Mo. a présenté au groupe la suite d'une
précédente planche qu'elle devait parachever sur le thème de l'échec.
A travers des événements récents, elle a
perçu en elle une fragilité la faisant glisser dans un état d'apitoiement
sur soi et d'effondrement qui la conduit au sentiment d'échec. Elle sait
devoir faire appel à sa volonté afin de se hisser à un niveau vibratoire
supérieur susceptible de permettre une relativisation de l'événement et une
prise de conscience. Mais la force de l'émotion, amplifiée par l'orgueil
d'être prise en défaut, rend parfois toute analyse impossible. Le sentiment
d'échec est alors omniprésent.
Parmi les mécanismes qui la conduisent à
l'échec, elle a identifié : le manque de vigilance intellectuelle, de
rigueur, de prudence, d'humilité et de détachement. Elle prend également
conscience d'un manque de courage face à l'effort à fournir,
particulièrement pour exprimer sa pensée. Elle perçoit aussi en elle une
tendance à fuir le conflit et les obstacles tout en étant elle-même cause de
rapports conflictuels.
Elle aspire à avancer sur le chemin du
service en s'élevant vers plus de lumière et d'amour.
Succès ou abandon de la
personnalité ? Telle est la question qui se pose à
nous dans cette démarche. Alors que dans cette société, il faut rendre la
personnalité fonctionnelle, capable de se défendre et d'attaquer, comment
faire pour qu'elle ne soit pas trop présente afin de poursuivre
l'ascension ? Comment être une Ame dans ce monde ?
Dans l'optique de la démarche, il
n'existe pas d'échec ou de réussite de la personnalité : elle met "genou à
terre" et abdique. Le test définitif a lieu à la 3ème initiation.
Mais pendant longtemps, la nostalgie de ce qui n'a pas été "réussi" engendre
des tiraillements. Alors même que l'on est allé loin dans cette démarche, il
arrive qu'une crise survienne : des sentiments de frustration et d'aridité
s'installent, pouvant même mener à une forme d'athéisme. Il faut alors
tenir, se reprendre, ne pas se retourner, car revenir en arrière engendre
amertume, tristesse et dégoût de vivre. Il en est ainsi dans les monastères
où, au milieu de moines vivant dans leur monotonie et leurs habitudes,
certains se révèlent avoir la trempe d'un saint.
Essayer de raviver des liens anciens en
retournant dans la plaine suscite une crise. Celle-ci pourrait être
symbolisée par la tentation vécue par un ancien alcoolique à qui on
offrirait une coupe. Il faut savoir se rapprocher du monde sans être
rattrapé par une crise et vivre à côté des autres en visant un niveau de
réalisation plus élevé.
Un Maître ne discute pas avec certains
aspects de notre personnalité qui expriment primarité et férocité et qui
n'appréhendent pas les concepts philosophiques. Aucune complaisance ne doit
être envisagée avec le Vieil Homme orgueilleux qui résiste et qui nie.
Demandons-nous quel regard nous posons sur la Hiérarchie. Savons-nous
percevoir qu'un Frère Supérieur est plus proche de l'Ame que nous et qu'il
est capable de servir de relais avec notre Ame ? Le Maître est celui qui
nous entend et qui peut nous communiquer un grain de sagesse. Sa voix est
plus pure, moins offensive ; elle ne tue plus et peut se faire entendre
assez loin dans la sphère hiérarchique.
Il existe aussi des êtres que l'on
rencontre par hasard et qui nous interpellent. Soyons donc vigilants à notre
attitude à leur égard : comment pourrions-nous être traités si nous traitons
mal les plus petits que nous ?
Do. a ensuite exposé sa planche sur la
question : "Est-ce que le scepticisme est un
trouble de l'intelligence ?"
Elle a rappelé une phrase extraite de
l'Agni Yoga : "Il y a deux genres de scepticisme : l'un bienveillant, habite
celui qui cherche une confirmation ; l'autre, pusillanime, que manifeste le
propriétaire résistant aux innovations."
Do. a le sentiment d'appartenir à la
catégorie des sceptiques peureux. De plus, son mental se satisfait rarement
d'une explication reçue de l'extérieur et a tendance à argumenter pour
justifier ses limitations. Elle a le sentiment de ne pas avoir été incitée,
dans son enfance, à mobiliser son intelligence et à dépasser sa paresse.
Mais elle a choisi aujourd'hui de poursuivre cette éducation afin de se
purifier et d'atteindre la lumière supérieure. Cela suppose pour elle de
trouver la réponse à plusieurs questions :
1/ Que faire avec mon mental ?
La configuration Sagittaire / Vierge la
prédispose à saper ce qui est acquis car la Vierge veut requalifier et
reclasser ce que le Sagittaire a perçu. De plus, des pensées chaotiques
habitent son mental et suscitent de nombreuses émotions.
Elle perçoit aussi en elle une tendance
à se vexer lorsqu'elle est remise en question. Son mental est alors récupéré
par une petite fille craintive qui ne s'est pas relativisée, s'isole et
réclame de l'affection. Polarisé sur lui-même, il se polarise également sur
ce qui ne va pas chez l'autre et disqualifie ceux qu'il juge plus
intelligents. Cependant Do. commence à expérimenter le pouvoir du cœur.
Face à un problème mathématique, Do.
peut en comprendre la démonstration mais elle n'a pas essayé d'en résoudre
en faisant appel à sa seule logique.
2/ Comment développer le discernement
en évitant le piège des jugements hâtifs et de la critique ?
Selon les Lettres sur la Méditation
occulte, la purification du corps mental résulte d'un dur travail de
discernement entre le réel et l'irréel. Ceci suppose une pensée claire sur
toutes les questions touchant la race, le pouvoir de calmer le corps mental
ainsi qu'un procédé, mené par le Maître, qui rassemble en une forme
permanente les efforts opiniâtrement réalisés par le disciple.
Do. comprend que pour discerner le réel
de l'irréel, il faut descendre au plus profond de la matière, s'y impliquer
et sauver. S'efforcer de comprendre éloigne de la critique et de l'intention
de nuire.
3/ Comment consolider les fondations
du mental, de sorte que les épreuves d'aujourd'hui ne les ébranlent pas ?
La force intérieure résulte de la
stabilité et de la sérénité que nous avons su trouver. La stabilité du
mental fait partie de l'accomplissement que nous devons réaliser chaque
jour, en évitant les pièges de la rigidité, de la cristallisation et de
l'immobilisme. Fermeté et douceur sont compatibles.
4/ Comment restaurer une image
positive et confiante de moi-même ?
Ne pas avoir confiance en soi, c'est
nier sa propre intelligence mais aussi celle de l'autre. C'est aussi se
priver de l'espoir de transformation de la personnalité. Le disciple sait
parce qu'il travaille et la confiance est l'expression de la personnalité
qui met sa foi dans l'existence de l'Ame et dans celle du Plan.
5/ Ai-je perçu l'Amour de Dieu ?
Do. a fait plusieurs citations lui
permettant d'exprimer la volonté de son âme. Selon elle, douter de l'amour
de Dieu équivaut à douter de la vie, du mouvement et de l'être et ce doute
pourrait plonger le mental dans un état proche du néant.
6/ Comment croire en l'amour des
autres, moi si imparfaite ? Inversement, ne puis-je aimer les autres que
lorsqu'ils sont parfaits ?
Le besoin d'être rassurée par l'amour
des autres et la tendance à dispenser l'amour en fonction du mérite octroyé
à autrui doivent céder la place à la miséricorde, l'humilité et la sagesse
qui permettent de s'accepter, de comprendre l'autre et de l'aimer sans
réserve.
Tomber et se relever sans cesse est une
preuve d'intelligence du disciple qui s'en remet à Dieu. Il ne doute pas, ne
faillit pas, mais il travaille et sert inlassablement.
Comment Do. pourrait-elle en finir avec
ce personnage de petite fille qui s'apitoie sur elle-même, qui pleure et qui
doute de l'amour des autres ? Une ancienne attente non satisfaite par son
père est aujourd'hui projetée sur tous les autres. Sans doute doit-elle
sortir d'un vieux circuit mental lui faisant penser : "Je n'y crois pas, je
ne peux pas être aimée, je n'ai pas confiance en moi". Ce circuit alimente
son scepticisme et doit être remplacé par un nouveau : "Je crois, je crois
en moi, donc j'ai confiance". Le disciple, en effet, passe de la dépendance
à l'indépendance en prenant des décisions qui ne dépendent pas de l'amour
des autres.
Do. a conscience qu'en tant qu'adulte,
elle ne doit plus attendre ni réclamer mais s'efforcer de donner.
A la lecture de la planche de Do.,
certaines sœurs se sentent interpellées sur la présence de la petite fille
en elles, qui les place dans une attente affective. Que pouvons-nous espérer
de nos "petits mois" mortels ? Nous avons des désirs et nous faisons face à
ceux qui peuvent en avoir beaucoup plus que nous. Que pouvons-nous leur
demander ?
La petite fille qui n'a pas grandi et
qui est devenu mère à son tour, peut se trouver sans repère face à ses
enfants. La femme cohabite encore avec la petite fille, maintenant un état
complexe d'alternance entre jouissance et emprisonnement. La petite fille
doit renoncer à l'idée de rencontrer une personne qui ne penserait qu'à
elle, et elle doit passer de la dépendance affective à l'indépendance, sans
orgueil mais avec amour.
Le groupe a poursuivi la
lecture du Traité sur les sept rayons, Psychologie ésotérique,
Vol II (pp. 621 à 629, fin du chapitre).
Il est question ici des maladies
relatives à l'appareil respiratoire des Mystiques, qui se développeront
au fur et à mesure que les groupes croîtront en force, et qui proviennent de
contacts de groupe.
La solution au sujet de la respiration
doit être cherchée dans les exercices respiratoires tel que l'énonciation du
Aum correctement prononcé et la pratique du rythme. Ces
pratiques exécutées avec soin sont bénéfiques mais elles peuvent aussi
produire des effets nuisibles notamment pour les groupes qui n'y sont pas
préparés. Les nouveaux groupes sont encore trop jeunes pour que les
problèmes futurs puissent être énoncés maintenant.
Le thème des problèmes des Mystiques
liés aux Influences actuelles des Rayons concerne la disparition du
sixième rayon et la croissance de l'activité du septième rayon. L'énergie du
sixième rayon s'est exprimée à travers le plexus solaire provoquant des
difficultés digestives et des problèmes d'ordre émotionnel que connaît
largement encore la génération actuelle. Lorsque le septième rayon
s'exprimera, il opèrera au moyen du centre à la base de l'épine dorsale et
aura un effet sur le système circulatoire tout entier. Il travaille avec le
centre le plus élevé du corps et est lié aux problèmes des polarités. Il
concerne également la triplicité humaine : esprit-âme-corps, la dualité de
l'âme et de la personnalité, les aspects majeurs de la Divinité – esprit et
matière – ainsi que les nombreuses paires d'opposés que le mystique doit en
fin de compte ramener à l'unité.
Le septième rayon fera sentir la
présence de la volonté de faire circuler, la volonté de relier et la
volonté d'exprimer, ces forces jouant sur le centre à la base de l'épine
dorsale, y suscitant une activité jusque là inconnue. Ces forces n'ont pas
atteint leur développement complet et pourtant sont responsables en grande
partie de la confusion mondiale actuelle. L'entrée en manifestation du
septième rayon provoque chez certaines nations l'expression exagérée de la
Volonté. Il faut actuellement être très subtil pour faire la différence
entre la volonté fanatique et idéaliste du sixième rayon et la volonté du
travailleur magique inexpérimenté influencé par l'énergie du septième rayon.
Peu de choses ont été dites au sujet des
problèmes de groupe ou de rayon car c'est seulement vers le milieu du siècle
prochain (XXIème.) qu'émergera le nouveau type de groupe. Les
tentatives d'aujourd'hui sont instables aussi bien dans leurs échecs que
dans leur succès car l'individu n'a pas encore une véritable compréhension
de l'activité, la cohérence et la vitalité du groupe. La stabilité, la
cohérence et la sûreté de son contact avec la vie garantissent le pouvoir et
la liberté de la Hiérarchie. Les êtres humains ne sont ni sûrs d'eux-mêmes,
ni sûrs les uns des autres et manquent de stabilité et de foi dans les
affiliations de leur groupe.
Un sens de compréhension occulte se
développe rapidement de la part des personnes les plus intelligentes de la
race tandis que l'humanité dans son ensemble devient mystique. La conscience
atlantéenne de l'humanité adolescente cède la place à la conscience plus
développée de l'être humain d'âge mûr.
Renouvelons notre aspiration,
approfondissons notre amour et notre foi, rendons-la vivante et
souvenons-nous, tandis que nous étudions l'avenir, que la
Foi est la Substance des choses que l'on espère, la Preuve
des choses qu'on ne voit pas.
Le groupe a enchaîné sur la lecture du
même livre, Traité sur les sept rayons, Psychologie ésotérique,
Vol. II (pp. 400 à 401, fin du chapitre).
L'utilisation de la méditation sur les
attributs présentés produira les résultats suivants :
1. Intensification de la vitalité
dans l'expression de la vie journalière du disciple, sur les attributs
s'exprimant déjà. De nouveaux attributs apparaîtront, s'exprimant à travers
Ceux Qui sont destinés à les révéler à l'homme. Tout comme la méditation sur
la Raison Inclusive ouvre la voie vers le "Cœur du Soleil", de même
cette méditation apporte certaines forces venant du "Soleil spirituel
central".
2. L'imagination créatrice se
manifestera en tant que source fertile de l'expression divine. Elle est
l'activité planifiée de la faculté de construire des images. Grâce à elle,
les desseins divins peuvent être présentés sous certaines formes au mental
des hommes et parviennent avec le temps à une expression matérielle, ceci
impliquant une stabilité et une vie organisées.
3. L'utilisation de l'imagination
créatrice constituera un champ précis de service dont l'aspect connu le plus
élevé est celui du Groupe des Contemplatifs appelés Nirmanakayas. Leur tâche
est de percevoir et d'exprimer les attributs présentés qui un jour
seront aussi familiers pour l'homme que le sont aujourd'hui les attributs
d'Amour, de Beauté ou de Synthèse.
L'étude de ce chapitre a permis de
percevoir un but conduisant à la foi basée sur la connaissance
directe et la vision ; les triples techniques d'Intégration, de Fusion et de
Dualité ont été indiquées, montrant comment, grâce à elles, les rayons de la
Personnalité, de l'Ego et de la Monade peuvent être fusionnés jusqu'à ne
percevoir plus qu'une Unité définitive.
Notre frère Ph. s'interroge sur la
technique que le groupe ou lui-même pourrait appliquer maintenant.
La difficulté du moment ne nous
incite-t-elle pas à trouver des réponses ? Résoudre la crise actuelle c'est
aller chercher la technique qui nous concerne. Ph. doit renoncer
intellectuellement à l'idée que ces techniques peuvent être des formules
magiques applicables lors des méditations. Souvenons-nous qu'une bonne
méthode pour aujourd'hui ne l'est pas toujours pour demain. Sachons nous
adapter et faire preuve de prudence en fonction des circonstances. Ne
perdons pas le cap en nous focalisant inutilement sur les moyens nous
permettant d'y arriver. Il faut optimiser et chasser la tristesse de notre
vie car elle peut nous perturber et nous faire rencontrer des obstacles
inutiles. Qu'y a-t-il de plus important que notre relation avec les autres,
notre relation à Dieu ? La technique nous rapproche-t-elle du Soi ou de
moi ? L'ésotérisme ne doit pas être une science pesante au risque de nous
éloigner de Dieu. L'ésotérisme est une science occulte, elle est le
prolongement de la physique au-delà du corps de l'être humain.
En ésotérisme comme dans les autres
domaines de la vie, certains sont des autodidactes alors que les autres, ne
comptant pas sur leurs capacités d'adaptation ou étant incapables de
procéder par analogie, attendent une présentation de méthodes
circonstanciées. C'est comme si les premiers étaient associés aux lois
sous-jacentes aux nouveautés qu'ils découvrent avec facilité alors que les
derniers posent un regard de taupe sur chaque nouveauté même lorsqu'ils ont
fait des années d'études. Développons consciemment notre intelligence chaque
jour.
Pourquoi alors le Maître Tibétain
parle-t-il de techniques ? A quoi servent-elles ? Nous les appliquons
certainement en fonction de l'état que nous avons à maîtriser. A un moment
donné, nous savons que nous devons dominer nos émotions ; plus tard, nous
nous intéressons à la maîtrise du mental puis à la fusion avec notre âme.
Notre préoccupation est plus globale chaque jour. Nous sommes déjà capable
de comprendre ce que nous vivrons avec une certaine évidence dans 10 ans ou
bien dans une vie ou deux. Nous prenons alors conscience d'une technique
embryonnaire qui sera celle de notre vie. Après avoir maîtrisé notre
émotionnel et notre mental, il nous restera à soumettre notre personnalité à
l'âme. Que ferons-nous de notre personnalité ? Choisirons-nous une vie
effacée, en retrait, ou bien une vie très active et ambitieuse ? Soyons
confiant dans le fait que quel que soit le Chemin que nous avons choisi,
nous nous trouvons dans le cadre correspondant à la note de notre vie et les
processus et techniques de fusion avec l'âme s'accomplissent sans que nous
le sachions nécessairement. Il y a autant de manières de fusionner avec
notre âme qu'il existe de Rayons.
Demandons-nous à chaque instant si nous
accomplissons toute chose en nous oubliant ou avec un "moi" pesant. Comment
devons-nous procéder pour être léger ? Avançons en essayant d'aller en ligne
droite. Au sein même de notre mental, nous accomplissons des trajets
symboliques en ligne droite ou en zigzag, et ce cheminement est perceptible
de l'extérieur. Si notre mental est capable de voir au-delà des trajectoires
que nous empruntons, il évitera toutes sortes d'errances. Au fur et à mesure
de notre avancement, nous nous référençons plus justement, ce qui nous
permet de réaliser des actions de service et d'être dans le don de soi. Tant
que nous sommes dans l'action et dans le faire, c'est qu'il nous reste
quelque chose à comprendre. La sagesse est associée à la loi d'économie,
cependant le sage accomplit des actions de services qui sont source de joie.