Bulletin no 224 du 25/06/2005
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 224

Séance du 25/06/2005

En début de séance, notre sœur So. a lu sa planche intitulée : "Décidément, je ne pourrai pas être aimée de tout le monde". So. se sait aimée de certains mais se demande, inquiète, si les autres l'aiment. Elle s'investit souvent dans un jeu de séduction pour se sentir aimée. Cette recherche insatiable lui fait perdre beaucoup de temps.

Dans ses relations amicales, elle joue le rôle de la petite sœur attendrissante, amusante, de la confidente sûre, puis fuit la relation, montre une certaine inconstance. Dans ses relations amoureuses, elle cherche à être rassurée par la promesse d'être aimée éperdument pour la vie. Dans son milieu familial, elle est passée d'une enfant calme et silencieuse à une adolescente rebelle, agressive et provocante face à des parents désemparés. Le départ de son frère à l'âge de 15 ans pour la vie de marin l'a faite baigner dans une ambiance triste et sans vie, un silence déroutant, pendant des années. Elle attendait désespérément que ses parents lui disent qu'ils l'aimaient.

Aujourd'hui, elle repousse parfois ceux qui l'aiment comme si ce n'était pas d'eux qu'elle souhaitait être aimée. Elle s'interroge : étant enfant, qu'a-t-elle donc fait pour ne pas avoir été aimée ? La culpabilité d'une faute qu'elle n'a peut être même pas commise l'habite ainsi au moindre faux pas.

Aujourd'hui, elle aimerait savoir aimer, aimer sans attente affective. S'accepter et se pardonner est la voie de la libération pour So. Dans le groupe, elle a pu développer une constance et une fidélité qui lui donnent envie de croire en la vie et de l'aimer.

 

Il y a un amour qui s’exprime par la fidélité. Puissions-nous demeurer fidèles sur le sentier vers Celui dont rien ne peut être dit. En effet, si nous disons aimer Dieu, il nous faut aimer ceux qui nous entourent et ne pas nous en séparer au moindre obstacle. Bien sûr, il y a une différence entre quitter l’autre et être quitté par lui mais dans tous les cas, il y a une croix à porter : la croix du disciple.

Nous ne pouvons pas nous délester d’une croix parce qu'elle nous pèse trop ou bien en choisir une à notre convenance. Comment pourrait-on définir notre propre croix nous-mêmes ? Quelle croix souhaiterions-nous porter ? La croix de la rédemption, celle du karma, celle des autres ? La Miséricorde est associée à la possibilité de porter la croix des autres ce qui ne peut se faire qu'après avoir porté sa propre croix. Il est alors possible de prendre en charge la souffrance des autres et peut-être même de supprimer leur karma. La suppression du karma doit se faire avec la plus grande sagesse car si la leçon de vie n'a pas été apprise, il n’est pas judicieux de le faire. Bien souvent, la souffrance liée à l’interprétation de la situation rajoute du karma. C'est le regard que l'on porte sur la situation qui peut être modifié afin de mieux accepter le karma et donc de s'en libérer.

Beaucoup d'êtres ont souffert de manque affectif : leur père, leur mère ont défailli par leur absence, ou bien par une présence inadaptée. La présence que l'on peut attendre d'un véritable éducateur est celle qui permet de connaître en temps réel les états mentaux, émotionnels de son enfant.

Aujourd'hui, So. pense avoir besoin d’aimer les autres plus que d’être aimée. Depuis plus d’un an, elle a reçu beaucoup d’amour dans ce groupe ; cela lui a donné de la joie et plus de facilité pour avancer et aimer à son tour.

 

Avant de lire sa planche, notre sœur Ir. s’est excusée d’être dans l’émotion. Les excuses ne sont pas nécessaires, ni même souhaitables. Des émotions, des larmes seraient-elles insupportables pour ses frères et sœurs de groupe qui se sont engagés à fouler le même chemin qu'elle, à partager ses joies et ses souffrances ?

Notre sœur peut parfois ressentir des scrupules, s'attacher à la lettre et non à l'esprit car elle a encore une conscience de petite fille qui projette l'existence d'un "père fouettard" autour d'elle.

Notre sœur Ir. a donc lu sa planche : "Je tremble". Il y a un mois, le groupe a relu les statuts de l'association GIROLLE dans lesquels il est précisé que le conseil d'administration devait donner son accord à toute personne désirant être membre. Une émotion l'a envahie lorsqu'il a été demandé au conseil s'il donnait son accord pour qu'elle fasse partie de l'association. Le Frère Instructeur a dit à Ir. de ne pas avoir peur et elle a répondu en souriant "je tremble". Elle a compris sur l'instant qu'il s'agissait d'une expression de sa personnalité qui cherchait à masquer ses mécanismes. Son sourire traduisait une défense, une provocation sur un ton ironique. Son attitude était hypocrite. Il lui est apparu qu'elle avait participé au mal que provoque la somme des hypocrisies accumulées dans l’humanité. La douceur avec laquelle le Frère Instructeur lui avait répondu lui a permis de se pardonner avant même d’avoir commencé à s'accuser.

Cet épisode l'a renvoyée à une attitude de son enfance où elle souriait pour cacher son malaise pour ne pas faire de peine aux autres. Le départ de son père a été recouvert par un mensonge. Elle s'est, elle-même, mise à mentir pour recouvrir son chagrin. Peu après, le décès de son grand-père a été recouvert par un nouveau mensonge jusqu’à ce qu'elle réalise vers 8 ans qu’il ne reviendrait plus. Ainsi, elle n’a pas appris à recevoir la vérité quand elle est porteuse de douleur. Enchaînée à ce schéma, elle a très souvent manqué de courage dans ses relations affectives.

Pourquoi s'est-elle dissimulée dans le groupe en disant "je tremble" sur un ton ironique ? Elle a sans doute eu peur de l’exclusion et a probablement manqué de confiance en l’amour du groupe. Elle comprend que l'hypocrisie est incompatible avec les convictions élevées et avec la connaissance et qu'elle peut se libérer par plus d'authenticité et de transparence.

Ir. a eu la sensation de faire une planche inachevée. Alors qu'elle avait déjà envoyé son texte écrit, d’autres délivrances sont advenues, notamment, le fait qu’elle visualise maintenant le lien entre le travail énergétique du groupe et les relations qui peuvent exister entre les différents centres.

 

De nombreux frères et sœurs ont été interpellés par les planches de So. et Ir.

Sy. avait des parents physiquement présents mais qui ne lui témoignaient aucune affection. Cela la renvoie à sa propre relation avec son fils qu’elle aime mais qu'elle tyrannise par moments. Elle exprime son malaise face à la situation de son fils par un harcèlement permanent. En réaction, son fils se renferme encore davantage et cela lui fait peur.

Parfois, il n’y a guère qu’un paroxysme, un événement révélateur, qui permette de dépasser une situation critique. De quoi Sy. a-t-elle peur ? de se désavouer ? de perdre l’autre ? Pourquoi avoir peur qu’il fasse comme elle un chemin chaotique ? Béni soit ce chemin qui l'a menée jusqu'à une démarche spirituelle.

Soyons sûrs que la main du karma a été lourde pour chacun et qu’elle le sera encore sans doute. Si nous voulons boire la coupe du karma jusqu’à la lie afin de s'en libérer, il faut accepter le chemin. Peu importe par où nous sommes passés, l’essentiel est l’orientation spirituelle qui est la nôtre aujourd’hui.

Lorsque notre vision est étroite, ce qui nous arrive est dramatique. Si nous élargissons notre conscience, notre compréhension s’élargit également.

Nos enfants nous confrontent de manière aiguë à nos propres limitations. Si nous étions des disciples, nous pourrions accueillir tous les enfants et les accompagner au mieux, y compris en leur permettant de vivre des paroxysmes. Sy. ne met pas en place avec son fils la juste distance qui lui permettrait de le voir comme une âme en chemin et l’interprétation qu'elle fait de la situation augmente sa souffrance.

Sy. a travaillé récemment sur le concept de justice. Est-il "juste" qu'elle ait eu ce fils ?

Nous devons être vigilants à ce que nous disons. Si nous interpellons notre âme, que lui disons-nous ? "Ce que je vis n’est pas juste" ? Dans la réponse du moment, chacun a la possibilité d’alourdir ou d’alléger son fardeau en fonction du regard qu'il pose sur la situation.

En qualifiant la situation, nous y rajoutons l’impuissance, la frustration, la culpabilité, l’incompréhension, la tristesse, le refus, la révolte, les envies suicidaires, l’apitoiement, le doute, le désarroi, la peur, la colère…

Ce mélange émotionnel s'ajoute à notre karma et retarde notre libération. Ce mécanisme pourrait s'illustrer de la manière suivante : si un pneu de notre véhicule crève sur la route et qu'on se met en colère, que l'on donne un coup de pied dans la roue, on peut se casser le tibia. Si, dans notre rage, nous avons laissé la portière ouverte, une voiture peut passer et l'arracher… C’est la spirale qui découle de la non-acceptation sereine de la situation.

Dans les films de Charlot, on observe cette amplification des processus chaotiques. Lorsque nous sommes confrontés au karma, sourions, restons calmes. Si nous sommes sur la croix, disons, comme le Christ : "Mon Dieu, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’il font".

Notre sœur Ma. est confrontée à l'éventualité d'une séparation car son compagnon envisage de la quitter. Ma. se débat avec elle-même pour savoir ce qu'elle doit faire. C'est comme si elle n’avait pas déjà délibéré pendant toutes les années passées auprès de lui. Elle préfère garder des miettes affectives que de ne rien avoir. Cette situation la renvoie au vide, à la peur du manque. Elle a parfois l'impression qu'elle est en train de mourir.

En effet, lorsque nous sommes abandonnés, il y a quelque chose qui meurt en nous. Lorsque "le vieil homme" en nous meurt, plus rien ne peut mourir et toutes les âmes de ceux qui nous ont quitté peuvent être retrouvées à un autre niveau. Aimons profondément ceux qui nous quittent, cela nous permet de transformer la relation et de la positionner à un niveau plus élevé.

La fidélité vis-à-vis de ceux avec qui nous sommes en relation se situe à différents niveaux ; elle n’est pas que sexuelle. Si nous trouvons que la fidélité est belle, c’est que cela fait écho à des lois profondément inscrites en nous. On ne peut aider le pêcheur qu’en l’aimant, qu'en se positionnant à son niveau de compréhension car il ne supporterait pas des rigueurs au-dessus de son entendement.

La philosophie du compagnon de Ma. Peut se résumer ainsi : "ni avec toi, ni sans toi". Depuis le début, on pouvait penser que cette relation était vouée à l’échec car l’affectif ne peut transformer un être qui ne veut pas s’engager.

Du point de vue de la Hiérarchie, nous sommes encore peu fiables, inconstants, incapables de tenir quelques années une promesse, un engagement. Observons notre quotidien : nous laissons-nous aller à l’horizontalité ? Méditons-nous tous les jours ?

Si nous demandons à l'autre de la Miséricorde, nous lui demandons en réalité de porter notre croix. C'est ce que fait en permanence l'humanité vis-à-vis de la Hiérarchie.

Notre sœur Mo. se demande comment faire la différence entre porter la croix de quelqu’un et faire les choses à sa place. Porter la croix de quelqu'un doit lui permette un apprentissage qu'un fardeau trop lourd pourrait compromettre. C’est comme s'il fallait laisser à l’autre l'opportunité de mieux comprendre ce qui lui arrive afin qu’il puisse continuer à porter sa propre croix.

Parfois, on cherche à aider quelqu'un mais on rencontre des obstacles de manière réitérée. Il faut alors se demander s'il est vraiment judicieux de l'aider à porter sa croix. Un maître ne nous dira pas s'il porte notre croix car c'est dans le secret de son cœur que la délibération se fait.

Dans l’Agni Yoga, il est dit que si on essaie d’aider quelqu’un, même intellectuellement, et que celui-ci ne comprend pas, c’est qu’il y a certainement un karma qui empêche momentanément l'expansion de conscience. Sur le sentier, il s'agit de développer une sagesse et non de développer un bagage universitaire. Face à des paroles de sagesse, un intellect hyper-développé peut argumenter en sens contraire, ne pas percevoir la logique du raisonnement ou bien son propre illogisme.

L’invitation au changement suscite des résistances si la proposition se situe au-dessus du niveau de compréhension de l’autre, si sa vision est limitée. Les maîtres acceptent cette sorte de dialogue qui suscite à leur encontre accusation, mauvaise foi, indignation… C’est l'illustration de la loi de la Hiérarchie : celui qui est au niveau 1 ne comprend pas celui qui est au niveau 2, etc…

Enseigner l’ésotérisme, c’est comme enseigner les mathématiques. Progressivement, les mathématiques feront partie de la compréhension de l’univers, de manière incontournable. Toutes les lois doivent être enseignées avec proximité : pleurer avec celui qui souffre, sourire avec celui qui découvre la joie.

On peut penser que si l'on a suffisamment travaillé dans cette vie, la vie prochaine sera caractérisée par des relations tissées par affinité. On peut envisager que des familles pourront vivre dans l'avenir en tant que groupe de disciples. Si nous avons éliminé tous les sentiments qui nous coupent des autres, notre vie prochaine sera meilleure. Si nous descendons avec la coupe du karma dans les mains, déterminés à la boire jusqu'à la lie, la compréhension sera tellement forte que quel que soit notre handicap nous l’accepterons et nous le vivrons à un stade plus élevé.

Nous ne connaissons pas nos vies passées donc nous ne savons pas ce que nous devons encore vivre, quel karma nous devons encore liquider.

 

Notre sœur Co. a été invitée à réfléchir avec le groupe sur le thème de "la forêt des errances". Pour Co., cette notion évoque la recherche, les arbres étant les indices du but qu’elle cherche à atteindre. 

Décrire la forêt des errances revient à décrire le voyage de l’humanité dans tous ses états. Que représentent les arbres ? Les concepts, les apprentissages, les lois, les événements, les expériences, les relations…

La forêt est plus symbolique de l’errance que le labyrinthe. Celui qui est dans un labyrinthe sait ou espère qu’une sortie existe et la recherche. Pour la plupart des hommes, la vie ressemble plus à une errance qu’à un chemin, il n’y a ni départ, ni arrivée. Certains prient, pratiquent une religion, sans être totalement persuadés. Quand ils deviennent vieux, .les hommes ont l’impression d’avoir tout vu et qu’il n’y a plus rien à apprendre.

Ce qui peut paraître mystérieux, c’est le fait que les hommes restent cantonnés dans un endroit de la forêt et n'aillent pas plus loin. Le propre de l’homme moyen, c’est de ne pas aller au-delà d’un certain cercle. Il en reste à des certitudes, à ce qu’il connaît. Il développe au sujet des régions inconnues des rumeurs au sujet d'éventuels dangers, des superstitions ou des légendes. Ainsi, il est fortement dissuadé de s'aventurer dans ces régions.

Les églises elles-mêmes dissuadent de s’aventurer dans certaines voies. Le livre de la Genèse illustre le fait qu'il y a les arbres connus et les arbres inconnus desquels il ne faut pas s'approcher. Il est possible que l’aventure d’Adam et Eve (le fait d'avoir goûté au fruit de l'arbre défendu) ne soit pas une faute, mais la fin de leur errance.

Cependant, certains osent aller au-delà du cercle connu, outrepassant la peur de l'inconnu, les avertissements et les critiques de l'homme moyen qui se rassure en se rangeant à l'avis du grand nombre. C'est ce qu'illustre l'histoire de Jonathan le goéland qui est banni, "excommunié"du clan par les anciens car il vit des expériences hors de la norme. Malgré cela, il ne renonce pas à sa quête.

Celui qui part explorer la forêt trouve des arbres différents. Peut-être est-il plus heureux qu'auparavant, peut-être souhaite-il faire partager ses découvertes à ceux qu'il a quittés. Mais, lorsqu'il essaie, il se fait rejeter par la plupart. On le traite de "sorcier", on le "met au bûcher". Il apprend alors le précepte "savoir et se taire". Aimant toujours ses semblables, il parlera mais seulement à ceux qui cherchent.

A mesure qu'il continue à explorer, les arbres sont encore différents. Les arbres sont-ils des indices ou des incitations à aller plus loin ? Est-ce la nature des arbres qui fait avancer ? Le disciple quitte des arbres connus pour des arbres inconnus (expériences, événements, relations…).

Le disciple est convaincu qu'il y a quelque chose à trouver. Non seulement, il voit des arbres différents mais en plus il a une aspiration. Est-ce que cela permet d'avoir une trajectoire idéale ? Pas nécessairement au début car l'aspirant a une certaine pesanteur, il oscille entre les piliers d'opposition. Ce n'est qu'à un certain stade qu'il lui est possible de prendre le chemin le plus court.

Après chaque passage initiatique, il peut y avoir la tendance à s'installer dans un nouvel état ou l'apparition de résistances d'un type nouveau.

Par exemple, l'aspirant peut être amoureux des concepts et ainsi s'enfermer dans une prison et être dans l'incapacité d'envisager de nouvelles choses. Il peut traverser une phase artistique durant laquelle l'émotion suscitée par la beauté est un piège. La beauté doit seulement révéler la Vérité, ce n'est qu'un panneau indicateur. On se trompe lorsque l'on souhaite la posséder.

Le tort est de s'attacher à des objets qui reflètent la lumière plus qu'à la lumière elle-même. C'est ainsi que l'on peut s'enchaîner sur le plan astral au lieu de s'élever vers l'âme.

Il faut aller vers une lumière différente de celle qui se reflète. Dans, la formule "Soleil – Noir – Antahkarana", le noir fait référence à la plus grande lumière que nous cherchons, c'est-à-dire la plus petite étincelle à chercher dans le noir. Puis cette étincelle devient éblouissante jusqu'à ce que la lumière disparaisse à nouveau. Les périodes de lumière et d'obscurité se succèdent, correspondant à la progression initiatique. Une initiation peut être comparée à une élévation sur un pic permettant de mieux percevoir la lumière radieuse. C'est ainsi que l'on parle des cinq pics des initiations.

Le sentier de gauche est emprunté par ceux qui préfèrent le pouvoir à l'amour. La réponse de l'univers peut plonger ces individus davantage dans l'illusion, car moins ils aiment et moins ils se sentent aimés. Ils croient pouvoir être estimés grâce à leurs pouvoirs.

L'ésotérisme expose à ce danger car il donne la connaissance des lois permettant le développement de pouvoirs sans pour autant que l'amour ait été préalablement développé. Il est compréhensible que l'Eglise prévienne des risques liés à l'ésotérisme. Les Saints ne pêchent pas dans ce sens là.

Les plus grands pouvoirs espérés sont l'Amour, la Patience, la Compréhension, l'Humilité, plutôt que des pouvoirs sur la matière. Le piège des pouvoirs, c'est qu'ils nous permettent de nous faire valoir aux yeux d'autrui. Même le pouvoir de guérir, qui n'a rien de négatif a priori, est redoutable car il peut faire de soi une vedette. Tous les pouvoirs tels que la clairvoyance ou la clairaudience ne sont pas souhaitables car ils nous enferment dans le plan astral.

Ceux qui ont développé de tels pouvoirs doivent tôt ou tard mettre l'accent sur l'intellect quitte à passer par une phase d'athéisme. Les mediums refusent en général de renoncer à leurs facultés et de devenir plus rationnels, car cela représente un double effort. Il serait souhaitable d'étudier les mathématiques et les sciences physiques lorsqu'on étudie l'ésotérisme. Il s'agit de développer une conscience élargie, de devenir synthétique et non plus un spécialiste.

Lors de notre cheminement, comment savoir si nous n'allons pas en arrière, si nous n'allons pas chercher des concepts appartenant au passé, c'est-à-dire déjà assimilés. Comment savoir si notre démarche est rectiligne ?

Le Frère Instructeur évite de dire à un individu qu'il fait des zigzags car cela peut susciter des résistances. L'individu, s'il a "durement" été remis en questions plusieurs fois, peut douter du Frère Instructeur. Celui-ci s'efforce de baliser le chemin autant qu'il le peut.

N'étant pas pleinement convaincu par un instructeur, un frère peut changer de groupe. C'est comme s'il pénétrait dans une autre forêt. Ce phénomène s'accentue avec la modernité, du fait de la multiplicité des livres disponibles et des enseignements accessibles sur internet. Ainsi, toutes les errances sont possibles.

Il arrive aussi qu'un disciple, écœuré du groupe, le quitte sans en chercher un autre.

Cheminer en groupe requiert une discipline émotionnelle et mentale, afin de conserver la cohérence du groupe. La difficulté tient au fait que les "mentals" de chacun sont de véritables labyrinthes.

Est-ce que l'on tire un bénéfice à cheminer en groupe ? Certains pensent peut-être ne pas être entravé et aller plus vite en étant seul. Il est difficile de rester dans un groupe pour ceux qui cherchent des pouvoirs, car ils ont le désir d'expérimenter des choses seul. L'ésotérisme n'est pas de la spiritualité si l'acquisition des connaissances ne s'accompagne pas du nécessaire dépouillement pour aller vers l'âme.

Ainsi donc, comment savoir si notre trajectoire est rectiligne, économique ?

Il n'existe pas de boussole intérieure qui permettrait de garder le cap de manière fiable. En effet, on peut très bien se mentir à soi-même car le mental a une propension à faire des boucles.

L'allègement du karma n'est pas non plus un critère systématique.

Est-ce que se projeter de manière scientifique dans l'avenir, en faisant des hypothèses, des dichotomies, est un moyen de garder le cap ? C'est une bonne démarche, mais cela est difficile lorsque les désirs, comme la sexualité, sont impérieux et prennent le pas sur la raison. Certains s'incarnent avec la conviction que la sexualité est accessoire. Ainsi, ils ne rencontrent des personnes que par affinité et non par désir. Ils ne rassemblent autour d'eux que des personnes motivées.

Qu'est-ce que l'errance évoque pour Co. ?

Co. fait la relation avec le baptême qu'elle a demandé. Co. n'a pas l'impression de "changer de forêt", de remettre en cause sa démarche dans le groupe. Pourtant, d'autres frères et sœurs, qui ne sont plus là, ont déjà dit cela…

Comment savoir que la démarche de quelqu'un est verticale ?

Si c'est le cas, on observera les différentes qualités suivantes dans son quotidien : constance, fidélité, engagement, présence, service, convergence, discipline, calme, détachement, relativisation de l'activité professionnelle, oubli de soi, dévouement.

Est-ce que nous ne vivons pas une errance mentale, qui nous fait perdre du temps ?

Lorsque nous lisons divers livres, de tel ou tel Maître, faisons-nous en permanence la synthèse ou restons-nous dans une perplexité mentale ? Ceux qui ne font pas la synthèse ont une architecture émotionnelle et mentale horizontale et non verticale, c'est-à-dire non hiérarchisée. Ils ne peuvent pas appréhender les lois.

Certains ont un mental "araignée" qui tisse une toile dans toutes les directions. Ils courent le risque de se laisser entraîner d'une idée à une autre sur un plan horizontal et de dévier.

Notre frère Fa., qui a quitté le groupe, avait tendance à élargir sa toile par opportunité. Le Frère Instructeur l'a souvent mis en garde, notamment par rapport à l'activité de coaching en entreprise qui peut être considérée comme déviante, car bien que proche du domaine psychologique, a un aspect commercial. Dans quelle mesure est-il possible de la faire cohabiter avec une démarche spirituelle ?

Notre sœur Co. pense avoir pris l'habitude, chaque fois qu'elle a entrepris une activité ou une démarche (demande du baptême, études de psychologie) non liée directement au groupe, d'essayer de ramener les nouveaux concepts à ce qu'elle connaît déjà.

Co. est interpellée sur la notion de fidélité. Peut-on justifier toutes les explorations parallèles sous prétexte que l'on s'efforce de faire la synthèse ? Qu'est-ce qui distingue les démarches entreprises par Co. de la rencontre sexuelle ou sentimentale d'autres hommes que son époux ?

Aucune de nos différentes sphères (sexuelle, émotionnelle et mentale) n'est stable tant qu'elle n'est pas alignée avec l'âme. Nous avons beau nous efforcer de faire la synthèse chaque fois que nous faisons un mouvement, qu'est-ce qui nous a poussé à faire ce mouvement ?

Il n'y a pas une chronologie définie dans la maîtrise des différentes sphères (sexuelle, émotionnelle et mentale). Le processus se poursuit en parallèle. La sphère sexuelle ne peut être définitivement maîtrisée tant que la stabilité émotionnelle et mentale n'est pas atteinte. Les prières et méditations permettent un jour d'avoir la grâce qui met un terme définitif à l'activité sexuelle non maîtrisée. Lors de la toute première initiation, une certaine maîtrise des appétits physiques existe mais des fantasmes (d'ordre émotionnel) et l'activité mentale alimentent encore la sexualité et le désir de sensation. Au fur et à mesure de nos incarnations, la maîtrise est possible de plus en plus jeune.

Il n'y a rien de grave dans l'activité sexuelle, mais celle-ci finit par entraîner des attachements et des engagements qui eux-mêmes maintiennent cette activité sexuelle. Il y a donc une boucle de laquelle il est difficile de sortir. On peut aussi observer de plus en plus la tendance à invoquer une certaine liberté qui permet de tout faire sans aucun scrupule.

La chasteté n'a aucun sens, si on est athée. Un athée ne peut avoir qu'une discipline sociale, c'est-à-dire en relation avec une société. Seul celui qui a la foi en Dieu peut mettre en place des disciplines verticales.

Cette étude de la forêt des errances est la description du chemin hypothétique d'un aspirant ou d'un disciple.

Notre sœur Co. est incitée à observer comment s'établit sa trajectoire. Depuis un point, naissent, comme lors d'une explosion, de multiples rayonnements qui mènent à d'autres points, et ainsi de suite. Cette caractéristique est typique du rayon 3. Ce processus de rayonnement est en général horizontal. Permet-il une ascension ?

La question fondamentale, indépendamment de ce que nous faisons, est de construire l'antahkarana, ce pont qui relie la personnalité à l'esprit, la monade. Mais, lorsque nous le construisons ou que nous l'avons construit, fait-on vraiment tout ce que l'on veut ? Celui qui est vraiment libre ne fait pas n'importe quoi mais continue à progresser verticalement là où il se trouve.

Que va donc faire Co. au sein de l'Eglise ? Elle souhaite accompagner ses enfants quelques années seulement.

Si les prêtres posaient plus de questions, y aurait-il autant de baptêmes et de mariages ? Après avoir été "inquisiteurs" dans un lointain passé, les prêtres sont devenus "gentils"…

La fidélité et la droiture doivent exister à tous les niveaux. Elles sont subordonnées à la verticalité.

Nous sommes incités à choisir un groupe de référence. Il ne sert à rien de fréquenter plusieurs groupes en même temps. Peut-on compter sur un individu qui fréquente plusieurs groupes ?

Il n'est pas nécessaire que les groupes fusionnent ou que les personnalités de différents groupes se côtoient. Les groupes peuvent en revanche chercher à unir leurs énergies (au niveau de l'âme) par la méditation.

La remise en cause de Co. l'a conduite à reconsidérer la manière d'appréhender la cérémonie du baptême qu'elle a souhaité vivre non pas à côté du groupe mais avec le groupe.

L'inclusivité doit nous amener à construire un arbre, les racines en l'air et les fleurs en bas.

 

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