Bulletin no 195 du 15/05/2004
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 195

Séance du 15/05/2004

En début de séance, le groupe a abordé le travail sur les mécanismes sous-jacents aux "qualités" et "défauts" de la personnalité, commencé lors de la précédente rencontre. Certains frères et sœurs n’ont pas préparé cette étude conformément à ce qui avait été demandé. Il apparaît que la passivité, la paresse, l’inconscience sont toujours à la source des obstacles qui ralentissent la progression sur le sentier. Il a été demandé à notre sœur Sy., qui avait préparé un texte poétique et confus, de se recentrer dans une observation plus rationnelle et technique.

Le travail de notre frère Ol. a servi de base à la réflexion sur les causes véritables des caractéristiques de notre personnalité.

 

Les traits pleins représentent des relations de cause à effet et les traits en pointillés, les dualités, tiraillements qui résultent de la cohabitation au sein de la personnalité de motivations antagonistes. 

La représentation du développement des qualités apparentes de la personnalité évoque un arbre dont les racines plongent vers le "bas", dans l’instinct, et nous rattachent à des comportements animaux comme la curiosité (besoin de connaître par l’odorat, le toucher), l’ingérence (pénétration dans le territoire de l’autre), la sexualité (désir de connaître ce qui nous complète, d'unifier, de fusionner une bi-polarité yin/yang, +/-, masculin/féminin…). L’animal connaît une dualité primaire entre le désir de connaître et la peur de s’approcher de l’inconnu.

Il existe de même un "arbre renversé" des véritables qualités, celles de l'âme, dont les racines viennent du "haut".

Le jour où l’on est en mesure de canaliser l’instinct sexuel, de délibérer sur le fait de ne pas y succomber, on a maîtrisé "le plus bas". Dans l’histoire de l’humanité, les comportements primaires d’assouvissement immédiat du désir sexuel ont cédé la place, par le développement de la culture, à des comportements plus secondaires mais sous-tendus par le même instinct. Les personnalités ont ainsi développé des "qualités" (raffinement, délicatesse…) recouvrant l’instinct. Certaines caractéristiques comme la force physique chez le mâle, ou la beauté chez la femelle ont été développées dans un premier temps ; les facultés les plus évoluées comme l'intelligence, la sensibilité… ne se sont développées que bien après. 

Les motivations inconscientes de la personnalité sont révélées par l’analyse qui doit s’accompagner d’une grande vigilance face aux "reprogrammations erronées". En effet, il ne s’agit pas d’aboutir à des raisonnements du type : "j’ai compris que j’étais gentil pour me faire aimer ; désormais, puisque je me fiche d’être aimé, je ne serai plus gentil du tout". 

Notre frère Ol. a exposé l’analyse qui lui a servi de support à la réalisation de son "arbre" (voir schéma ci-dessus) : le désir d’être tranquille induit en lui des comportements de fuite face aux difficultés et un désir de protection face aux agressions éventuelles d’autrui. Cela induit chez lui d’une part, une réponse positive à toutes les sollicitations et, d’autre part, le désir de se faire aimer. De tout cela, résultent des qualités apparentes de gentillesse et d’adaptabilité, pourtant sous-tendues par un désir égoïste de tranquillité.

De même, les qualités apparentes de persévérance, perfectionnisme, endurance, combativité et vivacité intellectuelle de notre frère seraient le fruit de sa volonté de ne pas paraître faible aux yeux des autres, d’être le meilleur pour éliminer ses "concurrents".

Dans le descriptif de ces mécanismes, on retrouve des comportements de type "animal" ou de type "sexuel" : être protégé ou bien être le plus fort, éliminer ses concurrents en développant des qualités spécifiques au milieu… On remarque également que les dualités existantes nécessitent des attitudes réparatrices (gentillesse pour compenser les attitudes de compétition par exemple). Chacun peut se poser la question suivante : "qu’est-ce qui permet de réguler les mécanismes de ma personnalité : la dualité ou la sagesse ?"

Dans le processus de l'analyse, on essaie de trouver les "causes" mais peut-on tout voir avec le mental ? Si l’on ne voit qu’une partie des causes ou bien si on ne voit pas la vraie cause, on ne peut opérer une véritable transformation en soi. 

Notre sœur My. a été interpellée par rapport à une relation de "copinage" maintenue avec notre sœur Ir. à l’extérieur du groupe. Pourquoi établit-on des relations ? Qu’est-ce qui les sous-tend ? Sait-on analyser leurs enjeux ? Peut-on remettre en question en permanence la nature des relations qui nous lient aux autres ?

Si nous disposions d'une "grille" de critères nous permettant de repérer des raisons valables de fréquenter telle ou telle personne, nous serions rassurés. Or, nous ne pouvons pas décider une fois pour toutes comment nous comporter vis-à-vis d’une personne donnée. Il s’agit de respecter la dynamique relationnelle et la mouvance inhérente à la relation humaine. La dualité horizontale nous paralyse. Allons donc vers la synthèse qui nous permet de nous orienter vers un minimum de conflit et de souffrance morale et physique. 

Pour notre sœur Mo., le désir de se faire aimer, qui est prépondérant, la pousse à accepter tout ce qu’on lui demande, même si cela implique d’autres personnes. Le Lion, signe dont elle est native, dit "oui" par orgueil car le "non" résonne en lui comme une incapacité. Tout donner pour se faire aimer peut mener vers un extrême dont le Lion ne se doute pas car il a du mal à percevoir la dualité. La loi du juste milieu doit être inscrite dans la conscience et c’est cela qui permet aux actes posés de s’inscrire dans une dynamique élévatrice : il ne s’agit plus de faire plaisir à l’autre mais de lui apporter la juste réponse. Parvenir au juste milieu est un art, pas une méthode ! 

La dualité gère les grandes lois de notre société. En observant le fonctionnement des prisons de notre époque, nous comprenons qu'elles correspondent à une caricature de notre inconscient. Lorsque l'humanité se rapprochera de la troisième initiation, les lois changeront. Les peines et les sanctions seront différentes car tous les hommes seront des disciples capables d'appréhender les concepts et de changer les choses. Il subsiste cependant une autre dualité : celle du conflit âme-personnalité.

A un moment donné sur l'échelle de notre évolution, la dualité âme-personnalité va s'exprimer fortement, tantôt du côté de notre personnalité, tantôt du côté de notre âme.

Comment nous comportons-nous dans le monde profane ? Essayons-nous à tout prix de dire aux autres nos vérités ou savons-nous déjà nous taire et continuer à observer ?

Tant que notre personnalité n'est pas suffisamment alignée, il n'est pas souhaitable de rechercher un afflux d'énergie de l'âme car ces énergies serviraient à l'excès nos véhicules inférieurs. L'âme peut arrêter l'écoulement des énergies dans une personnalité trop grossière qui ne se remet pas en question. Notre degré d'évolution peut s'évaluer en fonction des énergies qui circulent dans nos centres. Cependant, quels types d'énergies ressentons-nous ? Momentanément, pour avancer, il est souhaitable de ne plus ressentir d'énergies. Cet état correspond au dépouillement que doit vivre notre personnalité. 

Ce travail sur "l'arbre" est une opportunité pour objectiver et clarifier les motifs de nos actes. Quels types de dualités vivons-nous tous les jours ? Sommes-nous conscients ou bien nous cachons-nous encore les véritables causes ?

Par exemple, notre frère Ph. peut alterner entre l'idée de s'éloigner de sa famille pour échapper au sentiment qu'il a parfois de ne pas être un bon père, aimé des siens, et le devoir d'assumer son rôle de père et de disciple. Notre frère J.D., qui n'a pas dépassé la sexualité, peut envisager la possibilité de quitter sa compagne, avec qui il n'a plus vraiment d'affinités sur le plan spirituel, mais il ne pourrait pas assumer la solitude.

Si nous regardons nos dualités dans le détail, nous commençons à voir en nous de la noirceur et de la laideur. Il en est de même si nous observons en profondeur ceux qui nous entourent. Comment pouvons-nous vivre auprès d'eux ? L'Amour et la Sagesse nous permettent de rester à leurs côtés.

Cette laideur vient du fait que notre inconscient est capable d'envisager certaines solutions sans aucun scrupule. Ceux qui n'ont pas suffisamment d'inhibitions passent à l'acte, commettant alors les pires crimes que connaît notre société. Il est nécessaire de travailler profondément notre inconscient pour en extraire toute grossièreté. 

Y aurait-il un juste milieu sans conception moraliste ? Il ne peut y avoir de juste milieu durable sans perfectionnement de soi, sans référence à la sagesse de l'âme ou de la Monade. Le perfectionnement de soi conduit à une organisation supérieure qui supprime la dualité et les conflits. La connaissance de soi permet de ne pas laisser descendre trop bas les énergies. Recherchons dans toutes les expressions de la vie les réponses qui viennent d'en haut, car elles font référence à une véritable connaissance, une délibération reposant sur le juste milieu. La première formule, donnée par le Maître D.K., évoque précisément un "arbre renversé dont les racines sont en l'air" et différents yeux qui se tiennent toujours dans une position médiane. 

Nos "prétendues" qualités se manifestent de façon automatique dans des circonstances particulières sans que nous en ayons vraiment conscience. Ceux sont en fait des caractéristiques non maîtrisées de notre nature.

Notre sœur Si., dans sa difficulté à gérer le temps, illustre le basculement inconscient de notre personnalité d'un état à l'autre. La concentration excessive de notre attention sur un phénomène quelconque nous fait momentanément oublier tout le reste et transforme pendant un instant un mini événement en un univers, entraînant du même coup une distorsion de la perception du temps. 

Notre sœur Cl. pense qu'elle pourrait trouver la tranquillité si le futur lui était révélé. Cependant, n'importe quelle vision d'une scène du futur peut-elle être complètement rassurante ? Qu'est-ce qui peut vraiment nous rendre tranquille ? Comment acquérir la sagesse qui nous permettrait d'être tranquille maintenant, puis dans cinq minutes, dix minutes… indépendamment de la connaissance du futur ? Le détachement, la capacité d'observer complètement ce qui se passe et de prendre conscience de ce que l'on fait conduisent à la tranquillité.

Si nous paraissons tranquille alors que nous ne sommes pas encore détachés, c'est que nous sommes encore inconscient de notre état, c'est-à-dire que nous jouissons sans nous poser de questions. Ceux qui ressentent un manque de tranquillité vivent probablement trop vite, dans un état semi-conscient, à mi-chemin entre les désirs et le détachement.

Comment articuler la Volonté supérieure et notre volonté intérieure ? Faisons-nous tous les jours quelque chose de particulier afin de découvrir quelque chose de nouveau ? 

 

Le groupe a poursuivi la lecture de Rayons et Initiations, Traité sur les sept Rayons, Volume V, (pp. 82 à 89), à partir de la quatrième phrase de la Loi III. 

4. Quand la demande et la réponse se perdront dans un seul grand SON, sortez du désert, laissez les mers derrière vous et sachez que Dieu est Feu.

Pour l'initié, les mots "sortez du désert" se réfèrent à la vie de la Monade, incarnée dans les trois mondes de l'humanité. "Laissez les mers derrière vous" s'applique au retrait qu'entreprend l'initié vis-à-vis de toute expérience de la sensibilité. L'état d'être lorsque l'on prend les initiations supérieures est défini par le mot identification. L'initié laisse la conscience derrière lui, transcendant les cinq mondes d'expression de la vie. "Celui en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être" est saisi par l'initié à la troisième initiation comme étant le Feu. Le Feu est la totalité de ce qui détruit la forme, c'est la vitalité même. La réalisation de l'initié est obtenue par l'appréciation du son car l'oreille intérieure s'est éveillée à la signification de la Voix. A la troisième initiation, l'initié voit l'étoile et entend le son alors qu'aux deux initiations précédentes il avait vu la lumière et entendu le Mot. Le Christ lui-même était attentif à ce centre spirituel par lequel "le Père lui parla", lui donnant le sceau de l'affirmation. L'Evangile relate les cinq initiations que le maître Jésus prit pas à pas, et transmet également les initiations du Christ, de la seconde à la septième. Cette dernière est toutefois restée incomplète car le son affirmatif n'a pas été entendu lors de la Résurrection et de l'Ascension. Ce son affirmatif sera entendu quand le Christ terminera son œuvre lors du second Avènement. La septième initiation sera alors consommée, dans son double aspect d'amour-sagesse et de pouvoir-volonté. Le Christ et le Bouddha verront alors ensemble la gloire du Seigneur du Monde et passeront à un service plus élevé, dont la nature échappe à l'humanité.

Il est utile de rappeler que trois grandes énergies sont focalisées à Shamballa :

1.     L'Energie de purification, pouvoir inné de l'univers manifesté qui adapte l'aspect substance à l'aspect spirituel d'après le processus de purification. Ceci impose de laisser derrière soi toutes les tendances qui voilent la gloire de Dieu. C'est l'énergie qui substitue le bien au mal. L'humanité a rabaissé ce concept en l'adaptant essentiellement sur la vie du plan physique. Les "soins hygiéniques" ont pris la place sur la beauté émotionnelle, la clarté mentale, l'intuition illuminée, de sorte que les pensées de l'aspirant sont tournées vers la matière et non vers la lumière.

2.     L'Energie de destruction, qui fait disparaître les formes emprisonnant la vie spirituelle intérieure. C'est un des aspects majeurs de la nature purificatrice de la Vie divine. Cette activité destructrice est mise en mouvement :

A.    Par la volonté de Ceux qui constituent le Conseil de Shamballa, et dont l'action détruit les formes de vie entravant l'expression divine.

B.     Par les décisions de l'humanité elle-même, qui, selon la loi du karma, rend l'homme maître de son destin.

Plus l'aspirant se rapprochera de la troisième initiation, plus vite il purgera son karma. Les progrès de l'humanité et l'afflux de forces depuis Shamballa établissent la relation monadique, libérant l'aspect destructif de l'énergie fondamentale.

3.     L'Energie d'organisation, qui a mis en mouvement l'activité des grandes Vies de rayon et donné l'impulsion de ce qui a produit la manifestation. C'est la relation de l'esprit avec la matière qui engendre le processus créant le monde manifesté, champ propice au développement de l'âme, et où le dessein divin est mis en œuvre par le moyen du Plan.

Ces trois énergies sont symbolisées par la vie du Christ alors qu'il adombrait le maître Jésus : l'énergie de purification est indiquée par l'épisode du baptême ; l'énergie de destruction s'est exprimée au moment de la Crucifixion ; l'énergie d'organisation est apparue lorsqu'il dit "Que Ta volonté soit faite et non la mienne".

La grande énergie de purification régénère l'humanité. Beaucoup de mal se trouve brûlé par la révélation même du caractère effroyable de ce mal. L'unité est engendrée de cette manière. L'humanité a vu ce mal et n'oubliera jamais ce spectacle. La volonté d'améliorer l'humanité sera fortifiée. Quand les valeurs spirituelles sont comprises, l'énergie de destruction comporte une certaine beauté. La Crucifixion et l'expérience de la tombe conduisent à la résurrection de la vie. La destruction qu'a traversée l'humanité durant la guerre a été effroyable, mais cela a aussi été la destruction d'un mal planétaire qui était focalisé depuis des siècles dans l'humanité, et qui a été amené à la surface et précipité en activité violente par un groupe d'hommes malfaisants et égoïstes dont c'était la destinée.

Que les aspirants et disciples réfléchissent au dessein destructeur de Dieu, qui a pour motif l'amour et entretient la vie et les valeurs spirituelles. Le pouvoir destructeur de l'esprit n'est pas le même que celui de la matière. La mort de Jésus et celle d'Hitler ne résultent pas des mêmes énergies essentielles. L'aspirant comprendra que beaucoup de mal a été détruit. L'humanité pourra alors stabiliser le bien qui fera jour en utilisant la troisième énergie de Shamballa, celle de l'organisation. Le monde nouveau sera construit sur les ruines de l'ancien. De justes relations humaines seront développées par l'éducation des masses. Parallèlement, le développement de l'opinion publique sera éclairée, et ceci en réponse au son communiquant la volonté de Dieu. Alors l'humanité sortira du désert, laissera les mers en arrière, et saura que Dieu est Feu.

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