La rencontre a débuté par la lecture de la
planche de notre sœur Si. : "Autodétermination, détachement,
Hiérarchisation". Cette analyse a été demandée à notre sœur à la suite d'un
nouvel oubli de la méditation de Pleine Lune. Elle distingue la
détermination liée à des paramètres extérieurs et l'autodétermination
rattachée à des paramètres intérieurs et qui s'apparenterait à une forme de
liberté personnelle. Ses paramètres personnels déterminants sont
essentiellement axés autour d’une recherche de bien être émotionnel,
physique et mental, une sujétion à l'environnement et un enthousiasme pour
la Beauté, la Bonté, la Sagesse, l’Amour.
Depuis plusieurs années, Si. découvre
une absence de motivation personnelle qui dégage une angoisse et développe
une inertie paralysante. Seul son engagement total auprès de sa fille
l’amène à dépasser ses limitations. Elle perçoit cependant, en réponse au
travail de groupe, l’émergence de renoncements, d’acceptations, de
découvertes conceptuelles qui concourent à l'application d'une direction.
Si. décrit ce qui l’entrave dans la mise
en place du détachement ("état d'esprit d'une personne n'attachant pas
d'importance particulière à quelque chose") : une tendance à qualifier, un
attachement très fort aux résultats, à son image… Elle vit dans une bulle
affective qui entraîne un déconnection par rapport au temps et à l'espace.
Elle tente néanmoins de s'affranchir de ses liens par la conscientisation de
l'aspect irrationnel des mécanismes d'attachement et la pratique d'une
attitude d'ouverture.
La hiérarchisation ("action d'organiser
en établissant un lien de subordination entre les différents éléments") est
très difficile à mettre en place pour notre sœur. Dans le quotidien, elle
est écartelée entre des mouvements contradictoires multiples et ne sait
comment ordonner tout ce qu’elle perçoit, bien souvent, simultanément. Elle
pense que subordonner l'inférieur au Supérieur lui apportera fermeté,
abnégation, générosité et sagesse.
Pour notre sœur Si., décrocher, c’est
rompre avec tout ce qui l’accapare au quotidien. Elle réalise qu’elle n’a
pas, jusque là, réservé une plage de temps uniquement dédiée aux énergies
supérieures et au travail spirituel.
Notre sœur Mo. est invitée téléphoner à
Si. 1 heure au moins avant chaque méditation de Pleine et de Nouvelle Lune
afin de lui éviter d’oublier les rencontres. Si. devra indiquer au Frère
Instructeur le moment où elle jugera ne plus avoir besoin de ce "réveil" et
où elle maîtrisera suffisamment sa nature émotionnelle.
Il est ensuite demandé à notre Frère
Th., qui avait posé un jugement sur l’attitude du Frère Instructeur envers
notre sœur Mo., de réfléchir à la précédente phrase de Nouvelle Lune :
"Sagesse, courage, abnégation ne peuvent habiter un cœur obscurci. Le Guide
suggèrera des actions héroïques et pareil conseil ne doit pas paraître
extrême ni austère."
Notre sœur Jo., native du signe du
Cancer comme notre sœur Si., se laisse souvent envahir par les émotions :
lorsqu’elle est confrontée à un problème, elle panique et ne peut réfléchir
aux moyens de le résoudre. Ainsi, récemment, elle a rencontré un problème
sur le plan informatique et s’est retrouvée comme paralysée, incapable de
mettre en œuvre un processus de recherche pour tenter de le solutionner.
Un autre évènement concernant
l’animation des enfants lors des rencontres de groupe a révélé la difficulté
pour Jo. de maintenir une attitude droite, sans compromis. Notre sœur est
influençable et s’accorde avec "le dernier qui a parlé". Jo. devra compenser
financièrement le préjudice qu’elle a involontairement causé à la qualité de
l’animation des enfants.
Notre sœur Ma. est interpellée sur le
fait d’avoir échangé avec notre sœur An., actuellement en pause. Notre
groupe se doit de cheminer avec une certaine tension en avant, un certain
rythme. Un frère ou une sœur qui ne vit pas cette tension doit être
momentanément mis à l’écart pour qu’il puisse se ressaisir et que le groupe
ne porte pas sa charge énergétique. Notre sœur An. continue à avoir des
attitudes paradoxales. Cela se comprend car, si elle connaissait
profondément les raisons pour lesquelles elle est en pause, elle n’aurait
plus certaines attitudes et ferait un travail conscient de transformation.
Il nous faut apprendre, chacun à notre
niveau, à faire avancer nos frères à partir des caractéristiques de leurs
structures. Comme pour l’éducation de nos enfants, il ne s’agit pas de
donner une sanction qui affaiblit mais de leur permettre de se ressaisir et
de conserver une joie pour avancer. C’est une grande charité que de
s’adapter à l’autre, à ce qu’il est profondément.
La loi du juste milieu s’accompagne
d’une vigilance de chaque instant. Il n’y a pas de comportement figé. On ne
peut se donner une règle de conduite inflexible pour l’éternité.
Notre sœur Sy., dont le compagnon ne
fait pas partie du groupe, exprime sa difficulté à taire la teneur du
travail fait dans le groupe. Il est tentant de partager avec nos proches
notre démarche mais le disciple doit apprendre à "savoir et se taire". Pour
illustrer cette idée, on pourrait dire que "celui qui cherche à savoir ce
que dit le chef d’orchestre n’a qu’à venir au conservatoire". Le premier pas
dans la démarche spirituelle ne peut être fait via un intermédiaire. La
probation du postulant doit être sans concession pour lui-même et pour le
groupe.
La tension vers la lumière de celui qui
fait une démarche doit être perceptible pour son entourage. La juste
distance intellectuelle, mentale, émotionnelle doit être mise en place avec
tous les êtres afin de se préparer à l’initiation. Dans nos relations
extérieures, il nous faut préserver l’enseignement ésotérique qui doit le
rester pour le plus grand nombre qui n’est pas encore prêt à le recevoir. On
peut, de nouveau, faire le parallèle avec l’éducation des enfants :
certaines connaissances préalables doivent être transmises avant d’aborder
certains concepts qui, sans pré-requis, seraient déstabilisants.
Notre sœur Mo. a ensuite lu sa planche :
"Quand mes peurs suscitent de grandes exigences". Cette réflexion la renvoie
à des évènements de son enfance qui ont induit la peur de perdre des êtres
chers et la peur d’être abandonnée. Dans sa vie d’adulte, les séparations
ont toujours été synonymes de la crainte de ne plus revoir la personne, de
regrets ou de culpabilité de ne pas avoir su donner toute l’attention à la
personne quittée.
Sur le plan professionnel, elle connaît
des peurs liées à la difficulté de compréhension et de réalisation des
tâches demandées, une peur de l’échec et du jugement de l’autre. Ces peurs
l’incitent souvent à fuir par orgueil. Lorsqu’elle est en position de
passager en voiture, son manque de confiance en l’autre fait naître en elle
des peurs face aux dangers qu’elle croit percevoir.
Mo. n’a pas l’impression de beaucoup
avancer dans la résolution de ses peurs. Aujourd’hui, elle arrive de plus en
plus à identifier les situations générant des peurs et à observer ses
réactions, ses mécanismes de compensation et les exigences indirectes
qu’elle s’inflige et inflige à ses proches. Elle constate en elle les effets
dévastateurs des peurs : inertie, perte de temps, manque de confiance en
elle, perte d’énergie, blocages dans les trois corps pouvant générer des
états de mauvaise santé.
Ses peurs se situent au niveau
émotionnel et la maintiennent dans la tristesse. Elle s’efforce, au
quotidien, d’élever ses pensées, de poser des actes empreints de beauté et
d’amour, de maintenir le rythme des méditations. Elle sait qu’elle ne
reconnaît pas suffisamment la présence du Maître à ses côtés, et peut-être
même s’en éloigne t-elle pensant être indigne d’être aidée.
Dans les enseignements, il est dit de ne
pas refouler la peur mais de chercher à la faire disparaître par le pouvoir
dynamique de la substitution. Substituer à l’obscurité, générée par les
peurs, la lumière de l’âme. Il est également suggéré de méditer en employant
le concept de la vérité pratiquée et vécue comme pensée-semence dans les
méditations accompagnée de la prière suivante : "Que la réalité domine
chacune de mes pensées et que la vérité dirige ma vie".
Notre sœur Mo. doit prendre la décision
d’ouvrir une porte pour éviter d’inutiles dépenses d’énergie. La décision
dépend de sa compréhension du détachement. Les détachements progressifs nous
portent vers l’avant. On est, dans le quotidien, attachés par des milliards
de fils que l’on doit couper pour progresser. Le Maître dit ainsi à son
disciple : "viens et suis-moi mais laisse tout ce que tu as". Il faut
décider de passer la porte, de ne plus rester dans l’antichambre qui est
emplie de peurs et de mirages.
Une certaine confusion a été constatée
dans les tableaux sur les qualités et les défauts correspondants que les
frères et sœurs ont proposés. Nous faisons l'analyse du tableau de notre
sœur Do., qui a trouvé difficile de s'attribuer des qualités, notant ce que
le monde profane lui renvoyait. Nous constatons plusieurs maladresses sur
les associations que fait notre sœur entre une qualité et un défaut.
Notamment, pourquoi faire correspondre la compréhension avec le laxisme ?
Pourquoi la compréhension aboutirait-elle au laxisme ? Elle peut induire de
la rigueur et/ou de la miséricorde selon les paramètres situationnels. De
même, notre sœur Do. fait concorder jovialité et provocation. La jovialité,
la renvoyant à l’attitude d’une petite fille qui se comporterait n’importe
comment, ne serait-elle pas plutôt de l’exubérance ? Une certaine forme
d’exaltation peut conduire notre sœur Do. à un sentiment d’instabilité, par
une polarisation excessive sur ses centres inférieurs et sur le plan astral.
Peut-être faudrait-il lister des
facultés, des caractéristiques de notre personnalité, et se demander si
elles correspondent davantage à des qualités ou bien à des défauts, selon
que leur manifestation est bien ou mal vécue au quotidien. Comment la
personnalité se nourrit-elle de ces facultés ? Certaines facultés
servent-elles la personnalité dans un sens morbide ? Avons-nous des qualités
qui permettent de faire mourir la personnalité (qualités d’âme) ou bien de
la maintenir en vie (petites qualités qui nous permettent d’exister dans des
domaines spécialisés) ?
Si l’on prend l’exemple de la
caractéristique "dire la vérité", qu’est-ce que cela recouvre ? Dit-on la
vérité au point de compromettre son existence comme le Christ a pu le
faire ? Avons-nous des facultés qui servent un plus grand but que la vie du
soi inférieur ?
Apprenons à faire une critique sereine,
constructive. Le disciple se doit d’avoir une réflexion subtile qui dépasse
le "il faut, il ne faut pas".
Nous analysons également le tableau de
notre frère Th. L’excès de fluidité le conduit à l’inconsistance,
l’éclectisme à la dispersion. Son sens de l’esthétisme, orientée vers la
forme, le mène à la superficialité. La franchise de Th., qui serait plutôt
une spontanéité non réfléchie, le rend indélicat. Son intelligence serait
détournée par un esprit malin. Mais n’est-ce pas plutôt un manque
d’intelligence qui conduit à la ruse ? Son courage sur le plan physique le
pousse à adopter une attitude téméraire et inconsciente. Son dynamisme peut,
à l’excès, l’amener à la dispersion. Ce "défaut" n’est-il pas habituellement
associé à un manque de concentration ?
Nos qualités montent à notre conscience
par bribes. Un morceau d'enthousiasme s'exprime, et il peut nous conduire à
l'imprudence car nous n'avons pas fait "monter" en même temps un peu de
pondération. Progressivement, lorsque notre conscience s'élargit, nous
pouvons faire intervenir plusieurs aptitudes. Si la conscience est trop
étroite, la qualité qui va se manifester à un moment donné sera excessive et
deviendra un défaut.
Il est difficile pour le disciple de se
trouver des qualités car tout est fondu en lui. Il utilise plusieurs
paramètres simultanément. Elargir notre conscience et fusionner avec notre
âme est plus important que nos qualités et nos défauts. Nous pouvons
considérer nos qualités comme des énergies qui s'expriment dans des moments
d'attention et de vigilance. La conscience du Tout serait la plus grande
qualité que nous pourrions acquérir. Recherchons la capacité à gérer
l'instant présent en utilisant la loi du juste milieu qui est mouvante. Les
qualités nous figent et ne nous permettent pas d'être en réponse à notre
milieu. Si nous sommes attachés à nos qualités, nous sommes aussi attachés à
un défaut ou une maladresse, une exagération de comportement.
Notre frère Ol. voit dans la mise en
place de ses qualités une intention de sa personnalité pour sa survie. Nous
tenons à nos qualités qui nous permettent d'exister aux yeux d'autrui.
Lorsque nous sommes dans une relation qui nous exalte, nous n'entendons pas
notre conscience qui pourrait nous faire dire : j'arrête cette relation et
je me détache. Tout ce qui nous attache nous empêche de vivre un rythme que
nous savons nécessaire pour notre démarche. Qu'est-ce qui nous empêche de
couper ? Lorsque nous constatons une émotion, par exemple de la colère,
tentons dans les secondes qui suivent de retourner la situation en souriant.
Chaque fois que notre personnalité déborde, nous sommes dans un processus
d'horizontalité.
Dans Fragments d'un Enseignement
inconnu, Oupensky relate la pratique du "stop" utilisée par Gurdjeff qui
demandait de manière inopinée à ses disciples de figer leur attitude dès
qu'il prononçait ce mot afin qu'ils prennent conscience de ce qui se passe.
Le détachement devient alors possible. Nous devenons des observateurs, des
disciples intelligents, comprenant tous les mécanismes de la personnalité et
de l'écoulement des énergies.
Le groupe a poursuivi la lecture de
Rayons et Initiations, Traité sur les sept Rayons, Volume V, (pp. 72 à 82)
par un extrait de la règle 3 :
1. Double est le mouvement en avant. La
Porte est laissée en arrière. C'est un évènement du passé.
Cette phrase définit l'état de l'initié.
Il va de l'avant, dans la dualité de sa nature âme-personnalité. Son point
de tension est issu de la fusion de ses deux aspects divins qui constituent
une unité intégrée. Il est passé par la porte. Un Mot lui est renvoyé, en
réponse à son cri invocatoire : "Acceptés en tant que groupe". Le passé est
laissé en arrière : "Qu'il n'y ait plus de souvenir". La porte se referme
derrière l'initié, membre accepté de son groupe. Le bruit qu'elle fait en se
refermant indique au monde que l'initié est passé dans un lieu secret,
exprimant l'idée de l'initiation personnelle engendrée par soi-même. Il
avance dans la solitude, ne comprenant pas encore tout ce que son groupe
comprend, lui-même n'étant pas compris par ceux qui sont laissés derrière la
porte. Il devient de plus en plus conscient de l'impersonnalité spirituelle
de son groupe. Ceux qui sont en arrière le méprisent et cette attitude
suscite en lui ressentiment et critique. L'initié souffre. Au début, il se
protège en se retirant et en observant le silence. Il apprend à pénétrer
dans la conscience de son groupe en s'efforçant de cultiver l'impersonnalité
spirituelle. Lorsqu'il y parvient, il comprend que cette impersonnalité
repose sur une compréhension profonde et sur le sens du détachement qui rend
possible une aide véritable. L'initié Paul avait exprimé cette idée
lorsqu'il a dit : "Oubliant ce qui est en arrière, hâtez-vous vers le prix
de votre vocation élevée en Christ".
2. Que le cri invocatoire soit diffusé à
partir du centre profond de la claire et froide lumière du groupe.
L'initié perçoit la lumière de l'ashram
et celle de la Hiérarchie qui embrasse tout. La lumière individuelle dans la
tête a révélé ces deux aspects de la lumière de l'âme. Elle est créée par la
fusion de la lumière de l'âme avec la lumière de la substance même. Dans les
Ecritures du monde, il est dit : "dans cette lumière nous verrons la
Lumière". C'est cette Lumière qui ne peut être perçue que lorsque l'initié a
fermé la porte derrière lui. Elle est composée de la lumière de buddhi et de
la lumière d'atma, c'est-à-dire respectivement de la lumière de la raison
pure et de la lumière de la volonté spirituelle. La première est focalisée
dans l'ashram et la seconde dans la Hiérarchie.
Il y a donc trois grandes lumières
focalisées sur le plan mental :
1. La lumière unifiée de l'âme et de
la personnalité.
2. La lumière du groupe égoïque,
incarnant la lumière de buddhi.
3. La lumière de la Hiérarchie,
incarnant la volonté spirituelle.
Tous ces aspects de la lumière peuvent
être exposés de la façon suivante :
1. La lumière mineure qui est
projetée vers le haut.
2. La lumière que reflète la Triade
Spirituelle sur le plan mental.
3. La lumière focalisée produite par
la fusion des deux.
Au-delà du plan mental, la note
initiatique est mise sur l'aspect Vie. La lumière et la révélation sont la
cause et l'effet. La révélation future que tous les hommes attendent et qui
apparaîtra quand les conditions seront réunies, concerne la communication à
la conscience humaine de la signification et du dessein de la vie. Ceci se
fera en une succession d'évènements spirituels qui engendreront pour
l'humanité une période de réalisation constituant à la fois un point de
crise et un point de tension. Cette réalisation se manifestera par la
consommation de l'activité de la conscience Christique. C'est l'état dont on
parle quand on dit du Christ : "Il verra l'œuvre de son âme et sera
satisfait."
Pendant cette crise, l'humanité dira, à
son point de tension le plus élevé : "Voyez ! Toutes choses sont devenues
nouvelles." Ce sera le premier pas vers le point éloigné auquel elle est
reliée et qui sera connu à mesure que l'accent sera mis sur l'invocation des
énergies et l'évocation de la "vie plus abondante".
L'impact des énergies sur les formes
produit des résultats dépendant de la qualité de ces formes. La loi de
Destruction peut s'appliquer pour détruire des formes inadéquates. L'un des
objectifs de la Hiérarchie est de faire sortir le bien du mal que les hommes
ont fait et de diriger les évènements vers des horizons plus vastes. La
science de l'Invocation et de l'Evocation constitue un effort réciproque de
la part de la Hiérarchie et de l'humanité. Si la Hiérarchie n'évoquait pas
l'esprit de l'homme, l'humanité ne pourrait pas être invocatoire.
Actuellement, l'homme a la responsabilité d'invoquer les Seigneurs de
Libération et l'Esprit de la Paix. Ces Etres ont le pouvoir d'élever
l'humanité dès qu'elle aura adopté l'attitude correcte. Leur réponse au cri
de l'humanité dépend essentiellement de la qualité de ce cri.
Pour les initiés, les groupes de
disciples et les ashrams, la phrase "émane du centre profond de la claire et
froide lumière du groupe" a un sens. La clarté caractérise la lumière de
l'âme qui permet à l'initié de voir la Lumière. La froideur se rapporte à la
lumière de la substance qui n'est plus échauffée par le désir. Elle est donc
froide vis-à-vis de tout ce qui limite et entrave. La claire lumière de
l'âme et la froide lumière de la personnalité s'unissent au point de
conscience le plus profond de la nature du disciple. Grâce à la tension
produite, le cri invocatoire est lancé avec puissance et efficacité. Ceci
est vrai pour tout groupe d'aspirants sincères et altruistes, servant
l'humanité dans le cadre du Plan. Le cri peut évoquer une réponse.
De nouvelles vérités se dessinent dans
le champ du mental humain et produiront deux choses : l'humanité sera amené
au point de tension nécessaire et un processus de réorientation se
poursuivra. Il existe une grande agitation en réponse à l'influx d'énergie
spirituelle.
La nature de ce qui est évoqué sera
examinée et donnera un aperçu de l'interrelation existant entre les trois
grands centres planétaires : le centre humain, le centre hiérarchique et
Shamballa. Chacun de ces centres est invocatoire avec celui qui lui est
"inférieur" et celui qui lui est "supérieur", bien qu'il n'existe,
fondamentalement, qu'interpénétration de substances qui sont des expressions
de la matière. L'humanité est le résultat de toutes les formes subhumaines
d'expression et d'expérience et de l'activité d'êtres suprahumains. Ils ont
transcendé tout ce que l'homme peut connaître. Ils vivent, ils sont
l'énergie même.
3. Qu'il évoque une réponse du centre
éclatant qui est loin en avant.
Ce centre est Shamballa, dont les
lettres composantes sont numériquement : 1.8.1.4.2.1.3.3.1. Ce mot
correspond au nombre 24, qui à son tour est égal à 6. Ce mot comporte 9
lettres, 9 étant le nombre de l'initiation. Le 6 est le nombre de la forme
ou manifestation, moyen par lequel l'humanité réalise le dessein divin, et
par lequel la conscience s'épanouit pour préparer la troisième initiation.
Celle-ci est liée à Shamballa, qui est le troisième centre majeur du point
de vue humain, et le premier au vu de la divinité. De plus, le 6 est le
nombre du sixième rayon, nombre de l'idéalisme qui fait se hâter l'humanité
vers la lumière. Mais comme toutes les autres caractéristiques divines, elle
a sa contrepartie matérielle ; c'est pourquoi le nombre 666 est considéré
comme le nombre de la Bête ou matérialisme. Dans un livre ancien sur les
nombres, l'initié est défini comme "celui qui a fait l'expérience et a
exprimé 666, et découvert que ce n'était rien ; qui s'est débarrassé du 6,
est devenu le 66, et s'est ainsi trouvé sur la VOIE. Encore plus tard, il se
débarrasse du 6 et devient le 6 parfait – la forme, l'instrument et
l'expression de l'esprit."
Le nombre 24 exprime le double 12, le
zodiaque majeur et mineur. De même que le 6 exprime l'espace, le 24 exprime
le temps, clé du grand cycle de manifestation. Ses deux chiffres définissent
la méthode d'évolution : le 2 est la qualité amour-sagesse et le nombre de
la hiérarchie spirituelle, le 4 indique la réalisation de l'harmonie par le
conflit et est aussi le nombre de la hiérarchie humaine. Jusqu'à la
troisième initiation, l'initié "s'occupe de la relation entre le 2 et le 4 ;
ces chiffres, placés côte à côte indiquent la relation ; placés l'un au
dessus de l'autre, l'initié passe du 4 au 2."
Les sons composant le mot Shamballa sont
sur la ligne de la volonté, celle de l'énergie de premier rayon. Le nombre
donne la clé de la forme et du dessein de la vie. A la troisième initiation
majeure (première initiation solaire), le disciple libéré invoque seul pour
la première fois Shamballa car il vibre avec la Monade. Il peut entrer en
contact avec "le centre éclatant, qui se trouve loin en avant." Il fait ses
débuts sur la voie du développement supérieur, ce qui implique la fusion de
sa volonté individuelle et spirituelle avec la Volonté de Dieu. A la
troisième initiation, il se dresse devant le Seigneur du Monde. "Il entend
le son et voit sa forme. Celui qui se tient pour la troisième fois au sommet
de la montagne, entend une note claire et la reconnaît comme la sienne, la
nôtre, la vôtre, et pourtant c'est la note que personne n'a fait résonner."