Le groupe a
poursuivi la correction de l'invocation de notre sœur An., rédigée dans
l'intention de dissoudre certaines peurs liées au mirage de l'avoir.
La première
strophe, évoquant la relation à Dieu, a été réécrite par notre sœur d'une façon
très différente de la précédente version :
"O Seigneur,
Que ta promesse
de vie éternelle
Annoncée aux
hommes par Ton Fils
Fortifie mon
espérance
Et encourage mon
ascension vers Ta Demeure"
Le Fils de Dieu,
introduit dans cette strophe, messager de l'Amour et du Sacrifice, n'est pas
remis en cause par notre sœur alors qu'elle a pu douter de Dieu lui-même. Dans
notre quête, ne tergiversons pas car c'est le pôle le plus élevé qui nous anime.
Une réflexion est demandée à notre sœur afin qu'elle réécrive cette strophe pour
la prochaine rencontre en s'adressant plus directement à Dieu.
La deuxième
strophe, exprimant la problématique de notre sœur face au mirage des peurs et de
l'avoir, n'a pas été modifiée depuis notre dernière rencontre :
"Que la lumière
de mon Ame
Et le pouvoir de
son Rayon
Dissipe les
mirages de la peur et de l'avoir
Qui me
rattachent au passé"
Le principe de
rédemption, formulée dans la troisième strophe, est exprimé de la façon suivante
par notre sœur :
"Que la
confiance et la joie
Grandissant en
mon cœur
Purifient mes
pensées
De la tristesse
et du doute"
Le verbe
"purifier" est remplacé par "éloigner", évoquant plus exactement les premières
étapes du processus de purification. Les atomes indésirables, à ce stade, ne
sont pas encore transformés mais éloignés. Nous expérimentons ce processus
lorsque nous pratiquons la méditation d'alignement. Sur les plans mentaux et
astraux, les "matières grossières" sont rejetées. Sur le plan physique, les
"facteurs discordants" sont chassés au loin.
La troisième
strophe est reformulée comme suit :
"Que la
confiance et la joie
Grandissent en
mon cœur
Et que doute et
tristesse
Soient éloignées
de mes pensées"
Notre âme a le
pouvoir de dissoudre les impuretés alors que le mental ne peut que séparer. Ce
dernier peut nous faire croire que nous n'avons plus d'émotions car il a la
possibilité d'ignorer la souffrance ou de l'isoler. Sachons nous placer à un
niveau plus élevé qui nous permettra de comprendre et d'accepter les épreuves.
Cependant, l'âme
ne peut dissoudre certains atomes du mal, ce pouvoir appartenant aux Etres les
plus avancés. Sans Leur aide, nous pouvons seulement contenir le mal. La
dernière strophe de la Grande Invocation rappelle : "Et puisse
t-il (le Plan de Lumière et d'Amour) sceller la porte de la demeure du
mal". Le combat d'Hercule face à l'hydre illustre également le fait que nous ne
pouvons pas éliminer complètement le mal. Après avoir porté l'hydre à la
lumière, Hercule enterre sa tête afin qu'elle ne puisse plus nuire.
Selon le
Traité de Réintégration des Etres de Martinez de Pasqually, Adam lui-même a
failli dans la mission que Dieu lui avait confiée, de contenir les anges déchus
en leur montrant la lumière divine. Bien que plus puissant que Lucifer, Adam
s’est laissé séduire par lui et convaincre d'utiliser ses pouvoirs pour
lui-même. Ce faisant, Adam a chuté dans une densité qu'il n'avait pas anticipée.
Dès lors, l'homme doit retrouver sa place originelle par le processus de
réintégration. Ne pouvant chasser complètement le mal qui est en lui, il
fait appel au Fils de Dieu, dont la mission est de sauver l'humanité.
Quelles sont les
"bonnes habitudes" qui peuvent nous sauver ? Ne transformons pas notre rythme
quotidien en routines, laissant notre conscience s'en remettre à l'automatisme.
L'effort nous permet de distinguer l'habitude du rythme. Quel est cet
effort que nous devons faire et qui nous permet de supporter les éléments sans
tomber dans le "fakirisme" ? Dans le travail spirituel qui est le nôtre, il n'y
a pas de repos.
La quatrième
strophe de l'invocation, abordant la notion de Service, est corrigée ainsi :
"Afin que
rayonnant du Feu de Ton Amour
Avec zèle,
constance et dévotion
Je puisse Te
servir, en communion avec mes Frères
Et restaurer Ton
Royaume sur la terre"
Avec quels mots
notre sœur pourrait-elle exprimer sa reconnaissance envers Dieu dans la
cinquième strophe ? Servons-nous du sentiment amoureux que nous avons pu
connaître car il exprime une potentialité de l'Amour que l'on ressent pour Dieu.
Que montrons-nous à ceux que nous aimons ? Reconnaissance, dévotion,
contemplation, gratitude, glorification, béatitude, chant de louanges,
attirance, élan, fusion, sacrifice, abandon.
Notre sœur,
s'inspirant de ces termes, rédige de la sorte la dernière strophe :
"Seigneur, je
chante Tes louanges
Seigneur, à Toi
je m'abandonne
Seigneur, que Ta
volonté soit faite"
Imaginons notre
relation à l'autre sur le plan Divin. Le regard que nous porterons sur lui fera
grandir sa lumière, notre lumière. Souvenons-nous qu'en nous donnant la Vie,
Dieu fait acte d'Amour. "En Lui nous avons la Vie, le Mouvement et l'Etre".
Pour recevoir
Dieu, nous devons oublier nos imperfections. Notre volonté de perfection ne doit
pas occulter la Volonté de Dieu. Croyons en l'amour des autres et ouvrons notre
cœur. Saisissons l'exigence que le Maître a envers nous et voyons dans nos
relations un miroir qui nous renvoie à nos défaillances. Les échanges entre les
membres se déroulent sous le regard du groupe et sont des occasions pour dire à
l'autre ce qu'il doit changer tout en lui exprimant notre tendresse. La
constatation de nos limitations ne doit pas aboutir à un apitoiement sur soi qui
mène à l'orgueil. Aimons au lieu de déplorer les failles de notre personnalité.
Ph. a ensuite
été invité à formuler devant le groupe une problématique concernant le
rapport que le disciple doit mettre en place avec un Frère Supérieur.
Probablement
influencé par le rayon 6, Ph. est naturellement enclin à la dévotion et a
tendance à focaliser son attention sur une seule personne, en l'occurrence le
Frère Instructeur. Il a ainsi le sentiment que tout est canalisé et que les
risques de trahison sont amoindris. Mais il se demande comment s'entraîner à
élever les énergies et à aller au-delà. Les incitations données dans certains
ouvrages à prier le "Dieu de son cœur" et à choisir son propre Maître peuvent
plonger Ph. dans une incertitude car il ne souhaite pas céder, dans ses prières
ou ses méditations, à une dévotion capricieuse qui pourrait lui faire choisir de
s'adresser arbitrairement à Dieu, au Christ ou à un Maître et susciter en lui un
sentiment de trahison à l'égard du Frère Instructeur.
La dualité
est le fait du mental séparatif et doit être dépassée par le travail unificateur
de l'Amour. Pour atteindre Dieu, il n'y a pas d'autre
chemin. Peut-on aimer Dieu sans aimer Son Fils, la Hiérarchie qui Le sert et
l'humanité tout entière, y compris ceux que l'on n'apprécie pas et ceux qui ne
nous aiment pas ?
Dans la Lumière
Divine que nous regardons, tournés vers l'Est, il y a aussi des Frères
Supérieurs inconnus, avec lesquels nous n'avons pas de relation concrète et qui
ne se blessent pas si nous nous adressons au Frère que nous avons choisi pour
guide. Ce dernier dynamise le Cœur du groupe, alimenté par notre amour, et
l'élève vers le véritable Amour qui est une télépathie supérieure. C'est ainsi
que la réponse à une question précise peut parvenir par le Cœur du groupe. Mais
le Frère Instructeur n'est pas "propriétaire" de sa fonction et ne recherche pas
la dévotion. En tant que frère plus avancé, il nous guide vers la Liberté,
l'Amour et la Joie.
Le Rayon 6 doit
donc devenir inclusif par l'élargissement de la dévotion. Considérons
tous ceux qui montent à travers des chemins différents et aimons les, conscients
que Dieu est immanent et que tous les chemins convergent vers le Christ. Faisons
leur découvrir ce qui est le plus important pour leur cheminement. De même, ce
groupe est un beau jardin où la Lumière peut surgir et où il faut aimer chacun
d'entre nous.
Cette crise, qui
doit se résoudre par l'Amour et un élargissement de la dévotion, prépare la 2ème
initiation. Après ce stade, le problème ne se pose plus ainsi : toute la
personnalité doit un jour être crucifiée et lors de la 4ème
initiation, à cette crucifixion s'ajoute celle de l'Ame elle-même.
Pour être
transfigurée, la personnalité doit demander la fusion. Or, tous les jours nous
apportent des occasions de dépasser des frustrations et des humiliations. Face à
une difficulté, il n'y a que deux réponses sur le plan spirituel : la bonne et
la mauvaise. Techniquement, la mauvaise correspond aux habitudes, à la linéarité
mises en place dans les structures. La bonne s'exprime par l'effort qui
dépasse la linéarité dans notre relation à l'autre. Le travail du
disciple consiste en cela : briser continuellement les fonctions, les
déterminismes. Il ne s'agit pas de cultiver l'héroïsme, mais de se situer à
un niveau où l'effort est minime et subtil. Dans l'Amour et l'Innocuité,
saisissons une direction nouvelle qui ouvre la porte à des espaces insoupçonnés.
Apprenons à déstabiliser le Vieil Homme qui est en nous.
Les trois
tentations du Christ, après 40 jours dans le désert,
illustrent l'effort à accomplir. Dans la 1ère, Satan propose
au Christ d'utiliser ses pouvoirs et de transformer les pierres en pain. Dans la
deuxième, il lui suggère de se précipiter du haut du Temple, sachant qu'il
serait sauvé par les Anges. Dans la 3ème, il lui propose de passer un
contrat avec lui et d'obtenir ainsi les pleins pouvoirs sur le monde. Ces trois
tentations se réduisent à une seule, celle du pouvoir sur la forme et impliquent
l'ego dans trois relations différentes de pouvoir : sur la Matière, par la
protection divine, sur l'humanité. A chacune de ces tentations, le Christ
transcende la linéarité car, sur le plan spirituel, l'effort passe par l'Amour
et non par l'acquisition de pouvoirs.
Les membres du
groupe sont invités à saisir l'opportunité de la chaleur très élevée qui règne
dans le Temple (33°) pour examiner les vibrations éprouvées et observer les
réactions du mental face à l'information reçue. Quel effort chacun souhaite-t-il
faire dans cette situation ? L'effort à réaliser est-il si important ? Par le
véritable effort, la conscience se libère et se situe au-dessus des
tergiversations qui entretiennent l'émotion (trop chaud / trop froid ; trop salé
/ trop sucré...).
Chacun a
ensuite exprimé l'effort (ou les efforts) qu'il a conscience de réaliser
actuellement.
J.P. a le
sentiment de faire des efforts dans sa relation avec son supérieur. Mais a-t-il
véritablement résolu le problème puisqu'il quitte son entreprise ?
J.D., éprouvé
dans son image d'homme par sa vie de couple, a pris du recul et trouve une
nouvelle force en lui.
Co. constate
ponctuellement que certaines choses qu'elle considérait comme objets d'efforts
ne le sont plus désormais. Elle exerce une vigilance particulière dans son
rapport à l'argent qu'elle doit transformer. Ses efforts portent aussi sur la
concentration, la patience, l'accueil et l'abandon du désir de faire pression.
Sy. se sent
submergée et déprimée par les difficultés familiales, professionnelles et
matérielles. Elle a du mal à éprouver du plaisir dans ses actions et craint que
ses efforts manquent d'amour. Elle est incitée à rechercher d'abord l'effort le
plus simple à réaliser.
Di. fait des
efforts dans le domaine de l'éducation où il essaie de développer la juste
attitude et une vision différente.
Th., dans ce
même domaine, essaie de surprendre sa fille, influencée par le signe du
Scorpion, en surabondant dans son sens au lieu d'entrer en conflit. Il s'attache
également à maîtriser sa tendance à la fuite en avant dans le "papillonnage".
Interrogé sur ce qu'il peut briser "ici et maintenant", il évoque son
impatience, notamment par rapport à la situation de chaleur. Il a conscience de
devoir oublier le soi séparé qui a chaud pour être en communion avec les autres.
Si., en matière
d'éducation, s'efforce de se détacher de l'idée de résultat et du sentiment
d'impuissance qu'elle éprouve parfois notamment du fait de ses difficultés
d'audition.
Ma. s'applique à
comprendre les lois au lieu d'appliquer les règles et met en place plus de
souplesse. Plus concrètement, elle découvre un manque d'Amour dans son
comportement impatient envers les objets et les êtres humains et perçoit la
nécessité d'y remédier.
Cl. accepte plus
facilement la remise en question au lieu de s'apitoyer et cherche à développer
un autre regard : celui de l'observateur et non du juge. Cela se traduit, dans
la relation quotidienne, par des choix issus d'un questionnement : "fermeture ou
ouverture ?", "dureté ou douceur ?".
My. travaille à
mettre en place plus de souplesse dans sa relation avec les autres et à
remplacer la peur par l'intelligence. Elle apprend aussi à oser demander au lieu
de rester bloquée sur ses difficultés.
An., grâce au
travail effectué avec le groupe sur la prière qu'elle a écrite, s'efforce de
relativiser la forme et de privilégier la Vérité. Elle comprend qu'il ne peut y
avoir de Beauté sans Vérité. Ce travail de compréhension et de transformation
engendre en elle de la Joie. Ses efforts quotidiens portent aussi sur son
caractère impulsif, sa relation avec l'argent et la relativisation du confort
affectif.
Ol. cherche à
réaliser une alchimie unificatrice afin de dépasser la perception duelle
engendrée par sa personnalité conflictuelle, qui suscite division intérieure et
tristesse.
Do. apprend à
faire taire ses peurs et à oser. Elle affronte désormais des situations qu'elle
s'appliquait jusque là à éviter, ce qui l'a longtemps enfermée dans
l'immobilisme. Elle pense avoir encore des efforts à fournir dans sa relation
éducative avec les adolescents.
Mo. s'efforce de
relativiser son image par rapport aux autres et de dépasser les réactivités
suscitées par la remise en question. Elle a conscience de devoir accepter les
événements sans panique ainsi que ses limitations au lieu de chercher à tout
maîtriser.
L'effort ne
relève donc pas d'une décision spectaculaire. Il s'agit, par une tournure
d'esprit nouvelle, de transformer l'image de soi représentée par un point
enfermé dans un cercle et de donner aux autres en étant libre. Chaque
élargissement de conscience est un pas vers l'Amour.