Notre sœur An. a continué le travail de
correction de l'invocation qu'elle a rédigé dans le but de dissoudre le mirage
des peurs et de l'avoir, et qu'elle représentera prochainement au groupe.
La réflexion accomplie autour de ce
travail suscite les questions suivantes : Que conservons-nous dont nous ne
sommes pas fiers et que nous souhaitons cacher ? Dans la vie quotidienne, que
ne voulons-nous pas montrer ? Avons-nous le sentiment de devoir travailler
d'autres aspects de notre personnalité et lesquels ?
Notre sœur An. évoque ses colères ainsi
que le décalage dans son rythme de vie, qui la met en déphasage par rapport à
sa vie de famille.
Notre vie quotidienne devrait
progressivement devenir un rituel, rythmée par notre démarche.
Il est nécessaire d'être aligné sur un
rythme de groupe, en se déterminant soit en tant qu'initiateur du rythme à
suivre, soit en l'adoptant. Rigueur et Miséricorde doivent être
présents dans un groupe, sans quoi la voie du juste milieu ne peut être
trouvé.
Nous énonçons une liste de comportements à
rectifier chez chacun de nous :
- manque de vision éducative,
- faiblesse,
- paresse,
- manque d'énergie,
- influençabilité,
- humeurs,
- émotions,
- colères,
- hargne,
- crispation,
- manque de lâcher prise,
- manque d'humour,
- susceptibilité,
- pitié de soi,
- certains excès dans les domaines
suivants :
- activité mentale,
- exercice de l'autorité,
- expression de l'affectivité,
- recherche du plaisir,
- besoin de communication,
- consommation de nourriture,
- sexualité,
- sensualité,
- dépenses vestimentaires et
matérielles.
Ces attitudes traduisent un manque de
vision, de force, de concentration, d'équilibre, de détachement, d'humilité…
La mise en place d'un rythme dans les
attitudes de la vie quotidienne suppose l'élimination d'un grand nombre de
"défauts" et semble requérir des vertus qui s'apparentent à la Volonté et
l'Intelligence.
Quel effort pouvons-nous mettre en place ?
Quels arguments utiliser afin de dépasser ces mécanismes et trouver une autre
réponse ? Essayons de nous situer au plus haut niveau, celui de
l'Observateur, afin de rendre minime l'effort à produire pour changer un
mécanisme.
Tandis que le pendule oscille entre les
deux extrêmes, nous avons toujours la possibilité d'avoir de l'humour, même
après une colère. L'humour est un critère de notre vigilance. Gardons notre
bonne humeur en toute circonstance.
Evitons les déséquilibres en allant à
l'essentiel. C'est en variant les activités que l'on peut se ressourcer et
rester "jeune" et en bonne santé physique et mentale.
Ne recherchons pas de répit, la
personnalité doit renoncer à sa "tranquillité" pour trouver la Paix.
Nous devons comprendre que ce qui nous
arrive est ajusté sur mesure afin que nous puissions changer de comportement.
Apprenons à maîtriser les évènements en maîtrisant notre karma.
Certains mécanismes, associés dans un
premier temps à des "défauts" de la personnalité, peuvent cependant être une
étape vers l'acquisition de "qualités" supérieures. La sensualité peut être
une ouverture à la relation avec autrui.
Il est nécessaire de mettre en place un
état durable dans le sens de l'ouverture du cœur car les Maîtres s'intéressent
à ce qui se passe sur le plan énergétique.
Interpellée par rapport à une éventuelle
jalousie rétrospective vis-à-vis de Th., Do. dit avoir compris que compenser
ne réglait pas le problème de la jalousie. Elle accepte l'idée que "toutes les
fleurs sont belles à regarder".
Le sentiment de dette n'existe que si l'on
pense que l'autre nous appartient. Aujourd'hui, en tant qu'apprenti disciple,
Do. a le sentiment que tout s'efface.
Attention à l'orgueil qui peut entraîner
une attitude de faux pardon. Selon Do., elle s'achemine vers le pardon par une
forme de lâcher prise et travaille pour s'élever à partir de ce sentiment.
Les défauts d'alignement répertoriés
précédemment se traduisent par des attitudes extérieures visibles par autrui.
Leurs causes, d'ordre psychique, peuvent être recherchées par l'analyse mais
le disciple doit gravir la montagne de la maîtrise par ses propres efforts et
avoir conscience du travail à accomplir.
Un équilibre doit être atteint par des
actes de détachement vis-à-vis de la matière. L'attraction de la forme peut
être transmuée par la capacité à appréhender l'âme en percevant d'autres
beautés telles que la bonté et la capacité à aimer. La Joie de Servir et
d'Etre que nous cherchons à vivre est aussi un facteur de dépassement.
Il en est de même par rapport aux émotions
et crispations vécues dans la relation avec les autres. Colère et violence
doivent laisser la place à des attitudes plus sereines résultant d'un
positionnement de la conscience à un niveau supérieur. Toutes les opportunités
doivent être saisies pour liquider le karma et acquérir une maîtrise.
Le problème du rythme et de l'équilibre,
rencontré par de nombreux membres, devra être confronté tout au long de la vie
car les énergies changent avec l'âge et obligent à les gérer différemment. La
vie est un voyage au cours duquel il faut conduire le véhicule en se demandant
le but, les causes et les modalités du voyage. Sur le plan spirituel, ce
processus de vigilance et d'optimisation trouve sa finalité dans
l'Illumination.
Ces résistances qui nous habitent peuvent
être considérées comme des ennemis subjectifs qui incitent à la
rébellion contre l'Enseignement dispensé par l'Instructeur. La phrase de
méditation de la quinzaine écoulée a été rappelée et commentée :
"Chaque enseignement progressiste a besoin d'un Instructeur et
d'ennemis."
Deux types d'enseignements ont été
distingués : ceux qui enrichissent de connaissances la personnalité sans
l'inciter au changement et les enseignements progressistes, d'ordre spirituel,
qui transmettent des concepts élévateurs entraînant des changements dans les
habitudes humaines ou sociales. Ces changements se heurtent à des résistances
et engendrent des ennemis.
Mais pourquoi les Enseignements
progressistes ont-ils besoin d'ennemis ? Plusieurs réponses ont été
apportées :
- Les ennemis interpellent les
résistances et permettent de les dépasser.
- Pour renforcer la Lumière, la
confrontation à l'obscurité est nécessaire. Ce jeu constant s'opère sur les
plans horizontal et vertical.
- Dans notre monde duel où atteindre
l'état divin se pose en termes de combat, l'ennemi permet de tremper le
disciple.
- Un Enseignement sans ennemis
serait tiède et insuffisamment mobilisateur. Ainsi, certains enseignements,
porteurs de messages incitant à l'Amour, rencontrent peu de résistance et
pourraient conduire au laxisme au nom de l'Amour.
Un autre concept, plus élevé et plus large
peut être perçu derrière la notion de "besoin" : l'idée de la chaîne.
Nous sommes solidaires les uns des autres. Nous sommes aussi liés à nos
ennemis et si nous voulons plus de lumière, celle-ci transformera aussi ceux
qui nous résistent. On ne peut pas détruire l'ennemi car cela nous
condamnerait à l'isolement. Il est donc indissociable de notre évolution.
Avoir des ennemis suscite souvent de la
tristesse. Il faut atteindre un stade où ceux-ci ne sont plus considérés comme
tels. Alors, comme le Christ l'a fait, il est possible de leur pardonner et de
les aimer.
Une fois la dualité dépassée, dans la
Lumière, on peut encore rencontrer des résistances, des incompréhensions, d'un
niveau de conscience à un autre. Ainsi le dialogue peut être difficile entre
candidats à des initiations différentes. Mais, une fois la conscience établie
au niveau de l'Ame, il n'existe plus d'ennemi subjectif, intérieur. On
peut penser qu'au moment du passage à la 3ème initiation, l'initié
est confronté une dernière fois à l'ennemi intérieur sous la forme du Gardien
du Seuil.
Il existe cependant des ennemis
objectifs, extérieurs, radicalement opposés à la Lumière et attachés à
l'involution, comme le Prince des Ténèbres. Mais ils ne le sont pas pour
l'Eternité car le Plan de Transformation permet de sauver même ceux qui ont
choisi le côté des Forces Obscures. Pour l'instant, il n'est possible que de
les confronter, ce qui requiert une extrême vigilance car ils s'efforcent de
détourner les êtres du sens de l'Enseignement donné par l'Instructeur. Il est
donc important de se demander par quelle faille l'ennemi pourrait s'infiltrer
en nous dans les trois étages inférieurs afin de ne pas devenir notre propre
ennemi et celui du groupe. Alors que nous pensons avancer à travers nos points
forts, ce sont peut-être nos points faibles qui sont les plus révélateurs.
L'adversaire peut aussi faire croire qu'il n'existe pas et qu'il y a un grand
champ de liberté qui peut être expérimenté. Soyons donc de plus en plus
intelligents et subtils sur le plan spirituel afin de débusquer en nous tout
obstacle, faille ou complaisance avec l'Ennemi. Ce dernier n'ayant pas les
qualités de l'Ange, il finit toujours par se montrer.
N'oublions pas que, si l'Enseignement fait
surgir tous les mécanismes duels et les résistances personnelles, son objectif
est de révéler à la fois l'ennemi subjectif qui est en nous et l'ennemi
objectif qui cherche à nous détruire et à nous faire changer de direction.