La séance a débuté par la lecture d'une
planche de Mo. intitulée : "Qu'est-ce que l'échec ?".
Pour Mo., l'échec est synonyme de
stagnation, régression, répétition, dévalorisation, perte de confiance,
culpabilité et envie de fuir. C'est la petite fille qui s'exprime ainsi avec
sa peur d'être jugée et abandonnée.
Elle a ressenti ce sentiment d'échec dans
son enfance, en tant qu'épouse et sur le plan professionnel, en relation avec
le besoin d'être aimée, reconnue, le sentiment d'infériorité et la
culpabilité. L'échec le plus marquant de l'enfance à l'adolescence, est
l'énurésie qui s'est soldée par un sentiment de culpabilité du fait des
désagréments causés à ses parents et du sentiment de dette envers eux.
L'échec résulte d'un conflit intérieur sur
les plans mental et astral. Celui-ci est alimenté par des peurs, des désirs,
des non-dits, un manque de courage, d'analyse et par l'orgueil de la
personnalité. Les leçons du passé ne sont pas intégrées et les mêmes processus
conduisent à l'échec.
Par peur que l'autre découvre ses
limitations, Mo. se réfugie dans la fuite, le silence et la colère. Au lieu de
se condamner, elle a conscience de devoir reconnaître l'erreur et oser
demander des informations sans culpabilité et sans orgueil. Afin de poursuivre
le chemin du service, elle se propose de cultiver la transparence, la
confiance, l'amour et de tendre vers l'humilité et la joie.
Mo. n'ayant pas le sentiment d'avoir
suffisamment approfondi sa réflexion a été invitée à la poursuivre pour une
prochaine séance.
Se positionnant par rapport à la notion
d'échec, My. estime que sa non réussite sur le plan social lui a fait prendre
le chemin de la démarche spirituelle, ce qu'elle considère comme une
"réussite". Mais ce terme est-il adapté ? Quels mots pourraient nous permettre
de définir notre travail dans ce groupe ? Une liste a été établie dans ce
sens : recherche, alignement, tension vers un but, démarche spirituelle ou de
connaissance de soi, processus initiatique, processus d'évolution, chemin,
remise en cause, analyse, quête intérieure, dynamique régénératrice,
cheminement sur le sentier du retour vers Dieu, recherche philosophique...
Ce processus n'aboutit pas à l'échec ou à
la réussite. Gravir l'échelle ne signifie pas être en train de réussir ou
d'échouer. Si cette démarche nous plaît parce qu'elle représente une
protection par rapport à la société, une "explosion" se produira
nécessairement, révélant le mirage, invisible tant que la conscience n'est pas
suffisamment élargie.
Il est donc important de s'inscrire dans
une relation sociale et de la confronter tant que l'on en a peur. Dans tout
échec se cache une peur : échouer signifie avoir peur de confronter certaines
choses. Il faut donc voir ce qui fait encore conflit en nous et éviter de se
réfugier dans un recoin de sa conscience par peur de confronter d'autres
aspects. Ce que nous avons en potentialité dans notre conscience devra être
accompli. Plus tard, le disciple prend en charge une horizontalité harmonieuse
d'un certain niveau et ne connaît plus la peur face à l'humanité : il
confronte, comprend et fait face.
Dans l'échec, il peut y avoir
auto-inculpation et rejet. La phrase méditée par le groupe lors de la dernière
quinzaine a été reprise : " Que chacun comprenne que sa perte est causée non à
cause d'une cruauté karmique mais par auto-inculpation". Peut-on définir ce
qu'est la perte ? La notion de perte n'est-elle pas une fausse considération ?
L'auto-inculpation se traduit par un rejet de soi et la difficulté à se
confronter à autrui. Portant sur soi-même un jugement négatif, on se persuade
que l'autre pense de même. Ceci induit une attitude d'isolement destinée à
éviter la confrontation. Il arrive aussi que l'on s'entoure de personnes
inférieures à soi qui renverront un regard valorisant.
Il existe un mystère de l'ego qui doit
être résolu initiatiquement : dans le Moi, il y a tous les autres. On ne peut
avoir de bonnes relations avec les autres si l'on n'a pas une bonne relation
avec soi-même. Résoudre ce mystère suppose de ne plus craindre sa propre
critique, de démonter les matériaux du Moi et de le relativiser. Pour cela, il
est nécessaire de monter sur l'échelle en allégeant le Moi par le processus de
détachement. Ce n'est que grâce aux vibrations supérieures que ce qui est en
bas peut être maîtrisé. Au cours de l'ascension, les lourdeurs et les mirages
se dissolvent et des transferts douloureux ont lieu. Le disciple tombe et se
relève sans arrêt. Il ne connaît pas l'échec. Il ne qualifie pas de manière
duelle.
Sur le chemin, de nombreuses vertus
indispensables se connectent entre elles dont le courage, l'humilité, la
patience, la prudence. Cette dernière doit notamment être cultivée lorsque le
disciple est tenté de se positionner en termes d'avancement ou de stagnation.
Ce sont parfois ceux qui se croient les moins avancés qui le sont le plus...
La séance s'est poursuivie par une planche
d'Ol. Intitulée : "Je ne sais pas. Je ne peux pas. Je ne veux pas."
Ol. évoque son manque de résolution et ses
tergiversations face à une nouvelle chose à faire. Pénétrer un nouveau domaine
avec sa pensée l'entraîne à se retrouver hors de ce domaine, éjecté par la
densité même de ce domaine.
Le domaine à explorer étant défini comme
un champ d'expérience réel et imaginaire, sa densité relève de résistances
objectives et de peurs imaginaires. Elle est aussi relative au pouvoir de
pénétration de la pensée. Mais la pensée peut-elle dissiper les peurs
qu'elle-même alimente ? Elle peut favoriser ou défavoriser la pénétration d'un
domaine selon qu'elle augmente le pouvoir de pénétration ou la densité du
domaine.
Ol. a le sentiment d'utiliser sa pensée
insuffisamment à bon escient. Il a tendance à craindre le nouveau domaine au
lieu de l'investir, de le connaître et de l'utiliser. Un bon usage de la
pensée lui permettrait d'appréhender le nouveau champ d'expérience avec
méthode.
Pour organiser une réflexion, Ol. se
trouve confronté à une première difficulté : cherchant à s'imprégner du sujet
et à faire apparaître des associations d'idées, sa pensée s'arrête, se perd,
se fige et s'installe dans une forme de torpeur. Une autre approche, l'analyse
déductive, plus active, pourrait être envisagée, mais elle présente les
inconvénients du raisonnement linéaire qui tend à privilégier une seule
direction. Les deux méthodes pourraient être mises en oeuvre de manière
complémentaire.
A l'origine de sa tendance à utiliser la
première approche et à délaisser la seconde, Ol. identifie plusieurs
caractéristiques de sa personnalité : passivité, paresse, peur de l'effort,
manque de concentration, de persévérance, de volonté et de motivation pour
résoudre le problème. Il lui est cependant possible d'effectuer une approche
analytique et dichotomique face à un problème mathématique car les hypothèses
formulées ne nécessitent, pour être vérifiées, aucune interaction avec
l'extérieur, ce qui n'est pas le cas avec un problème journalier.
Cette dépendance de l'environnement pour
résoudre un problème journalier est pour Ol. synonyme d'efforts, de dépense
d'énergie, de peur de l'interaction et de l'échec qui sont autant de
justifications à l'inaction.
Dans la vie journalière, contrairement au
domaine des mathématiques, Ol. a le sentiment de vouloir influer sur la
solution du problème. Or, trouver la solution signifie trouver la bonne façon
de naviguer à un instant donné pour atteindre une destination donnée, compte
tenu de l'embarcation et des conditions climatiques. Cela suppose volonté et
intelligence. La volonté correspond à la capacité de mobilisation des énergies
à mettre en œuvre pour atteindre le but et l'intelligence touche à la capacité
d'adaptation.
Ol. a conscience d'être responsable de ses
capacités de mobilisation et d'adaptation en relation avec sa direction. Tous
ces mouvements doivent s'opérer en interaction avec son environnement. Ses
résistances sont probablement d'ordre affectif et liées à des attachements et
à des peurs. Il doit apprendre à décider en abandonnant les préjugés,
l'immobilisme, le besoin de reconnaissance, trouver le courage d'agir en
fonction de sa compréhension, développer l'intuition et s'en remettre à Dieu.
Car que pourrait-il lui arriver qui ne soit pas souhaitable ?
La réflexion qui a suivi cette analyse a
repris la distinction entre la pensée créatrice de densité et la pensée qui
dissout, associée à l'Ame.
Puis, en rapport avec la problématique d'Ol.,
l'accent a été mis sur la relation avec l'autre. Face aux mathématiques, la
relation se situe entre soi et soi. Mais, dans la vie journalière, le problème
se pose entre moi, l'autre et mes désirs. Si l'autre est perçu comme désirant
les mêmes objets que soi et se trouve dans l'illusion d'un combat, il ne peut
y avoir qu'un gagnant et un perdant. Cette vision de l'autre comme l'exacte
réplique de soi entretient l'immobilisme et la stagnation. Le problème sera
résolu quand nous découvrirons ce qu'est l'autre.
En regardant l'autre, nous créons la
contrepartie de nous-même, sans voir l'autre tel qu'il est. Dans le champ de
bataille, nous nous projetons dans l'autre, qui endosse alors nos défauts et
non les siens.
Quelle est la meilleure façon d'attaquer
un problème ? Il y a moi et quelqu'un qui est contre moi. Il y a bien quelque
chose à résoudre, sans tomber dans les pièges que nous tend notre mental. La
difficulté vient de ce que la pensée qualifie l'objet. Nous pouvons toujours
nous considérer comme victime et croiser systématiquement le chemin de ceux
qui nous blesseront au niveau du centre du plexus solaire. N'oublions pas que
nous sommes responsables de ce qui nous arrive, même lorsque cela paraît
injuste. L'autre est-il un monstre ? Rectifions notre pensée car tout ce qui
nous arrive est judicieux. Cherchons pourquoi tel évènement se présente à
nous. Notre sœur An. pourrait s'interroger sur sa capacité à maintenir une
relation de couple durable avec un compagnon qui l'appréciera à sa juste
mesure.
J.P. est interpellé sur les raisons qui
l'ont incité à s'éloigner géographiquement de Bordeaux. J.P. pense avoir pris
cette décision avec son mental, faisant taire ses affects, alors que ces
derniers sont à l'origine de décisions hâtives, prises sur des "coups de
tête". Si nous nous éloignons de notre Frère Instructeur, cela peut vouloir
dire que nous nous détachons du Maître et de la Hiérarchie. Nous pouvons
observer notre mental, travaillant dans le sens qui lui convient. Nous croyons
prendre une décision, alors qu'elle a été prise à un autre niveau. Un test se
présente et nous ne le voyons pas forcément. Acquérons plus de sagesse afin
d'éviter les chocs. Le disciple optimise son parcours et ne prend pas
délibérément le chemin le plus caillouteux. Utilisons la raison pure dans
notre quotidien, ainsi chaque décision sera prise avec discernement.
Dans notre activité de groupe tout doit
s'aligner, et pour cela nous devons élaguer les branches inutiles. Acquérons
une certaine sagesse de personnalité pour pouvoir par la suite atteindre la
sagesse de l'âme. Pour accéder au barreau suivant de l'échelle, nous devons
nous détacher et relativiser ce qui nous arrive sans ressentir de colère. Ce
qui compte c'est ce que souhaitent nos âmes et la réponse que fait notre
personnalité à l'âme.
La séance s'est poursuivie par la lecture
du Traité sur les sept rayons, Psychologie ésotérique, Vol II, continuant
l'étude des techniques d'intégration en fonction des rayons (pp. 372 à 378).
Le disciple du sixième rayon perçoit une
vision qui contente son désir. L'assouvissement du besoin matériel alimente
l'émotionnel tout en satisfaisant le mental, et entraîne le disciple dans une
lutte pour un idéal et une pensée limitée de Dieu. Il doit se détacher de sa
vision et de ses sentiments idéalisés qui voilent et cachent la réalité. Le
mot procède de l'âme vers la forme : Ne cours pas en si droite ligne. Le
disciple du sixième rayon doit se libérer de l'amour de la forme et acquérir
le vaste amour du disciple de second rayon. Il doit se détacher de la
servitude de la forme et demeurer au centre, de même que doit le faire le
disciple de troisième rayon. A ce stade, le disciple acquiert la vision et un
sens correct des proportions le conduisant à l'alignement, produisant alors
une crise à travers laquelle il quitte ses certitudes sans rien pour les
remplacer. La crise est sévère et produit un ajustement du Soi au soi. Le
disciple est envahi par un sentiment de vanité mais s'il se tient immobile au
centre, les yeux fixés sur l'âme, cessant pour un temps toute activité, la
Lumière jaillira et lui révèlera ce qu'il a besoin de connaître. Il
accueillera alors avec plaisir tout ce qui aide à l'élévation. Lorsque
l'humanité se libèrera de l'influence encore présente du sixième rayon, elle
comprendra que la dévotion qui s'exprime à travers l'âme est amour,
inclusivité et compréhension.
Le disciple du septième rayon s'interroge
sur la manière de façonner une forme idéale pour Dieu. Il ne sait pas comment
travailler, mais il sait que sa tâche est difficile à accomplir car le danger
est là. Il aime le pouvoir qui lui est donné par la possibilité de créer. Le
disciple du septième rayon doit travailler pour l'unité du Plan en demeurant
au centre du pentagramme. L'énergie du septième rayon est si puissante qu'elle
doit être maniée avec précaution, à l'Est, sous la protection du pentagramme.
Chaque disciple de ce rayon est un agent de liaison. Quand l'alignement se
produira, un influx d'énergies et de pouvoirs se fera sentir et suscitera une
crise. Le disciple peut être leurré par sa propre puissance, et s'il est
incliné vers le matérialisme, il mettra son pouvoir au service de sa
personnalité égoïste et ambitieuse. Cependant, s'il est conscient du danger,
il demeurera fermement au centre du pentagramme jusqu'à ce que la lumière à
l'Est se lève sur ses ténèbres et lui révèle le plan. Il est l'expression du
constructeur et du créateur, amenant le plan de Dieu à la manifestation
extérieure. Il commence toutefois par faire régner l'ordre dans sa propre
existence, de façon à ce que le pentagramme ne constitue pas un lieu de danger
pour lui. Les écrits révèlent que si le disciple entre par le pentagramme
ouvert, il meurt. S'il passe au-dessus et dans le pentagramme fermé, il vit.
S'il transforme le pentagramme en un anneau de feu, il sert le Plan.