La rencontre a commencé par la
lecture de la planche de notre frère Al. : "H – 19". Lorsqu’il
occupait la fonction de Frère de la Rigueur, notre frère Al. a, pour la
deuxième fois consécutive, failli dans l'exercice de la Rigueur en laissant
entrer une sœur dans le temple bien qu’elle soit arrivée une minute après
l’heure limite convenue (19 minutes avant l'entrée dans le temple au lieu de
20). Ses réactions a posteriori ont été un mélange de culpabilité et de
profonde incompréhension vis-à-vis de son manque d’attention. Il a ressenti
le besoin de réparer, tout en accueillant cette nouvelle leçon avec
reconnaissance et humilité. Il a réalisé que, par cette faute, il a retardé
le travail du groupe et abaissé son niveau énergétique.
Il comprend maintenant que la Rigueur n’a pas à
délibérer mais à agir selon la loi. En laissant entrer cette sœur, il a
laissé sa personnalité s’exprimer pour répondre à son besoin impérieux
d’être aimé. Il relève sa tendance à l’imprécision, cause de ses difficultés
à avancer avec force dans la lumière du sentier.
La complaisance est un mensonge qui permet d’user de
ses pouvoirs afin de plaire à l’autre, tandis qu’exercer la Rigueur, c’est
se tenir dans la vérité. Pour notre frère Al., la Rigueur est obéissance.
Elle nécessite une compréhension bien établie et une vision inclusive. La
Rigueur permet d’aller à l’essentiel, sans perdre de temps, de manière
déterminée.
L'ambition et l'orgueil sont de grands obstacles pour
Al. car ils le détournent constamment de ses capacités supérieures. Il
s’interroge aujourd’hui sur ses orientations : s'appuient-elles sur une
volonté suffisamment ferme et vont-elles dans une direction verticale ? Il
conçoit que l'objectif de la verticalité doit être présent dans chacun de
ses choix. Il doit donc faire un tri sélectif de ses activités temporelles
afin que le chemin de la spiritualité soit parcouru avec la plus grande
disponibilité.
Au lieu d’utiliser une "épée tranchante", il se protège
derrière un bouclier de coton qui le rend sourd aux apprentissages qu’il
doit faire. Il a le plus grand mal à parler des évènements de sa vie, les
ayant recouvert de brumes affectives. Il doit axer son travail actuel vers
l'apaisement du corps astral en abandonnant tout aspect de sentimentalité et
en se focalisant davantage au niveau du plan mental.
Notre frère comprend la Rigueur comme la mise en place
d’une solitude dans l’amour, le détachement et l’impersonnalité. Il doit
aspirer à cette solitude et ne pas la craindre car elle ne ferme à personne.
Etre dans la Rigueur, c'est encore dépouiller sa personnalité. Faire en
sorte que la personnalité devienne la plus silencieuse possible et se mettre
au service de l'Ame est le but à atteindre.
Il constate avec le recul que sa vie a été jalonnée
d’événements qui lui ont permis d'approcher une meilleure compréhension des
Lois et d’en appréhender toute la Rigueur et la Beauté.
Après la lecture de sa planche, notre frère a exprimé
sa volonté d’échapper à une certaine gangue émotionnelle qui le rend sourd
aux appels de son âme et aux recommandations du Frère Instructeur.
La rigueur qui est demandée aux frères qui servent
concerne chaque membre du groupe. Il a donc été demandé à chacun ce qui
changerait dans sa vie s’il occupait la fonction de Frère de la Rigueur.
J.P. s’appliquerait à mettre davantage de rigueur dans son quotidien, Ma.
travaillerait sur l’aspect fantaisiste de sa personnalité rattaché aux
désirs qu’elle alimente, Di. mettrait en place une discipline à tous les
niveaux, Si. apprendrait à ne plus récupérer les autres sur le plan
affectif, Jo. se mobiliserait pour aller davantage vers l’essentiel, Mo.
travaillerait pour exprimer plus d’amour, Sy. tenterait de ne plus
s’apitoyer sur elle-même et chercherait à garder la foi en toutes
circonstances, Do. chercherait à être plus dans l’amour, Cl. mettrait en
place un plus grand détachement par rapport aux désirs, Co. chercherait à se
détacher d’une certaine forme d’activisme, So. s’efforcerait de ne plus
attendre d’être aimée, My. travaillerait dans l’amour, Th. chercherait à
stabiliser son mental et à abandonner certaines choses, Ol. s’organiserait
davantage et s’efforcerait de dépasser sa paresse, Ph, enfin, tendrait vers
moins d’irritation et plus de douceur.
Notre frère J.P. a lu sa planche intitulée
"Tensions…". Depuis quelques temps, notre frère traverse des périodes de
calme associées au relâchement, négligeant les efforts, la tension et
l’assiduité dans le travail spirituel. Il a oublié combien le travail
entrepris au sein de ce groupe nécessitait efforts, courage et persévérance.
Dans les enseignements d’Alice Bailey, deux types de
tension sont évoqués : celles produites volontairement par le disciple
cheminant et celles qu’il subit en permanence, liées ou non à sa
progression. Notre frère s’est interrogé sur la possibilité de maintenir une
tension de relation avec l’âme alors que la personnalité semble l’ignorer.
Il est écrit que la personnalité doit, par l’invocation, être à l’origine de
sa propre fusion avec l’âme. Or J.P. est mal à l’aise lorsqu’il s’agit
d’invocation, n’aimant pas devoir à autrui. Il préfère, bien souvent, par
éducation et par orgueil se débrouiller seul plutôt que demander de l’aide.
Comment, dans ce cas, obtenir une réponse de son âme s’il n’est pas
demandeur ? Demander, implorer, invoquer dans le but unique de progresser
sur le chemin est une rude épreuve pour sa personnalité.
Notre frère a illustré sa compréhension de la tension
en la comparant à celle de la corde d’un violon. Lorsqu’elle n’est pas
suffisamment tendue la corde vibre mal, émettant un son désagréable, tandis
que bien tendue, elle émet un son agréable qui doit s’harmoniser avec ceux
des autres instruments de l’orchestre. De plus, cette corde ne doit pas être
trop enduite de colophane, la résine qui peut être symboliquement associée à
la matière dont nous nous entourons et dont nous avons du mal à nous
détacher.
Notre frère a réalisé combien son investissement dans
ce travail de groupe est timide et les mirages de sa vie sont encore bien
présents. Il pense que sa venue dans le groupe était lié à un désir de
compréhension de la signification de la vie. Il espère que ce travail de
réflexion soit un catalyseur pour son aspiration, une prise de conscience de
la nécessité de mettre en place une tension pour son devenir. Il lui
faudrait congédier la tiédeur, la demi-mesure, s’investir pleinement dans le
travail entrepris et remettre en cause régulièrement ses motivations à
poursuivre le travail de groupe. Il a remercié le Frère Instructeur pour son
expérience, sa vigilance et la justesse de ses remarques qui le guident sur
le chemin.
Influencé par le signe du Bélier, J.P. s’intéresse de
manière superficielle à mille choses, recherchant les émotions engendrées
par la nouveauté, alors qu’il lui est plus difficile de se concentrer sur
l’essentiel. Où est le Bélier qui "avance et régit du plan mental" ? s’est
t-il questionné. C’est la "dynamique du troupeau" et les "coups de bâton" du
berger qui le poussent à avancer péniblement. Notre frère pense, qu’afin de
servir, il doit consacrer sa personnalité tout entière et avancer dans
l’humilité et l’abnégation.
Cette planche a demandé beaucoup d’heures de travail à
notre frère J.P. Il a réalisé que ce n’est pas tant dans le résultat que
dans les efforts de recherche, de tension et d’attention que le véritable
travail de transformation s’est fait. Il accepte mieux aujourd’hui le regard
de ses frères de groupe qu’il sait bienveillant.
A chaque étape de notre vie, nous devons reconnaître la
"pierre d’achoppement", l’aspect de notre personnalité qui nous fait chuter,
les éléments qui nous font penser que nous ne sommes pas dignes. C’est
assurément la partie négative de notre mental, sa dualité intrinsèque, qui
nous pousse à abandonner nos efforts vers la lumière. Cette tendance est
renforcée par ce que nous renvoie le monde extérieur et pourrait induire en
nous un profond découragement (exemple des informations télévisées qui
exposent tout ce qui ne va pas sur la planète). Ainsi, c’est à l’intérieur
de nous-mêmes que le travail doit se faire. Ce travail est étroitement
associé à la recherche d’une certaine solitude (la solitude du disciple) qui
résulte de décisions que les autres ne perçoivent pas.
Dans notre subjectivité, les évènements qui nous
assaillent subissent une interprétation mélodramatique. Le travail sur les
programmations de la personnalité que nous faisons actuellement nous révèle
les dualités qui nous habitent et qui ne permettent pas la formulation de
justes réponses dans notre quotidien. Les véritables "Qualités" viennent
d’en haut, de l’âme. Dans le monde de la matière, nous vivons de manière
idiosyncrasique, avec des instances programmées, conditionnées par le milieu
qui nous entoure.
L’équilibre se trouve dans un cadre qui permet le
maintien d’une tension et la mise en place de la solitude du disciple délié
de ses attaches affectives. Au fond de lui, chacun sait ce qu’il doit faire,
entre rigueur et miséricorde, pour favoriser sa propre élévation.
Notre amour permet d’accomplir des mouvements de bas en
haut. Ainsi, dans la société, avec nos enfants, sachons imprimer ces
mouvements élévateurs ! Prendre en charge des êtres nous incite à grandir, à
nous dépasser. Les adolescents que nous avons sous notre responsabilité ont
conscience de leurs désirs mais n'ont pas la sagesse pour les circonscrire.
C’est aux adultes de leur transmettre les valeurs qui leur permettront de le
faire. Or, bien souvent, les adultes sont encore enchaînés à leurs propres
désirs et se réservent le privilège de l’indiscipline, ce qui compromet
toute possibilité d’accompagnement des plus jeunes.
Notre frère Th. a lu sa planche intitulée :
"Sagesse, courage, abnégation ne peuvent habiter un cœur obscurci. Le guide
suggèrera des actions héroïques et pareil conseil ne doit pas paraître
extrême ni austère." Cette réflexion lui avait été demandée suite à un
jugement qu'il avait posé sur l’attitude du Frère Instructeur envers notre
sœur Mo. Cette analyse fait poser à Th. de nombreuses questions : Que peut
un cœur obscurci ? Que fait-il d'autre que de céder indéfiniment à un
vouloir inférieur ? Comment qualifier l'action héroïque ? Si l'héroïsme
consiste à mourir, qu'est-ce qui doit mourir ? Notre frère est conscient de
rester à la surface des choses, par complaisance ou par faiblesse, baignant
dans des émotions et sensations de toutes sortes sans connaître
véritablement la joie. Th. pense décrypter les signes qui jalonnent sa
route, mais sa vue est-elle bien orientée ? Dans le service, il investit
surtout de sa personne au profit d'une autre personnalité. Th. peut-il
demeurer dans des indécisions et des aller-retour, en se faisant pardonner
éternellement ? Ses composantes "Poissons-Gémeaux" l'entraînent à prendre
mille décisions sans réflexion ni constance. Comment avancer en toute
intelligence ? Comment vivre dans le monde profane en restant connecté au
point le plus sacré de notre être ?
Th. reconnaît que le besoin d'être aimé et reconnu,
ainsi que le problème de la fragilité du confort matériel le maintiennent
dans le désir et la peur. Il doit mobiliser sa volonté pour entamer l'étape
suivante sans frustration. Notre frère perçoit un décalage entre une action
posée et la compréhension des conséquences qui s'en suivent. Cela le conduit
à penser qu'il n'est pas fiable pour le service de groupe et accepte sans
vexation que le Frère Instructeur ne lui confie que ce qu'il peut assumer,
et qui ne soit pas préjudiciable à l'intérêt du groupe.
Th. pense que l'effort qu'il doit fournir maintenant
est de transcender sa relation avec les arts, et la musique en particulier,
ainsi qu'avec le monde profane, afin de ne descendre que pour sauver ceux
qu'il cherche à aider.
La deuxième partie de cette analyse est une compilation
sur les mots-clés du titre de la planche, tirée des Enseignements.
Au sujet de la sagesse, il est dit qu' "elle est
la science de l'Esprit, tout comme la connaissance est la science de la
matière. La connaissance est séparative et objective, tandis que la sagesse
est synthétique et subjective ou intérieure. La connaissance divise, la
sagesse unit. La Sagesse se rapporte au Moi, la connaissance concerne le
non-moi, tandis que la compréhension est le point de vue de l'Ego ou
Penseur, ou sa relation entre eux. La sagesse supplante la connaissance,
mais exige cependant cette connaissance comme un pas préliminaire. Vous
devez vous rappeler que le serviteur passe par la Salle de l'Enseignement
avant d'entrer dans la Salle de la Sagesse. La sagesse doit avoir pour base
manas ou le mental intelligent, il est la totalité de l'intelligence,
évoluant afin de développer l'Amour."
Le courage dont il est fait référence dans les
Enseignements "est le grand courage moral parmi tous les courages, qui
surmonte toute chose subtile et pénètre toute chose solide. C'est ainsi que
le monde fut créé. Il est donc recommandé aux étudiants de poursuivre,
pendant leur période d'entraînement, avec courage et joie, conscients de
faire partie d'un groupe de disciples, conscients de ne pas être seuls, mais
de participer à la force du groupe ainsi qu'à sa connaissance, à mesure que
se développe en chacun la capacité d'y atteindre ; ils savent aussi que
l'amour, la sagesse et la compréhension des Frères Aînés qui veillent
soutiennent tout fils de Dieu aspirant, même si apparemment il est abandonné
à soi-même pour lutter pour la conquête de la lumière par la force de sa
propre âme omnipotente. Prenez courage grâce à la certitude que l'amour
régit toute chose et que la Hiérarchie demeure. Le vrai chercheur est celui
qui a un courage d'une espèce rare, qui permet de demeurer debout et de
faire résonner sa propre note clairement dans la tourmente. Ses yeux sont
habitués à percer au-delà des brouillards et des miasmes de la terre,
jusqu'au centre de paix qu'aucun événement de la terre ne peut troubler. Son
oreille ayant capté le son de la Voix du Silence est maintenue en syntonie
avec cette haute vibration et demeure sourde à des voix moins attirantes.
Ainsi naît la solitude et la distance que les âmes moins évoluées ressentent
en la présence de ceux qui progressent."
L'abnégation "c'est le fait de rendre sacré le
soi. Le disciple et l'aspirant sur le sentier, ainsi que l'Initié sur son
"Chemin éclairé", n'ont pas de meilleur terrain d'entraînement que le
mariage, normalement utilisé et réellement compris. Le fait d'amener la
nature animale à une discipline rythmée, l'élévation de la nature
émotionnelle et instinctive sur l'autel du sacrifice et l'abnégation de soi
requise dans la vie de famille sont de puissants procédés de purification et
de développement. Les caractéristiques de l'homme immergé dans la vie de la
forme et sous l'emprise de la matière sont : la peur, la compétition et la
cupidité. Elles doivent être remplacées par la confiance, la coopération, la
conscience de groupe et l'abnégation. Dans cette expression de l'esprit
d'abnégation, on voit apparaître la vérité la plus profonde de toute
religion et la justification du message chrétien. Le Christ, dans sa haute
demeure, se soucie peu de voir les hommes accepter ou non les
interprétations théologiques des savants et des hommes d'Eglise ; ce qui lui
tient à cœur, c'est que la note-clé de sa vie de sacrifice et de service
soit reproduite parmi les hommes."
Th. termine sa réflexion par une citation de A.
Bailey : "Nous connaissons encore fort peu le travail de groupe. Pouvez-vous
imaginer un groupe tellement uni sur le niveau spirituel que les lettres,
les brochures, les livres puissent être supprimés parce que la communication
mentale entre les membres du groupe est parfaite ? C'est là le groupe du
Verseau ; il n'existe pas encore."
Dans un groupe de disciples, il y aura toujours des
êtres représentant un jalon à atteindre. Durant l'ère des Poissons, le chef
de groupe s'adressait sans doute à des êtres sans grande intelligence
propre. Aujourd'hui, dans l'ère du Verseau, ce n'est plus le cas. Dans notre
groupe, le travail de réflexion qui nous est demandé sous forme de planche
nous incite à avoir une plus grande compréhension, à devenir notre propre
Frère Instructeur face au groupe. Remercions la Hiérarchie de nous permettre
d'avancer en groupe sous Son regard.
Le groupe peut être fragilisé si chaque membre s'appuie
sur lui, attendant que la force émane des autres frères. Adoptons une
attitude responsable, cela évitera l'illusion et la stagnation. Dans un
premier temps, nous devons être vigilant par rapport aux mirages de groupe
qui prennent racine dans la sphère émotionnelle. Certains frères peuvent
apporter à l'égrégore du groupe une note trop affective.
Trouvons le courage qui ne s'appuie pas sur de la
colère mais sur une qualité d'âme. Le courage vient d'en haut. Ne cessons
pas de regarder notre âme. Se réorienter vers l'âme demande un effort
constant. Pour cela, ayons la volonté et le courage de nous isoler pour
regarder à nouveau vers le royaume de l'âme.
Notre sœur My. a ensuite lu sa planche : "De la
culpabilité à la responsabilité". My. se sent coupable de ne pas avoir
aimé son frère cadet depuis sa naissance car il attirait, du fait de sa
fragilité, toute l'attention de leur mère. Cette culpabilité s'est aggravée
lorsqu'elle a assisté à l'accident de son frère sans pouvoir le secourir.
My. se demande si ce sentiment de culpabilité est rattaché à l'accident
lui-même ou bien aux pensées négatives qu'elle entretenait envers son frère.
Son désir de le voir disparaître était en train de se réaliser, cependant
elle ne souhaitait pas sa mort. Les évènements dépassant ses désirs, My. ne
maîtrisait plus le conflit de forces et d'énergies qui se présentait. My.
souffre de ses pensées, et devient à la fois le bourreau et la victime,
développant le sentiment de pitié de soi. Le Maître D.K. nous enseigne que
"le problème émotionnel est le plus ardu. Lorsque l'identification de l'âme
à la substance cesse, la douleur, la maladie et la mort perdent leur emprise
sur le disciple." H. Roerich souligne "qu’un organisme purifié ne supporte
pas l’atmosphère suffocante des pensées mesquines. Oubliez toutes les
condamnations et cherchez dans chacun ce qu’il y a de meilleur." Les Maîtres
nous apprennent que "nos pensées et nos actions doivent être transparentes.
Pour cela, nous devons purifier nos véhicules. La Lumière dissout les
mirages. La connaissance et la compréhension nous rendent responsables.
Chaque âme croît dans la voie de la lumière par les services rendus, par
l’expérience acquise, par les erreurs faites et par les leçons apprises :
c’est notre responsabilité personnelle. Chassez toute pensée impure.
Remplacez-la par une pensée de bienveillance. Les chaînes de l’amour
unissant le monde des hommes et le monde des formes, constituent la grande
Chaîne de la Hiérarchie."
A la lecture de sa planche, My. réalise que la
responsabilité est l'antidote de la culpabilité. Nous ne pouvons pas
revenir sur ce qui a été fait, cependant nous pouvons réparer. Nous sommes
les premiers à nous accabler car nous avons une haute opinion de nous-même
et un aperçu de ce qu'est la perfection. Il faut du temps, de la tolérance
et de l'amour pour atteindre la perfection et supporter ceux qui ne l'ont
pas encore atteinte. Incitons ceux que nous rencontrons à progresser.
Le groupe a passé en revue les diagrammes des
caractéristiques de la personnalité de certains frères et sœurs.
Lorsque nous observons le fonctionnement de nos
qualités/défauts, nous comprenons que nous ne devons pas nous en préoccuper.
Dans notre société, nous promouvons notre personnalité par nos qualités. Le
disciple doit les relativiser. Les adolescents développent des qualités pour
plaire à leur groupe de référence. Quel est notre référent ? Fréquenter
plusieurs groupes est un exercice difficile car nous devons composer en
permanence et lutter contre notre nature.
Comment les choses s'articulent et peuvent être
séparées dans notre sphère émotionnelle et notre sphère mentale ? Ces deux
sphères sont sans doute encore très liées pour la plupart d'entre nous car
une pensée suscite des émotions.
Avons-nous besoin de solitude ou de tranquillité ? Ph.
exprime que, faute de ne pas avoir de tranquillité, il a envie d'être seul.
Mais il a aussi envie d'être aimé. Son désir d'être reconnu s'oppose à son
besoin de solitude. Son désir de paix est en opposition avec la nécessité de
maîtriser le monde extérieur.
La difficulté que nous avons est de ramener tous ces
fonctionnements à des causes premières, des phénomènes essentiels. L'analyse
que nous faisons finira-t-elle par dissoudre complètement les éléments
composant notre organigramme ou bien la véritable transformation ne
sera-t-elle possible qu'avec les énergies de l'âme ?
Notre sœur Co. situe dans la strate "instinct animal"
de son organigramme l'instinct de conservation, le besoin de réalisation et
le besoin de sexualité. Ces blocs sont-ils irréductibles ou pouvons-nous les
détacher ? Pouvons-nous dissocier la sexualité de l'instinct de
conservation ? La sexualité pour Co. prend racine dans le désir d'être aimé
et reconnu. Mais est-ce bien vraiment ainsi ? L'exigence de Co. envers ses
enfants suscite en elle des colères lorsqu'elle n'est pas satisfaite. Où se
situe la cause entre exigence et colère ?
Nous ne pouvons pas être complaisant envers notre
personnalité lorsque nous pratiquons une analyse et que nous réalisons ce
diagramme. Si nous renonçons à notre peur de mourir, nous pouvons faire
disparaître tous les besoins et les désirs qui nous attachent dans les
différentes strates de notre personnalité. Lorsque nous n'avons plus de
désirs et que l'âme n'a pas encore pris le contrôle de notre personnalité,
il en résultera apathie et mort.
Si notre frère Ol. démonte son désir de reconnaissance,
est-ce que la vivacité intellectuelle, découlant de ce désir, disparaîtra
complètement ? Si non, cela voudrait dire qu'elle est alimentée aussi par un
autre facteur.
Le désir d'être aimé de notre sœur Cl. génère la peur
du rejet, la non acceptation de la remise en cause de sa personnalité par
autrui. Cela la conduit à adopter une attitude compatissante, serviable,
humble. Ces comportements ne découlent-ils pas d'une certaine sagesse
"culturelle" plutôt que d'un état résultant d'une réalisation intérieure ?
Chaque frère du groupe est invité à parfaire le schéma
des vecteurs de sa personnalité.