se transforme alors en une faculté de compréhension supérieure.

L'association mentale, faite par certains, entre la relation hiérarchique et la relation parent-enfant est le signe d'une incompréhension totale. Le Maître ne demande pas à être obéi ; il l’est naturellement par des disciples qui demandent à être instruits. La Hiérarchie est un cadeau merveilleux que Dieu nous accorde.

Les parents qui ne se comportent pas dignement détruisent la représentation de la Hiérarchie et de Dieu chez leurs enfants. Il faudra plus tard, pour ces derniers, découvrir une conception et un vécu heureux de la Hiérarchie.

Si nos parents n'ont pas su nous enseigner la beauté de la Hiérarchie de sagesse entre les êtres, la relation avec le Frère Instructeur ravivera certaines expériences douloureuses de l'enfance.

Certains sont prédisposés à tout regarder avec méfiance, à tout critiquer et à mettre le conflit en place dans tous les domaines de la vie. C'est le cas des mentaux de quatrième rayon (Scorpion, Sagittaire…). Le conflit résulte de l'interprétation des évènements au travers d’une intelligence fixe, manquant de souplesse, qui ne peut sauver ni les autres, ni soi-même. Il faut trouver un point de paix par-delà les interprétations de notre mental hérissé et sur le qui-vive, qui cherche à sauver la personnalité.

Quel contrat avons-nous passé avec notre âme en début d’incarnation ? Développement de la personnalité ou développement de la relation âme-personnalité ? Même dans nos services, apparemment altruistes, le vieil homme ne récupère-t-il pas encore des choses pour lui-même ?

Lorsque nous rendons service, donnons-nous vraiment de nous-mêmes en nous oubliant ? ou bien sommes nous contents de nous-mêmes et de la bonne action que nous avons faite ? Quel que soit le métier ou l'action que nous faisons, nous devons les faire en toute conscience, en don de soi véritable.

Notre sœur Sy., qui travaille dans le secteur social, est souvent révoltée. C’est sa personnalité et non son âme qui se révolte. Sy souffre d’être confrontée à la vision d’une "mauvaise horizontalité", de situations sociales difficiles. La verticalité affirmée, forte, permet d'assumer toute horizontalité. C'est la croix verticale qui supporte la croix horizontale et non le contraire. Le véritable service permet de faire monter l'humanité. La plupart des actions que nous menons relèvent de la solidarité et non du service. La solidarité devrait être un réflexe inné et ne devrait pas être qualifié de "service".

Certains frères se forment actuellement auprès d'une association d'accompagnement de fin de vie. Celui qui chemine et qui a une compréhension de la mort a-t-il besoin de leçons puisqu'il est déjà capable de mourir lui-même ? Le véritable accompagnement ne peut être fait que par des personnes qui sont capables de mourir elles-mêmes. Il s'agit donc de disciples, d'âmes triomphante qui peuvent accompagner beaucoup plus loin, beaucoup plus haut, que la plupart des autres accompagnants car elle peuvent y aller elles-mêmes en toute liberté.

Les associations d'accompagnement de fin de vie mettent en place, auprès des gens qu'elles forment, un cadrage, des garde-fous dogmatiques, un principe de précaution car le processus de la mort n'est pas connu et parce qu'elles ne veulent pas passer pour des sectes. Mais c'est comme si on disait à un musicien de venir jouer dans un orchestre sans qu'il puisse jouer telle ou telle note de musique.

 

La paix intérieure, le calme de l'intériorité ne peuvent s'apprendre, s'enseigner par des consignes. Ce n'est que lorsqu'on est dans l'amour, que lorsqu'on a travaillé sur soi pendant des années que l'on peut véritablement accompagner des êtres qui souffrent.

C'est la vérité et l'amour qui doivent être cherchés au fond de nous-mêmes. Saint Paul écrivait : "J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante…" Si nous posions chez nous des actes d'amour, nous n'aurions pas besoin d'aller chercher un cadre ailleurs pour poser ces actes dits "de service".

Les religieuses (qu'on dénomme couramment "bonnes sœurs") sont souvent critiques, maniaques et crispées sur des habitudes répétitives. Comment dans ce cas peuvent-elles vivre dans l'amour et adorer Dieu ?

Il devrait être possible, bien que rare, d'entendre quelqu'un affirmer : "Je voudrais être policier et travailler dans l'amour." ? Dans notre espace professionnel, nos collègues peuvent nous percevoir comme différents, pas véritablement à notre place et cependant très proches d'eux. 

Notre sœur Ma. a lu sa planche : "Je ne peux pas abandonner mes frères et sœurs de groupe".

Cette phrase l'a réveillée en pleine nuit et lui a fait prendre conscience qu'elle déviait de la direction dans laquelle elle s'était engagée avec ses frères de groupe. Ma. observe en elle des états émotionnels qui l'attirent vers le bas. Elle ne trouve pas de point de paix et se laisse envahir par la peur et la colère. Quand elle a l'impression de reprendre le dessus, elle se rend compte après coup que c'était une fois de plus ses émotions qui la dirigeaient. Elle a le sentiment d'être prise dans une tempête qui ne se calme pas. Ma. oscille entre l'envie de persévérer et d'abandonner sa démarche. Elle remplit le temps avec des trajectoires horizontales qui ne la satisfont pas. Ses déterminismes de Taureau la poussent à vouloir posséder et maîtriser dans une lutte incessante. Ma. doit trouver la véritable paix en expérimentant une solitude salutaire. Ma. a conclu en demandant pardon à ses frères et sœurs de groupe et au Frère Instructeur de les avoir trahis par ses pensées et invoque l'aide du Seigneur afin de se libérer de son fardeau.

Est-ce le groupe qui a besoin de Ma. ou Ma. qui a besoin du groupe ? Si Ma. quitte ses frères et sœurs, le groupe sera-t-il orphelin ? Un enfant abandonne-t-il sa mère ? Il semblerait que ce soit Ma. qui ait besoin du groupe.

Notre sœur devra-t-elle vivre des épreuves encore plus dures pour pouvoir dire : Je connais déjà la direction et j'avance vers elle.

Notre sœur An., vivant une pause vis-à-vis du groupe, a envisagé un très court instant le suicide comme seule issue aux épreuves qu'elle traverse. Peut-être que le grand choix s'est enfin posé à elle : la mort ou la Vie.

Le problème du choix se pose également pour notre sœur Mar. qui reste à la porte de notre Temple. Mais ayant acquis une certaine force, elle va peut-être pouvoir faire ce choix.

Quels sont les événements symboliques qui, pénétrant notre être, nous permettront de faire le choix entre la vie et la mort ? Pour certains, être abandonné par leur conjoint est une épreuve terrible, alors que d'autres l'ont dépassée et demeurent, inébranlables, dans la confiance et la foi.

Comment en arrivons-nous à perturber notre corps physique par l'émission d'un certain type de pensées ? Sûrement parce que nous attachons beaucoup trop d'importance à ces pensées. Nous sommes responsables de notre état. Le Frère Instructeur ne s'apitoie pas, il observe notre descente et assiste à notre remontée. Lorsque nous pensons au suicide, c'est le vieil homme qui veut mourir, pas notre âme. Ceux qui passent à l'acte disent inconsciemment à leur entourage que c'est de leur faute. Le suicidé culpabilise ses proches qui se désolent de n'avoir rien décrypté dans son attitude.

Nous faisons un drame de chaque situation éprouvante alors que c'est notre imagination qui déforme la réalité. Le Frère Instructeur incite Ma. à trouver en elle une certaine force sinon elle devra observer une pause vis-à-vis du groupe. Le Frère Instructeur avait envisagé cette possibilité suite aux absences répétées de Ma. Au cours des nuits suivantes, Ma. a "capté" cette pensée et en a été perturbée. Si la fraternité existe, elle est là pour nous faire comprendre ce qui est essentiel.

Co. a été interpellée sur la notion de fraternité. Elle reconnaît qu'elle a tout à apprendre à ce sujet. La fraternité, qui est une attitude découlant de la perception de l'unité, s'apprend-elle comme n'importe quelle discipline ? La fraternité ne passe pas par le mental. Si Co. pouvait être notée sur son aptitude à la fraternité, elle aurait peut-être une note éliminatoire. Co. peut-elle être aimée dans l'isolement provoqué par le vieil homme ? Seul l'isolement non basé sur l'égoïsme laisse une place aux autres.

Notre sœur My. doit apprendre dans l'isolement qui est le sien à s'aimer et à aimer les autres. Nous devons rechercher une solitude introspective qui est différente de l'isolement affectif. Nos moments de solitude sont-ils réservés à nos désirs égoïstes ? Pouvons-nous être aimé lorsque nous sommes enfermés dans cette attitude ? Parfois, certains êtres se sentent isolés au milieu d'un groupe car ils ne prennent que ce qui les intéresse. Quand le vieil homme veut s'isoler, il finit par s'endormir. Y a-t-il de l'amour dans cette tendance à nous réfugier sur nous-mêmes ? Nous pouvons nous isoler parce que nous sommes déçus de nos relations avec les autres. Le vieil homme peut même être amené à douter des gentillesses que les autres lui témoignent, il devient alors misanthrope. Avons-nous encore envie d'expérimenter cet état-là ? Là où il n'y a plus les hommes, plus d'amour, pouvons-nous y trouver Dieu ? Nous pouvons avoir toutes les facultés nécessaires à l'initiation, être "doué", et cependant échouer dans l'épreuve de la séparativité et de l'égoïsme.

Avons-nous fait des choix vraiment profonds ?

Notre frère Th., en attente permanente de sensualité, n'a-t-il pas fait un demi choix, qui le maintient dans la souffrance ?

Dans ce groupe, nous faisons le choix de l'humilité. Certains d'entre nous ont-ils commencé cette démarche trop tôt ? L'âme enregistre toutes nos tentatives, jusqu'à la victoire. L'orgueil est un obstacle majeur. Développons le type d'intelligence qui nous permettra d'attaquer le vieil homme. Lorsque l'éducation que nous avons reçue ne nous a pas permis de faire ce travail, alors nous devrons faire ce chemin tout seul. Connaissons-nous beaucoup de parents qui parlent d'humilité à leurs enfants ? En général, ils leur disent : "débrouille-toi et dégage". Voyant nos propres parents se débrouiller dans une forme de stratégie et de manipulation, nous reprenons cette attitude à notre compte.

Par manque de volonté, Ma. ne tient pas longtemps les résolutions dictées par la raison. Ma. a déjà expérimenté la fragilité jusqu'à quitter le groupe.

Sa peur d'être seule la plonge dans des états sombres, où elle se laisse influencée et achoppe sur la bonne réponse. Elle doit se relever seule et non en s'appuyant sur son compagnon ou sur l'espoir que son compagnon revienne vers elle, car dans ce cas, Ma. exerce un chantage affectif. Elle ferme les yeux puis les ouvre à moitié pour voir si l'autre est là. Ma. n'a pas encore résolu sa problématique et son état émotionnel peut poser des problèmes d'ordre énergétique au groupe.

Son compagnon a besoin lui aussi d'expérimenter une descente très profonde pour pouvoir se relever tout seul. A l'heure actuelle, Ma.et son compagnon ont un besoin morbide l'un de l'autre.

Tenant compte de la nature de son compagnon, Ma. doit prendre une décision dans la force et non dans la faiblesse. Il en va de l'équilibre psychique des deux.

La solitude est nécessaire afin d'apprendre à poser des actes sans dépendre de l'autre. Nous nous savons capables de faire beaucoup de choses par nous-mêmes. C'est la dépendance vis-à-vis de l'autre qui crée l'illusion de ne pas savoir faire telle ou telle chose. Quelle est la chose essentielle que Ma. ne saurait pas faire si elle devait vivre seule ? Ma. souffrirait d'un manque en général. Elle pense que sa passivité, son immobilisme sont compensés par les mouvements permanents de son compagnon. Dans ce cas, pourquoi hésitent-ils à reprendre leur vie commune ? Ma. a-t-elle pardonné à Th. son aventure avec une autre femme ? Si son pardon n'est pas entier, elle maintiendra pernicieusement quelques petits conflits.

Le compagnon de Ma. a besoin de vivre des paroxysmes. Pour l'aider à remonter, Ma. doit être forte. Mais elle ne peut reprendre des forces que dans une prise de distance. Il est nécessaire de comprendre ce qui est bon pour les deux afin de faire grandir l'enfant qui est en eux.

Chaque frère a été invité à exprimer le choix qu'il ferait s'il était à la place de Ma. La séparation, même provisoire, semble être la meilleure solution car Ma. doit se protéger et protéger son enfant. Ma. peut-elle assumer le déséquilibre psychique de Th. ? Peut-elle se cantonner indéfiniment au rôle d'une infirmière psychiatrique ? Dans l'immédiat, il est nécessaire que Th. se soigne et que tous deux sortent de leur dépendance mutuelle.

L'expérience que vit Ma. aujourd'hui lui permettra d'éviter dans le futur ce type de situation car elle aura tiré les leçons, acquis plus de sagesse et allégé son karma.

Un disciple peut assumer ce type de relation car il ne s'attache pas. Si la personne qu'il tente de sauver s'obstine à se laisser sombrer, il la laisse "couler".

La meilleure façon d'aider Th. est de l'inciter à se soigner. Ma. pourrait-elle lui dire : "si tu m'aimes tu te soignes, sinon nous arrêtons notre relation". Dans cette hypothèse, Ma. deviendrait un levier pour Th. Pourrait-elle utiliser le registre affectif et sexuel pour l'inciter à se soigner, tout en maintenant suffisamment de distance et de force ? Pas si Ma. a encore besoin de prendre et de recevoir, car elle entretiendrait une certaine fragilité. La sexualité peut être un gouffre terrible car elle ne rend pas lucide. C'est l'étage le plus bas, connecté au centre sacré et au plexus solaire. Si nous profitons des énergies du groupe pour les mettre au profit des centres inférieurs, le Frère Instructeur peut bloquer leur arrivée. Ses considérations sont d'ordre énergétique et non d'ordre moral. La sexualité est une activité qui peut et qui doit être dépassée car elle représente une ouverture complète sur le plan astral via le plexus solaire.

Notre sœur Jo. a vécu une situation proche de celle de Ma. lorsqu'elle a aidé J.P., en l'accueillant chez elle à condition qu'il se soigne. Cela lui a permis de sortir la tête de l'eau un certain temps.

Le choix de notre compagnon ou compagne reste très délicat. Quand l'autre devient terriblement négatif, critique, qu'il nous interdit de vivre des choses par rapport à notre démarche, que faire ? Le Frère Instructeur veut aider Ma. mais il doit avant tout préserver le groupe.

En acceptant de porter l'aube, nous avons renouvelé notre choix et notre engagement. Prenons conscience que revêtir du gris ou du noir à l'extérieur nous fait du mal. Sachons tendre une main d'amour sans descendre au niveau de celui que nous tentons de sauver.

 

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