En début de rencontre, notre
sœur Cl. a lu sa planche intitulée : "J’aime la simplicité, la franchise,
la spontanéité…". Pour Cl., la simplicité semble être intimement liée
à :
- l’Amour : être
dans l'Amour permet de rencontrer l'autre sans crainte et sans attente
affective. Le manque de simplicité résulte d'un manque d'Amour et d'une
attention excessive portée sur la personnalité.
- la transparence :
être simple, c'est oser se montrer tel que l'on est, ne pas chercher à
briller, ne pas camoufler ses limites, son ignorance, son manque de
vision. Dans le mensonge, la dissimulation, la complexité se met en
place.
- l’Unité : la
simplicité résulte de la prise de conscience du lien divin qui nous unit
à l’autre.
La simplicité, attribut de
l’âme, allie le cœur à l'intelligence. Elle se traduit sur le plan mental
par une pensée claire et synthétique.
Le manque de simplicité de Cl.
résulte d'une focalisation encore excessive sur sa personnalité. Cl. perçoit
de manière plus flagrante aujourd’hui ce manque de simplicité qui se
manifeste sur les trois plans de sa personnalité :
- Sur le plan
mental, du fait de son manque de vision, tout lui paraît vite complexe.
Elle a ainsi des difficultés à percevoir l’essentiel, raisonner de
manière logique, faire des choix rationnels. Avant de poser un acte ou
de prendre une décision, Cl. délibère longtemps car elle voudrait avoir
la garantie qu'il s'agit du bon choix. Elle a peur de faire du mal à
l'autre en se trompant ou d’être prise en défaut, de ternir son image
aux yeux de l’autre. Son manque de simplicité est lié à son orgueil qui
se manifeste tantôt par un sentiment d'infériorité, tantôt par un
sentiment de supériorité.
Dans les relations, Cl.
reste encore très centrée sur elle-même au lieu de porter une véritable
attention à l’autre. Cette importance qu’elle accorde à son image la
conduit à un manque de spontanéité dans les échanges. Son mental utilise
par ailleurs diverses stratégies pour cacher son manque de compréhension
et son ignorance.
- Sur le plan
émotionnel, son manque de simplicité se manifeste par un manque d'Amour.
Son corps émotionnel amplifie son manque de simplicité du fait de sa
tendance à l'apitoiement et à la dramatisation, ou par une forme d'émotivité-susceptibilité.
- Sur le plan
physique, elle montre de nombreux signes de manque de simplicité :
fragilité physique, attention excessive portée au corps, restriction
alimentaire par crainte de grossir, préciosité dans ses gestes.
Cl. a l’impression de s’être
construit le personnage de la petite fille précieuse avec une petite
conscience, un petit cœur craintif, un petit corps peut-être en opposition
avec l’image de grossièreté qu’elle a longtemps eu d’elle.
Pour Cl., la voie de la
simplicité nécessite de remplacer le jugement du mental par l'Amour de l'Ame,
d’aimer profondément plutôt que de s'attacher à vouloir Aimer, de substituer
la raison pure à la complexité du mental inférieur, de mettre en place un
effort d'alignement constant et un travail de purification de tous les
atomes indésirables, de se dépouiller de ses artifices, de ne plus chercher
à défendre la personnalité, d’accepter de se tromper et élargir son champ de
conscience en se libérant de ses peurs, en invoquant toujours plus son Ame
et en étant réceptive à sa lumière purificatrice.
A l’issue de la lecture de sa
planche, notre sœur Cl. a ajouté qu’elle pense avoir construit au niveau
mental une véritable "hydre" qui accentue les observations qu’elle peut
faire. Elle a ainsi tendance à amplifier et à dramatiser les situations.
Elle réalise aujourd’hui qu’elle crée autour d’elle des formes-pensées
puissantes, obsessionnelles, dont elle doit se libérer pour communiquer avec
son âme.
Les frères et sœurs ont
ensuite été invités à s’exprimer sur ce que la planche de Cl. a évoqué en
eux :
- Th. a retrouvé
dans les mécanismes décrits par Cl. ses propres fonctionnements :
complexité artificielle dans la parole et les pensées et désir de
distinction de sa personnalité au travers d’attitudes provocantes.
- Ol. ressent en lui
une grande complexité. Il pense qu’elle résulte du fait qu’il n’a pas
encore véritablement choisi entre le détachement que l’âme pourrait
susciter et la recherche permanente de la valorisation de la
personnalité.
- My. relève en elle
la petitesse de son mental qui se complexifie en cherchant à dissimuler.
- Co. note un manque
de simplicité au niveau mental, émotionnel et physique. Ce manque semble
en lien avec un désir de valorisation de la personnalité par le biais de
l'expression intellectuelle et de l’apparence physique. Sur le plan
émotionnel, la confusion et la dramatisation participent à cette
complexité qu’elle exprime. Co. pense qu’apprendre à faire silence
pourrait être une première étape importante sur la voie de la
simplicité.
- Do. n’est pas
simple lorsqu’elle cache ses émotions, lorsqu’elle entre dans une forme
de bouderie. Elle a un mental binaire de petite fille qui alterne entre
sentiment de supériorité et d’infériorité.
- So. complexifie au
niveau du mental par manque d’amour envers elle-même et envers les
autres. Dans sa vie quotidienne, elle a tendance à vouloir tout faire en
même temps ce qui l’empêche de mener une action entreprise jusqu’au
bout.
- Pi. pense que la
simplicité correspond à l’expression de ses pensées et sentiments du
moment. Elle reçoit souvent des retours difficiles à entendre de la part
de ceux à qui elle exprime sans détours ses réactivités.
Même si cela est parfois très
dur à vivre, il est souhaitable que les retours de nos actes se produisent
de plus en plus rapidement, que le cercle des causes et des effets se
raccourcisse. Observer les conséquences de nos actes de manière
quasi-immédiate nous permet de nous corriger.
Les natifs du Scorpion ont
tendance à dire ce qui leur vient, ce qu’ils pensent sur l’instant. Il ne
s’agit pas de simplicité mais d’une impulsion déjà très complexe rattachée à
l’instinct. Dans le signe du Scorpion, l’homme est contraint d’explorer
l’inconscient de l’humanité et son propre passé. Sur le sentier, quel que
soit notre signe de naissance, nous devenons tous un peu "Scorpion" dans le
sens où nous devons creuser pour apporter la lumière au plus profond de
notre être.
On pourrait penser que la
colère, par exemple, est une réaction simple mais c’est une émotion déjà
associée à une complexité mentale. L’émotion première est le pleur du bébé ;
au fur et à mesure, le mental qui se développe complexifie à outrance du
fait de sa connexion à l’inconscient.
Il s’agit d’aller chercher
chaque jour dans le mental, dans l’inconscient, les pires mécanismes et d’en
parler afin de faire tomber les défenses de l’égo. Il faut apprendre à se
distancier de notre propre interprétation afin de ne pas amplifier les
mécanismes de notre personnalité.
Dernièrement, les proches du
Frère Instructeur ont été interpellés par rapport à la notion de communauté.
S’ils souhaitent se rapprocher physiquement du centre, ils doivent s’aligner
d’autant plus sur leur âme pour pouvoir maintenir en eux la dynamique
spirituelle du petit groupe familial.
Former une communauté tout en
poursuivant des relations avec la société (relations horizontales) rend la
démarche spirituelle encore plus difficile. Les horizontalités qui doivent
être entretenues sont potentiellement pernicieuses, dissipatrices.
Progressivement, par complaisance, certains actes ascensionnels pourraient
ne plus être posés. Une trop grande horizontalité pourrait induire
l’application d’une rigueur encore plus grande ou bien le départ du Frère
Instructeur. En effet, le Frère Instructeur poursuit son service tant que
les frères et sœurs sont réceptifs à l’enseignement et l’appliquent dans
leurs vies. Si ce n’est plus le cas, il peut partir pour servir ailleurs. Le
Frère Instructeur ne cherche pas à faire plaisir aux frères et sœurs mais à
les inciter à une dynamique verticale permanente.
Quand on demande de la
miséricorde à quelqu’un, on lui demande en fait de porter sa propre croix.
On ne peut négocier le karma : nous sommes incarnés, associés à un
espace-temps qui est rattaché à des contingences et nous devons les assumer.
Etre dans la miséricorde demande l’application d’une rigueur encore plus
grande pour soi-même.
On ne peut éloigner la rigueur
de la miséricorde. Ces deux concepts s’articulent autour d’un juste milieu
propre au groupe. La rigueur ne doit pas détruire l’effort : elle doit être
adaptée à celui auquel elle s’applique. Chacun est ainsi interpellé à son
propre niveau. .Le Frère Instructeur n’est pas en attente d’une relation
affective gratifiante qui le pousserait à être miséricordieux. Il s’agit
pour chaque frère et sœur de passer un contrat spirituel, vertical, et le
Frère Instructeur doit s’assurer que les horizontalités du frère ou de la
sœur ne compromettent pas cette relation verticale.
Les horizontalités
dissipatrices se retrouvent dans l’appesantissement sur des détails qui nous
fait perdre du temps sur le chemin. Comment former un groupe avec des
membres qui veulent avancer dans le confort ? Chacun devrait être uniquement
concerné par la dynamique âme-personnalité. Or, notre corps émotionnel ne
cesse de geindre, de s’apitoyer… Le problème réside dans le fait que le
corps émotionnel est fortement associé au corps mental ; il en résulte que
nous interprétons tout ce que nous percevons, ce qui suscite et renforce nos
émotions.
Si nous étions nés avant les
années 50, nous nous rendrions compte du confort dans lequel nous baignons
aujourd’hui. Nous sommes devenus délicats et nous oublions la tension qui
doit être mise en place. Une recherche excessive de confort focalise notre
regard sur notre personnalité et nous empêche de dépasser ce stade. Nous ne
devons pas non plus verser dans le fakirisme car c’est une pratique qui
pourrait être récupérée par l’orgueil. Quelqu’un qui se vit comme un
"champion de l’ascétisme" n’intéresse pas le Maître. Tout ce que nous devons
chercher, c’est à exprimer l’Amour de l’âme.
Nous avons traversé la crise
d’adolescence (liée au corps émotionnel) mais nous n’avons pas passé la
"crise d’adultessence" (liée au corps mental). L’adulte a tempéré ses
émotions adolescentes mais la seule différence avec l'adolescent, c'est
qu'il a compris que l’on ne peut pas faire n’importe quoi avec n’importe
qui.
Si nous voulons ne dépendre de
personne, nous devons partir et cheminer seul. Mais si nous ne pouvons obéir
à nous-mêmes – c’est-à-dire à la raison supérieure – ou bien à un être plus
avancé que nous, nous faisons partie de la très grande majorité des hommes
qui n’obéissent qu’à leurs désirs. Expérimentons les conséquences de nos
actes et nous développerons, par la souffrance, la raison et l’humilité.
Tant que les désirs sont
présents en nous, nous avons tendance à maintenir un espace individuel où
nos petitesses sont cachées. Les désirs sont la cause des exigences, de la
tyrannie, des peurs, des stratégies de mensonge. Dans le cadre familial, la
mise à distance des affects et des désirs permet de se dégager des pugilats,
des chantages affectifs.
Nous devons apprendre à
dépasser la guerre des sexes pour aller vers l’âme. Des particularités sont
propres au corps féminin et au corps masculin mais trop s’y attarder
ralentit la progression sur le sentier.
En tant qu’aspirants, nous
devons accéder à une certaine simplicité qui nous dégage des problématiques
de révolte et d’affirmation de la personnalité. Dans ce groupe, il n’y a pas
de place pour le chantage, la séduction, les tons complices ; il s’agit
plutôt d’observation et d’obéissance occulte pour s’élever en tant qu’âme.
Nous compliquons les relations lorsque nous sommes en rébellion et dévions
assez rapidement du sentier. Bien souvent, ce type de dynamique conduit au
départ du frère ou de la sœur qui cherche à affirmer sa liberté de manière
puérile.
Ce qui compte c’est la
relation avec notre âme. Cette relation peut devenir magnifique si nous
savons la préserver en ne laissant pas notre personnalité interférer. Nous
mettons notre personnalité à genoux parce que nous l’avons décidé et non
parce qu’un autre nous l’impose. Le maître se retire si le postulant
rebrousse chemin.
Il s’agit de vivre en vérité
et non de maintenir des relations qui pèsent dans notre vie spirituelle.
Nous avons le droit de tester ceux qui nous côtoient et de voir comment ils
nous répondent. Les relations doivent être faites pour l’élévation
spirituelle et non pour maintenir des amitiés dissipatrices. Un disciple n’a
pas de relations amicales mais est en relation avec des êtres qu’il peut
contribuer à élever.
Trop souvent, le désir de
l’adulte se subordonne à celui de l’enfant. Les enfants ne demandent pas
spontanément à s’inscrire dans une démarche verticale. C’est l’adulte qui
doit lui apprendre très tôt la verticalité en montrant l’exemple. L’adulte
doit mettre en place un rythme à différents niveaux et appliquer une
certaine rigueur pour instaurer l’harmonie autour de lui.
Dans le groupe, la rigueur du
Frère Instructeur est basée sur le détachement et non sur des réactions
émotionnelles. Faire un compromis vis-à-vis de l’exigence mise en place dans
ce groupe par peur de perdre tel ou tel membre ne serait pas un service pour
l’intéressé ni pour le groupe.
L’auto-rejet existe en nous
tous. Nous devons constater que lorsque nous nous sentons rejetés c’est
parce que nous nous rejetons nous-mêmes. Si nous n’avons plus peur d’être
rejeté, il peut y avoir encore une affirmation de notre personnalité et il
nous faudra donc encore travailler sur notre caractère.
La Hiérarchie ne veut rien :
elle ne veut attirer à elle l’humanité que si l’humanité veut s’élever mais
celle-ci est lourde et pleine de complexité. Nous appartenons
fondamentalement à Dieu que la Hiérarchie sert.
Nous rassemblerons un jour
autour de nous des êtres qui souhaiteront êtres instruits sans que nous
l'ayons vraiment demandé. Le Frère Instructeur ne veut rien pour lui-même.
Il observe avec patience les mouvements du pendule que nous faisons
osciller. Le disciple est fort, souple, mais il peut mettre rapidement une
distance par rapport à une personnalité qui poserait problème. Il ne doit
pas y avoir de complaisance quel que soit le lieu où nous nous trouvons.
Abstenons-nous de répondre favorablement à une invitation, si nous ne
pouvons pas servir.
Le lien horizontal avec le
Frère Instructeur est mouvant. S'il s'élève et que nous souhaitons rester en
relation avec lui, alors nous devons aussi nous élever. C'est ainsi que la
Hiérarchie procède.
Il peut y avoir momentanément
sur notre chemin la manifestation d'une lumière avec différentes variations,
suivi d'une absence totale de ces manifestations. Le Frère Instructeur ou le
Maître peuvent être à l'origine de ces expressions de lumière. Il nous est
demandé par la suite de poursuivre seul et de retrouver par nous-même ce
contact.
Le Frère Instructeur a, au
niveau qui est le sien, des responsabilités qui découlent de l'expérience
qu'il a acquise. Il existe une gradation d'exigence. Le Maître ne parle pas
à la place du Frère Instructeur. Le Frère instructeur est encore en contact
avec les personnalités, et il rend compte de leurs avancées au Maître. Il
existe entre le Maître et le groupe quelques disciples qui établissent des
rapports. Le travail hiérarchique découle d'une vision bienveillante.
Un disciple accepté a dû faire
l'objet d'observations convaincantes de la part des Maîtres durant plusieurs
vies. Des qualités émanant de l'âme, comme la constance, la fidélité,
l'engagement ont pu être observées à travers la personnalité du disciple.
Malgré cela, un frère nouvellement accepté dans un ashram représente un
poids énergétique supplémentaire pris en charge par ses frères plus avancés.
Certains Maîtres autorisent plus facilement que d'autres l'entrée d'un
membre dans l'ashram. Les Maîtres observent chez le disciple un
épanouissement symbolisé par l'arbre avec les racines en l'air. A ce stade,
il y a convergence et unité avec les autres.
Ne coupons pas notre vecteur
ascensionnel. Du fait d'un afflux d'énergies reçues grâce au groupe,
certains aspirants peuvent développer une témérité leur faisant croire
qu'ils peuvent cheminer seul. Lorsque nous avons commencé à goûter aux joies
de l'ascension et que nous quittons le groupe, la tristesse ressentie nous
conduit à nous contenter des petits bonheurs éphémères de la personnalité.
Avant de méditer en formation
de groupe, sachons dire ce qui ne va pas. Si nous avons rencontré un
obstacle, nous ferons à notre tour obstacle au groupe. Si nous avons
ressenti de la colère, sachons l'exprimer et nous ressaisir par un acte
d'amour. Notre charité est de pouvoir dire : "Frère Instructeur, je n'ai pas
compris ça".
Notre mental croit promptement
que notre environnement s'organise pour nous accabler et nous rejeter. Dans
notre groupe, les frères officiers ont compris leurs fonctions. Le Frère de
la Rigueur n'a à plaire à quiconque. Si nous sommes en difficulté par
rapport à une capacité, n'en faisons pas un drame afin de ne pas mettre le
groupe dans une mélasse émotionnelle. Sachons parler de cette difficulté à
l'instant même où elle surgit. Notre travail consiste à découvrir l'humilité
dans la vérité.
Notre sœur Sy., qui est en
difficulté avec le fils de son compagnon, se demande si elle est dans la
vérité. Elle a exprimé à celui-ci qu'elle n'appréciait pas qu'il ne vienne
les voir que pour emprunter des objets. En réalité, Sy. éprouve de la colère
car elle se sent exclue et non considérée dans cette relation. Sy. serait
vraie si elle pouvait dire : "Tu ne me considères pas et cela me fait de la
peine."
Au sein des familles
recomposées, comment les enfants considèrent-ils la belle-mère ou le
beau-père ? En général, ils viennent solliciter l'un ou l'autre de leurs
deux parents pour obtenir quelque privilège sans se soucier du nouveau
conjoint. Un père qui quitte le domicile ne récolte que des miettes
affectives de la part de ses enfants. Il perd son autorité légitime car il
n'est plus dans leur espace. De ce fait, il se "rattrape" et compense avec
des permissivités, des libertés et des cadeaux qui ne se justifient pas.
Quand les parents sont séparés, les enfants sont fragilisés, il leur
manquera toujours quelque chose. Le père doit pouvoir exercer son autorité
légitimement. Si ce n'est pas le cas, l'enfant va rejeter aussi le
psychologue ou l'éducateur qui tenteraient d'entrer en relation avec lui.
Si les adultes ne se
comportent pas bien, qu'ils ne se plaignent pas de conséquences inévitables.
Pour être respecté des enfants, il faut être irréprochable.
Un disciple doit avoir le sens
de l'éthique, c'est-à-dire pouvoir exprimer la constance, la fidélité,
l'engagement. S'il y a constance envers un enfant, celui-ci le percevra et
respectera l'éducateur.
Le groupe a poursuivi la
lecture de Rayons et Initiations, Traité sur les sept Rayons,
Volume V (pp. 314 à 321) en terminant l'étude du quatrième mot.
Chacun des cinq mots se
rattache à chacune des cinq initiations, indiquant à l'initié la note-clé du
travail qu'il aura à accomplir. Ce travail ne concerne pas la discipline à
laquelle il soumet sa personnalité mais sa capacité à répondre à la volonté
de la Monade.
Le mot Savoir concerne la
certitude de l'initié qu'il a le Christ en son cœur. Il est également
associé à la réaction émanant des pétales de sacrifice du lotus égoïque. Le
faible impact de la "destinée" monadique n'est enregistré que par l'âme de
l'initié sur le plan de l'âme. Le but de l'homme spirituel est d'accéder à
la conscience Christique. L'âme sait que l'expression Christique se
manifeste sur terre et elle prend la décision, sur son propre plan, d'aller
vers le Père.
L'Evangile témoigne de quatre
moments dans la vie du Christ où ce processus de développement dans sa
conscience a commencé à se faire sentir.
1. La déclaration faite à ses
parents dans le Temple : "Ne savez-vous pas que je dois m'occuper des
affaires de mon Père." Le Christ avait douze ans à ce moment-là, symbole que
le travail de l'âme était terminé. Cela s'est passé dans le Temple de
Salomon, symbolisant le corps causal de l'âme. Il enseignait aux Prêtres,
preuve qu'Il servait comme un membre de la Hiérarchie. S'adressant au Père
et à sa mère, Il fonctionnait en tant que Monade.
2. La déclaration faite à ses
disciples : "Je dois aller à Jérusalem" annonçait qu'il avait un nouvel
objectif. Jérusalem signifie paix et le seul lieu de paix complète est
Shamballa. La Hiérarchie est un lieu d'activités et d'énergies alors que
Shamballa est un lieu de "détermination sereine et de volonté calme et
équilibrée".
3. L'exclamation du Christ
"Père que Ta volonté soit faite et non la mienne" symbolise la réalisation
de sa "destinée" monadique et la focalisation de l'aspect vie au sein du
Tout. Par là, il renonce à l'âme et reconnaît comme point de centralisation
la Monade.
Il est précisé pour les
étudiants que c'est le Maître Jésus qui fut crucifié tandis que le Christ
vécut l'épisode de la renonciation.
4. Les derniers mots du Christ
à ses apôtres : "Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin
du monde" furent prononcés en tant que Chef de la Hiérarchie et en tant que
Monade, exprimant les caractéristiques de la vie monadique c'est à dire
l'universalité, la continuité et le contact permanent.
Ces quatre déclarations
permettent de découvrir la connaissance qui se trouve dans l'ordre donné à
l'initié durant la première initiation : Connaître. Il s'agit de
réorienter l'âme en direction de la Monade. Le mot donné à la deuxième
initiation, Exprimer, consiste à manifester la nature de la volonté
de la Monade.
Pendant que l'initié coopère
avec le Plan, il découvre en lui-même la compréhension de l'aspect Père et
de tout ce que signifie le mot Exister.
L'initié perçoit, pendant la
troisième initiation, la signification du mot Savoir et il est en
mesure de révéler à la Hiérarchie qu'il est en rapport avec la source
monadique. Il obéit alors à l'ordre Révéler, car la Transfiguration a
eu lieu, révélant l'âme et les trois aspects réunis en lui-même. Cette
initiation est pour la Loge de Sirius la première majeure car c'est à partir
de ce point que les trois aspects sont rassemblés chez l'initié. Ce qu'il a
acquis mérite le nom de "révélation de gloire".
L'aspect destructeur de la
volonté se fait sentir lors de la quatrième initiation, détruisant le corps
de l'âme par un acte de la volonté. Le chemin de Jérusalem a été parcouru,
la conscience de l'initié est maintenant focalisée dans la Monade.
Symboliquement, c'est l'antahkarana qui a été construit, l'initié foulant la
Voie de l'Evolution Supérieure. L'initié se trouve maintenant devant des
développements dans l'évolution encore plus grands, concernant des aspects
divins encore inconnus de l'homme.
Un examen rapide du cinquième
mot est maintenant donné.
5. Ressusciter
L'approche Chrétienne a
déformé ce terme. Elle l'a appliquée à la résurrection du corps, au fait de
l'immortalité et à la résurrection physique du Christ après la crucifixion.
L'enseignement essentiel de la
Résurrection est l'élévation de la matière jusqu'au ciel. Ce mot enseigne le
dynamisme de la Vie et l'état d'Existence inaltérable qui constitue la
nature de la Monade. Le Christ était parvenu à cet état alors qu'il agissait
en tant que Sauveur du Monde, garantissant le même point de réalisation pour
nous.
La nouvelle religion mondiale
reposera sur le concept de la résurrection. Dans le passé, la note-clé de la
religion Chrétienne était la mort. Dans le prochain cycle, la discipline de
renoncement sera reconnue, mettant fin à l'emprise de la matière sur l'âme.
Le but de l'enseignement religieux sera la résurrection de l'esprit dans
toutes les formes de vie. La vitalité de la nature christique et l'emploi de
la volonté seront prononcés.
La Voie de la Résurrection est
la Voie Radieuse, connue sous le nom d'Antahkarana, conduisant de l'humanité
à la Hiérarchie, et de la Hiérarchie à Shamballa. Cette voie est composée de
la lumière de la substance intelligente, de la substance d'attraction de
l'amour et de la voie karmique.
Le mot ressusciter donné à
l'initié ne concerne pas sa vie individuelle mais l'application de la nature
de la volonté. Tous les mots étudiés se rapportent à la collaboration de
l'initié avec la Volonté de Shamballa.