Le groupe a
accueilli So. qui revient après 5 années d'absence.
Elle a lu sa planche intitulée "Sur le sentier de l'Aspiration et de la
Dignité". Elle évoque l'envie de "retourner dans la plaine" qui lui avait
fait interrompre le travail de groupe. Pendant ces cinq années, elle ne s'est
pas sentie digne de revenir, a eu peur de ne pas pouvoir suivre le rythme, la
rigueur et la constance demandée. Elle s'est souvent isolée des autres par
pudeur, par honte, par timidité, ne se sentant jamais vraiment aimée des
autres. Grâce au travail d'analyse, elle a réalisé qu'elle se complaisait dans
le rôle d'une petite fille capricieuse qui attendait d'être aimée.
Aujourd'hui, mère de deux enfants, elle reçoit de l'amour et cela lui donne de
la force pour avancer. L'oubli de soi qu'elle découvre enfin lui permet de se
sentir beaucoup plus digne de servir.
Elle pense devoir encore travailler sur
trois des symboles qui lui avaient été attribués par certains frères et sœurs
("la vie par procuration", "une rose sans odeur", "une petite fille qui vole
une pomme et part en courant") mais s'en estime plus capable qu'auparavant.
Elle souhaite apprendre à aimer et à donner dans le cadre de cette démarche
authentique qu'elle amorce aujourd'hui.
A l'issue de la lecture, So. exprime sa
joie d'être à nouveau dans le groupe dont elle perçoit plus de rigueur et de
discipline qu'auparavant. Il s'agit pour chacun de découvrir les règles du
groupe non comme des contraintes, mais comme des rappels à la nécessaire
discipline de la personnalité pour le développement d'une conscience plus
large. Ces règles sont le socle de l'heureuse discipline de l'esprit qui
permet d'appréhender la réalité de la Liberté, indéfectiblement associée à une
profonde paix intérieure.
Le problème de géométrie relatif aux
médianes d'un triangle, posé à J.D. lors de la séance du 24 janvier dernier, a
été soumis de nouveau à la réflexion du groupe. Revenir sur un exercice déjà
résolu une première fois nous incite à considérer qu'il existe plusieurs
approches possibles d'un même problème. Sommes-nous capables de comprendre un
maximum de lois au travers des problèmes qui se posent à nous ? Pouvons-nous
appréhender toutes ces lois en les subordonnant à des Lois plus élevées ?
C'est ce questionnement, cette recherche rationnelle qui permet de réaliser
une économie dans le temps et dans l'espace.
Les solutions "affectives" à un problème
correspondent à des réponses déjà présentes sur des niveaux connus, dans
l'inconscient collectif que l'individu perçoit. Elles correspondent bien
souvent à une régression sur le plan émotionnel et sont associées à la peur,
l'angoisse, l'apitoiement… L'attitude rationnelle, elle, se caractérise par la
mise en place de l'observation. Le simple fait de "se poser" pour observer
permet de déprogrammer l'attitude ancestrale de recherche d'une réponse
émotionnelle. Seule l'observation favorise l'accession à des informations d'un
niveau supérieur (plan mental abstrait, plan bouddhique).
Si on ne prend pas le temps d'observer ce
qui résulte des actes que l'on pose dans la vie, on n'acquiert aucune
véritable connaissance car l'inconscience et l'inconséquence entraînent la
formulation de fausses conclusions. Toute expérience est rattachée à la mise
en œuvre d'un "protocole scientifique" qui utilise observation et analyse.
Vivre en s'intéressant et en intégrant les lois qui nous gouvernent nous
permet de réduire la souffrance inhérente à l'incarnation.
Le problème consistant à démontrer que
les trois médianes d'un triangle sont concourantes a été abordé de la
manière suivante :
Soit un triangle quelconque ABC.
Soit la droite (AD) coupant [BC] en son
milieu D. (AD) est donc une médiane du triangle ABC, une médiane étant une
ligne partant du sommet d'un triangle et coupant le côté opposé en son milieu.
Considérons deux droites issues de B et C
et se coupant en un point quelconque G sur (AD). Ces droites coupent
respectivement [AC] et [AB] en F et E.

Lorsque nous sommes confrontés à un
problème, suivons-nous les sentiers habituels de nos personnalités ou nous
donnons-nous la possibilité de sortir du "cadre" ? Cette possibilité
s'acquiert en explorant des pistes, en nous posant des questions qui nous
mettent sur la voie de la connaissance. Dans le cas présent, l'observation
induit la question suivante : a-t-on
les égalités suivantes ?


Afin d'y répondre, la suggestion est
faite de tracer G', symétrique de G par rapport à (BC).
On a donc :
Les diagonales [CB] et [GG'] du
quadrilatère CGBG' se coupent en leur milieu D, d'où CGBG' est un
parallélogramme. En effet, deux segments qui se coupent en leur milieu
constituent les diagonales d'un parallélogramme.
Il en résulte que (CG') // (FG) et que
les triangles AFG et ACG' sont semblables, donc :
De même, (BG') // (EG) et les triangles
AEG et ABG' sont semblables donc :
On en déduit que :
Ce rapport de proportionnalité existe
donc quelle que soit la position de G sur (AD).
Le problème qui vient d'être étudié peut
être particularisé en supposant non seulement que (AD) est une médiane du
triangle ABC mais que (BF) est aussi une médiane.
Si (BF) est une médiane de ABC, alors F
est milieu de [AC], d'où :

or

d'où

donc E est
milieu de [AB].
Cela signifie que la droite (CE) qui
passe par le point d'intersection G des deux médianes (AD) et (BF) est la
troisième médiane du triangle ABC. La concourance des trois médianes d'un
triangle est donc établie.
Le véritable pédagogue encourage le
raisonnement. Il laisse l'étudiant entreprendre le chemin qu'il a choisi,
alors même qu'il connaît ce que l'étudiant va découvrir. Tout au long de notre
vie, nous cherchons à vérifier les principes philosophiques que nous
approuvons. Si notre compagne ou compagnon tente de nous en empêcher, il en
résultera sans doute une rupture car il ne peut pas se mettre entre nous et le
chemin. Le Frère Instructeur ne nous empêche pas de vivre une expérience car
elle peut nous aider à liquider notre karma.
Notre sœur Ma. entreprend, vis-à-vis du
problème de géométrie qui a été posé, le chemin suivant :
Reconsidérons comme précédemment le
triangle ABC :
- avec (AD) médiane issue de A et coupant
[BC] en son milieu D,
- deux droites (BF) et (CE) se coupant en
un point quelconque G sur (AD) et coupant respectivement [AC] et [AB] en F et
E.

Au lieu de considérer le point G',
symétrique de G par rapport à D, nous définissons cette fois-ci le point A',
symétrique de A par rapport à D. D étant le milieu et l'intersection des deux
segments [AA'] et [BC], il en résulte que ABA'C est un parallélogramme. Cela
implique l'égalité des côtés opposés : A'C = AB et A'B = AC.
(AF) et (BA') étant parallèles, les deux
triangles GAF et GA'B sont semblables.
Nous pouvons écrire les égalités
suivantes :

De même, (AE) et (CA') étant parallèles,
les deux triangles GAE et GA'C sont semblables, ce qui nous permet d'écrire
les égalités suivantes :
Nous déduisons que :

et comme A'C = AB et A'B = AC,
Par cette autre démonstration, légèrement
plus longue, nous retrouvons le même résultat : l'existence d'un rapport de
proportionnalité, quelle que soit la position de G sur [AD].
Nous rencontrons tous les êtres à travers
notre problématique personnelle, ce qui nous incline à agir de la même façon
quelle que soit la personne qui se trouve face à nous.
A un moment donné, nous pouvons nous
bloquer et ne plus souhaiter d'interférence avec le penseur car celui-ci
envisage notre problématique comme un problème de mathématiques. Dans ce cas
là, le Maître se tait et laisse faire. Ce qui fait encore obstacle pour nous
ne l'est plus pour le Maître car il connaît la Loi.
Dans notre travail de groupe, nous avons
la possibilité de formuler des théories transversales, par exemple lorsque
nous passons de la géométrie à la psychologie. Aborder un problème
mathématique comme nous venons de le faire nous ouvre d'autres portes.
Pouvons-nous transposer cet exercice dans la vie de tous les jours ?
Essayons-nous de prendre un autre chemin dans l'éducation de nos enfants ? Par
où va passer notre enfant ? Si nos deux intelligences ne peuvent se rencontrer
et si l'affectif ne peut reconnecter la relation avec l'enfant, alors celui-ci
agira en opposition et avec réactivité. Il s'agit de donner à l'autre les
éléments qui vont dans le sens du chemin qui s'ouvre à lui. Lorsque nous
regardons notre enfant, voyons aussi en lui un être qui porte son fardeau.
Nous pouvons essayer de nous situer
au-delà de nos prédispositions mais le Maître ne s'y trompe pas. Il voit
progressivement où nous nous situons et il nous parle à notre niveau.
Le groupe a poursuivi la lecture de
Rayons et Initiations, Traité sur les sept rayons, Vol. V (pp. 55 à
63) par l'énumération des points de tension à partir desquels le Mot Sacré
retentit sous ses aspects majeurs :
1. Le point créateur de tension
lorsqu'il répond au Son du Nom Ineffable, l'exhalant à son tour en trois
grands Sons, pour n'en former qu'un seul sur son plan d'expression en créant
le monde manifesté. Cela est le Son.
2. Sept points de tension sur l'arc
involutif, produisant les sept planètes, les sept états de conscience et les
sept rayons. C'est le A.U.M. septuple, donnant le départ à la forme et créant
la prison de la vie divine.
3. Le A.U.M. lui-même ou le Mot fait
chair, créant un point de tension dans le quatrième règne de la nature, qui
rend possible le cycle évolutif et permet d'entendre la première et faible
note du O.M. Ce point est atteint quand la personnalité est intégrée et quand
l'âme commence à la dominer. C'est une tension accumulative, dont le processus
peut être symbolisé de la façon suivante :

4. Survient un point de tension à
partir duquel l'homme réussit à se libérer des trois mondes et devient une âme
libre. Il est un point dans le cercle.
L'initié passe de tension en tension,
allant d'une expansion de conscience à une autre, jusqu'à ce que, la troisième
initiation étant prise, les points de tension remplacent tous les efforts
précédents. Domine alors l'aspect Volonté.
Faire résonner le Mot sur le plan physique
n'a aucune importance au regard de son énonciation silencieuse. L'étudiant
doit ensuite l'entendre faire écho dans la tête. Quand il exprime parfaitement
le A.U.M., l'étudiant peut alors prononcer le O.M. efficacement jusqu'à la
troisième initiation. L'effet est tel que la personnalité disparaît en tant
qu'identité séparée. Le Son d'origine frappe l'oreille de l'initié,
transfiguré. Dans la Bible, cette voix dit : Voici mon Fils bien-aimé.
L'initié comprend qu'il a été accepté par Shamballa et qu'il a pris contact
avec le Logos planétaire pour la première fois, le Hiérophante,
Initiateur de la troisième initiation. Il est question ici du Mot en tant que
signal ou son d'acceptation. La règle II le décrit par l'expression : Acceptés
en tant que groupe. Elle désigne les combinaisons par lesquelles l'âme par
rapport à la personnalité, la Monade par rapport à la Triade spirituelle, le
Maître par rapport à l'Ashram, et Shamballa par rapport à la Hiérarchie,
peuvent agir par l'expression d'un Plan dans les stades initiaux de
contact, puis d'un Dessein dans les derniers stades. Le progrès, en
termes d'ensembles toujours plus vastes, s'effectue de groupe en groupe. C'est
le mot de l'âme s'intégrant à la personnalité triple quand cette dernière est
prête pour une telle fusion. L'emprise de l'âme sur ses instruments
d'expression s'intensifie, provoquant l'afflue d'énergies et obligeant la
personnalité consentante à manifester le rayon de l'âme. La première grande
intégration est une fusion de la force avec l'énergie. C'est une des
premières leçons que l'initié apprend par l'expérimentation du monde de la
forme, soumise à l'interprétation du monde de l'âme. Sa compréhension sera
éclairée quand il saisira la distinction entre l'activité de l'âme et le monde
de la matière, entre l'émotion et l'amour, entre la volonté intelligente et le
mental, et enfin entre le plan et le dessein. Il peut alors trouver son point
de tension et reconnaître consciemment un groupe, puis un autre avec lesquels
il cherche à s'identifier. Il trouve son groupe puis il est finalement absorbé
dans l'ashram du Maître et, en harmonie avec ses frères de groupe, il s'unit
avec la Hiérarchie. Le Mot est d'abord énoncé par son âme : acceptés en tant
que groupe. Plus tard, il participera à la reconnaissance qui survient quand
la Voix retentit depuis Shamballa, et que le sceau est apposé par le Seigneur
du monde sur l'acceptation de la Hiérarchie avec tous ses nouveaux associés.
Cette acceptation concerne les initiés du troisième degré et leur signifie
qu'ils font partie de l'instrument dont le dessein est d'exécuter le plan. Les
grandes synthèses se font lentement, même si le processus s'accélère depuis
l'après-guerre. La vie de Dieu va de synthèse en synthèse, des vies atomiques
jusqu'au processus d'Identification. A partir de la première
Identification, une absorption progressive dans des ensembles plus vastes se
produit et à chaque fois le mot "acceptés en tant que groupe" retentit.
Le disciple pourra saisir les mots quand
sa vision intègrera que la beauté, la bonté et la sagesse sont des grands
faits de la manifestation.
Une autre partie de la Loi II est
maintenant étudiée :
2. Ne retirez pas maintenant votre
demande. Vous ne le pourriez pas si vous le désiriez ; mais ajoutez-y trois
grandes requêtes et allez de l'avant.
L'impossibilité de se retirer est un fait
lorsque l'on vit la vie de l'Esprit. L'homme passe d'insatisfaction en
insatisfaction, qui le pousse à investir par étape les plans supérieurs. Il
lutte en vue d'atteindre ce qui se trouve en avant jusqu'à ce que la
personnalité triple soit prête à la vision de l'âme. De ce point de tension,
il entre sur le Sentier. Lorsqu'il aura atteint l'état de disciple accepté et
entrepris le travail préparatoire à l'initiation, il ne pourra plus reculer
même s'il le voulait. L'ashram le protège. Dans cette règle, l'initié demeure
seul, isolé dans l'unité, percevant la communion avec tout ce qui est. Le
désir de parvenir à la fusion personnalité-âme est transmué en faculté
d'avancer dans la claire lumière froide de la raison lumineuse. Il possède le
pouvoir de formuler trois requêtes par l'utilisation de la volonté dynamique
au lieu d'une "demande sous forme triple" comme par le passé. Cette
distinction est synonyme de croissance. L'initié a entendu la Voix de
Shamballa tout comme il avait entendu la Voix du Silence et la voix de son
Maître. La volonté illuminée remplace l'obéissance occulte. L'initié peut
avancer et travailler seul car il ne fait qu'un avec son groupe, la Hiérarchie
et finalement Shamballa.
Quelles sont ces trois requêtes et
pourquoi l'initié les fait-il ?
Pendant longtemps, l'initié s'est efforcé
d'acquérir la vision et de prendre conscience du champ de plus en plus étendu
de la révélation divine. Il reconnaît une sphère toujours plus vaste
dans laquelle il peut servir à partir du moment où il s'est identifié avec la
révélation. L'identification est la réalisation complétée par l'expérience
ésotérique, par l'absorption dans le Tout. Etant devenu maître de ce qu'il a
vu et conscient de ce qui est en avant, il "se prévaut de ses droits occultes
pour énoncer ses demandes clairement". L'initié a toujours existé, il n'est
pas le résultat du processus de l'évolution mais la cause de ce processus. Au
moyen de celui-ci, il perfectionne ses véhicules d'expression. Son
épanouissement s'accomplit selon le type déterminé par le rayon. Chaque
stade de l'épanouissement inférieur triple rend possible sa correspondance
dans le monde de la Triade spirituelle via l'antahkarana. Les notes de chacun
des trois aspects inférieurs font résonner les trois requêtes. Elles amènent
une réponse de la Triade spirituelle qui leur permet d'atteindre la Monade
dans le haut lieu de Shamballa.
Dans Lettres sur la méditation occulte,
le Maître D.K. traite de l'alignement de l'égo avec la personnalité, premier
pas vers la fusion, puis vers l'identification. Un extrait de ce livre est
cité :
"A mesure que le temps s'écoule, et plus
tard avec l'aide du Maître, l'harmonie de couleur et de tonalité (termes
synonymes) s'effectue jusqu'à ce que, finalement, l'on ait la note
fondamentale de la matière, la tierce majeure de la personnalité alignée, la
quinte dominante de l'égo, suivie de l'accord parfait de la Monade ou Esprit.
C'est la dominante que nous cherchons lors de l'adeptat et, antérieurement la
tierce parfaite de la personnalité. Au cours de nos diverses incarnations,
nous faisons résonner les variations sur toutes les notes intermédiaires ;
quelquefois nos vies sont majeures et quelquefois mineures, mais elles tendent
toujours à la flexibilité et à une plus grande beauté. En temps voulu, chaque
note s'insère dans son accord, l'accord de l'Esprit. Chaque accord forme une
partie de la phrase, phrase ou groupe auquel l'accord appartient ; et la
phrase participe à l'achèvement de la septième partie du tout. L'ensemble des
sept sections forme alors la sonate complète de notre système solaire, partie
du chef-d'œuvre triple du Logos ou Dieu, le Maître Musicien."