Bulletin no 191 du 20/03/2004
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 191

Séance du 20/03/2004

Il était demandé à Ma. de réfléchir à nouveau sur la démonstration de la concourrance des trois médianes d'un triangle. Ma. n'ayant pas encore la compréhension du problème est invitée à représenter sa réflexion lors de la prochaine séance. Il faut bien poser le problème pour le résoudre : avec rigueur, sans place pour l'arbitraire et la subjectivité. Des bases de départ et des définitions précises doivent être posées. C'est quand un problème n'est pas bien posé que l'angoisse apparaît. 

Quelles initiatives allons-nous prendre pour résoudre le problème ? Sommes-nous suffisamment rationnels ?

La maîtrise consiste à utiliser les outils à notre disposition, le mental puis l'intuition. Le mental peut-il montrer des voies nouvelles ou met-il simplement en relation des éléments connus ? Le mental ne peut pas tout résoudre. L'intuition est parfois nécessaire, mais pas de manière systématique, car la réponse peut être déjà contenue dans le mental. Il faut donc utiliser le mental sainement, de manière non obsessionnelle, puis ensuite dans la paix chercher l'intuition. 

Que peut-on résoudre avec les émotions ? Se rebeller, faire fi de la logique ? Cela conduit nécessairement à des souffrances qui pourraient être évitées. Que peuvent faire les Maîtres avec des hommes et des femmes qui s'opposent à la loi ? Les Maîtres savent que la solution doit passer par les ressources de nos outils. La Hiérarchie ne peut compter que sur des disciples rationnels, qui comprennent les lois et ensuite les appliquent. La rationalité est la base de la fraternité. Un être non fraternel est rebelle aux autres et à sa propre intelligence. Alors qu'il pourrait avoir une réponse logique, il choisit d'agir de manière contraire, peut-être à cause d'un postulat. Un tel être doit réaliser par lui-même que la révolte entraîne des souffrances inutiles et que le cercle vicieux révolte – irrationalité – souffrance ne peut que s'amplifier, s'il n'est pas brisé.

Il faut être logique et scientifique : la discipline en résulte. Irrationnel et indiscipliné sont deux termes équivalents. Un être rationnel applique les lois, notamment les lois du groupe ; il est donc obéissant et respectueux de la Hiérarchie. La Hiérarchie s'inscrit dans la logique divine, ce n'est pas une superposition d'individus qui font appliquer des lois arbitraires. 

Les réactions de So. à l'occasion d'une difficulté informatique rencontrée dernièrement ont fait l'objet de commentaires. So. semblait en effet relever un paradoxe : Est-il nécessaire dans une démarche spirituelle de résoudre des problèmes informatiques ? Pour faire partie du groupe, est-on obligé d'avoir un ordinateur ?

So. ne s'étonne-t-elle pas non plus de devoir posséder une voiture, un téléphone, une maison, des tables, des chaises, une cuisine, de quoi se laver ? Peut-être dans 2000 ans, sera-t-il nécessaire de posséder une soucoupe volante !

La spiritualité nous obligerait-elle à consommer ou au contraire à ne rien posséder du tout ? Il faut sortir de cette dualité : on ne nous demande pas de posséder un château mais nous devons chercher à utiliser avec une grande opportunité tous les moyens modernes. Il y a 30 ans, le Frère Instructeur nous aurait probablement incité à posséder un téléphone.

Voulons-nous vraiment devenir des Maîtres ? Nous sommes comme des animaux à qui l'on demanderait s'ils veulent devenir des êtres humains et qui refuseraient en découvrant qu'ils devraient pour cela renoncer à leurs plaisirs habituels.

Tels les natifs du signe du Taureau, lorsque nous sommes heurtés dans notre inertie, au lieu de constater le poids de la matière, nous inversons le raisonnement, et nous faisons une vertu le fait de conserver nos idées. Seul un grand choc peut nous aider à réaliser que la fixité n'est pas une qualité. 

Pourquoi serait-il utile d'avoir un esprit géométrique, littéraire ou encore technique… ? Ce sont autant de qualités que l'on peut utiliser dans la vie quotidienne, en apprendre à être plus que des spécialistes.

Peut-on faire l'économie de toutes les facultés pour parvenir au plan de l'âme ? Peut-on dire que l'on n'a pas besoin de facultés mentales ou techniques ?

La possibilité de communiquer avec des milliers de personnes, que nous donne l'informatique, n'est-elle pas formidable ? Le Maître DK indiquait qu'à partir du dernier quart du 20ème siècle, les enseignements seraient diffusés par la radio. Il s'agissait soit d'une vision, soit d'une déduction du développement probable de l'humanité.

L'informatique est non seulement une opportunité mais aussi un moyen de travailler nos facultés. S'il y avait une nouvelle technique pour transmettre les enseignements, il ne faudrait pas hésiter.

Il n'est pas légitime de décréter qu'une chose n'est pas essentielle si le véritable mobile est une difficulté intellectuelle. En général, ce sont les personnes ou bien nulles ou bien excellentes aux tests d'intelligence qui disent que ces tests ne sont pas suffisants pour évaluer la nature humaine. De même, lorsqu'une personne pauvre dit que l'argent ne vaut rien, n'est-ce pas par fierté ? Une personne riche qui dirait la même chose montrerait qu'elle relativise réellement l'argent et qu'elle est capable de le donner aux autres.

Le manque d'argent ne devrait pas constituer un obstacle. Faisons en sorte que l'orgueil ne soit pas le principal obstacle. La fraternité nous permet d'accepter de l'aide à un instant donné et de donner quand cela devient possible. Être pauvre n'est pas un critère d'évolution, malgré ce que notre héritage chrétien nous a transmis. La véritable vertu spirituelle consiste à user des choses sans s'y attacher au point d'être égoïste. On doit pouvoir posséder et pouvoir tout abandonner. Il est possible de retrouver le monde est ses propriétés grâce aux qualités d'âme. 

Où est la vertu ? Que vaut notre philosophie si elle repose sur notre résignation et nos complexes ?

Une personnalité qui n'a pas trouvé son compte, en réalisant une ambition par exemple, peut être nostalgique ou révoltée. Une telle personne qui se rabattrait par dépit sur une démarche spirituelle trouverait là aussi une limite dans sa progression. Si nous n'avons pas réellement relativisé tel ou tel désir de réalisation, il nous faut aller au bout de l'expérience et finir par endosser les défauts que nous critiquions ou les qualités que nous jalousions. 

Qu'est ce qui permet à certains de relativiser après avoir peu vécu alors que d'autres doivent prolonger des expériences ?

Relativiser signifie comprendre les tenants et les aboutissants. Pour certains, l'intelligence peut donc permettre d'économiser des expériences, pour d'autres non. Ceux qui sont fortement influencés par les signes de terre peuvent avoir un fort besoin d'expérimenter et ont tendance à douter, tels des adolescents rebelles, de ceux qui essaieraient de les convaincre de l'inutilité de certaines expériences. Pour atténuer cette tendance, il faut apprendre très tôt aux enfants à être scientifique. Une personne rebelle s'éloigne de ceux qui pourraient l'observer, la critiquer et même quand ces derniers gardent le silence. Le disciple au contraire supporte d'être sous le vrai regard du Maître. Le disciple intelligent gagne beaucoup de temps en acceptant de commenter ses délibérations avec le Maître. Il ne vit pas ceci comme une atteinte à sa liberté car il sait que le sentier est très étroit et que les lois elles-mêmes rappellent leur existence lorsqu'elles sont oubliées. Le rebelle, lui, doute qu'un être puisse détenir la vérité ou la sagesse. Si nous n'avons pas d'idéal, nous ne pouvons percevoir de lumière.

Peut-être y a-t-il des signes plus avisés que d'autres mais l'évolution est aussi un facteur important.

Les natifs du Verseau ont tendance à souffrir, à être tristes et à vivre dans un isolement légendaire. Du fait qu'ils cherchent à tout faire de manière indépendante, sans reconnaître l'intelligence de l'autre, ils peuvent difficilement être des disciples.

Chaque signe est porteur de postulats, d'un aspect de la sagesse, d'une vérité partielle, au détriment du reste. La liberté, mise en avant par le Verseau, est juste mais pas à l'extrême car se fermer à l'intelligence d'autrui est une erreur. Notre intelligence doit pouvoir rencontrer l'intelligence de l'autre.

Quelle que soit l'idée, il y a un danger à la pousser à l'extrême. Cela entraîne toujours déséquilibre et rupture. On le constate dans le domaine politique. Notre société est grossière, pataude, passant brutalement de droite à gauche et réciproquement, parfois allant dans les extrêmes. La loi du rayon 4 caractérise l'humanité d'une manière globale : tant que nos ne comprenons pas, nous allons jusqu'au bout. Une fois le paroxysme atteint, nous revenons en arrière.

L'équilibre est difficile à trouver car c'est un savant dosage de tous les concepts : liberté, pouvoir…

La liberté est la largeur du chemin que nous empruntons dans notre progression vers le but. Or le sentier est étroit ! Aux yeux des lois humaines, telle chose est tantôt possible, tantôt pas, mais l'honnêteté du disciple n'a rien à voir avec celle du citoyen. Le disciple respecte non seulement les lois humaines mais aussi toutes les autres lois. 

Les lois s'enchaînent les unes aux autres, comme les branches d'un arbre renversé. Plus on s'élève, plus le nombre de lois diminue. On est en quelque sorte de plus en plus libre. Au niveau de l'âme, le corps peut se régénérer à volonté et il n'y a plus besoin de manger. Mais vouloir remonter trop tôt ou trop vite et faire fi des lois physiques (penser que Dieu seul compte, ne plus manger ou se soigner), traduirait une mauvaise compréhension des lois spirituelles et nous confronterait nécessairement aux lois physiques ignorées. 

Cela rejoint la question de So. Peut-on se passer de la technologie ? Les puristes, les dogmatiques peuvent tenter d'aller à l'extrême. Avoir des dogmes traduit un besoin d'absolu mais cette attitude n'est pas scientifique. D'ailleurs, les êtres fanatiques pensent que la science les éloigne de Dieu.

Or, nous pouvons utiliser la science pour aller vers Dieu. Bien sûr, cette science, que nous appelons "ésotérisme" présente un risque si elle est récupérée par la personnalité. Il existe toujours un risque de s'attarder sur n'importe quel niveau de la montagne.

La démarche spirituelle est un sentier sur la montagne. Etre dogmatique, c'est penser que son sentier est le meilleur, qu'il ne faut pas croire à ceci ou cela, faire ceci ou cela, manger ceci ou cela…

Dans la "plaine", il n'y a pas de problème, tout le monde est d'accord pour consommer : la tolérance repose sur une absence de principes. La loi du commerce, de l'échange est une loi ouverte, sans grande morale. On peut par exemple accepter de commercer avec certains pays afin qu'ils deviennent plus démocrates.

Sur la "montagne", les "chipotages" commencent car l'unanimité disparaît. Quel est notre niveau de tolérance ? Suis plus élevé que l'autre sur la montagne ? Est-ce que je perçois son chemin ? Pourquoi imposer quoi que ce soit à l'autre ? Notre philosophie comporte certainement une trop grande rigueur pour ceux qui sont dans la plaine.

Le fondement de toute religion ou spiritualité est de renoncer à quelque chose pour s'élever. Chaque religion a sa "petite science" concernant le renoncement, qui amène les spécialistes de chacune d'elles à ergoter sans fin.

Mais y a-t-il un véritable processus scientifique d'élévation, une compréhension du détachement ?

Pour mettre en place un tel processus scientifique, un certain degré de discrimination est nécessaire car il est nécessaire d'identifier des lois. Or une mentalité primaire, dominée par l'émotion, l'aspiration, le désir de fusionner, est superstitieuse et fait fi de la science.

A quel type d'homme s'adresse la Bible, le Coran ? La Bible privilégie le concept qu'il n'y a que Dieu qui existe, sans faire vraiment apparaître les lois. Elle présente un dialogue entre Dieu et les hommes où Dieu leur demande de ne pas l'oublier. L'histoire d'Abraham et du sacrifice des son fils Isaac en est une illustration.

Dans notre longue quête spirituelle, nous pouvons nous fatiguer sur un chemin et être tenté d'en emprunter un autre. Tout dépend de l'architecture conceptuelle que nous avons construite dans le temps. Toute nouveauté peut susciter une crise. Celui qui étudierait la Bible après avoir étudié les livres d'Alice Bailey pourrait ressentir une dualité si son mental est trop jeune, s'il n'a pas épuisé la thèse et l'antithèse durant des vies consacrées à la philosophie. Même des prétendus scientifiques peuvent être étroits et pas suffisamment philosophes. En réalité, il nous faut conjuguer de multiples qualités : avoir un esprit scientifique mais aussi pouvoir éprouver de la dévotion, de l'amour…

Un critère pour savoir si nous sommes sur la bonne voie, c'est de chercher l'élargissement de la conscience, c'est d'être ouvert à la rencontre, à la découverte, à la connaissance. Si nous voulons évoluer, nous devons chercher à dépasser nos difficultés.

 

Trop de spécialisation n'est pas propice à la largeur d'esprit souhaitée pour notre démarche. Nous devons avoir un esprit scientifique et conjuguer un certain nombre de qualités subordonnées au rayon sur lequel nous nous trouvons.

Il faut avoir beaucoup d'humilité pour aimer les "petits" qui parfois peuvent nous crucifier par manque de compréhension. Cela nous invite à expérimenter le chemin de la solitude.

La "farandole" qui se joue dans la plaine ne nous amuse plus. Il nous faut prendre un autre chemin. Comment être sûr que ce chemin-là est le bon ? Il y a une démarche, une attitude qui rassure momentanément. C'est la faculté d'aimer les autres. Nous pouvons commencer par faire le bien, donner de sa personne, être généreux. Cela demande à plus long terme d'avoir vraiment une attitude de cœur. L'égoïsme n'est plus possible dans notre démarche car la dualité va se présenter au bout d'un moment.

Notre chemin est étroit étant donné que notre exigence, liée à notre souci de perfection, est ascendante. Sachons tendre la corde en empruntant la voix du juste milieu. Renonçons au confort et à la paix pour chercher la tension dans la Joie. Si nous nous attachons à ce qui nous satisfait, nous n'avancerons pas. Le Maître peut nous montrer ce que nous devons rechercher puis le placer encore plus haut. La quatrième Initiation n'élude pas les soucis et nous conduit sur la croix, souffrant et écartelé.

Après avoir lu les différents textes sacrés, l'essentiel est de trouver les convergences. Recherchons dans nos lectures les concepts-clés pour en faire la synthèse. Cela devient possible quand les concepts supérieurs sont découverts après avoir vu tous les concepts à un niveau inférieur. Alors il n'y a plus de concepts opposés mais seulement la dualité qui s'exprime. Lorsqu'à la lecture d'un texte nous avons le sentiment qu'il y a Tout, c'est qu'il y a Dieu.

Les mystiques Chrétiens pensent que Dieu leur parle, ils interprètent tout ce qui leur arrive comme étant des signes Divins. Ils ne se sentent pas seuls. C'est une période heureuse dans laquelle Dieu est une partie d'eux-mêmes qui vibre en terme de présence. Par la suite, il n'y a plus d'écho en référence à soi, c'est le commencement d'une période aride. Elle est décrite en terme de "nuit obscure", nous prions et il n'y a plus rien. Nous ne pouvons pas faire l'économie de cette étape, c'est le dépouillement même de Dieu. Il y a un tel vide que nous nous sentons abandonné. Puis, quand il n'y a plus rien de nous, le vide se remplit. Le Maître Jésus, en prononçant sur la croix les paroles : "Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?" illustre cet état.

L'amour que l'on a pour les autres ainsi que notre sentiment de solitude est déjà un chemin en soi. Tout notre savoir doit disparaître pour accéder à la plus grande Connaissance. Elargissons nos lectures afin d'être tolérant et apprenons à aimer la Vérité plus que les idées. Faut-il nous attacher à ce qui a été dit il y a cinq mille ans sur le plan religieux ou pouvons-nous avancer avec des idées nouvelles ? Il existe différents niveaux de compréhension et d'intelligence. Quelles vérités auraient dû transmettre le Maître Jésus pour éviter la crucifixion ? Il n'a pas fait de compromission. Il savait qu'en faisant ceci, puis cela, il ne pourrait pas éviter les conséquences. 

La spiritualité est plus large que ce que nous pouvons penser. Ayons la capacité à Etre avec les autres et levons notre regard vers le Haut, tout en utilisant les moyens technologiques qui sont à notre disposition aujourd'hui.

 

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