La séance a débuté par la lecture de la planche de
notre frère He. intitulée : "Comment fonctionnent les piliers
d’opposition ?"
Cette planche a été donnée à He. en raison de sa
difficulté lors d'une séance précédente à définir ses propres piliers
d'opposition. Il confondait cette notion avec l'opposition verticale qui
peut exister entre des vecteurs dirigés vers le haut ou le bas. Cette
difficulté n'a pas manqué d'activer en lui une de ses paires d'opposés : le
désir de paraître intelligent et la tendance à se dévaloriser ou à se
mépriser.
La dualité fondamentale est celle qui existe entre
l'esprit et la matière. L'attachement, qui est un effet des rapports entre
ces deux contraires, est un facteur déterminant de la manifestation. Même,
les très sages y sont soumis.
La croix mutable qui gouverne l'homme jusqu'au stade de
l'aspirant fait passer l'homme d'une expérience extrême à une autre,
produisant la souffrance.
Il y a deux voies possibles :
- La crispation, la frustration afin de limiter
les écarts entre les piliers. Or, en l'absence de mouvement, il n'y a plus
de force conférant la fermeté de la tension ; il en résulte tristesse et
engourdissement. De nouveaux désirs finissent par surgir.
- L'acceptation du balancement. Lorsque le niveau
de conscience s'élève, la longueur du balancier diminue ainsi que la
distance entre les extrêmes. C'est la seule voie qui permet d'atteindre le
point d'accroche du balancier. Ce n'est que lorsque ce point est atteint que
le mouvement d'oscillation cesse.
Equilibrer les paires d'opposés est la leçon
enregistrée dans les pétales de la connaissance du lotus égoïque .Il s'agit
de saisir la dualité essentielle et les causes.
Le sixième rayon est propice aux oscillations entre les
paires d'opposés. Dans le tableau ci-dessous, He. a complété l'aspect
initial du sixième rayon donné par le Maître D.K. par son pilier opposé,
l'aspect final correspondant au point d'accroche du balancier sur le plan de
l'âme.
|
Aspect initial du 6ème Rayon |
Pilier d’opposition |
Aspect final du 6ème Rayon |
|
La violence, le fanatisme, l'adhésion entêtée à un idéal. |
Versatilité et adhésion à tous les points de vue pour obtenir la
paix
Scepticisme désabusé |
L'idéalisme dirigé et inclusif. |
|
L'aveuglement et la courte vue. |
La réaction rapide au mirage et à l’illusion |
La fermeté de perception à travers l'expansion de conscience. |
|
Le militarisme et la tendance à créer des difficultés avec les
individus et les groupes. |
Le pacifisme inconditionnel et la recherche d’un consensus à
n’importe quel prix |
La paix et non la guerre. Le bien du Tout et non de la partie. |
|
La suspicion des motifs des autres. |
La confiance aveugle, le refus de porter un jugement critique sur ce
que font les autres |
La bonne volonté mise à voir le travail des autres personnes
progresser selon les directions choisies |
|
Le pouvoir de ne voir aucun autre point (de vue) que le sien propre.
|
La recherche irréaliste de concilier tous les points de vue, même
les plus opposés |
La réaction aux points de vue des autres et la sympathie envers eux. |
|
La réaction rapide au mirage et à l'illusion. |
Le refus catégorique de tout ce qui ne paraît pas immédiatement
rationnel |
La fermeté de perception à travers l'expansion de conscience. |
|
La dévotion émotionnelle et l'idéalisme confus. |
Le blindage émotionnel et le scepticisme dogmatique |
L'idéalisme dirigé et inclusif. |
|
L'activité vibratoire entre les paires d'opposés. |
La crispation dans une attitude figée |
Le choix du chemin du milieu. |
|
La capacité intense d'être personnel et de mettre l'accent sur la
personnalité. |
Le laisser aller la dévalorisation et le mépris de soi |
Le Service et l’oubli de soi |
Les piliers d'opposition existent sur les trois plans :
physique, émotionnel, mental. Est-ce aussi le cas sur le plan spirituel ? Le
résultat du conflit est définitivement bon. La conscience de l'humanité
s'est élargie, l'humanité s'est mise à penser. Elle est s'est ainsi
rapprochée de la source de lumière et d'amour.
Comment s'élever vers le point d'accroche du
balancier ?
L’identification des piliers d’opposition doit être
faite en évitant toute confusion avec leur manifestation. Par exemple, il
est souvent dit qu'une activité frénétique permet d'échapper à des pensées
obsessionnelles. Il serait hasardeux d'affirmer qu’aux pensées
obsessionnelles s’oppose l’activité frénétique… Le pilier d’opposition
correspondant aux pensées obsessionnelles est l’étourdissement et/ou
l’aveuglement quel qu’en soit le moyen : hyperactivité, drogue, boisson,
toute sortes de passions. Ce peut être aussi l’apathie mentale ou le refus
de réfléchir.
L’identification étant correctement formulée le point
d’accroche doit être perçu. Le travail à entreprendre est d'atteindre le
niveau de ce point d’accroche.
Ainsi, pour surmonter des pensées obsessionnelles
relatives au futur, le niveau supérieur dans lequel un point d’accroche peut
être trouvé pour sortir de l’horizontalité est le plan mental, celui de la
réflexion, de la recherche des causes, de la projection objective dans les
différentes situations possibles.
Il s’agit d’atteindre progressivement "la fermeté de
perception par l’expansion de conscience" qui dissout un bon nombre de
paires de piliers d’opposition. Un contact avec le mental supérieur peut
alors être établi. Il apparaît que le point d’accroche final est dans le
plan spirituel. Ce doit être pour nous qui avons entrepris une démarche au
sein du Groupe le lieu de recherche des points d’accroche de nos piliers
d’opposition.
Ayant atteint un point d’accroche "intermédiaire", de
nouveaux piliers d’opposition peuvent se manifester. Le mouvement pendulaire
réapparaît tant que le contact avec le divin n’est pas complètement établi.
La sinusoïde de la vie entre les piliers d’opposition amorce l’élargissement
de la conscience. L’ultime étape est la construction de l’antahkarana, la
fusion avec l’âme qui nous libère des piliers d’opposition dans les trois
plans de la manifestation.
He. s'est intéressé à deux couples de contraires
particulièrement liés au plan physique : celui de la nourriture excessive
avec son opposé l’anorexie (volontaire ou non) et celui de la sexualité
dominant la personnalité avec son opposé le rejet dogmatique de la sexualité
ou l’abstinence frustrante (voulue ou non).
Ces deux couples de piliers ont en commun d’avoir un
lien direct avec la dimension spirituelle de l’homme.
La nourriture produit l’énergie et maintient la vie qui
permettra la prise de conscience. Le corps est le siège de la transformation
de la matière en énergie. C’est par l’utilisation maîtrisée de l’énergie que
l'homme retrouve sa dimension divine.
La sexualité est liée au processus de création d’un
nouvel être humain d’essence divine. Elle permet les incarnations
successives qui permettront à l’homme d’accomplir la totalité du chemin de
retour vers le divin.
Le point d'accroche par rapport à ces deux couples de
piliers passent progressivement d'un plan à l'autre jusqu'à se situer sur le
plan spirituel.
He. a enfin tenté d'identifier les principaux couples
de piliers d’oppositions entre lesquels il oscille, et les points
d'accroche. En abordant les caractéristiques du sixième rayon, plusieurs
aspects l’ont interpellé.
Le premier couple de contraires est celui qu'il n'avait
pas réussi à formuler en réunion de groupe :
|
La capacité intense d'être personnel et de mettre l'accent sur
la personnalité |
Le laisser aller, la dévalorisation et le mépris de soi |
Le Service et l’oubli de soi |
Cette formulation paraît exprimer plus justement
l’égocentrisme. La dévalorisation entraîne le mépris de soi. Cette
horizontalité n’est pas encore dissoute ; l’analyse, la méditation et
surtout le travail du Groupe constituent "le métier sur lequel il faut sans
cesse remettre l’ouvrage".
Les deux couples de piliers suivants caractéristiques
du sixième rayon sont étroitement liés pour He., tout en ayant un lien avec
le précédent.
|
La suspicion des motifs des autres |
La confiance aveugle |
La bonne volonté mise à voir le travail des autres personnes
progresser selon les directions choisies |
|
Le pouvoir de ne voir aucun autre point (de vue) que le sien propre |
La recherche irréaliste de concilier tous les points de vue même les
plus opposés |
La réaction aux points de vue des autres et la sympathie envers eux |
Les expériences passées notamment en situation
professionnelles lui ont permis d’alterner entre ces quatre piliers.
L’analyse et l’exercice de fonctions centrales en milieu professionnel lui
ont permis de surmonter en partie cette horizontalité sur le plan mental.
Les points d’accroche se situent dans la recherche de la fermeté de la Foi
et de la permanence de l’aspiration spirituelle dans le Service, même dans
le silence spirituel.
Deux autres couples de piliers caractéristiques du
sixième rayon se sont cristallisés sous la forme d’une grande capacité à la
rébellion et à l’opposition, se manifestant fréquemment dans la colère.
|
La violence, le fanatisme, l'adhésion entêtée à un idéal |
Versatilité et adhésion à tous les points de vue pour obtenir la
paix
Scepticisme désabusé |
L'idéalisme dirigé et inclusif |
|
Le militarisme et la tendance à créer des difficultés avec les
individus et les groupes |
Le pacifisme inconditionnel et la recherche d’un consensus à
n’importe quel prix |
La paix et non la guerre
Le bien du Tout et non de la partie |
Les mouvements du pendule dans ce domaine paraissent
perdre de l’ampleur : le travail de Groupe et l’analyse ont incité He. à l’inclusivité
et à considérer le bien du Tout et non de la partie. Les mouvements
de colère s’espacent et s’apaisent plus vite.
La sévérité et l’intransigeance qui se manifestaient
surtout en milieu familial se dissipent peu à peu dans la recherche de la
paix et non de la guerre. Le pacifisme, irréaliste pendant des années,
semble plus réfléchi et n’est plus une fin en soi mais un moyen de ne pas
arriver à la guerre.
Une autre paire de piliers d’opposition d'He. se
manifeste surtout en milieu familial.
|
Créer la dépendance affective fondée sur la relation d’aide et
la protection |
Agressivité fondée sur la demande à l’autre de changer |
Accepter et apprécier dans l’innocuité les choix, les efforts et
les expériences de l’autre comme facteurs de son épanouissement
personnel |
L’analyse lui a permis de prendre conscience de ce
fonctionnement. Avoir conscience n’est pas suffisant pour dissoudre ces deux
piliers d’opposition. De l’intellect qui comprend au cœur qui sait, il y a
un travail de méditation pour plus de transparence, d’oubli de soi et de
maîtrise du plan émotionnel.
He. s'est demandé si un couple de piliers d’opposition
pouvait être à l’origine de tous les autres, au sommet de la pyramide qu’ils
forment dans les trois plans. Si c'est le cas, ce couple de piliers pourrait
être pour He. :
|
La récupération par la personnalité de tout ce qui peut lui donner
du pouvoir et la placer "au-dessus" |
Le désespoir et le sentiment de n’avoir pas le droit de vivre ou de
ne pas le mériter. Volonté de se détruire |
L’ouverture du cœur et la dissolution de la personnalité dans le
Service |
Pour conclure, He. a pris conscience du caractère
fondamental de la question des piliers d’opposition dans la démarche
spirituelle. Il a l’impression d'avoir découvert une clé dont il ne sait pas
encore quelle porte elle ouvre. C'est le travail de groupe, l’analyse, la
méditation et la réflexion qui le conduiront au seuil de cette porte.
La prise de conscience est ce qui compte le plus.
Est-il possible de résoudre d'un seul coup les nombreux piliers ? Au cours
d'une vie, la conscience se penche seulement sur quelques piliers. Qu'est-ce
qui peut expliquer une telle oscillation entre les piliers d'opposition ? Si
le "point d'accroche" est sur le plan mental, alors les piliers d'opposition
ne sont pas vraiment résolus car d'autres problématiques peuvent en
découler.
He. a éprouvé une émotion particulière lors de la
lecture de sa planche à l'évocation de sa tendance à l'autodestruction mais
en fait, il était dans l'émotion dès le début de la lecture. Cette planche
exposait He. à l'une de ses paires d'opposés : la recherche d'une
valorisation personnelle et le mépris de soi quand il n'est pas reconnu.
Le groupe a tenté de mieux comprendre ce qui peut
susciter l'émotion, ce qu'elle induit, comment les choses oscillent en nous
entre des positions duelles.
Le mouvement se répercute d'un corps à l'autre. Un état
émotionnel peut avoir des incidences sur le plan physique, provoquer des
tremblements des jambes, de la voix…
Quels peuvent être les états du plan astral opposés à
l'émotion ? La dureté, le blindage émotionnel, l'indifférence, la colère… La
colère peut aussi bien résulter de l'émotion qu'être une réaction à un
constat d'émotion pour cacher celle-ci. Comment passe-t-on de l'émotion à
l'indifférence ou à la dureté ? La connexion s'établit à un autre niveau :
c'est une décision mentale. L'émotion elle-même d'ailleurs résulte de
considérations mentales.
L'inquiétude majeure du mental est de savoir ce qui va
se passer. Va-t-on se sentir jugé, piégé dans l'espace social que l'on
fréquente ? Une cascade de réactions peut en résulter.
Pour quelles raisons tomber dans l'émotion ?
Dans l'humilité complète, c'est-à-dire au niveau de
l'âme, les piliers d'opposition communs sont dépassés. En l'absence
d'orgueil, beaucoup d'émotions disparaissent. Avant ce stade, nous sommes
tous naturellement orgueilleux, nous avons tous un fort désir de
reconnaissance. Nous avons donc peur du jugement des autres et donc de ne
plus être aimé.
Si, lorsque nous nous apprêtons à lire une planche,
nous avons peur d'être ridicule devant le groupe, d'être jugé, rejeté, cela
entraîne une cascade de réactions d'ordre émotionnel. Cependant, si nous
étions applaudi chaque fois que nous lisons une planche, nous finirions par
ne plus craindre cet instant et par être à l'aise car nous aurions déjà
prouvé à tout le monde que nous sommes à la hauteur.
L'orgueil peut donc jouer dans les deux sens.
La dualité la plus élémentaire du mental pourrait
résider dans la question de savoir si nous allons être valorisé ou
dévalorisé. Dès que nous pensons que cela ne se passera pas bien, une
émotion apparaît.
Le mental envisage les choses de manière positive ou
négative, favorable ou défavorable. Or, ni l'une ni l'autre de ces approches
n'est la bonne réponse. La bonne réponse se situe "au milieu", dans le plan
de l'âme. Pour l'âme qui est humble, tout est bien ! Au niveau du mental, il
n'y a que des stratégies ou des réactions. En tant qu'adulte, nous avons
tous mis en place des stratégies pour avoir l'air tout en étant le
contraire.
Cela évoque un exercice de méditation proposé par le
maître D.K., dans lequel il suggère de visualiser nos principales paires
d'opposés comme deux hautes montagnes, séparées par un étroit passage,
symbole du "chemin étroit". Il suggère de nous représenter ces montagnes,
chacune de leur côté, l'une dans l'ombre et l'autre dans la lumière et de
nous imaginer suivant le sentier doré "passant entre elles". Tandis que nous
progressons le long du Chemin du Milieu, souvenons-nous que notre âme nous
observe.
Cela évoque aussi la phrase-clé du signe de la
Balance : "Je choisis la Voie qui mène entre les deux grandes lignes de
force."
Quelle interaction envisager entre les corps mental et
astral ? A notre insu, le mental emprunte des circuits difficiles à
analyser.
Lorsque nous ne nous sentons pas valorisé, nous pouvons
nous sentir humilié, ressentir de la honte, nous sentir petit par rapport
aux autres. Cette dernière considération qui peut sembler être celle d'un
homme préhistorique est pourtant toujours présente en nous. Les femmes, par
exemple, continuent à désirer des hommes grands, forts, beaux et
intelligents…
L'idée d'être plus faible, plus vulnérable entraîne
l'idée d'une possible exclusion du groupe. Le mental intègre les valeurs,
les "règles du jeu" de l'espace dans lequel il évolue. Est-ce la force
physique ou la grandeur intellectuelle qui est exaltée ?
Dans un groupe spirituel comme le nôtre, un champion de
rugby ou bien même un prix Nobel ne nous impressionneraient pas
spécialement. En dépit de ses capacités intellectuelles hors du commun, un
prix Nobel peut avoir des problèmes relationnels comme les autres. Les
valeurs que notre groupe reconnaît sont entre autres l'équilibre, la
constance, la fidélité…Lorsqu'un un membre quitte ce groupe, il peut finir
par affirmer des valeurs inverses…
L'enjeu, c'est la connaissance. Que l'on ait ou pas de
nombreux diplômes, la réaction à la comparaison demeure, la peur d'être mis
en défaut est présente. Le mental n'a pas besoin de réactiver des situations
passées traumatisantes car le mental compare en permanence.
Pouvons-nous reconnaître notre ignorance en toute
sérénité ou sans être le clown de service ? Dans une classe, le premier est
piégé car il a peur de perdre sa place. Le dernier n'est pas plus humble que
le premier. Il perçoit la comparaison défavorable par rapport aux autres
élèves et la réaction des professeurs à son égard qui finissent par penser
que le dernier fait exprès d'être tel qu'il est.
La placidité affichée en cas d'ignorance peut encore
cacher une réactivité, une stratégie du mental.
Le risque d'exclusion, qui est perçu comme une forme de
mort, suscite la peur et l'entrée dans le domaine émotionnel. Le risque
n'est plus seulement perçu théoriquement comme peut le faire le mental. La
connexion entre la pensée et l'émotion est très subtile et s'établit en une
fraction de seconde.
Le mental ne démissionne pas tout à fait car il
constate l'arrivée de l'émotion. Que faire alors que tout le monde est
témoin de cette émotion ? Il est alors possible de basculer dans la colère,
la révolte, l'agressivité, le refus de la comparaison trop humiliante, de
jouer le jeu, du système. Il est possible de fuir avec des raisons
fallacieuses.
Certains signes annoncent le départ d'un frère de notre
groupe. C'est le cas pour Al. Dont l'audition s'est subitement dégradée. Il
ne pouvait plus entendre ce que disait le Frère Instructeur. Il faut
beaucoup d'humilité, lorsqu'on est sourd, pour pouvoir dire à chaque instant
que l'on n'a pas compris ce que l'autre vient de dire. A la surdité soudaine
d'Al. s'est ajouté un problème d'ordre affectif dans sa relation avec sa
compagne. Il ne "s'entendait" plus, au sens propre comme au figuré. Le Frère
Instructeur lui a toujours suggéré la constance et la fidélité. Est-ce le
groupe qui a dérivé ou le membre qui a quitté le groupe ?
Quel type de postulat pouvons-nous mettre en place pour
justifier notre départ ? Nous pouvons entrer dans un processus
d'autodestruction ou bien affirmer une tendance à la rébellion et continuer
à exister ailleurs. Ce groupe sera redéfini différemment car il n'est plus
un groupe de référence, des valeurs opposées seront adoptées. Il en
résultera un durcissement découlant de la haine de soi ou des autres.
Celui qui sait rester dans une forme d'équilibre ne
peut passer d'une valeur à son anti-valeur. Sachons nous élever au-dessus
des rapports affectifs avec le groupe afin de ne plus être soumis aux
oscillations pendulaires.
Il faut subir de fortes sollicitations extérieures pour
changer d'avis par rapport à notre travail de groupe. Des fantasmes
obsédants, par exemple sur le plan sexuel, peuvent être tenus secrets
pendant les séances d'analyse. Le non-dit va progressivement conduire le
membre à penser que le Frère Instructeur l'empêche d'assouvir ses désirs et
qu'il n'est plus libre. Si nous n'avons pas suffisamment vécu, nous serons
tenté par telle expérience, oscillant horizontalement au gré des différentes
possibilités à explorer. La sagesse ainsi que la mise en place d'accroches
énergétiques à un certain niveau nous font disparaître le besoin
d'expérimenter horizontalement.
La fidélité est-elle une valeur pour nous ? Celui qui
quitte un groupe A pour un groupe B n'est pas fidèle, il a trahi. Le Frère
Instructeur du groupe B, s'il est avisé, ne va pas nécessairement accepter
ce frère dans son groupe.
Lorsque nous avons été éprouvé à maintes reprises, nous
nous donnons le temps de voir comment, face à une situation donnée, les
choses oscillent en nous, jusqu'à arriver à une réponse de plus en plus
fine. Cherchons des solutions économiques sur le plan énergétique. Les
réactions de causes à effets sont des cercles vicieux qu'il faut briser.
Commencer à dire la vérité, malgré notre orgueil et notre tendance à mentir,
permet de briser ces cercles. Dire notre vérité, c'est dire ce que nous
ressentons vraiment. L'effet peut être quasiment "magique" : une émotion
peut se dissiper rapidement.
Tant que nous craignons le jugement des autres, que
nous ne disons pas la vérité ou que nous gardons le silence. nous ne
pouvons pas désamorcé nos émotions. Nous maintenons en place notre système
de défense, reproduisant les mécanismes de notre société. Nos propos ou nos
pensées sont accusateurs : "c'est la faute de l'autre"… Nous souhaitons que
les autres soient conformes, mais à quoi et à qui ? C'est encore notre
mental qui se permet de juger. N'attendons pas que les autres soient bons,
portons notre croix en cherchant à nous élever. Le groupe est ce qu'il est,
nous faisons un travail de vérité nous concernant et nous nous exerçons à
voir les mécanismes les plus subtils de notre mental.
Le groupe a poursuivi la lecture de Rayons et
Initiations, Traité sur les sept Rayons, Volume V (pp. 261 à 267)
en abordant l'étude de la phrase 2 de la Règle Treize.
2. Que le groupe mette
en pratique le sens plus élevé des leçons apprises ; elles sont quatre et
pourtant ne font qu'un.
Les activités des aspirants ont d'abord leur origine
sur le plan astral. Puis ils découvrent que "l'homme est tel que sont les
pensées dans son cœur". Plus tard, ils saisiront le sens de l'amour et la
signification de l'activité de groupe, ce qui leur permettra d'apprendre le
sens supérieur des quatre leçons qui les conduiront à un point de tension
indiquant le stade initiatique suivant.
Les quatre leçons peuvent être résumées en quatre
termes pour l'initié :
1. la radiation qui lui permet d'être un facteur
d'unité dans l'ashram du Maître et de commencer à former son propre ashram.
2. La magnétisation qui "charge" l'initié par
l'aspect Vie, l'amenant à travailler avec la loi d'Evolution qui portera le
groupe vers la Triade supérieure.
3. La transmutation, comprise en tant
qu'aboutissement de la nature inférieure en nature supérieure, est le moyen
utilisé par l'initié pour transmuer ce qui n'est pas lui-même, conformément
au processus d'évolution.
4. La communication, point culminant qui permet
à l'initié d'arriver au point de tension où le Son peut être entendu. Il est
important de préciser que le OM est seulement un mot qui, lorsqu'il est
formulé, apporte au mental deux points de tension conférant au disciple le
"nom égoïque caché" et un symbole du Son.
La compréhension des quatre règles données aux
postulants se trouve dans le mot Existence. Seuls ceux qui sont éveillés
monadiquement peuvent en saisir la signification profonde.
Au vu des indications données précédemment, il est
maintenant possible d'aborder les quatre injonctions destinées au disciple
initié qui se prépare à travailler conformément aux lois de l'Esprit depuis
sa personnalité :
3. Que le groupe comprenne la loi de
Synthèse, d'unité et de fusion.
La loi de Synthèse est l'une des trois lois majeures de
notre système solaire avec les lois d'Attraction et d'Economie. Elle est la
loi de l'existence spirituelle, gouvernant les activités de la Triade
spirituelle et conditionnant la vie monadique. Quand elle gouverne, les
mondes de l'illusion et du mirage sont maîtrisés.
La loi d'Attraction aboutit à la résolution de la
dualité âme-personnalité. L'unité qui en découle révèle la dualité
âme-esprit qui, lorsqu'elle est résolue, fait apparaître la dualité
universelle de l'esprit-matière.
La loi de Synthèse correspond à la citation de H.P.
Blavatsky : "la matière est l'esprit à son point le plus bas de
manifestation, et l'esprit est la matière à son point le plus haut".
Le groupe doit apprendre à faire la distinction entre
synthèse, unité et fusion. La fusion est reliée à l'unification consciente
de l'âme et de la substance jusqu'à l'obtention d'un point d'équilibre qui
permet l'unité. Cela se produit en trois étapes : sur le Sentier de
Probation, puis sur le Sentier du Disciple et enfin sur le Sentier de
l'Initiation lors de la troisième initiation (première majeure). La fusion
serait donc le processus individuel d'intégration spirituelle reliant les
trois aspects divins de l'homme.
Quand la Monade est enregistrée consciemment et
quand la construction de l'antahkarana est consciente, l'initié
découvre la signification de l'unité. L'unité serait alors l'adaptation
consciente du disciple initié au plus grand tout. L'instinct de séparation
n'est plus en lui. Il devient un canal sans obstacle pour l'énergie. Il est
gouverné par le principe d'intelligence et motivé par l'amour. Il est arrivé
à l'unité de son rayon, de son ashram et du plan.
Mais s'il veut fouler la Voie de l'évolution Supérieure
et pouvoir choisir entre les sept Sentiers cosmiques, il ne peut le faire
que par la loi de Synthèse.
C'est en poursuivant la construction de l'antahkarana
que la lumière brillera sur le chemin et que la révélation s'en suivra.