Le groupe a
repris l'invocation rédigée par une sœur, en y apportant une correction précise
afin de rendre plus rigoureuse l'expression de notre relation avec Dieu.
Cette prière est
formulée par notre sœur dans le but de demander la dissolution des peurs liées à
l'avoir.
Lorsque nous
nous adressons à Dieu, nous lui demandons d'ouvrir notre cœur afin de recevoir
Son Amour. Prions-le afin qu'il nous communique Son regard.
Dans la première
strophe, la relation de notre sœur à Dieu est évoquée ainsi :
"O Seigneur,
Confiante en la
vie éternelle
Que dans ton
Amour Infini
Tu m'as donnée
en héritage
Vers Toi j'élève
ma prière"
Le mot
"Confiante" est remplacé par "Espérant", ce terme caractérisant plus
particulièrement notre sœur qui exprime une tendance au doute dans une strophe
suivante de l'invocation.
Etant une partie
de Dieu, nous pourrions dire que nous sommes déjà éternels. Dieu peut-il retirer
son étincelle de notre structure par sa seule volonté ? Nous profitons de
l'énergie de l'âme qui nous donne vie et conscience mais un homme qui
persisterait à s'opposer à l'âme et à la monade, s'apparenterait à une branche
morte qui devrait être coupée. Quelles sont les raisons pour lesquelles un homme
peut se détourner de Dieu ? Accepte-t-il l'amour de Dieu ? Reconnaît-il en
chaque être une partie du Divin ou méprise-t-il son "humanité" ?
La notion d'
"héritage" ne paraissant pas correcte, la vie éternelle peut être considérée
comme une "promesse à l'humanité" si nous ne voulons pas faire preuve de
prétention.
La première
strophe est recomposée provisoirement de la façon suivante :
"O Seigneur
Espérant en la
vie éternelle
Que dans ton
Amour Infini
Tu promets à
l'humanité
Vers Toi j'élève
ma prière"
La problématique
principale de notre sœur, le mirage des peurs et de l'avoir, est traitée dans la
deuxième strophe :
"Que la lumière
de mon Ame
Et le pouvoir de
son Rayon
Anéantissent les
mirages
Des sombres
peurs et de l'avoir
Brillant de ses
reflets factices"
Le verbe
"Anéantissent" est remplacé par "Dissipent", plus évocateur lorsqu'il s'agit de
dissoudre nos mirages. Les qualificatifs "sombres" et "Brillant de ses reflets
factices" respectivement en relation avec les peurs et l'avoir ne sont pas
équilibrés. L'adjectif "sombres" est retiré car il est porteur d'une noirceur
peut-être indésirable dans une prière. En remplacement, l'expression "Qui me
rattachent au passé" est ajoutée pour qualifier ces mirages, apportant la notion
essentielle de détachement vis-à-vis de nos atomes indésirables.
Ces réflexions
amènent à réécrire la deuxième strophe ainsi :
"Que la lumière
de mon Ame
Et le pouvoir de
son Rayon
Dissipent les
mirages
Des peurs et de
l'avoir
Qui me
rattachent au passé"
La troisième
strophe est porteuse de principes supérieurs aidant à réaliser la rédemption :
"Que Confiance,
Joie et Amour
chassent à
jamais de mon cœur
doute, tristesse
et dureté"
Ce n'est pas
notre "cœur" qui "doute" mais notre mental. Chassons le doute de notre mental,
qui arbitre si puissamment notre personnalité. La petite lumière dans notre cœur
est déjà là, grandissant progressivement. Le mental doit abdiquer et pour cela
nous devons débusquer chaque "non" et chaque idée triste. Le plexus solaire
s'aligne progressivement sur le centre cardiaque dont la lumière s'accroît
pendant que celle du plexus s'éteint progressivement.
Nous sommes le
résultat de nos actes de confiance, de joie et d'amour. N'utilisons pas le
pouvoir de l'épée dès que nous recevons un coup mais sachons aimer et
pardonner.
La troisième
strophe est reformulée provisoirement de la façon suivante :
"Que Confiance,
Joie et Amour
grandissent en
mon cœur
et purifient mes
pensées
de la tristesse
et du doute"
Notre sœur
aborde la notion de Service à travers la quatrième strophe :
"Afin que
rayonnant du Feu de ton Amour
Je puisse te
servir, fidèle, avec mes frères
Restaurant
pierre à pierre ta Céleste Demeure"
La constance,
l'humilité, la joie, l'amour, le zèle, la dévotion, l'oubli de soi, sont des
qualités nécessaires au Service et nous pouvons les demander dans nos prières.
L'expression
"sur la terre" est substituée à "pierre à pierre" qui peut donner une note trop
matérialiste.
La quatrième
strophe est corrigée provisoirement comme suit :
"Afin que
rayonnant du Feu de ton Amour
Je puisse te
servir, avec zèle, en communion avec mes frères
Restaurant sur
la terre ta Céleste Demeure"
La
reconnaissance de notre sœur envers Dieu s'exprime dans la cinquième strophe :
"Seigneur, je Te
rends Grâces
Seigneur, Ouvre
mon cœur
Seigneur, que Ta
volonté soit faite"
Dans cet acte de
gratitude, nous ne continuons pas à demander quelque chose pour nous-même mais
nous laissons s'accomplir la volonté de Dieu.
Cette dernière
strophe pourra être reformulée car l'expression "Ouvre mon cœur" est redondante
avec la troisième strophe.
Notre sœur est
invitée à poursuivre le travail de correction de l'invocation, tant sur le fond
que sur la forme.
Nous pouvons
constater qu'écrire une invocation est un acte créateur et que comme tout acte
créateur, il engendre la joie.
La suite de la
séance a été consacrée à la lecture d'un extrait du livre d'Alice Bailey : L'Etat
de Disciple dans le Nouvel Age, Tome II (pp. 190 à 192).
Des précisions y
sont apportées, concernant la septième méditation proposée aux disciples, sur
les notions de verticalité et d'horizontalité et sur la position spirituelle
du disciple sur la Croix.
Cette méditation
a pour but d'apprendre au disciple à créer sa propre croix en se débarrassant de
l'idée que celle-ci résulte de son karma. En effet, le disciple admis dans un
ashram en a déjà éliminé une grande partie. Il prend alors position sur sa
croix, "les mains tendues en un geste de bénédiction".
La vie
quotidienne du disciple doit être basée sur une attitude verticale et une
efficacité horizontale.
La Vie
verticale concerne :
1. Dieu,
2. la
matière ou opposé polaire, à travers laquelle s'exprime le Divin,
3. la
méthode de cette révélation,
4.
l'accomplissement ou opposé solaire.
La vie verticale
de contact spirituel avec l'ashram est maintenue par la méditation, la prière et
la concentration.
La Vie
horizontale correspond à :
1. l'Unité
ressentie par le disciple avec toute vie et avec l'humanité en particulier,
2. la
compréhension et l'inclusivité qui en résultent,
3. la bonne
volonté croissante qui le motive,
4.
l'expression de cette bonne volonté sur le plan physique.
La vie
horizontale de service est alimentée par un courant d'énergie organisée et
dirigée vers ceux qui ont besoin d'aide.
L'attitude
que le disciple doit maintenir dans le cycle actuel
est symbolisée par le schéma suivant dans lequel les deux croix verticale
(représentée par +) et horizontale (représentée par x) :
- sont
combinées à la croix de l'humanité dont la longue branche symbolise la descente
au plus profond de la vie humaine que le disciple doit réaliser pour préparer
les masses à la venue du Christ,
- et
surmontées d'un cercle représentant "le lieu de la conscience du disciple"qui
indique la mesure de son activité consciente dans l'ashram. Il est rappelé qu'un
ashram de la Hiérarchie se situe sur un plan plus élevé que celui de l'âme.

NB : deux ajouts
(en pointillés) ont été effectués au schéma initial : l'ashram (1) avec lequel
le disciple entre en contact et de multiples paliers horizontaux (2)
symbolisant, sur la ligne verticale, les différents étages d'expression de la
vie de service.
Le disciple est
donc actif simultanément sur trois niveaux et en voie, selon son degré, de
manifester ainsi les trois aspects divins : la Volonté, par sa collaboration
avec la Hiérarchie ; l'Amour, gouvernant sa vie verticale ; l'Intelligence,
gouvernant sa vie horizontale de service. La longue ligne verticale partant du
centre spirituel rayonnant symbolise le Sentier depuis le point le plus élevé
que peut atteindre le disciple jusqu'au point le plus bas du service.
Dans ce schéma,
une deuxième focalisation apparaît au carrefour des trois croix. Il représente
la personnalité du disciple, où le rayonnement supérieur doit pénétrer et d'où
l'énergie spirituelle se projette de tous côtés, si l'antahkarana a été
construit.
Quelle
compréhension pouvons-nous tirer de cette étude par rapport à notre pratique qui
doit aboutir à un alignement supérieur ?
Le Sentier
s'apparente à une échelle sur laquelle le disciple monte et descend librement.
Aucun palier de l'échelle, aucune possibilité de relation avec les autres ne
doivent être négligés.
Ce travail
horizontal se fait, à quelque niveau que ce soit, dans la bienveillance et en
élévation permanente, le regard symboliquement tourné vers l'Est. Il s'agit
d'aller le plus haut possible, au niveau de l'ashram pour descendre le plus bas
possible dans le service.
Cette relation
entretenue avec le Divin apparaît dans l'aptitude spontanée à rendre grâces. A
travers le disciple, Dieu s'exprime et suggère en lui une action de grâces.
Remercions Dieu
avant de lui demander quelque chose, car nous l'avons déjà obtenue. Nous
trouverons alors une réponse en Lui. Cette opportunité, renouvelée dans le
quotidien, nous oblige à penser davantage à la Hiérarchie, à notre Ame et à nous
orienter vers le Maître. Le groupe est témoin de ce cheminement, si nous
acceptons d'être observés. En nous efforçant de comprendre, rendons-nous
présents dans l'Amour.