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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE
Ne crois
rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien, Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie. SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)
Bulletin no 222 Séance du 28/05/2005 Le groupe a poursuivi sa réflexion sur le traité établissant une constitution pour l'Europe proposé au vote des Français le 29 mai. Lorsque l'on réfléchit à un problème politique, il est important de se situer, autant que faire se peut, au niveau du mental abstrait. Nos décisions doivent être orientées par les plus hautes idées et doivent tenir compte des conséquences envisageables des différentes positions possibles. Par ailleurs, le travail de chacun doit être intimement lié à un travail d'intégration de groupe. Certaines questions concernant le traité avaient été posées lors d'une précédente rencontre. Notre frère Th. y a répondu par écrit. La lecture de ses réponses a été l'occasion de revenir sur certains concepts : La rédaction de cette constitution a-t-elle été inspirée par des hommes spirituellement orientés ? Robert Schuman, un des pères fondateurs de l'Europe, vivait dans un grand dépouillement et toute son activité était inspirée par sa spiritualité. Qu'en est-il des conventionnels qui ont écrit un traité qui parle en grande partie de concurrence, de commerce et de banque ? En guise de réponse, on peut citer une phrase de l'Evangile : "on juge un arbre à ses fruits". Ce traité est le reflet des préoccupations et des orientations économiques des hommes qui l'ont rédigé. Si nous excusons un tel texte, si nous le qualifions d' "inévitable" parce qu'il est le fruit d'un compromis, interrogeons nous sur ce que nous excusons en nous-mêmes, sur les compromis que nous faisons avec notre spiritualité. Celle-ci est-elle encore faussée par des désirs et un matérialisme puissant ? La spiritualité implique des choix. Elle ne laisse pas de place pour les hésitations du vieil homme. Les choix d'ordre spirituel ne sont plus basés sur des alternatives horizontales mais sur des alternatives verticales. Si, dans les petits choix du quotidien, nous faisons souvent des compromis pour des raisons affectives ou par lâcheté, nous ne pourrons pas faire de "grands choix" plus tard. En effet, les petits choix d'aujourd'hui préparent les grands choix de demain. L'idée de l'Europe unie est-elle une belle idée ? Un ensemble est un regroupement d'êtres qui souhaitent avoir une relation subordonnée à un but supra-individuel. Dans notre groupe, par exemple, le but qui nous rassemble est l'élévation spirituelle. Passer de la nation, qui est un ensemble, à un regroupement de nations revient à modifier la conscience, à changer d'âme de groupe. Le traité semble vouloir mettre en place entre les pays de l'Europe les mêmes règles de concurrence que celles qui existent au niveau mondial. L'Europe sera-t-elle encore un ensemble spécifique ? Si le système n'est pas fermé, si les propriétés relationnelles sont les mêmes à l'intérieur et à l'extérieur de l'ensemble, s'il n'existe pas de relation spécifique entre les éléments de l'ensemble, s'agit-il encore d'un ensemble ? Dans quelle personnalité, avec quel schéma l'Europe va-t-elle s'incarner ? Pour toute structure, tout groupe, il existe une âme et une personnalité. Dans notre groupe, l'âme du groupe est la résultante de toutes les âmes des frères et soeurs. Les corps mentaux et astraux des frères et sœurs sont en proximité vibratoire et forment les différents corps du groupe. Le texte, tel qu'il est rédigé, présente t-il un caractère évolutif ? La réponse est presque technique : pour faire évoluer ce texte, la double unanimité est requise. On peut regretter que les médias n'aient pas suffisamment privilégié les débats reprenant les articles pour en discuter la signification et les implications. Quelles valeurs ce texte véhicule t-il ? Ce traité véhicule des valeurs centrées autour de l'économie sociale de marché, la concurrence… La constitution cautionne t-elle le libéralisme ? Le libéralisme est-il un bon processus par rapport à l'économie ? On entend les expressions "néo-libéralisme", "ultra-libéralisme"… Que recouvrent-elles ? Nous commençons à percevoir que la qualification de "libéral" d'un système dépend en grande partie de la culture économique du pays. Certains peuples, qui vivent sur le modèle économique anglo-saxon, disent que le traité proposé n'est pas assez libéral alors qu'en France, nombreux s'insurgent contre son caractère trop libéral. Le libéralisme est une pensée concrète qui suscite des interprétations très diverses. Comprenons la Loi du juste milieu. La sagesse enseigne qu'il faut faire exister un troisième point qui permet la loi du triangle, la réunification. Deux forces, l'une contre l'autre ne peuvent être calmées qu'avec un principe supérieur. Si nous ne pouvons faire vivre ce troisième point, nous alternerons dans le vécu entre deux idées opposées. Avons-nous envie d'un principe unificateur qui permet de dissoudre les deux pensées concrètes qui nous tiraillent ? Sommes nous prêts à nous détacher de ces idées concrètes amalgamées dans des atomes du corps astral ? Sommes-nous capables d'exprimer une idée dans le calme puis de défendre, de la même manière, l'idée opposée ? Pour un même objet, deux visions peuvent toujours émerger et cela engendre le conflit intérieur ou extérieur. On dit que le Sage n'a pas d'opinion car il ne s'attache pas aux idées concrètes. Il s'installe dans un état où la Paix existe. Si nous souhaitons voir s'appliquer une idée, notre mental devient obsessionnel. Apprenons que les choix que nous avons à faire dans tous les domaines sont des opportunités de travail et de croissance. En permanence, nous vivons le principe d'alternance sans même nous en rendre compte. Nous construisons nos idées avec un "ciment émotionnel". Le changement de direction de la pensée est extrêmement difficile du fait de l'inertie qui est la propriété de la conservation du mouvement. Le mouvement des planètes constitue une bonne illustration de nos mouvements intérieurs et de nos alternances. En politique, rares sont ceux qui reconnaissent leurs erreurs de jugement et se remettent publiquement en question. Bien souvent, les politiciens biaisent et font des compromis pour parvenir à leurs fins. Lorsque nous faisons des compromis, nous ne pouvons vivre les expériences jusqu'au bout ou bien nous faisons des expériences qui ne sont pas vraiment les nôtres. Dans la démarche spirituelle, il faut apprendre à discerner et à s'adapter. Si nous avançons de manière rigide en ligne droite, nous rencontrerons nécessairement des obstacles, la ligne droite étant souvent associée au fanatisme. Sommes-nous capables d'entendre et d'intégrer le dernier concept qui se présente à nous ? Sommes-nous capables de nous adapter ? Le disciple marche en suivant une vision, une lumière. Si nous ne voyons rien, nous sommes semblables à des hommes perdus au milieu du désert qui doivent marcher tout droit pour espérer survivre. Lorsque nous percevons quelque chose, nous nous en approchons et découvrons sa véritable nature. C'est par des phases d'essais et d'erreurs que nous progressons. Une idée émerge au plus haut niveau et s'incarne ensuite dans différentes pensées concrètes. Ainsi, pour saisir une vérité, il faut se situer au niveau du mental abstrait. Dans la personnalité, nous sommes amenés à faire des choix au niveau du mental concret et nous vivons le karma qui en résulte. Si nous pensions et posions des actes au niveau du mental abstrait, nous ne vivrions plus le karma qui nous enchaîne.
Le groupe s'est ensuite interrogé sur les concepts principaux, le schéma qu'il aurait souhaité trouver dans la constitution européenne : 1. La reconnaissance de Dieu. Cette reconnaissance pourrait faire craindre à certaines nations que l'Europe aille vers une théocratie. La France, de tradition laïque, a certainement pesé contre toute référence à l'idée de Dieu et contre toute idée d'implication de l'Eglise dans l'Europe. Dans l'histoire de France, la Révolution a correspondu à une crise vis-à-vis de la religion et l'idée de Dieu a été remplacée par la raison, puis restaurée a minima dans la notion de l'Etre suprême. Cela étant, quel que soit le système politique choisi, il y a une réelle impossibilité à représenter l'idée de Dieu car tout système humain est faillible. L'Eglise, comme d'autres organisations spirituelles, l'a démontré au cours de son histoire. La foi et la fraternité ne peuvent avoir de système représentatif. 2. Le principe d'Amour : Fraternité, Egalité, Liberté, Ethique. Ce deuxième point découle du premier : s'il y a reconnaissance de Dieu, il y a reconnaissance des valeurs qui découlent de l'Amour. 3. La recherche du Bien commun pour le peuple et par le peuple. Il s'agirait de permettre une distribution équitable des biens communs et une gestion harmonieuse des biens particuliers. Le système devrait être au service de l'homme et non l'inverse. Dans l'écriture d'une Constitution, il faudrait faire apparaître l'architecture des concepts. Or, nous ne pouvons faire autrement que d'écrire les différents points les uns après les autres, de façon linéaire. Qu'est-ce qui découle des trois premiers points, qui établissent l'esprit du texte ? Maintenant que l'entité (l'état) a été créée, comment va-t-elle être gouvernée ? Par des lois que les citoyens reconnaissent et que le gouvernement fait respecter. 4. L'écriture des lois par le peuple. L'autorité des gouvernants (ou d'un Frère Instructeur) ne sert à rien si les lois ne reflètent pas déjà les idéaux des citoyens (ou frères de groupe). Quand nous ne reconnaissons pas une loi, nous nous rebellons, crions à l'injustice, provoquant désordre et destruction. Il n'est pas facile de rester calme alors que nous constatons une injustice. Mais l'anarchie et la colère, conduisant aux révolutions, sont elles aussi destructrices pour ceux qui les font car contraires à la loi du juste milieu. 5. Des modes de fonctionnement justes et alternés. L'exercice des pouvoirs doit être réparti entre différents organes qui se contrôlent mutuellement : - Le pouvoir exécutif est chargé de gérer la politique courante de l'État. - Le pouvoir législatif rédige et vote les lois. Il est constitué d'un parlement. - Le pouvoir judiciaire a pour rôle de veiller à l'application de la loi. Ce pouvoir est confié aux juges et aux magistrats, qui se basent sur les textes de lois (qui sont rédigés par le pouvoir législatif) pour rendre des décisions à l'encontre des délinquants et des criminels.
Il est normal que ceux qui écrivent les lois et ceux qui les font appliquer soient distincts, de manière à circonscrire le pouvoir de chacun et à garantir un équilibre. Dans notre groupe, les frères officiers permettent le maintien de l'équilibre. Lorsque nous voulons à tout prix faire appliquer une vertu, nous tombons dans la violence. Nous ne devons jamais compromettre notre équilibre. Jusqu'où pouvons-nous aller et revenir avec le sourire ? Nos comportements habituels (trop de gentillesse, de laxisme ou de dureté) sont le signe des excès que nous vivons. La miséricorde est une force transmise par notre âme alors que la gentillesse aboutit souvent à des complaisances et privilèges. L'oscillation entre lois, décrets et principes de fonctionnement doit être trouvée. .La pratique de l'alternance permet de revenir dans l'autre sens quand une partie du peuple souffre trop. Une loi doit seulement être un principe régulateur et juste, s'appliquant à l'ensemble des citoyens. Si elle compromet le fonctionnement général, elle doit être suspendue. Il est normal que celui qui a la sagesse ait la force. Le pouvoir judiciaire incarne la force de l'Etat. Nous avons tous besoin d'un système représentant la justice et pouvant éventuellement faire pression. Il est nécessaire cependant d'avoir des régulateurs, sans tomber dans l'excès de contrôles qui pervertit le système. Quand une démocratie est trop faible, et que les injustices s'accroissent, le peuple essaie de reprendre le pouvoir. Quand les citoyens ne peuvent plus s'exprimer, ils sont en colère et se révoltent. Le système de régulation s'observe dans bien des domaines. Par exemple, dans une famille, les deux parents se régulent mutuellement vis-à-vis de leurs enfants, l'attitude du père étant généralement plus sévère et celle de la mère plus douce. Le projet de Constitution pour l'Europe prévoit peu de contrôles entre les différents et nombreux organes qui la constituent. Si l'exécutif est trop dur, qui va le lui dire ? L'exemple Vénézuelien est intéressant dans le sens où leur constitution prévoit que si 20 % des électeurs le demandent, un référendum révocatoire peut être organisé à l'encontre de n'importe quel élu, passée la moitié de son mandat. La révocation est obtenue si 25 % des électeurs souhaitent la révocation lors du référendum. Notre système actuel, dans lequel la démocratie finit par se scléroser, entraîne un déficit démocratique. Notre législation sociale, parfois trop lourde à supporter pour les entreprises, est paralysante. Mais le système inverse peut conduire à une économie sociale de marché, avec tous les excès que cela comporte, et notamment une autorégulation basée sur le "laisser-faire" de l'Etat. Il n'y a plus dans ce cas d'arbitrage ni de sécurisation, ce qui conduirait probablement à la mise en place d'un système d'assurances privées. Si on envisage une Europe fonctionnant avec une économie sociale de marché, une régulation s'ensuivra du fait de la concurrence, faisant tomber d'elle-même les lois de protection sociale et de droit du travail afin d'empêcher les entreprises de partir dans un espace privilégiant un laisser-faire encore plus grand. Ce système pourrait multiplier les conflits qui seraient portés devant les tribunaux. Mais ce système prévoit-il de mettre en place une justice ? Par qui sera-t-elle arbitrée ? Pourra-t-elle toujours contraindre les entreprises et les hommes à réparer ? Qui sera le plus fort et comment s'y prendra-t-il pour le rester ? Le communisme a déjà été expérimenté par les hommes. Ce précepte était basé sur le principe de la solidarité forcée. L'idéal serait de penser aux autres spontanément. Mais aujourd'hui, qui peut dire de lui-même : "je m'autorégule" ? Dans notre société, l'honnêteté des hommes est fondée sur "la peur du gendarme". Certains profitent du système, en adoptant le comportement du "pas vu, pas pris". Seuls quelques-uns sont fondamentalement intègres, au nom de l'éthique et d'une vision de l'ordre universel. S'il n'y a plus de contrôles, vers quoi notre société s'achemine-t-elle ? Tant que l'homme est perverti, il est nécessaire d'avoir une police. L'éducation des citoyens doit être basée sur la solidarité et la fraternité afin de parvenir à une conscience de disciple. Le sens de l'éthique rend compte des relations véritables existant entre les individus dans une société. Il y a au fond de chacun de nous un idéal qui nous conduit à vouloir un appareil de justice et de police honnête, au-delà de tout soupçon. La société Française s'est installée dans un confort qui l'empêche actuellement de réagir. L'état pense que les citoyens ne réfléchissent pas. Pendant que ces derniers consomment et dorment, le gouvernement fait voter des lois au profit des plus nantis. La métaphore de la grenouille illustre l'état actuel de notre société : si on met une grenouille dans une casserole d'eau très chaude, cette grenouille sortira immédiatement de la casserole. Mais si on installe la grenouille dans une casserole d'eau froide, dont on fait monter progressivement la température, la grenouille ne bougera pas et en arrive à être complètement cuite sans chercher à sortir de la casserole. Cette métaphore convient à tout individu qui ne percevrait pas à temps les signaux légers venant de l'extérieur ou de l'intérieur, qui annoncent la nécessité de changements majeurs à mettre en œuvre. La démocratie a besoin de vivre longtemps des expériences afin de réajuster et de réguler la situation. Il est nécessaire de construire en faisant des essais et des erreurs tout en acceptant de le faire avec des êtres moins avancés que nous. La démocratie requiert une vigilance permanente jusqu'à ce que le peuple, qui a acquis suffisamment de sagesse, n'ait plus besoin de gouvernement. A ce stade, c'est la justice d'âme qui compte. Si notre conscience est élargie, la politique nous intéresse et nous concerne car elle englobe les autres comme nous-même. A quoi sert l'honnêteté si nous ne sommes pas dans l'amour ? Il faut permettre une plus grande vision à l'être humain, condition pour que l'humanité survive. Si le citoyen est privé de cette vision, il devient triste et consommera encore plus par effet de compensation. S'il n'y a pas un but plus élevé, à quoi sert la vie ? La richesse matérielle personnelle ne peut servir qu'à aider les autres et à mettre en place une coopération. Ne restons pas dans le cercle de notre famille mais élargissons-le à la communauté. Sachons construire dans la vertu. On pourrait envisager, à l'image d'Aristote et Montesquieu, un système politique où les élus seraient tirés au sort. Ils bénéficieraient d'un temps d'instruction aux affaires de la cité, puis exerceraient leur fonction pendant une durée limitée dans le temps et non renouvelable. Après quoi, ils reviendraient à la vie civile, retrouvant leur emploi. Ce système s'apparenterait à celui des jurés dans les cours d'assise. Il n'y aurait plus alors de carrière politique. L'élu, sachant ainsi qu'il redeviendrait rapidement un citoyen comme un autre, ne tomberait pas dans le piège du pouvoir et ferait très attention aux lois qu'il pourrait faire voter. Ce système donnerait au peuple un sentiment de justice car l'échantillon des élus serait représentatif de la population : il y aurait donc probablement autant de femmes que d'hommes et une répartition équitable des catégories socio-professionnelles. Pourrait-on envisager de bloquer le salaire des élus en deçà d'un seuil, afin d'éliminer le goût du pouvoir et de l'argent. Comment, dans ce cas, assurer la représentativité de la population ? Est-il souhaitable de réguler la richesse et comment ? La nomination des ministres pourrait-elle se faire proportionnellement au nombre de députés de "gauche" comme de "droite" au parlement, mais sauraient-ils s'entendre ?
Le vote du 29 mai proposé aux Français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe permet à chacun de délibérer au niveau qui est le sien. Le vote découle du mental concret et nous lie à notre karma. Le Frère Instructeur s'abstient de toute ingérence ou de toute influence au niveau des personnalités car, sans cela, le travail de l'âme ne pourrait se poursuivre. De même, nous devons laisser nos enfants expérimenter tout en les accompagnant. Nous pouvons être Un avec les autres sans pour autant les écraser. Entre frères de groupe, il est préférable d'appliquer l'attitude du "savoir et se taire". Il n'est pas souhaitable que les personnalités interfèrent entre elles concernant leur décision. Il y a pour chacun de nous une zone protégée que nous ne voulons pas dévoiler. Le Frère Instructeur le sait et attend. Nous devons faire en sorte que cette zone ne grossisse pas et ne devienne pas un noyau important qui créera des zones secondaires. Sans doute faudra-t-il à la personnalité une vie de plus pour se mettre à genou avec humilité. Cette décision ne peut venir que d'une personnalité qui ne voudra plus fonctionner avec ses mécanismes grossiers. Ces étapes intermédiaires et nécessaires ne doivent pas nous rendre triste. La joie ne vient pas que de la tête, elle provient du cœur qui s'ouvre. Prions et méditons au lieu de nous révolter. La douceur intérieure diminue notre karma. La dualité qui est en chacun de nous nous fait basculer tantôt d'un côté tantôt de l'autre. En apprenant à nous connaître, nous apprenons à être vrai tout le temps. Vivons-nous la relation à l'autre comme s'il était toujours en face de nous ? Ainsi, nous ne pourrons plus critiquer. Au niveau de l'âme, tout est transparent. Le Frère Instructeur, qui nous observe et nous connaît bien, sait comment nous allons voter car nous sommes une "mécanique" prévisible. L'analyse que nous faisons doit nous permettre d'entrer dans un champ de liberté qui est celui de notre âme. Pouvons-nous interpeller l'être dans toute sa dimension ? Avons-nous la capacité de monter, tout voir et prendre une décision conséquente ? Avons-nous bien compris ce que nous sommes censés édifier au niveau de l'Europe ? Tant que nous ne savons pas quelle personnalité nous alimentons, il n'est pas judicieux de maintenir une méditation sur l'âme de l'Europe. Nous ne devons pas utiliser des énergies supérieures pour satisfaire nos désirs inférieurs. C'est l'amour qui doit diriger toute activité. A l'occasion de la réflexion sur le traité constitutionnel pour l'Europe, l'attention du groupe se porte sur les statuts de l'association Girolle. Chaque membre est invité à réfléchir et à proposer des modifications afin que les nouveaux statuts soient en correspondance totale avec l'esprit et les buts de l'association. Notre adhésion et notre constance dans le groupe reposent sur notre intelligence. Il est aujourd'hui de plus en plus difficile d'y entrer et de s'y adapter. Il est nécessaire de faire un travail préparatoire et de se prouver ainsi que l'on veut vraiment venir avant de frapper fortement à la porte. Durant une période transitoire d'adaptation, le futur membre vient à chaque rencontre et reste le temps voulu dans l'antichambre. Il teste ainsi sa volonté quant au rythme demandé. A partir du moment où la force intérieure, la détermination et le rythme sont probants, la porte peut s'ouvrir. Dès lors que nous avons la possibilité de tester si le groupe nous convient, nous devons accepter la réciproque. Il est rappelé à chaque membre de rester dans une dynamique de maïeutique lorsqu'il s'exprime et de s'abstenir de toute opinion. Il est souhaitable d'ouvrir le dialogue entre l'âme et la personnalité. Si nous vivons une relation verticale avec notre âme, il en résultera une relation heureuse avec notre Frère Instructeur qui tend à être en contact avec notre âme. Si nous jugeons que le Frère Instructeur est arbitraire, nous ne tarderons pas à penser que les membres le suivent aveuglément et nous vivrons une crise. Plus nous sommes dans le dialogue et le questionnement, plus nous contribuons à faire avancer notre responsable hiérarchique et nous-même. Notre ouverture permet à l'autre d'entrer dans notre cœur. Avoir une conscience très large permet de s'assurer de ce que l'autre nous donne et de ne pas se focaliser sur ce qu'il prend.
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