Le groupe a poursuivi
l’étude du problème de géométrie dit du "triangle de Napoléon".
En géométrie plane, on
s’appuie sur les axiomes d’Euclide (vérités non démontrables) considérés
comme des "évidences". Sur le plan philosophique, métaphysique, il existe
également des axiomes. Nous appliquons ces axiomes dans notre vie en nous
comportant en cohérence avec eux. "Dieu est" peut être l’un de ces axiomes.
Si nous pouvions le démontrer, il deviendrait un théorème. Nous pourrions
citer d’autres exemples d’axiomes métaphysiques : "l’âme est éternelle",
"rien ne peut naître du néant"... Ces axiomes contiennent déjà en eux-mêmes
une logique. Partir de ces quelques vérités de base et progresser avec
logique permettrait de construire tout un raisonnement métaphysique.
Pour atteindre la vérité,
peut-on procéder autrement que par logique ? Nous pouvons être aidés par
l’intuition mais nous éprouvons toujours le besoin de nous démontrer ou de
démontrer à autrui nos conclusions. En effet, nous avons tous des
expériences de ressentis qui se sont avérés faux a posteriori.
L’intuition est un principe
supérieur qui fait appréhender l’espace-temps d’une manière nouvelle car la
polarisation se fait sur le plan mental abstrait. Nous appelons trop souvent
"intuition" ce qui n’est qu’une télépathie, une pensée venant du plan astral
qui peut orienter notre mental vers la distorsion et le mensonge.
En s’exerçant sur des
matières élémentaires, notre mental peut s’affiner pour l’étude
métaphysique. La meilleure démarche dans ce domaine serait de construire un
arbre philosophique présentant toutes les dichotomies possibles. Cela
résoudrait les conflits entre les philosophes puisque tout serait envisagé
et présenté de manière synthétique.
Dans le quotidien, nous ne
nous servons pas suffisamment des constructions logiques et rigoureuses que
nous pouvons élaborer. A cause de notre focalisation affective, nous nous
attachons à des solutions qui ne sont pas logiques. Or, nous devons, de plus
en plus, subordonner notre affectif à la pure lumière de la raison et de la
compréhension qui provient de l’âme.
Dans les enseignements du
Maître D.K. on observe une architecture logique qui interpelle les facultés
d'un chercheur avec une approche scientifique.
Nous devons être prudents
dans nos interprétations de l’enseignement car nous pouvons nous fourvoyer
si nous les faisons sans rigueur. Le groupe a la vertu de nous encourager à
une certaine logique. Notre tendance individuelle à succomber au mirage est
rapidement perçue par le groupe qui la corrige par sa dynamique propre.
Au cours de la résolution
de cet exercice de géométrie, revenons au temps de Thalès et redémontrons
cette propriété, rendons-la évidente, devenons autodidactes. La
qualification "d’autodidacte" est cependant toute relative car dans notre
progression vers la connaissance, nous nous aidons toujours de livres ou de
sources de connaissance diverses.
Sommes-nous amoureux de la
vérité ? Aimons-nous chercher une vérité jusqu’au bout ? Marchons-nous au
défi ? Sommes-nous découragés d’avance car l’exercice nous semble au-dessus
de nos capacités ?
Dans la démarche
ésotérique, notre recherche doit demeurer constante malgré les remous qui
adviennent au sein de notre personnalité. Avant la deuxième initiation,
notre plexus solaire vibre à la moindre difficulté et, même après
l’initiation, la paix n’est que partiellement atteinte car notre corps
émotionnel est encore subordonné au mental non maîtrisé. La maîtrise mentale
n’est pas atteinte par le mental lui-même qui use d’artifices mais par l’âme
qui peut le juguler. Ainsi, la paix mentale peut être atteinte à la
troisième initiation.
Avons-nous tous compris le
théorème de Thalès ? Sommes nous suffisamment dans l’humilité pour témoigner
de nos difficultés ?
L’absence de culture ne
doit pas faire obstacle à notre raisonnement. Nous devrons simplement
revenir à des démonstrations élémentaires pour refaire les chemins
nécessaires. Fragmenter les problèmes en des problèmes de niveau inférieur
nous permet de tout aborder. Il s’agit de faire en sorte que le mental
réalise à la fois des associations verticales et horizontales.
Dans la résolution de
problèmes, utilisons-nous l’intuition ? l’imagination ? Comment fait un
mathématicien qui découvre une solution qui a été cherchée pendant des
siècles ? Après avoir découvert la théorie de la gravitation, Isaac Newton
aurait déclaré qu’il s’était "hissé sur les épaules d’un géant",
c'est-à-dire qu’il s’était basé sur toute la connaissance accumulée depuis
des siècles avant lui.
La brouette, la bicyclette
sont des inventions simples et pourtant très récentes. Pourquoi n’y a-t-on
pas pensé plus tôt ? L’épistémologie nous permet de comprendre comment et
pourquoi une idée a surgi à un moment précis de l’histoire des sciences. On
se rend compte qu’il faut que l’inconscient collectif soit mûr pour qu’une
idée fleurisse chez une, voire plusieurs personnes à la fois. Des idées
révolutionnaires peuvent émerger à un moment donné chez un être réceptif,
une âme suffisamment instruite mais si la population n’est pas encore prête,
ces idées n’auront pas d’impact immédiatement (exemple de Léonard de Vinci).
Pour résoudre le problème,
nous pouvons faire la proposition suivante : nommons M, N, O, P, Q, R, les
points d’intersection des médianes avec les bords des triangles élevés à
partir de ABC et nommons S le point sur (BP) tel que BS = BE. De même,
définissons le point T sur (BM) tel que BT = BA. S est sur un arc de cercle
de centre B, passant par C et E. T est sur un arc de cercle de centre B
passant par A et D.
A partir de cette
proposition, cherchons à faire des mouvements qui nous conduirons à la
solution.

Ne soyons pas jaloux des
mathématiciens qui trouvent rapidement la solution à un problème car,
pendant de multiples vies, ils ont étudié de nombreux problèmes de
mathématiques. Ils ont pris l’habitude d’associer un certain type de
solutions à un certain type de problèmes. Ainsi, plus nous nous entraînons,
plus nous simplifions les parcours dans le labyrinthe de notre mental et
plus nous pouvons réfléchir à d’autres niveaux, depuis le plan de
l’observateur. Un esprit vierge de tout entraînement ne trouverait
probablement pas un tel chemin vers la solution.
Le chemin présenté par un
pédagogue est souvent beaucoup plus simple que celui qu'il a suivi la
première fois. Après avoir résolu un problème pour la première fois, nous
nous rendons souvent compte que nous pouvions faire un chemin beaucoup plus
court et rapide.
De manière analogue à S et
T, nous pouvons définir :
- le point U sur (CO)
tel que CU = CE = CB,
- le point V sur (CR)
tel que CV = CA = CF,
- le point W sur (AQ)
tel que AW = AC = AF
- et le point X sur
(AN) tel que AB = AX = AD.
Traçons les lignes (UV),
(ST) et (XW). Pouvons-nous dire que ces lignes sont d'égale longueur ?
Comment démontrer cette égalité ?
Il y a généralement devant
nos yeux des évidences que nous ne percevons pas. Regarder une figure peut
susciter une forme d'énervement car cet exercice nous ramène à des
expériences plus ou moins heureuses de notre scolarité. Si nous restons
calme, nous pourrons visualiser ces lignes.
Essayons tout d'abord de
prouver que ST = UV.
Une rotation de 30° autour
du point B est suggérée. Le point T se déplace en A et le point S en E, avec
conservation de la longueur ST. On en déduit que les segments [TS] et [AE]
sont superposables. Ainsi ST = AE.
Par une rotation de 30°
autour de C dans l'autre sens, le point V se déplace en A et le point U en
E. les segments [VU] et [AE] sont superposables. Ainsi UV = AE, ce qui
démontre l'égalité de ST et UV.
Par un raisonnement
analogue, on peut montrer que les segments [XW] et [BF], d'une part, et [UV]
et [BF], d'autre part, sont superposables, ce qui montre l'égalité de XW et
UV.
Chaque frère et sœur est
invité à s'exercer jusqu'à comprendre le mouvement de rotation qui a permis
de prouver ces égalités de longueurs. Ils peuvent aussi chercher à montrer
que les droites (TS), (UV) et (XW) forment deux à deux un angle de 60° et
qu'elles sont respectivement parallèles aux droites (GH), (HI) et (GI).
Comment l'idée de prolonger
les médianes (par exemple, construire le point S en prolongeant [BP])
est-elle née ? Sans doute par l'affinement successif de la pensée, lié à la
répétition des apprentissages. Il est dit qu'un alchimiste doit disposer
d'un ensemble de qualités formant un tout, pour accéder à un niveau de
compréhension supérieure. S'il manque une qualité à l'aspirant, par exemple
la rigueur, il n'accèdera pas à la vérité.
Dans notre groupe, au fur
et à mesure que le Frère Instructeur donne des indices, le voile se lève
dans le mental de chacun, nous rapprochant du moment de la découverte. Les
idées qui surgissent en chaque frère alimentent la dynamique du groupe.
Calmons notre mental. Nous
constatons que la précipitation n'aboutit pas à des solutions adéquates. Par
exemple, l'inconscient collectif français n'a pas été favorable à l'adoption
hâtive d'une constitution pour l'Europe. Chaque pays devrait découvrir sa
propre âme avant de construire un ensemble plus grand. Il en est de même
pour chacun d'entre nous, avant de pouvoir édifier l'âme de notre groupe.
Nous approchons la vérité
pas à pas. Si le palier à franchir est trop grand, l'incompréhension
apparaît. Le point de départ de notre recherche a été de construire le point
S en prolongeant [BP]. C'est un artifice qui a permis d'aller plus loin.
Lorsque nous résolvons un problème et que nous constatons qu'il nous manque
des prérequis, faisons un mouvement pour avoir une connaissance
supplémentaire. Celui qui a la connaissance arrête de faire des mouvements
et se pose au centre. Il a trouvé ce qu'il cherchait et qui lui convenait.
Ce qui compte, c'est d'arriver au centre par la connaissance, grâce à un
mouvement périphérique le plus économique possible. Parfois, nous dépassons
la trajectoire que nous nous étions fixé, poussé par nos désirs. Nous
pouvons bel et bien faire l'économie de ce mouvement de trop, et ne pas
croire que nous devions "forcément" en passer par là.
Cherchons-nous
fondamentalement la vérité ? Si nous nous trouvons dans un groupe qui permet
de faire école, sachons être constant et fidèle. Si nous choisissons de
travailler seul, nous ne pourrons éviter les pièges de l'illusion et de
l'orgueil.
Servons-nous de notre
mental tout en sachant le juguler. Il peut encore nous jouer de mauvais
tours dans le sens où les pensées que nous créons au niveau conceptuel
peuvent devenir pour nous des vérités. Nos pensées agissent également au
niveau vibratoire. Le OM que nous prononçons vibre-t-il au niveau mental ?
Quand cela sera le cas, les effets seront immédiats sur les véhicules
inférieurs.