Bulletin no 182 du 15/11/2003
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 182

Séance du 15/11/2003

J.P. a présenté au groupe sa planche intitulée : "Le sacrifice de soi et des autres dans la joie ou dans la tristesse".

Il est conscient que le renoncement de la personnalité doit s'effectuer dans la joie et l'amour. Mais, l'amour n'étant pas suffisamment présent en lui, il s'est demandé ce qui motive les moments de joie ressentis dans sa vie quotidienne depuis son départ de Bordeaux pour des raisons familiales et professionnelles.

Son nouveau cadre de vie et son nouveau travail intéressent sa personnalité en alimentant son corps émotionnel. Mais ils n'apportent pas de nourriture adaptée au travail entrepris dans ce groupe où l'on demande à la personnalité de s'effacer au profit de l'Ame.

Sa joie trouvant son origine dans la nouveauté, il se demande quel nouveau catalyseur il devra trouver demain pour alimenter sa joie de vivre.

De plus, ce bonheur éphémère, centré sur l'individu, lui apporte la désagréable sensation d'avoir mis un pied en dehors du cercle du groupe et engendre chez lui un mal être. Sa personnalité est dans la joie, son âme est triste et il sacrifie les autres dans la tristesse. Il a le sentiment d'être le musicien qui joue les notes de la portée sans interpréter la partition de son auteur et se trouve dans l'impossibilité d'en exprimer la beauté, l'amour et de participer dans la joie à un travail de groupe. Il en résulte un sentiment d'indignité et une auto-inculpation.

Ne faut-il pas s'élever pour élever son frère ? J.P. est conscient que le soi et le tout ne font qu'un et qu'il suffit de servir ses frères pour être servi soi-même. Mais il a du mal à mettre en pratique cette belle notion d'universalité. En outre, il se complait dans l'austérité et reconnaît en lui une tendance à sacrifier le soi dans l'épreuve et la tristesse à la recherche d'un suicide spirituel personnel.

A la fois à l'intérieur et à l'extérieur du groupe, il laisse ainsi le doute s'insinuer dans son mental qui se trouve livré aux peurs : peur d'être absorbé par le Tout, d'être aimé, peur du sacrifice à l'Amour, de renoncer au Moi, d'être rejeté, de décevoir...

Alors qu'il a le sentiment de s'être "posé", il se demande s'il n'est pas encore positionné à un point de crise qui doit l'amener à choisir sans compromis entre le mirage de la matière et l'amour, entre la tyrannie de la personnalité et la volonté de son âme.

Il a conclu en exprimant son besoin de participer à la dynamique de ce groupe. Selon lui, ce départ qui était pour lui un but s'est transformé en étape provisoire et "il ne désespère pas" de se rapprocher à nouveau de ce lieu.

 

J.P. a été invité à réfléchir aux implications de la formulation de sa dernière phrase. Ne recèle-t-elle pas un double sens ? Tout en affirmant son projet de se rapprocher géographiquement du groupe, elle laisse entendre que J.P. se situe au-delà de l'enceinte et qu'il s'est déjà éloigné du Temple et du Maître. L'expression "Je ne désespère pas" est elle-même révélatrice d'une forte dualité sur le plan spirituel. Au lieu d'affirmer son projet de revenir pour des raisons professionnelles et spirituelles, J.P. fait ainsi comprendre qu'il n'arrive pas à se rapprocher. Il s'agit d'une décision à prendre pour verticaliser, comme le suggère la lame du Tarot représentant l'Amoureux entre deux femmes, l'une vertueuse et l'autre sensuelle. N'écoutons pas les plus petits instincts de la personnalité qui nous enchaînent. Dans cette démarche, il faudra un jour donner beaucoup plus qu'on ne pense car tant que l'on n'a pas tout donné, on ne connaît pas la joie profonde.

Même si Dieu est toujours présent, demandons-nous comment nous lui répondons et comment nous nous rapprochons de certains centres énergétiques. Le Maître va-t-il aller dans notre sens quelles que soient nos initiatives ? Ne le provoquons pas et ne mettons pas en place, en rajoutant des cailloux, plus de souffrance sur le sentier, déjà difficile à cause de l'ascension. Ne restons pas dans l'immaturité et sachons faire un effort avant que la vieillesse et l'amertume nous surprennent. Mais la personnalité tergiverse et cherche encore à assurer son confort en gardant des perspectives satisfaisantes sur les plans émotionnel et intellectuel. Cultivons donc la prudence, y compris lorsqu'il s'agit de révélations d'ordre spirituel qui pourraient nous séduire par leur côté merveilleux.

 

Le groupe a ensuite réfléchi à la résolution d'un problème de géométrie à l'occasion duquel chacun a été invité à observer ce qui se passe en lui émotionnellement : agacement, incompréhension, peur de ne pas y arriver, sentiment d'infériorité par rapport à ceux qui savent, retour d'anciens mécanismes scolaires...

Apprenons à être des disciples parmi des disciples et à relativiser notre propre intelligence. Face à l'émotion, repolarisons nous et remettons en place la sérénité, sans craindre les disciples plus avancés que nous, faute de quoi nous rencontrerons des problèmes avec la notion de Hiérarchie. Sachons aussi exprimer nos difficultés en toute transparence car, si nous ne le faisons pas, il en résultera un complexe sur le plan psychologique, un manque d'implication et une passivité sournoise.

Résoudre un problème de mathématiques est donc aussi un exercice de psychologie ésotérique. La démarche de l'étudiant en ésotérisme s'appuie sur une dialectique, une logique. Il ne recherche pas des vérités dans ses ressentis ou dans les affirmations d'autrui. La quête de la connaissance se fait en et par lui-même.

Celui qui a déjà résolu mille problèmes n'a pas peur devant une nouvelle difficulté. Il a confiance en son intelligence.

 

L'exercice qui nous est proposé nous amène à démontrer que dans un triangle ABC quelconque, les trois bissectrices sont concourantes en un point que nous appelons O. Une bissectrice est une droite issue d'un angle et coupant celui-ci en deux secteurs ou angles égaux.

 

 

Après avoir construit le triangle ABC, nous traçons les bissectrices issues de A et B se coupant en un point O. La droite joignant O et C est-elle la bissectrice issue de C ?

Nous traçons trois droites issues de O et coupant les segments [AB], [BC] et [AC] à angle droit aux points respectifs I, J et K.

Pouvons-nous dire que OI=OK ? O étant sur la bissectrice issue de A (a1=a2), il est à égale distance de I et de K. La réciproque est également vraie : si OI=OK alors les angles a1 et a2 sont égaux. On a ainsi une équivalence : O est sur la bissectrice issue de A si et seulement OI=OK.

O étant aussi sur la bissectrice issue de B (b1=b2), il est à égale distance de I et de J.

La loi de transitivité nous permet d'écrire que :

Puisque OK=OI et OI=OJ, la loi de transitivité nous permet d'écrire : OK=OJ.

Or OK=OJ implique que O est sur la bissectrice issue de C (Ce Qu'il Fallait Démontrer).

 

Nous construisons une figure plus simple qui permet à chacun de refaire le cheminement mental en exerçant sa logique.

 

Raisonnement 1 :

(OI) ^ (AB) et (OJ) ^ (AC). Si OI=OJ alors a1=a2 et réciproquement. Si OI ≠ OJ, cela implique que les deux angles a1 et a2 ne sont pas égaux.

Raisonnement 2 :

Nous traçons les droites (O'I') et (O'J') coupant (AB) en I' et (AC) en J' avec un angle quelconque mais de telle manière que AI'=AJ'.

Là encore, si O'I'=O'J' alors a1=a2 et réciproquement.

 

L'étudiant peut poser plusieurs hypothèses pour trouver la solution à un problème, cependant, en passant par le chemin le plus court, il réduira les risques d'erreur pendant la démonstration. Trouver la solution la plus simple et la plus élégante n'encombre pas le mental de longs discours.

Nous apprenons, par ce raisonnement, à mettre en place le rationnel qui permet d'éliminer mirage et illusion. Pour résoudre un problème mathématique, nous devons au départ poser des hypothèses en se servant des règles de mathématiques, qui sont peu nombreuses. Dans notre exemple, nous utilisons la règle de la transitivité basée sur la logique du si… si… alors…

Pour résoudre le problème des bissectrices, il n'y a pas besoin d'explorer très loin dans notre culture. Recherchons la démonstration la plus courte passant par le moins de connaissance possible. Tout notre raisonnement intermédiaire sert à vérifier une égalité. En partant d'une hypothèse simple, nous passons par des développements compliqués qui aboutissent à quelque chose d'élémentaire que l'on sait vrai. Si nous ne comprenons pas une étape du raisonnement, nous ne sommes plus dans l'implication et ceci est vrai dans tous les domaines.

A un certain stade, il y a un retour sur soi qui fait que nous reprenons chaque concept, nous remettons chaque chose à sa place et tout redevient simple.

 

Efforçons-nous de percevoir les concepts au niveau le plus élevé car ils englobent ce qui est en bas. Progressivement nous appréhendons les Lois qui synthétisent tout ce que nous avons appris jusqu'à maintenant. En se hissant à un niveau supérieur, il y a un concept qui fait loi et qui résout plusieurs questionnements. Dès lors, le problème de la mémorisation ne se pose plus, nous sortons de la complexité des lois de la matière. L'incarnation dans le signe de la Vierge nous fait descendre au plus bas de la matière : nous commençons par percevoir les feuilles de l'arbre, puis les branches et enfin l'arbre lui-même.

Nous agissons tous un peu comme cela avec le Maître. Nous savons qu'il détient la sagesse et la synthèse, cependant nous sommes suffisamment retors pour lui exprimer notre désaccord. Nous utilisons des solutions mentales qui n'apportent pas les bonnes réponses. Cherchons des réponses au niveau de notre âme car là se trouvent les lois et la conformité au but. Au plus bas de la matière, nous trouvons la conformité à nos désirs. Le désir peut s'expliquer par des phases successives d'attraction, puis de déception, voire de répulsion. Au début, l'attraction se met en place car l'objet ou la personne désirée n'ont pas été vus dans leur totalité.

 

Chacun de nous pourrait s'interroger sur la transparence de ses motivations à poursuivre le travail de groupe. Par quelle attitude prouvons-nous que nous sommes intéressés par la démarche ?

Le frère qui montre ses humeurs, sa jalousie, et qui reste dans le silence, donne l'impression qu'il n'est pas entré dans le Temple. Il reste isolé, se sentant rejeté, se rejetant lui-même, tout en développant préjugés et sentiment d'injustice.

 

L'Initié sait qu'il est un Initié car il travaille. C'est parce qu'il applique la Connaissance qu'il sait qu'il sert. Ne restons pas sur une strate de connaissance horizontale, seulement nécessaire pour passer des diplômes. Cherchons le niveau de synthèse qui nous permet de nous adapter.

  

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