Bulletin no 175 du 09/08/2003
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 175

Séance du 09/08/2003

Le groupe a poursuivi la correction de l'invocation de notre sœur An., rédigée dans l'intention de dissoudre certaines peurs liées au mirage de l'avoir. 

La première strophe, évoquant la relation à Dieu, a été réécrite par notre sœur d'une façon très différente de la précédente version :

"O Seigneur,

Que ta promesse de vie éternelle

Annoncée aux hommes par Ton Fils

Fortifie mon espérance

Et encourage mon ascension vers Ta Demeure"

Le Fils de Dieu, introduit dans cette strophe, messager de l'Amour et du Sacrifice, n'est pas remis en cause par notre sœur alors qu'elle a pu douter de Dieu lui-même. Dans notre quête, ne tergiversons pas car c'est le pôle le plus élevé qui nous anime. Une réflexion est demandée à notre sœur afin qu'elle réécrive cette strophe pour la prochaine rencontre en s'adressant plus directement à Dieu. 

La deuxième strophe, exprimant la problématique de notre sœur face au mirage des peurs et de l'avoir, n'a pas été modifiée depuis notre dernière rencontre :

"Que la lumière de mon Ame

Et le pouvoir de son Rayon

Dissipe les mirages de la peur et de l'avoir

Qui me rattachent au passé" 

Le principe de rédemption, formulée dans la troisième strophe, est exprimé de la façon suivante par notre sœur :

"Que la confiance et la joie

Grandissant en mon cœur

Purifient mes pensées

De la tristesse et du doute" 

Le verbe "purifier" est remplacé par "éloigner", évoquant plus exactement les premières étapes du processus de purification. Les atomes indésirables, à ce stade, ne sont pas encore transformés mais éloignés. Nous expérimentons ce processus lorsque nous pratiquons la méditation d'alignement. Sur les plans mentaux et astraux, les "matières grossières" sont rejetées. Sur le plan physique, les "facteurs discordants" sont chassés au loin. 

La troisième strophe est reformulée comme suit :

"Que la confiance et la joie

Grandissent en mon cœur

Et que doute et tristesse

Soient éloignées de mes pensées" 

Notre âme a le pouvoir de dissoudre les impuretés alors que le mental ne peut que séparer. Ce dernier peut nous faire croire que nous n'avons plus d'émotions car il a la possibilité d'ignorer la souffrance ou de l'isoler. Sachons nous placer à un niveau plus élevé qui nous permettra de comprendre et d'accepter les épreuves.

Cependant, l'âme ne peut dissoudre certains atomes du mal, ce pouvoir appartenant aux Etres les plus avancés. Sans Leur aide, nous pouvons seulement contenir le mal. La dernière strophe de la Grande Invocation rappelle : "Et puisse t-il (le Plan de Lumière et d'Amour) sceller la porte de la demeure du mal". Le combat d'Hercule face à l'hydre illustre également le fait que nous ne pouvons pas éliminer complètement le mal. Après avoir porté l'hydre à la lumière, Hercule enterre sa tête afin qu'elle ne puisse plus nuire.

Selon le Traité de Réintégration des Etres de Martinez de Pasqually, Adam lui-même a failli dans la mission que Dieu lui avait confiée, de contenir les anges déchus en leur montrant la lumière divine. Bien que plus puissant que Lucifer, Adam s’est laissé séduire par lui et convaincre d'utiliser ses pouvoirs pour lui-même. Ce faisant, Adam a chuté dans une densité qu'il n'avait pas anticipée. Dès lors, l'homme doit retrouver sa place originelle par le processus de réintégration. Ne pouvant chasser complètement le mal qui est en lui, il fait appel au Fils de Dieu, dont la mission est de sauver l'humanité. 

Quelles sont les "bonnes habitudes" qui peuvent nous sauver ? Ne transformons pas notre rythme quotidien en routines, laissant notre conscience s'en remettre à l'automatisme. L'effort nous permet de distinguer l'habitude du rythme. Quel est cet effort que nous devons faire et qui nous permet de supporter les éléments sans tomber dans le "fakirisme" ? Dans le travail spirituel qui est le nôtre, il n'y a pas de repos.

La quatrième strophe de l'invocation, abordant la notion de Service, est corrigée ainsi :

"Afin que rayonnant du Feu de Ton Amour

Avec zèle, constance et dévotion

Je puisse Te servir, en communion avec mes Frères

Et restaurer Ton Royaume sur la terre" 

Avec quels mots notre sœur pourrait-elle exprimer sa reconnaissance envers Dieu dans la cinquième strophe ? Servons-nous du sentiment amoureux que nous avons pu connaître car il exprime une potentialité de l'Amour que l'on ressent pour Dieu. Que montrons-nous à ceux que nous aimons ? Reconnaissance, dévotion, contemplation, gratitude, glorification, béatitude, chant de louanges, attirance, élan, fusion, sacrifice, abandon.

Notre sœur, s'inspirant de ces termes, rédige de la sorte la dernière strophe :

"Seigneur, je chante Tes louanges

Seigneur, à Toi je m'abandonne

Seigneur, que Ta volonté soit faite" 

Imaginons notre relation à l'autre sur le plan Divin. Le regard que nous porterons sur lui fera grandir sa lumière, notre lumière. Souvenons-nous qu'en nous donnant la Vie, Dieu fait acte d'Amour. "En Lui nous avons la Vie, le Mouvement et l'Etre".

Pour recevoir Dieu, nous devons oublier nos imperfections. Notre volonté de perfection ne doit pas occulter la Volonté de Dieu. Croyons en l'amour des autres et ouvrons notre cœur. Saisissons l'exigence que le Maître a envers nous et voyons dans nos relations un miroir qui nous renvoie à nos défaillances. Les échanges entre les membres se déroulent sous le regard du groupe et sont des occasions pour dire à l'autre ce qu'il doit changer tout en lui exprimant notre tendresse. La constatation de nos limitations ne doit pas aboutir à un apitoiement sur soi qui mène à l'orgueil. Aimons au lieu de déplorer les failles de notre personnalité. 

Ph. a ensuite été invité à formuler devant le groupe une problématique concernant le rapport que le disciple doit mettre en place avec un Frère Supérieur.

Probablement influencé par le rayon 6, Ph. est naturellement enclin à la dévotion et a tendance à focaliser son attention sur une seule personne, en l'occurrence le Frère Instructeur. Il a ainsi le sentiment que tout est canalisé et que les risques de trahison sont amoindris. Mais il se demande comment s'entraîner à élever les énergies et à aller au-delà. Les incitations données dans certains ouvrages à prier le "Dieu de son cœur" et à choisir son propre Maître peuvent plonger Ph. dans une incertitude car il ne souhaite pas céder, dans ses prières ou ses méditations, à une dévotion capricieuse qui pourrait lui faire choisir de s'adresser arbitrairement à Dieu, au Christ ou à un Maître et susciter en lui un sentiment de trahison à l'égard du Frère Instructeur. 

La dualité est le fait du mental séparatif et doit être dépassée par le travail unificateur de l'Amour. Pour atteindre Dieu, il n'y a pas d'autre chemin. Peut-on aimer Dieu sans aimer Son Fils, la Hiérarchie qui Le sert et l'humanité tout entière, y compris ceux que l'on n'apprécie pas et ceux qui ne nous aiment pas ?

Dans la Lumière Divine que nous regardons, tournés vers l'Est, il y a aussi des Frères Supérieurs inconnus, avec lesquels nous n'avons pas de relation concrète et qui ne se blessent pas si nous nous adressons au Frère que nous avons choisi pour guide. Ce dernier dynamise le Cœur du groupe, alimenté par notre amour, et l'élève vers le véritable Amour qui est une télépathie supérieure. C'est ainsi que la réponse à une question précise peut parvenir par le Cœur du groupe. Mais le Frère Instructeur n'est pas "propriétaire" de sa fonction et ne recherche pas la dévotion. En tant que frère plus avancé, il nous guide vers la Liberté, l'Amour et la Joie.

Le Rayon 6 doit donc devenir inclusif par l'élargissement de la dévotion. Considérons tous ceux qui montent à travers des chemins différents et aimons les, conscients que Dieu est immanent et que tous les chemins convergent vers le Christ. Faisons leur découvrir ce qui est le plus important pour leur cheminement. De même, ce groupe est un beau jardin où la Lumière peut surgir et où il faut aimer chacun d'entre nous. 

Cette crise, qui doit se résoudre par l'Amour et un élargissement de la dévotion, prépare la 2ème initiation. Après ce stade, le problème ne se pose plus ainsi : toute la personnalité doit un jour être crucifiée et lors de la 4ème initiation, à cette crucifixion s'ajoute celle de l'Ame elle-même.

Pour être transfigurée, la personnalité doit demander la fusion. Or, tous les jours nous apportent des occasions de dépasser des frustrations et des humiliations. Face à une difficulté, il n'y a que deux réponses sur le plan spirituel : la bonne et la mauvaise. Techniquement, la mauvaise correspond aux habitudes, à la linéarité mises en place dans les structures. La bonne s'exprime par l'effort qui dépasse la linéarité dans notre relation à l'autre. Le travail du disciple consiste en cela : briser continuellement les fonctions, les déterminismes. Il ne s'agit pas de cultiver l'héroïsme, mais de se situer à un niveau où l'effort est minime et subtil. Dans l'Amour et l'Innocuité, saisissons une direction nouvelle qui ouvre la porte à des espaces insoupçonnés. Apprenons à déstabiliser le Vieil Homme qui est en nous.

Les trois tentations du Christ, après 40 jours dans le désert, illustrent l'effort à accomplir. Dans la 1ère, Satan propose au Christ d'utiliser ses pouvoirs et de transformer les pierres en pain. Dans la deuxième, il lui suggère de se précipiter du haut du Temple, sachant qu'il serait sauvé par les Anges. Dans la 3ème, il lui propose de passer un contrat avec lui et d'obtenir ainsi les pleins pouvoirs sur le monde. Ces trois tentations se réduisent à une seule, celle du pouvoir sur la forme et impliquent l'ego dans trois relations différentes de pouvoir : sur la Matière, par la protection divine, sur l'humanité. A chacune de ces tentations, le Christ transcende la linéarité car, sur le plan spirituel, l'effort passe par l'Amour et non par l'acquisition de pouvoirs. 

Les membres du groupe sont invités à saisir l'opportunité de la chaleur très élevée qui règne dans le Temple (33°) pour examiner les vibrations éprouvées et observer les réactions du mental face à l'information reçue. Quel effort chacun souhaite-t-il faire dans cette situation ? L'effort à réaliser est-il si important ? Par le véritable effort, la conscience se libère et se situe au-dessus des tergiversations qui entretiennent l'émotion (trop chaud / trop froid ; trop salé / trop sucré...). 

Chacun a ensuite exprimé l'effort (ou les efforts) qu'il a conscience de réaliser actuellement.

J.P. a le sentiment de faire des efforts dans sa relation avec son supérieur. Mais a-t-il véritablement résolu le problème puisqu'il quitte son entreprise ?

J.D., éprouvé dans son image d'homme par sa vie de couple, a pris du recul et trouve une nouvelle force en lui.

Co. constate ponctuellement que certaines choses qu'elle considérait comme objets d'efforts ne le sont plus désormais. Elle exerce une vigilance particulière dans son rapport à l'argent qu'elle doit transformer. Ses efforts portent aussi sur la concentration, la patience, l'accueil et l'abandon du désir de faire pression.

Sy. se sent submergée et déprimée par les difficultés familiales, professionnelles et matérielles. Elle a du mal à éprouver du plaisir dans ses actions et craint que ses efforts manquent d'amour. Elle est incitée à rechercher d'abord l'effort le plus simple à réaliser.

Di. fait des efforts dans le domaine de l'éducation où il essaie de développer la juste attitude et une vision différente.

Th., dans ce même domaine, essaie de surprendre sa fille, influencée par le signe du Scorpion, en surabondant dans son sens au lieu d'entrer en conflit. Il s'attache également à maîtriser sa tendance à la fuite en avant dans le "papillonnage". Interrogé sur ce qu'il peut briser "ici et maintenant", il évoque son impatience, notamment par rapport à la situation de chaleur. Il a conscience de devoir oublier le soi séparé qui a chaud pour être en communion avec les autres.

Si., en matière d'éducation, s'efforce de se détacher de l'idée de résultat et du sentiment d'impuissance qu'elle éprouve parfois notamment du fait de ses difficultés d'audition.

Ma. s'applique à comprendre les lois au lieu d'appliquer les règles et met en place plus de souplesse. Plus concrètement, elle découvre un manque d'Amour dans son comportement impatient envers les objets et les êtres humains et perçoit la nécessité d'y remédier.

Cl. accepte plus facilement la remise en question au lieu de s'apitoyer et cherche à développer un autre regard : celui de l'observateur et non du juge. Cela se traduit, dans la relation quotidienne, par des choix issus d'un questionnement : "fermeture ou ouverture ?", "dureté ou douceur ?".

My. travaille à mettre en place plus de souplesse dans sa relation avec les autres et à remplacer la peur par l'intelligence. Elle apprend aussi à oser demander au lieu de rester bloquée sur ses difficultés.

An., grâce au travail effectué avec le groupe sur la prière qu'elle a écrite, s'efforce de relativiser la forme et de privilégier la Vérité. Elle comprend qu'il ne peut y avoir de Beauté sans Vérité. Ce travail de compréhension et de transformation engendre en elle de la Joie. Ses efforts quotidiens portent aussi sur son caractère impulsif, sa relation avec l'argent et la relativisation du confort affectif.

Ol. cherche à réaliser une alchimie unificatrice afin de dépasser la perception duelle engendrée par sa personnalité conflictuelle, qui suscite division intérieure et tristesse.

Do. apprend à faire taire ses peurs et à oser. Elle affronte désormais des situations qu'elle s'appliquait jusque là à éviter, ce qui l'a longtemps enfermée dans l'immobilisme. Elle pense avoir encore des efforts à fournir dans sa relation éducative avec les adolescents.

Mo. s'efforce de relativiser son image par rapport aux autres et de dépasser les réactivités suscitées par la remise en question. Elle a conscience de devoir accepter les événements sans panique ainsi que ses limitations au lieu de chercher à tout maîtriser. 

L'effort ne relève donc pas d'une décision spectaculaire. Il s'agit, par une tournure d'esprit nouvelle, de transformer l'image de soi représentée par un point enfermé dans un cercle et de donner aux autres en étant libre. Chaque élargissement de conscience est un pas vers l'Amour. 

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