En début de séance, la nécessité de la
vigilance dans nos échanges et du maintien d'une communication verticale a été
rappelée afin d'éviter l'expression des opinions de la personnalité. En
regardant la Lumière à l'Est, chacun peut invoquer le Maître qu'il peut
atteindre en fonction de ses possibilités. Même si nous cheminons avec des
compagnons de route, c'est au guide qui se trouve devant nous que nous devons
nous adresser et exprimer notre reconnaissance car lui seul nous permet de
progresser en se faisant l'écho sensible de notre requête vers le Maître.
C'est ainsi que nous apprendrons ce qu'est la Hiérarchie et que nous
comprendrons son regard.
Soyons rigoureux quand nous nous exprimons
afin de déceler les paradoxes de nos propos. "Rendons à César ce qui est à
César et à Dieu ce qui est à Dieu". Ne posons pas des questions mesquines à
Dieu. Interrogeons-nous sur la source de nos interventions : est-ce le mental
concret ou bien le cœur et l'Ame qui parlent ? Ne pénétrons pas dans le
Temple, symboliquement, "avec un bouquet de fleurs et les pieds maculés de
boue". Impliquons nous personnellement sans prendre à témoin nos frères ni les
associer à notre problématique. Dans la parabole du Publicain et du Pharisien,
Jésus demande lequel de ces deux hommes, selon son comportement, sera le plus
entendu par le Seigneur : celui qui s'approche de l'autel en faisant des
offrandes et, pensant être le meilleur, méprise les autres ? Ou celui qui
n'ose entrer dans le Temple, demande pardon et avoue ses péchés ? Un troisième
personnage pourrait être imaginé, se disant orgueilleux sans être le seul et
se consolant de ses insuffisances en critiquant le passé de l'Eglise. Ne
faisons pas le procès des autres. S'adresser ainsi au Maître, en tant que
personnalité, n'engendrera aucune réponse de sa part : il se retire et
n'impose rien.
Même si la Hiérarchie a beaucoup appris au
contact de l'Humanité, n'usurpons pas son rôle en lui donnant des leçons. Au
contraire, ayons à l'esprit l'attitude du disciple couché sur le sol devant le
Maître et lui avouant ses faiblesses.
Le Maître observe chaque disciple avec un
regard particulier. Si nous sommes repris, réprimandés, ne crions pas à
l'injustice. Si nous avons le sentiment d'être oubliés, soyons patients.
Certains événements sont parfois nécessaires pour s'adresser au disciple.
Souvent, c'est la problématique du disciple qui "crie" pour lui et interpelle
le Maître.
Orienté vers l'Est, le disciple voit sa
vision s'enrichir avec le temps. A un certain stade, il n'existe plus de
naïveté et la vision de soi est extraordinaire : chacun perçoit la place qui
est la sienne dans un monde transparent où sa vibration est appréciée et où
règne l'Amour. Cette compréhension de ce que nous sommes conduit à la
véritable humilité, douce et libératrice, qui résulte d'une grande science.
La légèreté de l'ego est alors perçue et l'orgueil antérieur apparaît comme un
carcan. De nombreux renoncements à la démarche résultent du refus d'immoler la
personnalité et son désir de reconnaissance.
Acceptons de vivre toutes les situations
qui nous permettent de nous tester par rapport à l'humilité. Ne percevons pas
comme des échecs les expériences qui nous font découvrir une loi. Quelle
réussite le Maître attend-il de nous ? Au lieu d'être soucieux d'une
personnalité que nous abandonnerons, demandons-nous à chaque seconde ce que
nous pouvons faire pour autrui. Le disciple chute, se relève et saisit toutes
les opportunités pour acquérir plus de sagesse et d'Amour. Il ne recherche pas
un cocon fraternel et élargit son regard, rencontrant les autres avec
adaptation, souplesse, intelligence et respect afin de révéler en chacun ce
qu'il a de meilleur. Il n'exerce aucun pouvoir et ne provoque pas. Etre un
disciple nécessite la soumission à de très grandes exigences ; il ne suffit
pas, comme c'est souvent le cas aujourd'hui, de faire un semblant d'analyse
psychologique assimilé à une démarche spirituelle.
Le disciple qui apprend est peut-être
paradoxalement "plus petit" momentanément que l'homme moyen. Après avoir
atteint une haute réalisation personnelle, il devient un apprenti disciple qui
peut recevoir des leçons d'un plus petit que lui. Le disciple apprend à se
taire, humble devant tous les hommes. Il vit dans le même espace qu'eux,
mais il n'a pas la même vision. Le disciple ne rivalise pas avec ceux qui
détiennent encore la philosophie qu'il souhaite abandonner. Il chasse de lui
orgueil, impatience et incompréhension pour devenir sensible et s'éveiller à
ce que sont les autres. Il s'adapte aux plus petits que lui.
Lorsque nous faisons un constat d'échec,
c'est que nous sommes probablement orgueilleux. Quand nous sommes déçus par
nous-même, cela rajoute un deuxième échec sur le premier. Prenons la décision
de nous aimer et d'aimer les autres.
Cl. convient de sa difficulté à trouver la
juste mesure quand elle rencontre les autres.
My. est interpellée sur ses impatiences
qui la conduisent à des sentiments de haine, de colère et de violence.
Envisageons de travailler encore plus, afin de faire des constats
acceptables nous conduisant à la mise en place de la patience.
Mo. a le sentiment de travailler en
profondeur dans ses échanges avec Do. mais par ailleurs elle fait un constat
d'échec au niveau de la communication avec autrui, n'arrivant pas à formuler
ce qu'elle ressent. Mo. pense que c'est un défaut d'intelligence alors que
c'est un problème de volonté. Mo. est crispée sur ce qu'elle "veut".
Il faut se servir de l'intelligence pour
comprendre ce que l'on doit comprendre au lieu de la mettre au service de la
volonté. Les natifs des signes du Lion et du Verseau font souvent un constat
d'échec car ils sont dans le vouloir. Lorsqu'un disciple tombe, il a la
capacité de se relever, ne restant pas bloqué par un sentiment d'échec. Il
regarde pourquoi il est tombé, voit et comprend.
La réalité du Maître n'est pas la nôtre.
Il est Amour et nous nous fermons devant cet amour car nous ne le
voyons pas. Ayons du courage pour nous transformer. Ouvrons notre cœur et
abandonnons le pouvoir que nous voulons exercer sur les êtres. Saisissons
l'opportunité devant une épreuve pour trouver une nouvelle force, pour faire
preuve de patience, entendre, accepter et progresser. L'essentiel est de nous
retrouver dans une compréhension aimante.
Co. comprend qu'elle doit approfondir
davantage pour permettre à l'humilité de se mettre en place. Apprenons à nous
oublier pour nous mettre à la portée des autres.
Pour Do., l'échec est associé à
l'apitoiement, notamment lorsqu'un second échec vient se rajouter au premier.
Elle a longtemps connu ce sentiment, particulièrement sur le plan éducatif
avec ses enfants. Aujourd'hui, sa perception est différente et elle apprend à
accepter ce qui est.
La notion de réussite et d'échec
interpelle Ol. qui craint d'être jugé sur des faits qui ont peut-être peu
d'importance au regard des Maîtres. Ol. doit trouver le courage de poser des
actes en fonction de ce qu'il comprend. N'y a-t-il pas ici et là des préjugés
qui nous empêchent de faire un mouvement porteur de plus d'informations ?
Sachons reconnaître les signes qui nous guideront à un moment donné.
L'alignement est possible lorsque le disciple est prêt.
Nous bénéficions de l'aura du groupe qui
amplifie les évènements dans notre vie. La confrontation est nécessaire pour
rentrer dans la période du karma positif. Un jour, la sagesse que nous
aspirons à trouver nous permettra de savoir qui est l'autre et de l'aimer car
il ne nous appartient pas.
Que voulons-nous ? A quoi devons-nous
renoncer ? Que faisons-nous de notre intelligence ? Sachons développer notre
intuition et remettons-nous en à Dieu. Si nous faisons la volonté de Dieu, que
peut-il nous arriver qui ne serait pas souhaitable ? Abandonnons l'immobilisme
et notre besoin de reconnaissance pour nous efforcer de comprendre.
Ma. conçoit qu'elle doit sortir de
l'illusion lui faisant croire qu'elle est dans l'amour, alors qu'elle est au
quotidien tyrannique et autoritaire avec ses proches.
J.P. a le regret de s'être mis tardivement
en chemin, mais aurait-il pu maintenir la direction des années plus tôt ?
Il n'y a pas de perte de temps, le chemin
se présente à nous en temps voulu. A un niveau supérieur, nous pouvons voir
toutes les alternatives possibles concernant un frère. Les Maîtres laissent
les disciples libres de prendre les décisions qu'ils connaissent déjà. Ce
n'est pas de la voyance mais de la déduction basée sur la connaissance des
mécanismes d'autrui. Le Maître travaille avec le disciple au niveau des
causes, au lieu de corriger en bas les nombreux effets.
Si. se rend compte qu'elle est prête
aujourd'hui pour faire ce travail car elle s'est préparée au renoncement.