Un nouveau problème de géométrie a été
soumis à la réflexion du groupe. Il s'agissait de
démontrer que dans un parallélogramme, les diagonales rejoignant les angles
opposés se rencontrent en leur milieu.
Th. a proposé comme hypothèse de partir
d'un parallélogramme particulier, un carré dont les diagonales D1 et D2 se
coupent en O.

Il s'est ensuite efforcé de démontrer
que dans ce carré, les diagonales se coupent en leur milieu. Mais les
hypothèses servant de base à sa démonstration se sont révélées être des
évidences non démontrées :
- Les intersections des diagonales
d'un carré forment un angle droit.
- Dans un carré, les quatre angles
font 90°.
- La diagonale divise chaque angle
droit en deux parties égales car dans un carré, elle est la bissectrice de
l'angle.
La première marche de la géométrie est
constituée d'un nombre restreint de postulats non démontrables. Toutes les
autres marches découlent de la première et sont constituées de théorèmes
démontrables s'appuyant sur les postulats de départ.
L'existence ou la non-existence de Dieu
sont de même deux postulats possibles, non démontrables, que formulent
respectivement le croyant et l'athée.
A l'instar d'un mathématicien ou d'un
géomètre, l'étudiant en ésotérisme, qui s'appuie sur un nombre limité de
postulats, doit rester logique. Pour cela, il n'a besoin d'aucun pré-requis
conventionnel mais de sa seule intelligence.
Ainsi, comment définir un carré ? C'est
un parallélogramme qui doit réunir deux conditions : avoir quatre côtés
égaux et au moins un angle droit.
Comment démontrer, s'il possède un angle
droit, que les trois autres angles le sont aussi ?
Peut-on répondre en considérant qu'un
carré est la somme de deux triangles rectangles ayant chacun deux côtés
égaux ? Dans ce cas, il faudrait préalablement prouver que la somme des
trois angles d'un triangle est égale à 180°.
Cette démarche qui consiste à
s'interroger sans cesse sur le "pourquoi" face aux évidences devrait être
initiée dès l'école. Souvent l'enfant accepte sans démonstration et donc
sans comprendre. Certains, rebelles, refusent d'accepter ce qu'ils n'ont pas
compris. Il en résulte parfois un blocage et le rejet d'une discipline.
L'attitude médiane consiste à avancer en acceptant certaines choses pour
mieux les comprendre par la suite.
La réflexion s'est ensuite poursuivie à
partir d'un parallélogramme quelconque ABCD dont les diagonales se coupent
en O.
Il a été proposé de construire une
figure plus élémentaire représentant deux droites sécantes, coupées par deux
parallèles D1 et D2 :

Qu'observe-t-on ?
- 2 triangles opposés AOB et COD,
- les 2 angles opposés en O sont
égaux car deux droites sécantes définissent des angles égaux.
Ce dernier point n'apparaissant pas
comme une évidence pour tous les membres, la figure suivante a été
réalisée :

Dans cette figure, les angles a
et b n'étant pas construits par croisement de deux droites ne sont
pas égaux (alors que c et d le sont). La droite, dans un
espace euclidien (non courbe), a été définie comme le plus court chemin
entre deux points.
Revenant à la figure antérieure, les
droites D1 et D2 étant parallèles, il a été déduit que les angles a
et c sont égaux, ce qui peut se visualiser en réalisant la
superposition de la droite D2 sur D1. Ceci implique que les triangles AOB et
COD sont semblables.
En appliquant le même raisonnement au
parallélogramme ABCD, on observe que AC et BD sont sécantes et que par
définition AB et CD sont parallèles. Les triangles AOB et COD sont donc
semblables et même égaux, puisque les côtés AB et DC sont égaux.
On peut donc conclure que D1 = D2 et que
O est le milieu de la diagonale.
La réflexion est ensuite revenue sur la
notion de droites parallèles. Soient une droite et un point. Passant par ce
point, on ne peut faire passer qu'une seule droite parallèle à la première.
C'est un postulat qu'on ne peut démontrer.
On peut cependant envisager qu'il puisse
exister une infinité de droites passant par ce point. Une fois ce postulat
accepté, on aboutit à une autre géométrie, un monde virtuel tout aussi
valable.
Ce travail permet à chacun de percevoir
et de dépasser les réactions et les habitudes de la personnalité, qu'il
s'agisse de la naïveté de l'enfant qui affirme ne pas savoir, de la
malignité, du scepticisme ou de l'agressivité en situation d'apprentissage.
Le disciple doit être stable et contempler les événements qui se déroulent
devant lui. Son apprentissage consiste à trouver l'unité en lui, le socle
sur lequel il s'appuie afin de ne plus obéir aux conventions.
Pour aller vers plus de simplicité, il
est souhaitable de démonter notre structure plus ou moins bancale. Si notre
structure est complexe, la vieillesse se met en place. Notre capacité à
revenir vers la simplicité en conservant dans notre mémoire ce qui est
essentiel nous conduit à l'immortalité. Le je suis demeure dans la
simplicité des lois.
Devons-nous rester complexe, malin et
retors pour exister dans notre société ? Sachons nous élever en acquérant
cette grande vertu qu'est la simplicité. La complexité implique la mort du
penseur qui ne peut plus gérer toutes les informations amassées. Le
détachement permet d'aller vers plus de simplicité. Pour cela, il y a un
effort incessant à réaliser et optimiser afin de ne pas s'enliser dans la
création.
Certains frères et sœurs sont
interpellés sur leur manière de solliciter la parole durant les travaux de
groupe, leurs gestuelles traduisant selon les cas l'impatience, l'imprudence
ou la timidité.
Notre sœur Do. a levé la main pour
ensuite renoncer, n'ayant pas jugé bon de réitérer sa demande dans la mesure
où elle avait le sentiment que l'intervention de Cl. avait amené une réponse
à sa question.
Mais cette retenue mentale ou
frustration ne rend pas disponible car elle engendre un mal-être qui ébranle
le plexus solaire. Il faut donc pratiquer l'hygiène mentale afin de rester
clair et de ne pas troubler le groupe. Cette attitude transparente traduit
l'amour pour soi-même ainsi que pour l'autre en n'installant pas un
sentiment négatif.
Sachons exprimer simplement notre
incompréhension au lieu de disqualifier ce que nous ne saisissons pas. Le
disciple doit s'efforcer de comprendre et de démonter les mécanismes de la
personnalité afin de chasser les préjugés, la prétention et l'orgueil.
Nous essayons de définir la complexité
en recherchant la définition la plus courte. Le schéma 1, la courbe,
représente une pensée complexe ; le schéma 2, en ligne droite, représente la
simplicité.
|
Schéma 1 |
Schéma 2 |
|
 |
 |
Parfois ce sont les personnes les plus
instruites qui ont la capacité à redevenir simple, d'autres resteront très
complexes. Le manque d'instruction n'est pas significatif d'une grande
simplicité de pensée. Dans la complexité, quelle est la part de mémoire et
la part d'intelligence ? Sommes-nous conventionnel, dans le "Comment fait-on
pour ?" ou bien utilisons-nous notre intelligence et notre faculté
d'adaptation ? Il y a des portes à ouvrir par l'utilisation des lois les
plus simples, en étant apte à retrouver les analogies.
Tout fonctionnement est logique même
lorsqu'il s'agit d'émotionnel. Il y a un effet et une cause et l'intéressé
passe toujours par son propre dysfonctionnement.
L'analyse est faite pour se regarder et
non pour culpabiliser. Si nous n'acceptons pas ce que nous voyons, nous
redescendons sur le plan mental concret ou sur le plan émotionnel. Il y a
des complexités qui nous attachent en bas et que nous souhaitons garder.
Tout ce qui nous attire nous oblige à penser différemment. La méditation
quotidienne nous aide à porter notre regard vers le haut. Dès que nous
prenons de la hauteur, nous faisons une différence entre le haut et le bas,
et nos efforts sont tendus pour rester en haut.
L'esprit doit prendre le dessus et
chasser toute instabilité par l'observation des lois supérieures et leur
application dans les sphères inférieures. Le Penseur introduit dans les
cercles que forment son mental une trajectoire vers le haut. Il s'interroge
sur la nature de la racine mère car il perçoit la verticalité.
Apprendre à se détacher est nécessaire dans notre monde qui ne nous laisse
pas beaucoup de temps pour verticaliser. La morale pourrait être un
épiphénomène d'une démarche initiatique. Une société débauchée et
passionnelle, qui protège la forme en ayant oublié le fond, ne regarde pas
vers le haut. Il y a une articulation à faire entre morale et spiritualité,
en considérant la morale comme étant la relation entre soi et soi ainsi que
la relation avec les autres. Surveillons nos pensées car tous les thèmes qui
font apparaître la noirceur de l'être humain nous entraînent vers le bas.
La séance s'est poursuivie par la
lecture du Traité sur les sept rayons, Psychologie ésotérique,
Vol. II (pp. 391 à 400).
Le disciple qui cherche à utiliser la
Technique de Fusion est à la recherche d'une compréhension pratique de la
phrase appropriée à son rayon.
L'unité isolée
(premier rayon) est le stade de conscience qui perçoit le tout comme Un et
qui s'identifie avec ce tout. L'homme ne se considère pas comme isolé, c'est
un tout qui est "isolé" dans la conscience de l'homme. Afin de saisir ce que
ce Tout constitue, les Initiations ont été aménagées en tant que processus
d'accélération. Cette progression peut débuter par le groupe du disciple,
son milieu ou sa nation. Puis elle permettra au disciple d'isoler l'ensemble
du schéma divin, et de s'identifier à lui efficacement.
La méditation sur ce thème produira :
1. L'illumination du mental qui
engendre la Révélation.
2. L'imagination créatrice évoquée
suscitera chez le disciple une coopération créatrice.
3. Une vie inspirée par le désir de
servir l'humanité.
La vie de l'âme s'exprimant pleinement,
elle entraîne un violent conflit entre le rayon de la personnalité et celui
de l'âme, tout en maintenant une subordination de l'inférieur au supérieur.
Le service dont il est question ici n'est pas celui que réalise l'aspirant
mais celui de l'âme utilisant la technique de Fusion. A ce stade de
développement, l'homme a fusionné consciemment avec l'âme qui, méditant,
planifie et travaille. L'homme fonctionne comme une âme sur le plan
physique. Cette technique de méditation implique l'utilisation du centre de
la tête et requiert la réflexion la plus intense de l'homme, isolé en Dieu,
Qui est la négation de l'isolement et cependant le Tout qui se tient à part
des autres Touts.
La raison inclusive
(second rayon) produit la divine capacité qui permet de saisir les détails
du Tout perçu. Ce rayon a été appelé le Rayon de la Connaissance Détaillée.
Pour être plus exact, il pourrait porter le nom de Rayon de l'Unité
Détaillée ou Rayon du Divin Modèle. Ce rayon implique du disciple une grande
compréhension synthétique. Il a la capacité, en tant qu'aspirant sur le
Sentier de Probation, de voir le tout dont il est une partie. Le Disciple
sur le Sentier de l'Etat de Disciple parvient à voir et à saisir les vastes
aspects des rapports intérieurs de l'organisme par lequel la Déité applique
Ses Plans. L'homme autorisé en tant qu'âme à méditer sur la raison
inclusive découvrira la structure vivante exprimant des idées, la beauté
qui s'exprime au sein du Tout et la circulation de l'énergie qui applique
l'idée divine.
La raison dont il est fait
référence est la compréhension qui saisit la cause et l'effet. Lorsque
l'aspirant médite à la fois en tant qu'âme et mental, utilisant le cerveau,
il comprend le dessein de ces mots.
La méditation sur ce thème produira :
1. La compréhension de la
signification de la lumière et l'illumination du mental.
2. L'imagination créatrice
contribuera à "jeter la lumière" dans les lieux obscurs. L'homme travaille
consciemment dans la lumière, en tant que Porteur de Lumière.
3. Un service intensifié à ceux qui
se trouvent dans les lieux obscurs. Le disciple apportera d'abord la Lumière
de la Connaissance puis la Lumière de la Vie.
Les attributs présentés
(troisième rayon) concerne essentiellement les forces inhérentes, énergies
mystérieuses dont l'homme, prêt pour l'Initiation, aura à s'occuper. Le
disciple apprend à coopérer avec les grandes Vies qui travaillent à
des niveaux où la forme n'existe pas, développant un épanouissement
intérieur que seul le disciple se trouvant sur le Sentier de l'Initiation
percevra.
Les quatre rayons mineurs ou rayons
d'attribut concernent les attributs qui viennent lentement en expression :
connaissance, synthèse, beauté, science, idéalisme et ordre. Mais il en
existe d'autres, tenus plus loin derrière la scène, représentant le thème de
cette méditation supérieure. Les attributs de la Déité peuvent être divisés
en trois groupes :
1. Les attributs d'expression,
qualités majeures du quatrième règne de la nature.
2. Les attributs présentés,
présents à la conscience du disciple avancé et représentant des attributs du
Royaume des Ames.
3. Les attributs non définis,
conscientisés par le Christ, le Logos Planétaire et les grandes Vies dont la
conscience ne correspond à aucune de nos conceptions.
Tant que l'âme n'a pas établi fermement
sa maîtrise, le problème des attributs présentés trouve son illustration
dans l'attention accordée au mot Amour. L'amour représente un
attribut présenté. Le Christ a dévoilé à l'humanité sa signification.
Aujourd'hui, un tout petit nombre de personnes dans le monde a une approche
de ce que représente réellement l'amour de Dieu. L'amour est l'attribut
présenté qui se manifeste à notre époque. La Sagesse émergea au temps
de Bouddha et fut l'avant-coureur de l'amour. La Synthèse est
un autre des attributs présentés et elle ne peut trouver échos que chez les
hommes les plus élevés, même si des siècles ont passé depuis que Platon
a dépeint la plénitude du Tout. Ces 3 avatars sont possédés par l'attribut.
Ils sont utilisés pour ancrer l'attribut dans la conscience humaine.
Alors s'ensuit une période d'ajustement avant que les attributs présentés ne
deviennent les attributs exprimés.