Bulletin no 199 du 10/07/2004
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 199

Séance du 10/07/2004

En début de rencontre, le groupe a salué le retour, après 10 ans d’absence, de notre frère He. et de notre sœur Mi. qui, malgré leur éloignement géographique ont su rester en contact et demeurer fidèles au travail de groupe.

Il a ensuite été question de la question d’intégration posée par le Frère de la Rigueur pour entrer dans le temple. Au cours des derniers mois, cette question était préparée par les frères et sœurs dans l’antichambre. Cette fois-ci, le Frère de la Rigueur a demandé à chacun de restituer littéralement la phrase de méditation de la quinzaine sans que personne en ait préalablement été averti. Il s’est avéré que plusieurs frères et sœurs ont dû rebrousser chemin devant la porte du temple et faire un travail de remémoration de la phrase pour pouvoir entrer.

Le rituel du groupe reflète de plus en plus les étapes initiatiques et les obstacles à franchir pour entrer dans le temple. Au final, le nombre d’obstacles et d’essais réitérés importe peu ; l’essentiel est d’avoir franchi la porte et de demeurer dans le temple avec ses frères et sœurs. 

La tension inhérente à cette démarche spirituelle se doit d’être ajustée aux capacités de chacun afin qu’elle puisse être salutaire. Même les frères qui servent doivent passer par ces seuils afin d’accompagner leurs frères et sœurs de groupe dans leur progression vers la porte du temple. Ces étapes nous permettent de grandir sans "faux-semblants", sans "supercherie". Soyons comme l’alchimiste qui a réalisé le grand œuvre et qui peut dire qu’il ne le doit à l’intervention de personne. 

Au fil des mois, nous comprenons le développement de la conscience de groupe et les symboles attachés à la robe blanche et à la cordelière. Sommes-nous dignes de porter une aube blanche ? Peut-être qu’en se posant cette question c’est davantage l’orgueil qui parle que notre âme. Voyons ce que représente sincèrement le fait de revêtir cette robe et préparons-nous à la recevoir non pas avec notre mental mais avec notre cœur. 

Notre frère He. a ensuite lu sa planche qui consistait en un commentaire de la phrase de la quinzaine écoulée : "Comme il est nécessaire d’apprendre à sentir le cœur, non comme le sien propre mais comme le cœur universel ! C’est uniquement cette perception qui libère de l’égoïsme tout en préservant l’individualité des accumulations."

Pour He., le cœur universel évoque l’unicité et la libération de l’égoïsme évoque le perfectionnement. Le cœur universel est aussi l’Amour Universel, cette composante du Tout dont la correspondance dans le monde physique semble être la loi d’attraction.

L’Amour universel donne une image de la force de la loi d’Amour que le Christ est venu annoncer. Il s’agit de la voie qu’Il a indiquée pour le retour vers Dieu, vers la fusion dans le "Un". Cette voie suppose l’absence de manifestation d’une personnalité qui, ayant perdu tout intérêt pour elle-même, laisse la place à l’Amour universel qui englobe toute la Création. L’Amour qui se manifeste par le cœur est la force d’attraction qui conduit vers la Maison du Père. L’Amour est indissociablement lié à la Volonté et à l’Intelligence. Ainsi l’évocation du cœur universel ramène-t-elle à la Trinité qui symboliquement représente le "Tout".

Le choix des mots et des expressions a conduit notre frère He. à une réflexion sur l’approche du cœur. La phrase incite à sentir plus qu’à comprendre. Pour He. l’injonction est déconcertante car il a l’habitude d’associer "apprendre" à "comprendre". Cette phrase évoque l’intelligence du cœur, celle qui agit directement sans passer par le mental, celle qui conduit à une compréhension intuitive.

Comment apprendre à sentir le cœur ? Il faut entrer dans la nature même du cœur : pureté, innocuité, oubli de soi, joie, fraternité, aspiration à l’unité et à la cohésion… S’il faut puiser dans les connaissances pour mieux comprendre de quoi est faite cette nature, c’est en soi qu’il faut chercher la libération intérieure par le dépassement de l’attachement aux biens matériels qui aliènent, des émotions qui noient, de l’orgueil qui valorise le petit soi. Ainsi débarrassé de ce qui retient il est possible de sentir sans se croire obligé de comprendre.

La seconde partie de la phrase à méditer le confirme : c’est uniquement cette perception qui libère de l’égoïsme. Ce n’est pas en ignorant ou en niant les expériences passées que l’on peut se libérer de l’égoïsme. C’est en s’ouvrant à l’Amour Universel, au cœur universel, dans l’acceptation et la conscience du Tout, que s’ouvrent les voies vers la Lumière.

L’égoïsme est la synthèse de tout ce qui attache aux biens matériels. La volonté d’élargir sa conscience pour fusionner avec l’âme passe nécessairement par la dualité qui impose des choix. L’alignement recherché des trois corps est l’aboutissement d’une volonté, d’une aspiration, et d’un ensemble d’actions. Chacune de ces composantes prend sa source en nous ; chacune est une facette de notre manifestation. Le but est le même pour tous : converger vers la même Lumière, chacun à son rythme et selon son propre cheminement.

Cette phrase de méditation indique une voie ; elle annonce aussi l’obstacle principal : l’égoïsme. Elle dit aussi que le chemin est construit sur la volonté personnelle d’en finir avec les exigences la personnalité. Elle rappelle que ce chemin est propre à chacun et que la recherche et la vigilance permanentes ouvrent la voie de la libération.

La méditation révèle les étapes à franchir : éveiller le centre du cœur en tant que partie du cœur universel, et se libérer de l’égoïsme par la dissolution des peurs nées de l’orgueil, du désir d’être aimé et de la recherche de reconnaissance.

Pour notre frère He., le retour dans le groupe après 10 ans d’absence est à la fois un très grand espoir et une épreuve. Le miroir que constituent les regards croisés du Groupe et du Frère Instructeur révélera probablement les illusions qui se sont accumulées. Il s’agit pour lui de franchir une nouvelle étape à laquelle il se sent prêt.

 

Ces commentaires des phrases de méditation demandés par le Frère Instructeur depuis le mois de janvier, en guise de préparation au retour dans le groupe, a été très enrichissant pour He. Il se remémore cette phrase tout le temps au cours de la quinzaine. La première semaine il essaie de la comprendre et y réfléchit intensément, la seconde semaine, il formule son texte de commentaires qu’il adresse au Frère Instructeur le vendredi qui précède le groupe. Notre frère He. pense poursuivre cet exercice à l’avenir. 

Avant de lire sa planche qui consistait également à commenter la phrase de quinzaine, notre sœur Mi. s’est excusée d’avoir retardé l’entrée dans le groupe par son oubli de la phrase dans sa forme littérale alors qu’elle y avait travaillé toute la quinzaine qui venait de s’écouler. Nous comprenons qu’en n’apprenant pas la phrase par cœur, nous réfléchissons de manière approximative aux concepts dont nous nous rappelons que très vaguement.

Il s’agit pour nous de passer de la mémorisation au jaillissement conceptuel. Percevons les nuances induites par la formulation précise. Il y a autant de concepts que de nuances induites par ces mots. La mémorisation permet de revenir sur chaque terme pour l’ancrer à un certain niveau, au-delà de l’émotionnel, afin d’en extraire la substantifique moelle.

Comprenons l’aspect invocatoire d’une phrase apprise "par cœur", c’est-à-dire "avec le cœur". Profitons également de l’épreuve pour nous observer et être capable de dire : "je me suis rendue digne d’entrer dans le temple par mes propres efforts".

Notre sœur Mi. a ensuite lu le texte qu’elle avait rédigé sur la phrase de quinzaine. La réflexion de notre sœur a été étayée par deux textes extraits du Traité sur le Feu Cosmique et de l’Etat du Disciple dans le Nouvel Âge d’A. Bailey.

"Sentir le cœur comme le sien propre" c’est éprouver des sentiments ou avoir des réactions affectives, c’est être centré sur soi. Au fur et à mesure qu’il progresse sur le Chemin de l’évolution, l’aspirant développe graduellement sa capacité à aimer.

L’Amour dans la personnalité se développe en passant par différents stades : l’amour de soi égoïste, l’amour de la famille, des amis, des hommes jusqu’à l’Amour de l’Humanité ou conscience de groupe qui est une caractéristique de l’Ego. L’Amour dans l’Ego se développe progressivement à partir de l’Amour de l’Humanité jusqu’à l’Amour universel. Ce dernier s’exprime non seulement comme amour de l’Humanité mais aussi comme Amour pour toutes les formes de la manifestation divine.

Si l’on considère le cœur universel comme l’amour universel, alors le but ultime devient "apprendre à sentir le cœur comme l’Amour universel" c’est-à-dire pouvoir s’identifier à tous les êtres. L’initié devient l’Humanité dans ses réactions et sa conscience et, de là, naît la véritable compassion.

L’alignement, le service et le travail de groupe permettent à l’aspirant de dépasser l’égoïsme séparateur et favorisent la perception de l’Amour universel. La perception que peut en avoir chaque membre du groupe varie en fonction de son élargissement de conscience et chacun sauvegarde son individualité propre, comprise en tant qu’identité spirituelle.

L’égoïsme qui sépare doit être transformé par le travail sur soi et le travail de groupe en cet amour confiant dont le but ultime est d’irradier l’Humanité.  

Notre sœur a confié au groupe qu’elle s’est longtemps sentie indigne de mettre symboliquement sa main dans celle du Maître et de sentir le cœur universel. L’entrée dans le groupe représente pour elle un dépassement de cette difficulté. 

Cette phrase de méditation contient la clé de l’exercice essentiel à accomplir. Au travers des concepts, il y a un appel du cœur à percevoir. Si l’on possédait un "doctorat en sciences ésotériques" mais que l’on n’avait pas le cœur ouvert et l’humilité, cela ne servirait à rien. Être docte et savant ne nous libère pas, contrairement à la simplicité du cœur.

Si nous cherchons à être reconnu par la société, nous perdons notre capacité à être "en aventure avec l’autre", notamment en psychanalyse. La psychanalyse, c’est comme être au cœur d’une forêt et chercher à en connaître la surface et la forme.

Être psychanalyste, c’est écouter, accueillir l’autre sans le juger, c’est-à-dire l’aimer profondément. Une psychanalyse mentale, qui n’aime pas l’autre, qui lui colle un savoir pré-établi est inconcevable. Nous avons foi en la vie, qui est au cœur du cœur, alors n’ayons pas peur d’aimer. 

Notre sœur Jo. a lu sa planche intitulée : "Conscience". Cette réflexion a été suggérée à Jo. suite à l'oubli d'un travail qui était demandé à chaque membre. Jo. a conscience qu'elle doit discipliner son mental vagabond et apprendre à exprimer simplement et clairement l'enseignement qu'elle reçoit. Le Maître D.K. dit que l'homme est aujourd'hui pleinement conscient des plans physique et astral, et qu'il commence seulement à développer sa conscience sur le plan mental.

Depuis sa venue dans notre groupe, Jo. a réussi à exprimer ses émotions jusque là inhibées, mais elle se rend compte aujourd'hui qu'elle a tendance à s'installer dans un état émotionnel qui l'empêche d'accéder au plan mental. Le centre du plexus solaire domine sa vie et favorise la venue d'énergies qui la maintiennent dans un état psychique indésirable. Le déplacement progressif de la conscience dans l'âme, puis dans la Monade, est réalisable par la méditation et l'alignement des trois corps. Cependant, ce travail régulier que notre sœur a mis en place est souvent perturbé par des ressentis, décrochages et douleurs au niveau du corps éthérique. Ses composantes astrologiques Cancer-Poissons la rendent hypersensible à son environnement, saisissant le positif comme le négatif. L'illusion est entretenue, le mental ne peut diriger correctement la pensée. L'exercice de transmutation des énergies du plexus solaire vers le centre du cœur et le centre de la tête doit être maintenu. C'est le travail que tout disciple doit accomplir. Jo. apprend à ne plus être perturbée par les états émotionnels de ceux qu'elle rencontre.

Voir clairement au sens occulte est l'étape qu'elle s'est fixé. L'adage "La conscience dépend de son instrument d'expression et tous deux dépendent de la vie et de l'énergie qui les animent" est à méditer. Le Maître D.K. nous enseigne que le véritable disciple et le véritable Mystique sont polarisés sur le plan mental. Leur vision est libre des réactions trompeuses du centre du plexus solaire. Leur vision éveille le centre cardiaque et évoque la réponse de l'énergie de leur personnalité, et produit finalement "une centralisation dans le lieu de lumière". Cela indique l'activité croissante du centre de la tête. 

En prévision du rituel prochain de remise des aubes blanches, le Frère Instructeur a ensuite transmis au groupe une phrase relative à la troisième initiation, afin que chacun l'apprenne "avec le cœur" et la médite jusqu'à la prochaine rencontre.

"Au jour de l'accomplissement, quand le disciple parfait a atteint la Maîtrise, la Robe de Gloire brille avec une telle splendeur à travers le vêtement de chair, que tous les assistants la perçoivent et, ayant des yeux et des oreilles accordés à une vibration plus subtile, ils voient leur Maître dans toute Sa divine humanité."

 

Pénétrons nous de cette phrase, travaillons-là et approprions-nous la car elle préfigure une transfiguration à venir. La mémorisation est un exercice important en ce sens qu'il permet de réaliser un ancrage conceptuel.

L'exercice suivant est proposé au groupe : si nous remplaçons certains mots par d'autres dans la phrase de méditation, est-ce que le concept de départ sera renforcé ou au contraire perdra-t-il de sa signification. Par exemple, le mot "voir" a-t-il la même signification que "percevoir" ? Il semblerait que "percevoir" ait un sens plus subtil que "voir" car percevoir c'est voir à travers quelque chose de nébuleux.

Si nous enlevons le terme "plus" lorsqu'il est question de vibration subtile, nous ôtons sans doute la notion de hiérarchisation des vibrations.

Le mot "participants" a-t-il une plus haute signification que "assistants" ? Dans cette phrase, les assistants rappellent les trois disciples du Maître Jésus qui ont assisté à Sa Transfiguration. Ces trois-là avaient accordé leurs yeux et leurs oreilles à des vibrations plus subtiles, tandis que les neuf autres n'ont pas été conviés car ils n'étaient pas prêts. Le terme "assistant" est-il simplement synonyme de "spectateur" ou a-t-il aussi la connotation de "celui qui aide" ?

"Ils voient leur Maître dans toute Sa divine humanité". Le mot "toute" a son importance car il précise que la "divine humanité" s'acquiert graduellement ; d'autre part il souligne que les assistants sont capables de voir "toute" l'humanité du Maître car ils sont accordés à une vibration plus subtile. La "divine humanité" rappelle la fusion de l'âme avec la personnalité lors de la troisième Initiation. Il est parfois nécessaire d'utiliser un deuxième terme pour renforcer le sens du premier.

La robe extérieure que nous allons porter (l'aube) reflète la robe intérieure de la phrase. Si nous aspirons à atteindre la Maîtrise, si nous voulons revêtir la Robe de Gloire, alors l'aube sera facile à porter.

Pourquoi dit-on : Robe de Gloire ? Ces deux termes sont en rapport direct avec la divine humanité. C'est parce qu'il y a une robe de gloire qu'il y a divine humanité.

A un moment donné, le disciple s'est connecté à un certain niveau au prix de millions d'alignements, de tensions, de maintiens d'équilibre, et il ne peut plus arrêter le processus d'ascension. Il se maintient et se repose au plus haut de la vibration atteinte. La conservation de l'équilibre est opérée au moyen de la tension maintenue à son maximum. La Hiérarchie est là pour nous aider à stabiliser les vibrations atteintes.

Celui qui a atteint la troisième Initiation ne risque plus de dévier, il est devenu Ame. La lumière de l'âme peut passer sans obstacle à travers ses véhicules dont les vibrations sont élevées. Les membres de la Hiérarchie ainsi que les disciples qui sont prêts perçoivent la lumière blanche qui émane de lui. Si nous pouvions déjà voir les couleurs de l'aura, nous donnerions une dimension importante à cette démarche. Quand nos yeux et nos oreilles seront accordés à des vibrations plus subtiles, nous verrons l'âme. Pour cela, le cœur doit être pur, dépourvu d'égoïsme. L'amour que nous portons au Divin est ce qui compte le plus. 

Quels sont les critères qui pourraient nous indiquer le taux vibratoire atteint par tel ou tel frère ? Pouvons-nous pour cela nous baser sur la tension mise en place par les frères et sœurs ou devons nous établir une différence entre la vibration atteinte d'une part et la tension que met ce frère pour atteindre une vibration supérieure d'autre part ? Il n'y pas nécessairement de rapport entre les deux. Les premières marches à franchir peuvent être plus dures, en termes d'effort, pour le disciple qui n'a pas encore de contact affirmé avec son âme. Un frère plus avancé que nous peut être dans une phase requerrant un effort moindre que le nôtre pour atteindre la marche suivante. Est-ce que le disciple qui va franchir la troisième Initiation est plus éprouvé que celui qui va vers la première ? Comment celui-ci est-il éprouvé dans son humanité ? Des évènements extérieurs peuvent nous faire penser qu'une personne est éprouvée, mais il y a des épreuves plus subtiles, que l'on ne perçoit pas de l'extérieur.

Un disciple peut accepter un test tandis qu'un autre peut se révolter. Ne confondons pas les épreuves avec les difficultés de toutes sortes inhérentes à l'incarnation. Soyons des disciples quel que soit le cadre où nous nous trouvons. Nous devons tous les jours nous situer au plus haut, nous rappeler en permanence la démarche initiatique. Peu importe si les autres nous critiquent. Les natifs des signes du Lion et du Verseau ont des difficultés à confronter leurs imperfections au regard d'autrui. Cela peut les conduire à la fuite et à rester dans une certaine solitude. Mais la fuite est une illusion car seul ou en compagnie, la souffrance existe toujours. Dans la solitude, il y a encore un jugement : le nôtre, qui est souvent impitoyable.

 

 

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