Le début de la séance a été consacré au
symbolisme du salut effectué, mains jointes, au niveau du
cœur. Les interprétations proposées se sont révélées très riches et seront
ultérieurement synthétisées afin de découvrir les grandes idées
sous-jacentes. En voici la liste :
- Triangle
représentant les trois aspects de l'Ame, la Triade Spirituelle,
- Triangle ou montagne symbolisant
la flèche vers le Divin, l'élévation,
- Triangle associé à : perfection,
équilibre, maîtrise, respect, aspiration, Maître dans le cœur, service
("Moi, Triangle Divin, je sers mes semblables"), service par unification des
paires d'opposés,
- Soleil, Noir, Antahkarana,
- Salut
de l'Ame à la personnalité,
- Salut vertical d'Ame à Ame, en
lien avec la Hiérarchie,
- Salutation avec Amour,
- Salut vers la Hiérarchie,
- Salut du groupe unifié au niveau
de l'Ame,
- Alignement
des trois corps inférieurs à l'Ame,
- Alignement avec les Maîtres,
- Unité, unification, union en
Christ, union au niveau du cœur, union du vertical et de l'horizontal, des
deux branches de la croix, union corps/esprit, union du masculin et du
féminin, du plus et du moins, de toutes les dualités,
- Rassemblement des énergies, des
forces, intégration,
- Humilité du serviteur (salut à
l'orientale),
- Respect, force, paix,
intériorisation, attitude de la Vierge Marie, des prêtres, des priants.
La notion de Karma, qui avait été
étudiée lors de la séance précédente, a ensuite été reprise et approfondie.
Le karma, en effet, est une loi pure et
belle qu'il est difficile d'expliquer et qui soulève des interrogations.
Ainsi, confrontés à l'épreuve, comment
pouvons-nous savoir si celle-ci résulte de la loi de cause à effet
rattachée au passé ou au présent ? Seul le disciple confirmé, prêt à
tout accueillir dans cette vie sans se rebeller, peut prétendre solder ses
dettes du passé.
Le karma n'est pas cruel car la loi
de cause à effet est neutre et dénuée d'intention. C'est nous qui
qualifions le karma de "positif" ou "négatif" au lieu de raisonner en termes
d'énergie pure. Comme une balle lancée contre un mur rebondit et revient à
son point de départ, toute chose lancée dans l'espace nous reviendra tôt ou
tard.
Mais l'être humain, situé à la jonction
entre Esprit et Matière, peut interférer, modifier ces mouvements et
transformer la loi. Il peut ainsi arriver qu'un être supérieur empêche un
"retour" sur un disciple aligné depuis longtemps. Une loi supérieure peut
donc maîtriser une loi inférieure.
Sommes-nous prêts à solder notre
karma ? Cela suppose la conscience de l'existence
d'une justice infinie selon laquelle tout s'équilibre. Considérant que tout
ce qui lui arrive est juste, le disciple trouve dans l'acceptation de la
souffrance une opportunité pour évoluer. Il comprend que le karma est lié à
l'existence de la conscience dont le fonctionnement s'apparente à celui d'un
radar dont les ondes émises reviennent après avoir été réfléchies. Le karma
est alors pour lui un tremplin pour accélérer son évolution.
Ce processus d'acceptation du karma
est-il assimilable au processus de rédemption ? Le
karma a pour but de rééquilibrer les actes passés. La rédemption est un
processus d'élévation vibratoire consistant à spiritualiser ce qui est
descendu au plus bas de la matière. La rédemption peut être vue comme une
loi subsidiaire du karma. Si l'Homme a généré une descente dans son
évolution, il en est responsable et doit s'efforcer de tout faire remonter
au "sommet de la montagne".
Comment expliquer que, la loi du
karma étant sans intention, la rapidité du retour karmique puisse être
variable ? La loi de cause à effet est associée à
d'autres lois qui, comme la météorologie, se manifestent par des courants
plus ou moins amples. Pris dans un grand courant, tel disciple peut saisir
l'opportunité alors que, ne l'étant pas, tel autre devra attendre. De plus,
la loi du karma ne touche que ceux qui sont encore dans la densité, dans la
Matière. Les autres ne sont pas ébranlés. Enfin, il arrive que les Maîtres
prennent en charge le fardeau afin de nous alléger momentanément si nous ne
sommes pas prêts à l'accepter. Ils appliquent alors la loi de rédemption,
loi subsidiaire qui s'exprime par une action salvatrice, un crédit que les
Grands Sauveurs nous font. Mais nous devons accepter de contribuer au
déséquilibre que nous avons créé : à nous de devenir aussi plus tard des
sauveurs pour les autres.
Un premier niveau dans le processus de
rédemption, mis en évidence par de nombreux Saints, peut consister à offrir
sa propre souffrance avec l'intention de libérer autrui. La rédemption
opérée par le Christ est d'un ordre supérieur. L'humanité étant descendue
très bas et s'étant engluée dans la densité, une action salvatrice de
l'Esprit était nécessaire pour la libérer afin qu'elle puisse mettre en
place une tension pour sortir de la Matière. Le Christ nous a rachetés, mais
nous n'avons pas gagné pour autant le paradis. Une fois libérés de prison,
il nous reste encore tout à faire. Si nous sommes débiteurs dans cette vie,
reconnaissons la loi, et accueillons la peine afin de modifier notre état de
conscience.
Un nouvel exercice de géométrie
proposé à J.D. a ensuite été soumis à la réflexion du groupe.
Il s'agit de démontrer que les trois
médianes d'un triangle sont concourantes, la médiane étant définie comme
une droite partant d'un sommet et passant par le milieu du côté opposé. En
d'autres termes, si l'on construit deux des médianes, se croisant en O, la
troisième médiane passe-t-elle par ce point O ?
J.D. a donc construit le triangle ABC et
deux médianes, (AD) et (CE) se croisant en O, puis il a défini le point O',
symétrique de O par rapport à E (ainsi OE=EO'). Enfin, J.D. a proposé de
tracer les segments [AO'] et [BO'].
Figure 1

Que pouvons-nous dire en observant la
figure ? Il s'agit pour cela de contempler la figure sans figer le regard.
Malgré certaines observations géométriques, il semble que l'hypothèse
envisagée par J.D. ne permette pas de poursuivre la démonstration.
Notre frère Ph. a proposé de définir le
point C', symétrique de C par rapport à O (figure 2). Nous pouvons alors
écrire : CO=OC'.
De plus, les hypothèses ont été
modifiées en convenant cette fois ci que O est l'intersection des médianes
(AD) et (BF). Nous cherchons donc à prouver que (CO) est la troisième
médiane, c'est-à-dire qu'elle coupe [AB] en son milieu. Soit E
l'intersection de (CO) et (AB). Traçons les segments [AC'] et [C'B].
Figure 2

Que pouvons-nous dire de [FO] et [AC'] ?
Nous pouvons observer deux triangles : un grand triangle CAC' contenant un
plus petit triangle CFO. Retraçons ce triangle :
Figure 3

Nous pouvons écrire les égalités
suivantes : CF=FA, CO=OC'. Donc, [AC] est deux fois plus grand que [CF] et
[CC'] est deux fois plus grand que [OC]. On en déduit que [AC'] est deux
fois plus grand que [FO].
Les triangles CAC' et CFO, ayant des
côtés proportionnels, sont semblables : il s'en suit que l'angle C'AF est
égal à l'angle OFC et que l'angle AC'O est égal à l'angle FOC. Du fait de
l'égalité de ces angles, les deux droites (FO) et (AC') sont parallèles.
L'équivalence entre la proportionnalité des côtés des triangles CFO et CAC'
et le parallélisme des droites (FO) et (AC') est connu sous le nom de
théorème de Thalès.
Nous remarquons que la Figure 2 comporte
un autre grand triangle : CBC', contenant un plus petit triangle CDO. De la
même manière que précédemment, nous déduisons que les droites (DO) et (BC')
sont parallèles.
Du parallélisme de ces deux couples de
droites, on déduit que OAC'B est un parallélogramme. Ayant déjà démontré que
dans un parallélogramme, les diagonales se coupent en leur milieu, nous
pouvons alors affirmer que le point E est le milieu du segment [AB], ce que
nous devions démontrer.
Mesurons-nous la dose de patience et
d'amour du professeur qui accompagne celui qui ne sait pas ? Former les
citoyens à la géométrie serait judicieux afin que chacun acquière la
compréhension de la juste solution. Quel que soit notre champ
d'expérimentation, ne cédons pas à la facilité qui entraîne de fausses
réponses. S'il ne doit rester qu'une discipline qui perdure dans le monde de
l'esprit, c'est bien les mathématiques. Prenons le temps d'apprendre chaque
discipline en tenant compte des lois psycho-philosophiques.
La Hiérarchie propose et attend, elle ne
force pas l'être humain.
Notre conscience s'élargit quand nous
apprenons quelque chose et que nous pouvons y revenir des années plus tard
sans s'appuyer sur de la mémoire pure. Quand nous apprenons en conscience,
nous n'oublions pas. Dans la connaissance et l'apprentissage, nous devons
remuer un minimum de matière.
Les conventions humaines s'oublient mais
les Lois demeurent. En nous souvenant des lois d'une vie à une autre, nous
pourrons les intégrer les unes aux autres et nous inscrire dans un processus
d'évolution.
La compréhension des lois ne passe plus
par les mots. Il n'est pas nécessaire de connaître à la lettre le théorème
de Thalès pour appréhender l'exercice de mathématiques précédent. A un
certain stade, nous ne pourrons plus donner de mots pour définir un autre
mot. Appliquer la loi de Thalès sans l'avoir comprise équivaut à rechercher
une compréhension par procuration. Approprions-nous la connaissance.
Celui qui sait préfère-t-il garder de
façon exclusive sa connaissance au risque de ne pas être compris ou bien
employer un langage connu par tous ? Existe-t-il des conventions à
Shamballa ? Nous pouvons concevoir que les Maîtres ont créé une langue qui
est parlée dans tout le système solaire.
Le groupe a poursuivi la lecture de
Rayons et Initiations, Traité sur les sept rayons, Vol. V (pp. 35
à 42).
Il est précisé que ce livre est écrit
pour les Disciples et les Initiés de la fin du XXème siècle.
Cependant, ceux qui n'ont pas encore atteint cet état et qui font un effort
pour comprendre les règles et formules énoncées verront des effets se
produire. Ces règles ou formules se rapportent à l'aspect de Shamballa.
Elles permettent à l'aspirant de comprendre la signification des paroles du
Christ : la vie plus abondante, qui se rattachent au contact avec
Shamballa. Il en résultera l'expression de l'aspect Volonté, liée au
processus d'invocation et d'évocation.
L'inférieur invoque toujours le
supérieur. Les facteurs supérieurs, alors évoqués, répondent dans la mesure
de la compréhension et de la tension dont fait preuve l'élément invocatoire.
La tâche du groupe est invocatoire et la réussite de l'invocation est
appelée évocation. Quand la vie du groupe deviendra fondamentalement
invocatoire, l'évocation de la volonté se manifestera. L'invocation résulte
de la fusion entre l'âme et la personnalité, fonctionnant en tant qu'unité
consciente.
Ces règles ou formules concernent le
développement de la conscience de groupe car la force de volonté de
Shamballa ne peut être captée qu'en formation de groupe. Il faut un groupe
pour obtenir l'évocation. Ces règles concernent donc l'Initiation de
groupe. Qu'est-ce que l'initiation de groupe ? Engage-t-elle tous les
membres du groupe ? Une seule personne peut-elle retarder l'initiation du
groupe ? Il n'est pas nécessaire que les membres du groupe aient tous pris
la même initiation.
Ces règles se rapportent à la troisième
initiation, celle de la personnalité intégrée. Cependant elles ont un
intérêt plus large car les aspirants doivent affronter aujourd'hui la
deuxième initiation, celle de la domination de la nature émotionnelle.
L'initiation de groupe requiert que la majorité des membres soient bien
orientés, qu'ils acceptent la discipline les préparant à la prochaine
expansion de conscience et qu'il soit impossible de les détourner de leur
dessein.
Ces formules ou règles peuvent être
appliquées et interprétées de trois manières, et elles permettront à
l'aspirant de découvrir s'il fonctionne en tant que personnalité intégrée :
1. L'application physique
correspond à l'usage que fait le groupe de la connaissance qui lui est
donnée afin de satisfaire au groupe plus vaste dont il fait partie.
2. L'application émotionnelle
se rapporte au monde de l'âme, dans le sens de groupe, c'est-à-dire sous
l'angle du monde dans son ensemble. L'aspirant prend conscience de l'aspect
d'un "tout" plus vaste.
3. L'application mentale doit
être comprise en terme de "grande lumière" car le mental est un organe
d'illumination. Ceci entraîne certains questionnements : Quelle quantité de
lumière le membre d'un groupe enregistre-t-il ? Quelle est la contribution
de ce membre à la "plus grande lumière" ? La lumière du groupe est-elle
tremblotante ou flamboyante ? La compréhension du sens de ces implications
entraîne une expansion de conscience qui s'effectue en plusieurs stades :
a. Une prise de conscience du but
menant le candidat à la porte de l'initiation, ouvrant un champ
d'expression plus vaste.
b. L'approche du candidat qui a vu
le but selon des règles méthodiques et éprouvées par tous les Initiés
précédents.
c. L'arrêt du candidat devant la
porte prouvant qu'il est initié.
d. L'épreuve testant le candidat et
montrant par là sa qualification.
e. La venue du stade de
pénétration.
L'Initié a affronté deux étapes
majeures, décrites par les termes : terrain ardent et lumière
claire et froide. Il peut alors explorer les vastes espaces de la
conscience divine. Ces épreuves arrivent quand l'âme exerce son ascendant
sur la personnalité. Cet état est engendré par deux facteurs : la lente
progression de la conscience vers une plus grande maîtrise et le
développement constant de "l'ardente aspiration".
Le disciple est placé au centre du
terrain ardent, présent au seuil de tout nouveau progrès, tant que la
troisième Initiation n'a pas été prise.
La lumière claire et froide est
la lumière de la raison pure. Cette lumière révélatrice et intensive produit
une épreuve majeure par ses effets. Elle révèle :
A. L'omniprésence de Dieu dans
toute la nature et la vie de l'Initié ou du groupe d'Initiés. Les yeux
s'ouvrent, générant paradoxalement "l'obscure nuit de l'âme" et un sentiment
de solitude. La révélation descend sur celui qui se maintient dans "l'unité
isolée". Le mystère du temps, de l'espace et de l'électricité est révélé au
disciple qui prend conscience de la grande hérésie de la séparativité.
Il sait que rien n'existe en dehors de la divinité. La fusion dans l'unité
est obtenue grâce à l'émission du son, symbolisée par le cri du Christ sur
la croix. Les paroles exactes varient selon chaque rayon.
B. L'omniscience du Tout divin
par le moyen de la lumière claire et froide, de sorte que les phases
"d'expérience isolée" prennent fin. Cela signifie que les énergies de l'âme
et les forces de la personnalité n'ont plus d'emprise sur l'Initié qui se
déplace progressivement dans un autre aspect du divin. Il a l'impression
d'être dépouillé, abandonné et seul. Il lui faut abandonner ce qui le
retient de la Réalité Centrale, et conquérir "la vie plus abondante". Ayant
vécu cette expérience, l'Initié s'identifie avec le dessein divin.