Bulletin no 189 du 21/02/2004
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 189

Séance du 21/02/2004

Le groupe a accueilli So. qui revient après 5 années d'absence. Elle a lu sa planche intitulée "Sur le sentier de l'Aspiration et de la Dignité". Elle évoque l'envie de "retourner dans la plaine" qui lui avait fait interrompre le travail de groupe. Pendant ces cinq années, elle ne s'est pas sentie digne de revenir, a eu peur de ne pas pouvoir suivre le rythme, la rigueur et la constance demandée. Elle s'est souvent isolée des autres par pudeur, par honte, par timidité, ne se sentant jamais vraiment aimée des autres. Grâce au travail d'analyse, elle a réalisé qu'elle se complaisait dans le rôle d'une petite fille capricieuse qui attendait d'être aimée. Aujourd'hui, mère de deux enfants, elle reçoit de l'amour et cela lui donne de la force pour avancer. L'oubli de soi qu'elle découvre enfin lui permet de se sentir beaucoup plus digne de servir.

Elle pense devoir encore travailler sur trois des symboles qui lui avaient été attribués par certains frères et sœurs ("la vie par procuration", "une rose sans odeur", "une petite fille qui vole une pomme et part en courant") mais s'en estime plus capable qu'auparavant. Elle souhaite apprendre à aimer et à donner dans le cadre de cette démarche authentique qu'elle amorce aujourd'hui.

 A l'issue de la lecture, So. exprime sa joie d'être à nouveau dans le groupe dont elle perçoit plus de rigueur et de discipline qu'auparavant. Il s'agit pour chacun de découvrir les règles du groupe non comme des contraintes, mais comme des rappels à la nécessaire discipline de la personnalité pour le développement d'une conscience plus large. Ces règles sont le socle de l'heureuse discipline de l'esprit qui permet d'appréhender la réalité de la Liberté, indéfectiblement associée à une profonde paix intérieure.

 

 Le problème de géométrie relatif aux médianes d'un triangle, posé à J.D. lors de la séance du 24 janvier dernier, a été soumis de nouveau à la réflexion du groupe. Revenir sur un exercice déjà résolu une première fois nous incite à considérer qu'il existe plusieurs approches possibles d'un même problème. Sommes-nous capables de comprendre un maximum de lois au travers des problèmes qui se posent à nous ? Pouvons-nous appréhender toutes ces lois en les subordonnant à des Lois plus élevées ? C'est ce questionnement, cette recherche rationnelle qui permet de réaliser une économie dans le temps et dans l'espace.

Les solutions "affectives" à un problème correspondent à des réponses déjà présentes sur des niveaux connus, dans l'inconscient collectif que l'individu perçoit. Elles correspondent bien souvent à une régression sur le plan émotionnel et sont associées à la peur, l'angoisse, l'apitoiement… L'attitude rationnelle, elle, se caractérise par la mise en place de l'observation. Le simple fait de "se poser" pour observer permet de déprogrammer l'attitude ancestrale de recherche d'une réponse émotionnelle. Seule l'observation favorise l'accession à des informations d'un niveau supérieur (plan mental abstrait, plan bouddhique).

 Si on ne prend pas le temps d'observer ce qui résulte des actes que l'on pose dans la vie, on n'acquiert aucune véritable connaissance car l'inconscience et l'inconséquence entraînent la formulation de fausses conclusions. Toute expérience est rattachée à la mise en œuvre d'un "protocole scientifique" qui utilise observation et analyse. Vivre en s'intéressant et en intégrant les lois qui nous gouvernent nous permet de réduire la souffrance inhérente à l'incarnation.

 

Le problème consistant à démontrer que les trois médianes d'un triangle sont concourantes a été abordé de la manière suivante :

Soit un triangle quelconque ABC.

Soit la droite (AD) coupant [BC] en son milieu D. (AD) est donc une médiane du triangle ABC, une médiane étant une ligne partant du sommet d'un triangle et coupant le côté opposé en son milieu.

Considérons deux droites issues de B et C et se coupant en un point quelconque G sur (AD). Ces droites coupent respectivement [AC] et [AB] en F et E. 

Lorsque nous sommes confrontés à un problème, suivons-nous les sentiers habituels de nos personnalités ou nous donnons-nous la possibilité de sortir du "cadre" ? Cette possibilité s'acquiert en explorant des pistes, en nous posant des questions qui nous mettent sur la voie de la connaissance. Dans le cas présent, l'observation induit la question suivante : a-t-on les égalités suivantes ?

Afin d'y répondre, la suggestion est faite de tracer G', symétrique de G par rapport à (BC).

On a donc :

Les diagonales [CB] et [GG'] du quadrilatère CGBG' se coupent en leur milieu D, d'où CGBG' est un parallélogramme. En effet, deux segments qui se coupent en leur milieu constituent les diagonales d'un parallélogramme.

Il en résulte que (CG') // (FG) et que les triangles AFG et ACG' sont semblables, donc :

De même, (BG') // (EG) et les triangles AEG et ABG' sont semblables donc :

On en déduit que : 

Ce rapport de proportionnalité existe donc quelle que soit la position de G sur (AD).

Le problème qui vient d'être étudié peut être particularisé en supposant non seulement que (AD) est une médiane du triangle ABC mais que (BF) est aussi une médiane.

Si (BF) est une médiane de ABC, alors F est milieu de [AC], d'où :

or

d'où

donc E est milieu de [AB].

Cela signifie que la droite (CE) qui passe par le point d'intersection G des deux médianes (AD) et (BF) est la troisième médiane du triangle ABC. La concourance des trois médianes d'un triangle est donc établie.

 

Le véritable pédagogue encourage le raisonnement. Il laisse l'étudiant entreprendre le chemin qu'il a choisi, alors même qu'il connaît ce que l'étudiant va découvrir. Tout au long de notre vie, nous cherchons à vérifier les principes philosophiques que nous approuvons. Si notre compagne ou compagnon tente de nous en empêcher, il en résultera sans doute une rupture car il ne peut pas se mettre entre nous et le chemin. Le Frère Instructeur ne nous empêche pas de vivre une expérience car elle peut nous aider à liquider notre karma.

Notre sœur Ma. entreprend, vis-à-vis du problème de géométrie qui a été posé, le chemin suivant :

Reconsidérons comme précédemment le triangle ABC :

- avec (AD) médiane issue de A et coupant [BC] en son milieu D,

- deux droites (BF) et (CE) se coupant en un point quelconque G sur (AD) et coupant respectivement [AC] et [AB] en F et E.

Au lieu de considérer le point G', symétrique de G par rapport à D, nous définissons cette fois-ci le point A', symétrique de A par rapport à D. D étant le milieu et l'intersection des deux segments [AA'] et [BC], il en résulte que ABA'C est un parallélogramme. Cela implique l'égalité des côtés opposés : A'C = AB et A'B = AC.

(AF) et (BA') étant parallèles, les deux triangles GAF et GA'B sont semblables.

Nous pouvons écrire les égalités suivantes :

De même, (AE) et (CA') étant parallèles, les deux triangles GAE et GA'C sont semblables, ce qui nous permet d'écrire les égalités suivantes :

 Nous déduisons que :

et comme A'C = AB et A'B = AC,

 Par cette autre démonstration, légèrement plus longue, nous retrouvons le même résultat : l'existence d'un rapport de proportionnalité, quelle que soit la position de G sur [AD].

 

Nous rencontrons tous les êtres à travers notre problématique personnelle, ce qui nous incline à agir de la même façon quelle que soit la personne qui se trouve face à nous.

A un moment donné, nous pouvons nous bloquer et ne plus souhaiter d'interférence avec le penseur car celui-ci envisage notre problématique comme un problème de mathématiques. Dans ce cas là, le Maître se tait et laisse faire. Ce qui fait encore obstacle pour nous ne l'est plus pour le Maître car il connaît la Loi.

Dans notre travail de groupe, nous avons la possibilité de formuler des théories transversales, par exemple lorsque nous passons de la géométrie à la psychologie. Aborder un problème mathématique comme nous venons de le faire nous ouvre d'autres portes. Pouvons-nous transposer cet exercice dans la vie de tous les jours ? Essayons-nous de prendre un autre chemin dans l'éducation de nos enfants ? Par où va passer notre enfant ? Si nos deux intelligences ne peuvent se rencontrer et si l'affectif ne peut reconnecter la relation avec l'enfant, alors celui-ci agira en opposition et avec réactivité. Il s'agit de donner à l'autre les éléments qui vont dans le sens du chemin qui s'ouvre à lui. Lorsque nous regardons notre enfant, voyons aussi en lui un être qui porte son fardeau.

Nous pouvons essayer de nous situer au-delà de nos prédispositions mais le Maître ne s'y trompe pas. Il voit progressivement où nous nous situons et il nous parle à notre niveau.

 

Le groupe a poursuivi la lecture de Rayons et Initiations, Traité sur les sept rayons, Vol. V (pp. 55 à 63) par l'énumération des points de tension à partir desquels le Mot Sacré retentit sous ses aspects majeurs :

1.     Le point créateur de tension lorsqu'il répond au Son du Nom Ineffable, l'exhalant à son tour en trois grands Sons, pour n'en former qu'un seul sur son plan d'expression en créant le monde manifesté. Cela est le Son.

2.     Sept points de tension sur l'arc involutif, produisant les sept planètes, les sept états de conscience et les sept rayons. C'est le A.U.M. septuple, donnant le départ à la forme et créant la prison de la vie divine.

3.     Le A.U.M. lui-même ou le Mot fait chair, créant un point de tension dans le quatrième règne de la nature, qui rend possible le cycle évolutif et permet d'entendre la première et faible note du O.M. Ce point est atteint quand la personnalité est intégrée et quand l'âme commence à la dominer. C'est une tension accumulative, dont le processus peut être symbolisé de la façon suivante :

4.     Survient un point de tension à partir duquel l'homme réussit à se libérer des trois mondes et devient une âme libre. Il est un point dans le cercle.

L'initié passe de tension en tension, allant d'une expansion de conscience à une autre, jusqu'à ce que, la troisième initiation étant prise, les points de tension remplacent tous les efforts précédents. Domine alors l'aspect Volonté.

Faire résonner le Mot sur le plan physique n'a aucune importance au regard de son énonciation silencieuse. L'étudiant doit ensuite l'entendre faire écho dans la tête. Quand il exprime parfaitement le A.U.M., l'étudiant peut alors prononcer le O.M. efficacement jusqu'à la troisième initiation. L'effet est tel que la personnalité disparaît en tant qu'identité séparée. Le Son d'origine frappe l'oreille de l'initié, transfiguré. Dans la Bible, cette voix dit : Voici mon Fils bien-aimé. L'initié comprend qu'il a été accepté par Shamballa et qu'il a pris contact avec le Logos planétaire pour la première fois, le Hiérophante, Initiateur de la troisième initiation. Il est question ici du Mot en tant que signal ou son d'acceptation. La règle II le décrit par l'expression : Acceptés en tant que groupe. Elle désigne les combinaisons par lesquelles l'âme par rapport à la personnalité, la Monade par rapport à la Triade spirituelle, le Maître par rapport à l'Ashram, et Shamballa par rapport à la Hiérarchie, peuvent agir par l'expression d'un Plan dans les stades initiaux de contact, puis d'un Dessein dans les derniers stades. Le progrès, en termes d'ensembles toujours plus vastes, s'effectue de groupe en groupe. C'est le mot de l'âme s'intégrant à la personnalité triple quand cette dernière est prête pour une telle fusion. L'emprise de l'âme sur ses instruments d'expression s'intensifie, provoquant l'afflue d'énergies et obligeant la personnalité consentante à manifester le rayon de l'âme. La première grande intégration est une fusion de la force avec l'énergie. C'est une des premières leçons que l'initié apprend par l'expérimentation du monde de la forme, soumise à l'interprétation du monde de l'âme. Sa compréhension sera éclairée quand il saisira la distinction entre l'activité de l'âme et le monde de la matière, entre l'émotion et l'amour, entre la volonté intelligente et le mental, et enfin entre le plan et le dessein. Il peut alors trouver son point de tension et reconnaître consciemment un groupe, puis un autre avec lesquels il cherche à s'identifier. Il trouve son groupe puis il est finalement absorbé dans l'ashram du Maître et, en harmonie avec ses frères de groupe, il s'unit avec la Hiérarchie. Le Mot est d'abord énoncé par son âme : acceptés en tant que groupe. Plus tard, il participera à la reconnaissance qui survient quand la Voix retentit depuis Shamballa, et que le sceau est apposé par le Seigneur du monde sur l'acceptation de la Hiérarchie avec tous ses nouveaux associés. Cette acceptation concerne les initiés du troisième degré et leur signifie qu'ils font partie de l'instrument dont le dessein est d'exécuter le plan. Les grandes synthèses se font lentement, même si le processus s'accélère depuis l'après-guerre. La vie de Dieu va de synthèse en synthèse, des vies atomiques jusqu'au processus d'Identification. A partir de la première Identification, une absorption progressive dans des ensembles plus vastes se produit et à chaque fois le mot "acceptés en tant que groupe" retentit.

Le disciple pourra saisir les mots quand sa vision intègrera que la beauté, la bonté et la sagesse sont des grands faits de la manifestation.

Une autre partie de la Loi II est maintenant étudiée :

2. Ne retirez pas maintenant votre demande. Vous ne le pourriez pas si vous le désiriez ; mais ajoutez-y trois grandes requêtes et allez de l'avant.

L'impossibilité de se retirer est un fait lorsque l'on vit la vie de l'Esprit. L'homme passe d'insatisfaction en insatisfaction, qui le pousse à investir par étape les plans supérieurs. Il lutte en vue d'atteindre ce qui se trouve en avant jusqu'à ce que la personnalité triple soit prête à la vision de l'âme. De ce point de tension, il entre sur le Sentier. Lorsqu'il aura atteint l'état de disciple accepté et entrepris le travail préparatoire à l'initiation, il ne pourra plus reculer même s'il le voulait. L'ashram le protège. Dans cette règle, l'initié demeure seul, isolé dans l'unité, percevant la communion avec tout ce qui est. Le désir de parvenir à la fusion personnalité-âme est transmué en faculté d'avancer dans la claire lumière froide de la raison lumineuse. Il possède le pouvoir de formuler trois requêtes par l'utilisation de la volonté dynamique au lieu d'une "demande sous forme triple" comme par le passé. Cette distinction est synonyme de croissance. L'initié a entendu la Voix de Shamballa tout comme il avait entendu la Voix du Silence et la voix de son Maître. La volonté illuminée remplace l'obéissance occulte. L'initié peut avancer et travailler seul car il ne fait qu'un avec son groupe, la Hiérarchie et finalement Shamballa.

Quelles sont ces trois requêtes et pourquoi l'initié les fait-il ?

Pendant longtemps, l'initié s'est efforcé d'acquérir la vision et de prendre conscience du champ de plus en plus étendu de la révélation divine. Il reconnaît une sphère toujours plus vaste dans laquelle il peut servir à partir du moment où il s'est identifié avec la révélation. L'identification est la réalisation complétée par l'expérience ésotérique, par l'absorption dans le Tout. Etant devenu maître de ce qu'il a vu et conscient de ce qui est en avant, il "se prévaut de ses droits occultes pour énoncer ses demandes clairement". L'initié a toujours existé, il n'est pas le résultat du processus de l'évolution mais la cause de ce processus. Au moyen de celui-ci, il perfectionne ses véhicules d'expression. Son épanouissement s'accomplit selon le type déterminé par le rayon. Chaque stade de l'épanouissement inférieur triple rend possible sa correspondance dans le monde de la Triade spirituelle via l'antahkarana. Les notes de chacun des trois aspects inférieurs font résonner les trois requêtes. Elles amènent une réponse de la Triade spirituelle qui leur permet d'atteindre la Monade dans le haut lieu de Shamballa.

Dans Lettres sur la méditation occulte, le Maître D.K. traite de l'alignement de l'égo avec la personnalité, premier pas vers la fusion, puis vers l'identification. Un extrait de ce livre est cité :

"A mesure que le temps s'écoule, et plus tard avec l'aide du Maître, l'harmonie de couleur et de tonalité (termes synonymes) s'effectue jusqu'à ce que, finalement, l'on ait la note fondamentale de la matière, la tierce majeure de la personnalité alignée, la quinte dominante de l'égo, suivie de l'accord parfait de la Monade ou Esprit. C'est la dominante que nous cherchons lors de l'adeptat et, antérieurement la tierce parfaite de la personnalité. Au cours de nos diverses incarnations, nous faisons résonner les variations sur toutes les notes intermédiaires ; quelquefois nos vies sont majeures et quelquefois mineures, mais elles tendent toujours à la flexibilité et à une plus grande beauté. En temps voulu, chaque note s'insère dans son accord, l'accord de l'Esprit. Chaque accord forme une partie de la phrase, phrase ou groupe auquel l'accord appartient ; et la phrase participe à l'achèvement de la septième partie du tout. L'ensemble des sept sections forme alors la sonate complète de notre système solaire, partie du chef-d'œuvre triple du Logos ou Dieu, le Maître Musicien."

 

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