En début de rencontre notre sœur Jo. a été invitée à lire
sa planche : "A l'indolence s'attachent doute et pitié de soi". Jo.
constate qu'elle s’endort généralement sur ses acquis. Elle observe ce
mécanisme, peut en parler mais ne sait comment faire pour parvenir à le
dissoudre.
Jusqu’à présent, elle a considéré l’énergie comme un
réservoir dans lequel elle pouvait puiser. Elle a vécu dans une véritable
mer de forces mouvantes mal digérées et rarement dirigées. Elle tente
aujourd'hui de mieux contrôler ces forces en les faisant monter du plexus
solaire vers le centre du cœur.
Elle ne se sent pas encore assez solide dans sa
détermination sur le travail à accomplir. Elle veut apprendre à aimer, à
comprendre, à grandir et sait que cela passe par la "liquidation" de ses
haines et de ses apitoiements sur elle-même. Elle doit saisir l’opportunité
offerte par le groupe de travailler avec ses frères et soeurs pour les
reconnaître en tant qu’âmes et travailler à servir ses semblables.
Elle a encore beaucoup d’hésitations, de difficultés à
maintenir son mental dans une bonne direction ; sa personnalité, qui ne veut
pas "mourir", vit des dualités qui la plongent dans l'émotionnel. Elle
nourrit l'espoir de pouvoir fixer son "piolet" suffisamment haut sur la
montagne de l'ascension spirituelle afin de ne pas revivre les mêmes
problématiques dans la prochaine vie.
Il est apparu que la rédaction de cette planche a
davantage consisté, pour notre sœur, en une compilation d'extraits des
livres de l'enseignement qu'en un véritable approfondissement de ses propres
mécanismes.
Jo. plonge souvent dans une sphère émotionnelle dont
elle éprouve le plus grand mal à s'extraire. Elle repose sur ses frères et
sœurs de groupe pour la maintenir en contact avec la "berge", pour lui
éviter de se laisser aller au gré des eaux de l'astral. En-dehors du groupe,
Jo. se maintient "hors de l'eau" en se blindant, en adoptant une attitude
plus dure qui lui donne l'illusion de moins fonctionner avec les émotions.
Jo. a vécu pendant de longues années avec des facultés
de clairaudience et de clairvoyance qui la troublaient profondément. Les
lumières qu'elle percevait sont celles que reflète le plan astral et non
celles de l'âme. Il n'est pas souhaitable de maintenir des médiumnités car
cela enferme dans l'émotionnel. Dans le plan astral, on peut trouver une
inspiration artistique mais pas la lumière de l'âme qui devra être
recherchée plus haut.
Notre sœur Sy. a évoqué l'irritation qu'elle vivait, il
y a encore peu de temps, vis-à-vis de notre sœur Jo. qui s'exprime souvent
de manière peu claire. Récemment, Sy. a vécu des évènements familiaux qui
lui ont suscité beaucoup d'émotions l'empêchant de s'exprimer avec clarté et
la rendant parfois totalement incompréhensible pour les autres. Sy a voulu
témoigner sa bienveillance et son amour vis-à-vis de sa sœur de groupe
qu'elle avait jugée à tort.
Notre sœur Mi. a reconnu que le doute et la pitié de
soi l'ont maintenue dans l'émotionnel pendant de nombreuses années. Elle
cherche aujourd'hui à reconnaître l'émotion avant qu'elle ne s'exprime et à
méditer pour s'élever sur un plan plus élevé, source de paix intérieure.
Notre sœur Ma. a ensuite lu sa planche : "Je suis
désinvolte, je ne fais pas".
Récemment, Ma. a pu observer ses mécanismes habituels
au cours d'une conversation avec le Frère Délégué via un logiciel de
messagerie vocale. Un problème technique l'a mise dans l'émotion, a figé son
mental, l'empêchant d'entrer dans un processus de compréhension de son
interlocuteur. Par une "pirouette" qui lui est familière, elle a donné
l'impression d’avoir compris. Parfois, il lui arrive même de devancer
l'explication de l'autre sans que cela repose sur une compréhension
véritable.
Cet évènement la renvoie à son enfance : chacune de ses
incompréhensions ou lentes compréhensions faisait monter chez son père un
mouvement d’impatience. Ayant eu peur de perdre la relation affective, elle
a mobilisé ses capacités intellectuelles pour lui fournir, le plus
rapidement possible, une réponse faisant davantage appel à sa mémoire
immédiate plutôt qu’à une réflexion logique et analytique. Ce faire-semblant
était issu de postulats tels que : "si je ne comprends pas, je ne serai pas
aimée", "si je montre que je peux devancer les explications, je retiendrais
davantage la relation". De plus, elle pense avoir hérité du complexe
d'infériorité véhiculé dans l'inconscient familial. Sa famille valorise la
réussite matérielle et met sur le compte de la dernière guerre l'absence de
poursuite scolaire de certains d'entre eux.
Ma. réalise que ses velléités mentales ont empêché
toute analyse et cheminement intérieur, accentuant même une stagnation,
voire une régression, qui lui ont fait privilégier la forme. Elle prend
conscience qu'elle a entretenu le paraître plutôt que l’Etre alimentant la
paresse et l'auto-satisfaction, renforçant le doute et la pitié de soi.
Tant que l’Obéissance résonnera comme un obstacle à sa
propre liberté, ses peurs la maintiendront dans l’isolement et la négation.
Elle doit s’efforcer d’aborder chaque entreprise avec patience, conscience
et constance afin de se rendre capable de comprendre la signification de la
véritable Coopération.
La rédaction de cette planche s'est accompagnée pour
Ma. d'un grand travail sur elle-même. Elle a dû organiser et hiérarchiser
toutes les idées désordonnées qui se sont présentées en elle afin
d'identifier la problématique à approfondir. Elle a réalisé qu'elle a
toujours fonctionné comme une petite fille unique, capricieuse, et qu'elle
devait dépasser ces mécanismes pour se hisser au niveau où le Frère
Instructeur l'attend.
Notre sœur Cl. a dit vivre les mêmes mécanismes que
ceux évoqués par Ma. dans sa planche. De fréquentes réactions émotionnelles
la déstabilisent et s'accompagnent d'un blocage mental. L'orgueil et le
désir d'être reconnue l'empêchent de dire "Je ne sais pas…".
Notre sœur Do. a évoqué le fait qu'elle se repose sur
son entourage pour tout ce qu'elle ne sait pas faire et s'irrite si les
autres ne sont pas coopératifs. Elle commence à réaliser que son exigence
vis-à-vis des autres est basée sur son ignorance et sur ses peurs.
Notre sœur My. a reconnu avoir un mental désorganisé
qui l'empêche de suivre un fil conducteur au cours de la rédaction de ses
planches. Elle se perd donc souvent dans un flou et met en place la fuite.
Si les planches étaient bien écrites cela signifierait
que la compréhension des mécanismes de nos personnalités serait parfaite. Il
serait donc paradoxal de continuer à en rédiger puisque les planches ont
pour vocation de permettre d'analyser et de clarifier nos fonctionnements.
On écrit bien souvent pour s'enseigner à soi-même, pour comprendre davantage
de choses. La complexité n'est pas forcément signe de richesse intérieure ;
elle peut être la marque d'une confusion mentale ou d'un manque de
simplicité.
La démarche spirituelle de ce groupe inclut une
démarche analytique qui vise à mettre à nu et à dissoudre les mécanismes de
la personnalité mais inclut aussi un processus de maîtrise. Même si nous
parvenions à défaire toutes les névroses issues du passé, nous devrions
encore nous dépasser, acquérir une grande sagesse, pour devenir des hommes
saints à l'image du Christ.
L'analyse, telle que nous la comprenons, est un double
mouvement vers le centre de la terre et vers le centre du Soleil. L'énergie
de la terre doit rencontrer les énergies du Soleil sans obstacle afin
qu'advienne la fusion âme-personnalité.
Plus nous avançons sur le sentier, plus nous sommes
susceptibles de recevoir beaucoup d'énergie et de réveiller des mécanismes
enfouis ; préparons-nous donc à recevoir plus de lumière, à faire apparaître
les scories et la laideur de nos profondeurs.
Bien souvent, nos enfants nous montrent ce que nous
sommes en manifestant, de manière amplifiée, nos défauts et nos qualités. En
éduquant nos enfants nous nous éduquons nous-mêmes. L'esprit du mal est
suffisamment malin pour induire en nous la mauvaise direction et nous
suggérer une éducation qui ne mène pas à Dieu. Transmettons-nous nos désirs
inconscients ou bien les plus hauts concepts en nous efforçant de les
incarner ?
Le groupe a poursuivi la lecture de Guérison
ésotérique, Traité sur les sept Rayons, Volume IV, pp. 631 à 644,
par l'étude de la quatrième règle :
"On établira soigneusement le diagnostic de la
maladie en se basant sur les symptômes extérieurs vérifiés et on le
simplifiera dans la mesure suivante : lorsque l'organe impliqué sera connu
et circonscrit, on soumettra le centre du corps éthérique qui lui est le
plus étroitement lié à des méthodes de guérison occulte, sans négliger pour
autant les palliatifs et remèdes des méthodes médicales et chirurgicales
éprouvées."
En toutes choses, il faut procéder en descendant des
principes supérieurs vers les principes inférieurs. La santé est associée au
mouvement, à l'existence d'un équilibre dynamique. Parfois, il faut
repousser nos limites pour tester notre capacité à conserver un bon
caractère, à demeurer dans la joie quelles que soient les circonstances. Par
exemple, il s'agit de trouver un équilibre entre l'excès de veille (qui peut
perturber le système nerveux) et l'excès de sommeil (qui peut dévitaliser)
en apprenant à connaître les cycles de notre corps éthérique.
Le "mauvais caractère" signe une absence de maîtrise.
Ainsi, le travail sur le caractère fait partie du premier stade de
l'aspirant qui doit apprendre que ni la pitié de soi, ni la révolte, ni le
mépris de soi ou des autres, ne sont des attitudes sages.
En ce qui concerne le corps physique, on ne devrait
avoir recours à la médecine qu'en dernier lieu, lorsque toutes nos
ressources mentales sont épuisées. On pourrait envisager une sorte de
"permis à points" de la santé avec des stages obligatoires en cas de perte
de points. Les guérisseurs ne devraient pas accepter de soigner quelqu'un
qui s'est présenté en consultation pour le même problème, quelques temps
auparavant, car la rechute est le signe d'une absence d'apprentissage. La
médecine est une miséricorde offerte au patient car elle permet de retrouver
un équilibre perdu par une mauvaise gestion de ses énergies. Le guérisseur
pourrait dire : "Bien que tu ne le mérites pas, je vais te soigner".
Un corps utilisé pendant des années à des fins de
service peut "s'user" plus rapidement qu'un autre. Il vaudra mieux vivre 60
ans de service pour son prochain que 120 ans de vie de désir d'un homme
moyen.
La conscience du corps est très variable d'un individu
à l'autre. La méditation devra être pratiquée avec sagesse car la
focalisation sur un point du corps peut également provoquer un déséquilibre
selon la loi "l'énergie suit la pensée".
L'ignorance du guérisseur, égale à celle du patient,
est souvent constatée. Le guérisseur s'attribue la guérison du patient alors
que celle-ci aurait pu intervenir spontanément. La foi du patient, accordée
à l'injonction du guérisseur, peut accélérer la guérison en déployant
l'énergie dans la région malade. "L'explosion" de l'énergie de foi du
patient et du guérisseur peut produire une stimulation d'énergie suffisante
pour provoquer une cure, lorsque celle-ci était inévitable en tout état de
cause. Ce n'est pas là une vraie guérison au sens occulte. Le même phénomène
est observable dans le cas d'une conversion quand la foi du patient,
celle de l'évangéliste plus celle de l'audience s'il y en a une, provoque
une guérison psychologique, et parfois une réparation provisoire.
Il n'existe que de l'énergie en mouvements, dont
certains aspects sont dirigés par la pensée. La foi du patient et celle du
guérisseur sont un exemple d'énergie en mouvement. Il en est de même pour la
foi qu'a le patient envers les connaissances scientifiques de son médecin.
La médecine orthodoxe est une expression de l'intelligence divine au même
titre que les méthodes de guérison spirituelle. Ses méthodes sont
scientifiques et il faut lui faire confiance. La parfaite association de
guérison est celle du médecin et du guérisseur spirituel travaillant chacun
dans leur domaine et ayant foi l'un en l'autre. Leur coopération, qui fait
défaut aujourd'hui, est souvent nécessaire pour hâter la guérison. La dette
de l'humanité envers les médecins et chirurgiens est considérable en
comparaison de celle qu'elle a envers les guérisseurs.
La loi suivante, Loi VIII, traite de la volonté de
l'âme de s'incarner ou de se retirer de l'incarnation. Elle concerne
également l'étude de la Volonté dans la provocation des maladies entraînant
ce retrait.
Loi VIII : La maladie et la mort résultent de
l'activité de deux forces. L'une est la volonté de l'âme disant à son
instrument : "Je retire l'essence." L'autre est le pouvoir magnétique de la
vie planétaire disant à la vie interne de la structure magnétique : "L'heure
de la résorption est arrivée. Reviens à moi." C'est ainsi que, sous
l'emprise de la loi cyclique, toutes les formes agissent.
Deux aspects de la Volonté divine entrent en jeu : la
volonté de l'âme de mettre fin à une incarnation et la volonté de l'Esprit
de la Terre de résorber en lui-même la substance libérée dont l'âme s'était
servie pendant l'incarnation. Le facteur temps, l'interaction entre l'âme et
l'esprit élémental de la substance, et leur relation cyclique sont
impliqués. L'étude de cette loi éclairera d'une lumière nouvelle le sujet
des maladies.
La seconde moitié de cette loi : Le pouvoir
magnétique de la vie planétaire disant à la vie interne de la structure
magnétique : "L'heure de la résorption est arrivée. Reviens à moi." sera
étudiée en première partie. Un être humain est une entité spirituelle
animant un véhicule physique dense, qui est une fraction de la structure
générale de la planète entière, composée d'atomes vivants sous le contrôle
de la vie de l'entité planétaire. Le véhicule physique dense, laissé dans
une liberté temporaire, a sa propre vie et une certaine intelligence appelée
nature instinctive. Les ésotéristes le nomment élémental physique. Le corps
physique est au sein de la vie unique le grand symbole de la multiplicité
qui la constitue. La forme la moins élevée de l'énergie pranique est le
prana physique, qui est la vie de la somme totale des atomes mise en rapport
avec une structure atomique isolée ; cette structure est le corps physique
dense qu'occupe une âme individuelle dans n'importe quel règne de la nature.
Ce qui est vrai pour l'homme l'est pour la planète, en tant qu'ensemble
cohérent. Cela est du à la relation entre la vie du Logos planétaire et la
vie de l'esprit de la Terre, somme totale des atomes composant toutes les
formes. Le corps physique de l'homme en est le symbole. Ces deux vies créent
l'énergie pranique vivante circulant dans les corps éthériques de toutes les
formes et maintenant une synthèse. On peut la distinguer en percevant
l'aspect le plus dense du corps éthérique, lequel crée l'aura de santé chez
les plantes, les animaux, les hommes. L'Esprit de la Terre maintient sa
mainmise sur les structures atomiques composant toutes les formes, les
rassemble à nouveau et résorbe les éléments de sa vie qui en furent
temporairement isolé pendant l'expérience de chaque âme. Deux facteurs
conditionnent ces atomes :
1. Le facteur Karma d'involution de la vie
de l'élémental de la planète qui conditionne l'expérience de la vie du point
de vue purement physique.
2. Le facteur de limitation. Les véhicules
physiques sont conditionnés par le point d'évolution de l'Esprit planétaire.
L'Esprit involutionnaire n'a pas atteint son point de
perfection, progressant vers un but spécifique qu'il atteindra en parvenant
à la courbe évolutionnaire de son expérimentation. Notre Logos planétaire
est encore l'un des "Dieux imparfaits" du point de vue du but qui lui est
assigné. La Terre, son corps d'expression, n'est pas encore une planète
sacrée. Chaque atome de la terre est affecté par le point d'évolution de
l'Esprit de la terre ; l'imperfection de l'Esprit de la Terre engendre la
maladie dans tous les règnes de la nature. La maladie et la mort sont
inhérentes aux atomes qui composent les organismes. La maladie ne provient
pas de pensées fausses mais elle découle de la nature même des formes. Sous
l'impulsion de l'âme et de la volonté de s'incarner, l'homme crée une forme
composée de substances déjà imprégnées des influences vitales de l'Esprit de
la Terre. L'homme est limité par la nature des atomes dont cette forme est
composée. La substance atomique par laquelle s'exprime l'Esprit de la Terre
est composée de matières de toutes les qualités rendant possible
l'apparition du Bouddha ou du Christ. Le Logos planétaire ne peut trouver
une substance suffisamment pure animée par l'Esprit de la terre pouvant lui
créer un corps de manifestation. Il en est de même pour de nombreux membres
de la Chambre du Conseil de Shamballa, qui doivent se contenter d'un corps
éthérique. Durant son incarnation, l'apparence dense d'un être humain est
influencée par trois types de vie :
1. La vie de l'homme spirituel lui-même.
2. La vie élémentale du règne humain qui est
sujette à la Loi de Limitation.
3. La somme totale de la vie inhérente à la
substance atomique elle-même, la vie de l'Esprit de la Terre.
Il est question ici de la vie en tant que
premier aspect s'exprimant par la volonté d'exister qui, bien que toujours
présente, n'est active qu'en phase de manifestation créée. La volonté de
vivre conduit à l'incarnation. Sa puissance ancre plus ou moins fermement un
homme sur le plan physique. L'homme spirituel, pour préserver la vie dans
son corps physique, fait agir sa forte volonté de vivre sur le pouvoir
magnétique de la vie planétaire inhérent à tout atome de la nature
manifesté. Il est venu à l'existence sur le plan physique au moyen de ces
atomes maintenus par la Loi d'Attraction. Ce pouvoir magnétique est une
projection de l'état de conscience de l'Esprit de la Terre dans une forme
isolée animée par une âme.
La structure planétaire de l'Esprit de la Terre est
momentanément suspendue en ce qui concerne la réaction individuelle de la
vie planétaire. Seules les qualités cohérentes et magnétiques conservent une
certaine forme d'activité associée à la volonté de vivre de l'homme
spirituel, créant une forme cohérente maintenue par les deux aspects de
vitalité : L'Esprit de la Terre et l'homme spirituel. Deux aspects de la vie
et deux formes de volonté sont mis en contact. L'un est évolutionnaire,
l'autre de nature involutionnaire, créant le conflit. Ce dernier est
accentué quand le Gardien du Seuil et l'Ange de la Présence se trouvent face
à face. L'Esprit de la Terre trouve son semblable dans l'existence de l'élémental
de la personnalité. Cet élémental est souvent une force rudimentaire à la
merci des désirs. Quelquefois, il constitue un facteur puissant et organisé
produisant un instrument efficace pour l'homme spirituel dans les trois
mondes. S'ensuivent les conflits qui se produisent sur le Sentier des
Disciples et le Sentier de l'Initiation, conduisant à la mort de la
personnalité. Au moment de la troisième initiation, la puissance de la
volonté monadique annihile la volonté des vies élémentales de la triple
personnalité.
La substance atomique, manifestée en tant que pouvoir
magnétique, est en conflit constant avec la vie de l'âme, cause principale
des maladies. La maladie est une inharmonie dont le feu par friction est
responsable. Les régions malades sont des zones de friction dans
lesquelles la substance atomique affirme son type de vitalité et répond au
magnétisme de l'esprit de la Terre. Plus l'attirance est forte, plus elle
accroît la maladie, favorisant le retrait de la vie de l'homme spirituel. La
vie Planétaire dit : "L'heure de la résorption est arrivée. Reviens à moi."
Cette incitation est la note dominante dans la substance des corps humains
et elle est responsable de la mauvaise santé. Cette tendance se transforme
lentement. Dans le futur, les atomes seront renvoyés sur le sentier de la
résorption par la volonté de l'homme spirituel et non plus sous l'influence
de l'Esprit de la Terre.
La cause fondamentale de maladie et de mort est le
retrait de la vie solaire (ou énergie de l'âme) du corps physique. Il est
nécessaire de distinguer entre la vie des "seigneurs lunaires" et l'énergie
de l'âme. Parfois, les premiers dominent tellement que la vie de l'âme est
réduite dans une région donnée du corps, favorisant le retrait de la vie
solaire qui produit la maladie. Cependant, la mort ne signifie pas une
victoire complète des seigneurs lunaires mais peut être le signe qu'un cycle
de vie est terminé en accord avec le plan de l'âme. Le signe de la
convalescence indique la présence graduelle de l'énergie animique et un
report du contrôle des seigneurs lunaires. Cet aspect de l'énergie de l'âme
est l'énergie de vie provenant de la monade, passant par l'âme comme moyen
de contact. Sa voie d'accès normal est le sutratma, ou fil de conscience.
Ceux qui ont construit l'antahkarana ont établi un contact entre la Monade,
en tant que source de vie, et la personnalité, expression de cette Vie.
Quand ce contact existe, c'est la Monade qui commande les cycles
d'expression extérieure, et l'initié de haut rang meurt alors à volonté. La
crémation est recommandée car cette méthode fait retourner la vie des
seigneurs lunaires au réservoir central de vie plus rapidement que toute
autre méthode.
La Règle suivante, Règle V, accompagne la Loi VIII.
Cinquième Règle : Il faut que le guérisseur
cherche à relier son âme, son cœur, son cerveau et ses mains. Cela lui
permet de projeter sur le patient la force vitale curative. Telle est
l'action magnétique, qui peut soit guérir la maladie, soit aggraver le
mauvais état du patient, selon le savoir du guérisseur. Il faut que le
guérisseur fasse coopérer son âme, son cerveau, son cœur, et l'émanation de
son aura. Sa présence peut alors nourrir la vie de l'âme du patient.
Telle est l'œuvre de la radiation. Les mains ne sont pas nécessaires.
L'âme déploie son pouvoir. L'âme du patient répond par la réaction de son
aura à la radiation de l'aura du guérisseur, débordante d'énergie animique.
Cette règle récapitule deux modes de guérison basés sur
deux aptitudes du guérisseur. Elle indique la direction vers laquelle le
guérisseur doit s'entraîner et la nécessité de certaines relations
réciproques qui dépendent du point d'évolution du guérisseur. Dans un
premier cas, l'objectif sera de guérir le corps du patient au moyen du
prana ; dans l'autre cas, c'est l'âme du patient qui ressentira l'effet de
l'énergie curative au moyen de l'énergie de l'âme. Ainsi les guérisseurs
sont divisés en deux groupes : le premier manie le fluide éthérique appelé
prana ; le second se sert de son aptitude à faire descendre l'énergie de
l'âme dans sa personnalité, et depuis le centre approprié, elle est envoyée
au centre correspondant du patient, grâce à la stimulation de l'aura du
patient contrôlée par son âme. Le premier type d'énergie appartient à la
personnalité et est parfois appelé magnétisme animal. Le second
appartient à l'âme et implique le travail de radiation.
Il y a en réalité trois types de guérisseurs :
1. Le guérisseur qui procède par magnétisme,
utilisant son corps éthérique comme un canal à travers lequel le prana se
déverse dans le corps vital du patient.
2. Le guérisseur qui agit sur un plan plus élevé,
utilisant l'énergie de sa propre âme et l'irradiant dans l'âme du patient, à
travers leurs deux auras.
3. Le guérisseur apte à employer les deux
techniques avec une égale facilité, les maîtrisant toutes deux. Ces
guérisseurs sont beaucoup plus rares.
Le groupe a poursuivi la lecture de Rayons et
Initiations, Traité sur les sept Rayons, Volume V (pp. 169 à
180).
Les ashrams des Maîtres existent sur tous les niveaux
de conscience du monde de la Triade spirituelle. Certains Maîtres s'occupent
principalement de l'aspect mental dans toutes les formes. Leurs ashrams,
conditionnés par la conscience manasique, attirent les initiés ayant pris la
quatrième initiation et adeptes des troisième et cinquième rayons. Ils ont
une vie de grand sacrifice et, par conséquent, la durée de leur service est
relativement courte. Ils travaillent avec certains membres avancés de
l'humanité présents sur la ligne de la science.
Les ashrams des Maîtres de tout rayon travaillant avec
l'humanité se trouvent essentiellement sur les niveaux bouddhiques de la
conscience de la Triade. A ce niveau, la note principale est
compréhension aimante, impliquant l'idée d'identification, de
participation et de réalisation synthétique.
Les ashrams des Maîtres interprétant la volonté de
Shamballa se situent sur les niveaux atmiques. Leur tâche est d'organiser
les plans grâce auxquels le dessein peut être mis en œuvre et transmis.
Les ashrams sur les niveaux manasiques sont présidés
pour la plupart par le Maître R., le Seigneur de la Civilisation. Sur les
niveaux bouddhiques, ils sont dirigés par le Maître K.H. avec l'aide du
Maître D.K. et de trois disciples. La compréhension aimante et le
développement de la conscience de groupe est le but poursuivi.
Le Maître M. gouverne les ashrams des niveaux atmiques
qui "ajoutent l'obscurité à la lumière afin que les étoiles apparaissent,
car dans la lumière les étoiles ne brillent pas, tandis que dans l'obscurité
la lumière n'est pas diffusée, mais présente seulement des points radieux
focalisés."
Le Christ, Chef de tous les ashrams, et Maître de tous
les Maîtres, unifie l'effort de tous ces groupes d'ashrams. Il a porté son
travail de médiation entre l'humanité et la Hiérarchie à la perfection et Il
travaille aisément à la médiation conduisant à une relation plus étroite
entre la Hiérarchie et Shamballa. Ce travail de fusion de la volonté
spirituelle avec la volonté universelle sera atteint lorsque le Christ
prendra la neuvième initiation. La volonté telle qu'elle est perçue par
l'homme moyen est la volonté égoïste de progrès individuel de la
personnalité conduisant, au cours de l'évolution, à l'altruisme. Puis, la
volonté est mise au service du groupe qui s'insère dans le plan
hiérarchique. Cette nouvelle orientation conduira à un changement de
conscience. La clé de la compréhension de la volonté se trouve dans les mots
"effacer toute forme". Quand le désir meurt et que le pouvoir
d'attraction de l'âme est dominant, l'activité individuelle cède la place au
dessein de groupe. Alors les attractions inférieures sont remplacées par le
pouvoir d'attraction de la Hiérarchie et des ashrams des Maîtres puis par
celui de Shamballa. Un bien-être de groupe est ressenti, compris en
tant que volonté-de-bien. Nulle forme ne peut retenir l'initié.
La Règle IX et sa signification vont être maintenant
étudiées.
Règle IX : Que le groupe sache qu'il n'y a
pas d'autres soi. Que le groupe sache qu'il n'y a pas de couleur, seulement
de la lumière ; alors, que l'obscurité remplace la lumière, cachant toute
différence, effaçant toute forme. Puis – au point de tension, au point le
plus sombre – que le groupe voie un point de feu clair et froid, et au cœur
même du feu, que l'Initiateur unique apparaisse, Celui dont l'étoile a
brillé quand la Porte fut franchie pour la première fois.
La compréhension de la nature de l'identification est
le problème qui se pose avant la troisième initiation. Cela concerne la
relation du soi au Soi, de tous les soi au SOI qui inclut tout et implique
le mystère de la dualité. Dès qu'ils réalisent l'unité essentielle, ils
parviennent à la synthèse. Les termes se rapprochant le plus de cet état
sont l'identification avec. L'identification est liée à la vie
dynamique et à un processus conscient de participation aux actions et
réactions de Celui en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être. Il est
lié au réseau des canaux de vie et à la circulation de la "vie plus
abondante" à laquelle le Christ faisait référence quand Il citait la nature
de sa mission. Lorsque cette mission se révéla à lui, il commença à servir
Shamballa. Ceci est éclairé par les paroles : Le Père et moi sommes Un,
illustrant la réaction au contact avec Shamballa. C'est l'unité qui conduit
à la coopération, à l'impersonnalité, au travail de groupe et à une plus
grande absorption par le Plan.
Il existe un état d'être aussi éloigné de la conscience
des membres de la Hiérarchie que celle-ci est éloignée de la conscience de
la masse des hommes. Cet état d'être est celui que le Christ lui-même
atteint seulement maintenant. Le symbolisme de la lumière et de l'obscurité
est utilisé dans les mots : "Que le groupe sache qu'il n'y a pas de couleur,
seulement de la lumière ; que l'obscurité remplace alors la lumière." Quand
l'individu se libère du mirage conditionnant le plan astral, toute couleur
disparaît de sa vie ; les groupes se préparant à l'initiation passe par le
même processus dévastateur jusqu'à ce qu'ils marchent pour la première fois
dans la lumière. Alors ses membres comprennent que lumière et substance sont
synonymes. Puis ils saisissent la signification des termes : "l'obscurité
est esprit pur." Le disciple comprend que les différences étaient le
résultat de l'activité de la substance, dans sa capacité de créer des
formes, et par conséquent illusoire sous l'angle de l'esprit. L'initié est
conduit plus près du centre de la pure obscurité, point d'éclat si intense
que tout disparaît, et "au point de tension, au point le plus sombre, que le
groupe voie un point de feu clair et froid." Il ne peut être atteint qu'en
formation de groupe et sous la protection d'initiés qui, par leur
concentration, permettent aux candidats de voir le point de lumière, et qui,
par leur volonté unie, "les amènent debout, sans peur, l'œil ouvert, devant
Celui qui, tout au début, leur a conféré les dons de vie et de lumière, et
qui maintenant la baguette d'initiation levée, entouré de feu, leur révèle
la signification de la vie et le dessein de la lumière."
Dans les moments d'inspiration spirituelle, le néophyte
fait allusion au moment où "nous nous tenons là où l'Unique Initiateur
est invoqué et voyons briller son étoile". L'idée d'invocation et son
résultat, l'apparition de l'étoile, ressortent alors. L'étoile est un point
de vive lumière. C'est un mantram adéquat lors de la troisième initiation,
associé à un Mot de Pouvoir communiqué au candidat par le Christ. La
conscience élargie de l'initié entre en contact pour la première fois avec
Shamballa et le Seigneur du Monde, et le dessein focalisé exerce un impact
sur son cerveau. C'est la conviction d'une volonté inaltérable apportant à
l'initié deux qualités majeures : le sens de l'existence essentielle et la
volonté-de-bien entraînant la disparition du mal. Les dualités sont résolues
en synthèse et l'initié comprend la signification de l'expression "unité
isolée". L'étoile qui a brillé est perçue par l'initié comme une façon
d'accéder à un monde plus vaste que la vie planétaire. Après la troisième
initiation, le candidat affronte seul l'Unique Initiateur, sans
Individualité protectrice entre eux. Le Christ est présent, placé juste
derrière l'initié afin d'arrêter et de répartir la puissance passant par les
corps et centres de l'initié. Deux Maîtres encadrent le candidat de chaque
côté. Il fait face seul à l'Initiateur, percevant un point grandissant de
lumière se transformant en étoile à cinq branches. Lors de la quatrième
initiation, il perçoit un triangle contenant l'œil du Très Haut. A la
cinquième initiation, il se trouve face à face avec l'Initiateur et il a
droit de cité dans la Cité de Dieu. Il n'est pas encore membre du Grand
Conseil mais il a le droit de pénétrer dans Shamballa. Il existe différentes
alternatives intéressantes pour l'initié à ce stade. Quel que soit le Chemin
qu'Il choisit d'emprunter, le Maître continue à faire partie du dessein. Il
comprend l'idée divine et peut y collaborer.
De même que le disciple entre dans le monde de l'âme
et peut donc interpréter les événements, de même que la Hiérarchie travaille
dans le monde de la médiation, appliquant le Plan révélé par le monde
de l'âme, de même l'initié supérieur travaille consciemment dans le monde
du dessein que le Plan met en oeuvre, que le monde de l'âme interprète,
et que le monde des événements exprime en une succession ordonnée et
selon la loi d'Evolution.
Le tableau ci-dessous donne quelques symboles :
|
Porte de
l'évolution |
Le croissant de
lune |
|
Processus d'évolution
concernant la vie physique de l'homme |
La lune montante et
descendante |
|
Monde de l'âme |
La Lumière |
|
Monde de la
médiation |
La Croix qui tourne |
|
Monde du dessein |
L'étoile à cinq
branches
Le cœur radieux du
soleil |
Après la cinquième initiation, aucun symbole ne
s'interpose plus entre l'initié et l'Existence Essentielle.
Règle X – Son créateur du O.M.
Cette règle, difficile et abstruse, concerne les
niveaux éthériques d'activité. Les quatre plans constituant les niveaux
éthériques du plan physique sont la correspondance inférieure des quatre
plans où la Monade et la Triade spirituelle sont actives. Il y a sur ces
niveaux un état d'être et d'activité qui ne peuvent être illustrés pour le
moment. L'initié doit fonctionner correctement en réponse à la vie du Logos
planétaire sur les quatre plans éthériques cosmiques.
Un concept nouveau a été donné au sujet de
l'initiation. Dans la règle donnée aux postulants, le disciple est averti
qu'il doit travailler sur ces niveaux par les termes suivants : "L'Armée de
la Voix, les dévas en rangs serrés travaillent sans cesse. Que le disciple
s'applique à examiner leurs méthodes ; qu'il apprenne les lois selon
lesquelles l'Armée travaille au sein des voiles de Maya." Ces dévas sont les
agents directeurs de l'énergie divine mettant en œuvre les desseins sur le
plan physique. Ils ne travaillent que sur les plans éthériques et sont donc
actifs dans le domaine de maya ou sur les plans de la Triade spirituelle.
Ils ne sont actifs ni sur les trois plans physique, astral ou mental, ni sur
le plan logoïque. Ce sont les facteurs d'impulsion dans la
manifestation et dans la direction des multiples vies constituant les formes
par lesquelles Dieu exprime la divinité.
Pour comprendre la fonction des forces déviques,
l'homme doit comprendre les forces de son corps éthérique qui sont la
conséquence de son point d'évolution. Sa nature mentale et astrale indique
son point de développement.
Les dévas sont la conséquence du point de réalisation
atteint par notre Logos planétaire tel qu'Il existe en dehors du plan
cosmique physique. Ils sont conditionnés par ses véhicules astral et mental
cosmiques. Ils sont les agents de la volonté divine, hors de portée de la
conscience humaine.