Bulletin no 180 du 18/10/2003
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 180

Séance du 18/10/2003

La séance a débuté par la lecture d'une planche de Mo. intitulée : "Qu'est-ce que l'échec ?".

Pour Mo., l'échec est synonyme de stagnation, régression, répétition, dévalorisation, perte de confiance, culpabilité et envie de fuir. C'est la petite fille qui s'exprime ainsi avec sa peur d'être jugée et abandonnée.

Elle a ressenti ce sentiment d'échec dans son enfance, en tant qu'épouse et sur le plan professionnel, en relation avec le besoin d'être aimée, reconnue, le sentiment d'infériorité et la culpabilité. L'échec le plus marquant de l'enfance à l'adolescence, est l'énurésie qui s'est soldée par un sentiment de culpabilité du fait des désagréments causés à ses parents et du sentiment de dette envers eux.

L'échec résulte d'un conflit intérieur sur les plans mental et astral. Celui-ci est alimenté par des peurs, des désirs, des non-dits, un manque de courage, d'analyse et par l'orgueil de la personnalité. Les leçons du passé ne sont pas intégrées et les mêmes processus conduisent à l'échec.

Par peur que l'autre découvre ses limitations, Mo. se réfugie dans la fuite, le silence et la colère. Au lieu de se condamner, elle a conscience de devoir reconnaître l'erreur et oser demander des informations sans culpabilité et sans orgueil. Afin de poursuivre le chemin du service, elle se propose de cultiver la transparence, la confiance, l'amour et de tendre vers l'humilité et la joie.

Mo. n'ayant pas le sentiment d'avoir suffisamment approfondi sa réflexion a été invitée à la poursuivre pour une prochaine séance. 

Se positionnant par rapport à la notion d'échec, My. estime que sa non réussite sur le plan social lui a fait prendre le chemin de la démarche spirituelle, ce qu'elle considère comme une "réussite". Mais ce terme est-il adapté ? Quels mots pourraient nous permettre de définir notre travail dans ce groupe ? Une liste a été établie dans ce sens : recherche, alignement, tension vers un but, démarche spirituelle ou de connaissance de soi, processus initiatique, processus d'évolution, chemin, remise en cause, analyse, quête intérieure, dynamique régénératrice, cheminement sur le sentier du retour vers Dieu, recherche philosophique...

Ce processus n'aboutit pas à l'échec ou à la réussite. Gravir l'échelle ne signifie pas être en train de réussir ou d'échouer. Si cette démarche nous plaît parce qu'elle représente une protection par rapport à la société, une "explosion" se produira nécessairement, révélant le mirage, invisible tant que la conscience n'est pas suffisamment élargie.

Il est donc important de s'inscrire dans une relation sociale et de la confronter tant que l'on en a peur. Dans tout échec se cache une peur : échouer signifie avoir peur de confronter certaines choses. Il faut donc voir ce qui fait encore conflit en nous et éviter de se réfugier dans un recoin de sa conscience par peur de confronter d'autres aspects. Ce que nous avons en potentialité dans notre conscience devra être accompli. Plus tard, le disciple prend en charge une horizontalité harmonieuse d'un certain niveau et ne connaît plus la peur face à l'humanité : il confronte, comprend et fait face.

Dans l'échec, il peut y avoir auto-inculpation et rejet. La phrase méditée par le groupe lors de la dernière quinzaine a été reprise : " Que chacun comprenne que sa perte est causée non à cause d'une cruauté karmique mais par auto-inculpation". Peut-on définir ce qu'est la perte ? La notion de perte n'est-elle pas une fausse considération ? L'auto-inculpation se traduit par un rejet de soi et la difficulté à se confronter à autrui. Portant sur soi-même un jugement négatif, on se persuade que l'autre pense de même. Ceci induit une attitude d'isolement destinée à éviter la confrontation. Il arrive aussi que l'on s'entoure de personnes inférieures à soi qui renverront un regard valorisant.

Il existe un mystère de l'ego qui doit être résolu initiatiquement : dans le Moi, il y a tous les autres. On ne peut avoir de bonnes relations avec les autres si l'on n'a pas une bonne relation avec soi-même. Résoudre ce mystère suppose de ne plus craindre sa propre critique, de démonter les matériaux du Moi et de le relativiser. Pour cela, il est nécessaire de monter sur l'échelle en allégeant le Moi par le processus de détachement. Ce n'est que grâce aux vibrations supérieures que ce qui est en bas peut être maîtrisé. Au cours de l'ascension, les lourdeurs et les mirages se dissolvent et des transferts douloureux ont lieu. Le disciple tombe et se relève sans arrêt. Il ne connaît pas l'échec. Il ne qualifie pas de manière duelle.

Sur le chemin, de nombreuses vertus indispensables se connectent entre elles dont le courage, l'humilité, la patience, la prudence. Cette dernière doit notamment être cultivée lorsque le disciple est tenté de se positionner en termes d'avancement ou de stagnation. Ce sont parfois ceux qui se croient les moins avancés qui le sont le plus... 

La séance s'est poursuivie par une planche d'Ol. Intitulée : "Je ne sais pas. Je ne peux pas. Je ne veux pas."

Ol. évoque son manque de résolution et ses tergiversations face à une nouvelle chose à faire. Pénétrer un nouveau domaine avec sa pensée l'entraîne à se retrouver hors de ce domaine, éjecté par la densité même de ce domaine.

Le domaine à explorer étant défini comme un champ d'expérience réel et imaginaire, sa densité relève de résistances objectives et de peurs imaginaires. Elle est aussi relative au pouvoir de pénétration de la pensée. Mais la pensée peut-elle dissiper les peurs qu'elle-même alimente ? Elle peut favoriser ou défavoriser la pénétration d'un domaine selon qu'elle augmente le pouvoir de pénétration ou la densité du domaine.

Ol. a le sentiment d'utiliser sa pensée insuffisamment à bon escient. Il a tendance à craindre le nouveau domaine au lieu de l'investir, de le connaître et de l'utiliser. Un bon usage de la pensée lui permettrait d'appréhender le nouveau champ d'expérience avec méthode.

Pour organiser une réflexion, Ol. se trouve confronté à une première difficulté : cherchant à s'imprégner du sujet et à faire apparaître des associations d'idées, sa pensée s'arrête, se perd, se fige et s'installe dans une forme de torpeur. Une autre approche, l'analyse déductive, plus active, pourrait être envisagée, mais elle présente les inconvénients du raisonnement linéaire qui tend à privilégier une seule direction. Les deux méthodes pourraient être mises en oeuvre de manière complémentaire.

A l'origine de sa tendance à utiliser la première approche et à délaisser la seconde, Ol. identifie plusieurs caractéristiques de sa personnalité : passivité, paresse, peur de l'effort, manque de concentration, de persévérance, de volonté et de motivation pour résoudre le problème. Il lui est cependant possible d'effectuer une approche analytique et dichotomique face à un problème mathématique car les hypothèses formulées ne nécessitent, pour être vérifiées, aucune interaction avec l'extérieur, ce qui n'est pas le cas avec un problème journalier.

Cette dépendance de l'environnement pour résoudre un problème journalier est pour Ol. synonyme d'efforts, de dépense d'énergie, de peur de l'interaction et de l'échec qui sont autant de justifications à l'inaction.

Dans la vie journalière, contrairement au domaine des mathématiques, Ol. a le sentiment de vouloir influer sur la solution du problème. Or, trouver la solution signifie trouver la bonne façon de naviguer à un instant donné pour atteindre une destination donnée, compte tenu de l'embarcation et des conditions climatiques. Cela suppose volonté et intelligence. La volonté correspond à la capacité de mobilisation des énergies à mettre en œuvre pour atteindre le but et l'intelligence touche à la capacité d'adaptation.

Ol. a conscience d'être responsable de ses capacités de mobilisation et d'adaptation en relation avec sa direction. Tous ces mouvements doivent s'opérer en interaction avec son environnement. Ses résistances sont probablement d'ordre affectif et liées à des attachements et à des peurs. Il doit apprendre à décider en abandonnant les préjugés, l'immobilisme, le besoin de reconnaissance, trouver le courage d'agir en fonction de sa compréhension, développer l'intuition et s'en remettre à Dieu. Car que pourrait-il lui arriver qui ne soit pas souhaitable ? 

La réflexion qui a suivi cette analyse a repris la distinction entre la pensée créatrice de densité et la pensée qui dissout, associée à l'Ame.

Puis, en rapport avec la problématique d'Ol., l'accent a été mis sur la relation avec l'autre. Face aux mathématiques, la relation se situe entre soi et soi. Mais, dans la vie journalière, le problème se pose entre moi, l'autre et mes désirs. Si l'autre est perçu comme désirant les mêmes objets que soi et se trouve dans l'illusion d'un combat, il ne peut y avoir qu'un gagnant et un perdant. Cette vision de l'autre comme l'exacte réplique de soi entretient l'immobilisme et la stagnation. Le problème sera résolu quand nous découvrirons ce qu'est l'autre.

En regardant l'autre, nous créons la contrepartie de nous-même, sans voir l'autre tel qu'il est. Dans le champ de bataille, nous nous projetons dans l'autre, qui endosse alors nos défauts et non les siens.

Quelle est la meilleure façon d'attaquer un problème ? Il y a moi et quelqu'un qui est contre moi. Il y a bien quelque chose à résoudre, sans tomber dans les pièges que nous tend notre mental. La difficulté vient de ce que la pensée qualifie l'objet. Nous pouvons toujours nous considérer comme victime et croiser systématiquement le chemin de ceux qui nous blesseront au niveau du centre du plexus solaire. N'oublions pas que nous sommes responsables de ce qui nous arrive, même lorsque cela paraît injuste. L'autre est-il un monstre ? Rectifions notre pensée car tout ce qui nous arrive est judicieux. Cherchons pourquoi tel évènement se présente à nous. Notre sœur An. pourrait s'interroger sur sa capacité à maintenir une relation de couple durable avec un compagnon qui l'appréciera à sa juste mesure. 

J.P. est interpellé sur les raisons qui l'ont incité à s'éloigner géographiquement de Bordeaux. J.P. pense avoir pris cette décision avec son mental, faisant taire ses affects, alors que ces derniers sont à l'origine de décisions hâtives, prises sur des "coups de tête". Si nous nous éloignons de notre Frère Instructeur, cela peut vouloir dire que nous nous détachons du Maître et de la Hiérarchie. Nous pouvons observer notre mental, travaillant dans le sens qui lui convient. Nous croyons prendre une décision, alors qu'elle a été prise à un autre niveau. Un test se présente et nous ne le voyons pas forcément. Acquérons plus de sagesse afin d'éviter les chocs. Le disciple optimise son parcours et ne prend pas délibérément le chemin le plus caillouteux. Utilisons la raison pure dans notre quotidien, ainsi chaque décision sera prise avec discernement.

Dans notre activité de groupe tout doit s'aligner, et pour cela nous devons élaguer les branches inutiles. Acquérons une certaine sagesse de personnalité pour pouvoir par la suite atteindre la sagesse de l'âme. Pour accéder au barreau suivant de l'échelle, nous devons nous détacher et relativiser ce qui nous arrive sans ressentir de colère. Ce qui compte c'est ce que souhaitent nos âmes et la réponse que fait notre personnalité à l'âme. 

La séance s'est poursuivie par la lecture du Traité sur les sept rayons, Psychologie ésotérique, Vol II, continuant l'étude des techniques d'intégration en fonction des rayons (pp. 372 à 378). 

Le disciple du sixième rayon perçoit une vision qui contente son désir. L'assouvissement du besoin matériel alimente l'émotionnel tout en satisfaisant le mental, et entraîne le disciple dans une lutte pour un idéal et une pensée limitée de Dieu. Il doit se détacher de sa vision et de ses sentiments idéalisés qui voilent et cachent la réalité. Le mot procède de l'âme vers la forme : Ne cours pas en si droite ligne. Le disciple du sixième rayon doit se libérer de l'amour de la forme et acquérir le vaste amour du disciple de second rayon. Il doit se détacher de la servitude de la forme et demeurer au centre, de même que doit le faire le disciple de troisième rayon. A ce stade, le disciple acquiert la vision et un sens correct des proportions le conduisant à l'alignement, produisant alors une crise à travers laquelle il quitte ses certitudes sans rien pour les remplacer. La crise est sévère et produit un ajustement du Soi au soi. Le disciple est envahi par un sentiment de vanité mais s'il se tient immobile au centre, les yeux fixés sur l'âme, cessant pour un temps toute activité, la Lumière jaillira et lui révèlera ce qu'il a besoin de connaître. Il accueillera alors avec plaisir tout ce qui aide à l'élévation. Lorsque l'humanité se libèrera de l'influence encore présente du sixième rayon, elle comprendra que la dévotion qui s'exprime à travers l'âme est amour, inclusivité et compréhension. 

Le disciple du septième rayon s'interroge sur la manière de façonner une forme idéale pour Dieu. Il ne sait pas comment travailler, mais il sait que sa tâche est difficile à accomplir car le danger est là. Il aime le pouvoir qui lui est donné par la possibilité de créer. Le disciple du septième rayon doit travailler pour l'unité du Plan en demeurant au centre du pentagramme. L'énergie du septième rayon est si puissante qu'elle doit être maniée avec précaution, à l'Est, sous la protection du pentagramme. Chaque disciple de ce rayon est un agent de liaison. Quand l'alignement se produira, un influx d'énergies et de pouvoirs se fera sentir et suscitera une crise. Le disciple peut être leurré par sa propre puissance, et s'il est incliné vers le matérialisme, il mettra son pouvoir au service de sa personnalité égoïste et ambitieuse. Cependant, s'il est conscient du danger, il demeurera fermement au centre du pentagramme jusqu'à ce que la lumière à l'Est se lève sur ses ténèbres et lui révèle le plan. Il est l'expression du constructeur et du créateur, amenant le plan de Dieu à la manifestation extérieure. Il commence toutefois par faire régner l'ordre dans sa propre existence, de façon à ce que le pentagramme ne constitue pas un lieu de danger pour lui. Les écrits révèlent que si le disciple entre par le pentagramme ouvert, il meurt. S'il passe au-dessus et dans le pentagramme fermé, il vit. S'il transforme le pentagramme en un anneau de feu, il sert le Plan.

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