Bulletin no 173 du 12/07/2003
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 173

Séance du 12/07/2003

J.D. a exposé au groupe une planche intitulée : "Acte omis ou bien... ?" Cette réflexion l'invitait à s'interroger sur les raisons qui l'avaient conduit à oublier de réaliser un travail qui lui était demandé. J.D. a repéré en lui un mécanisme dont il n'était pas conscient et qui s'appuie sur un désir de perfection : lorsque celui-ci ne peut pas être satisfait, sa personnalité s'arrange pour différer la tâche à accomplir et même pour l'oublier. Ce processus se manifeste lorsque la tâche présente une difficulté sur le plan mental, ce qui était le cas en l'occurrence. J.D. perçoit aussi en lui un manque de volonté et une tendance à réaliser d'abord ce qui lui semble le plus facile. Il prend conscience que fuir les difficultés ne permet pas d'atteindre la perfection et que la résolution de sa problématique passe par deux points essentiels : volonté et humilité. 

La majorité des membres reconnaît effectuer en premier les tâches les plus faciles ou les plus plaisantes. Un seul frère, pour des raisons d'organisation et par devoir, commence par réaliser les tâches les plus difficiles. Est-ce le fait d'une nature inquiète et pessimiste qui ressentirait mal la remise en question ? Ou craint-il ses propres reproches ? 

Il est important de distinguer ce qui nous pousse à accomplir les tâches qui paraissent difficiles sur le plan abstrait. Obéissons-nous au sur-moi ou à l'Amour reconnu comme une instance supérieure ? Lorsque le Maître éprouve un disciple, parfois de manière très inattendue, l'exercice ne requiert pas la pure obéissance mais fait appel à une sagesse déjà inscrite dans sa conscience. La Foi permet de dépasser la logique du mental et d'atteindre un autre plan en s'appuyant sur la compréhension de la démarche. Tout exercice est alors opportun et invite à l'humilité. Sainte Rita en est un bel exemple : invitée à arroser chaque jour un bois mort, celui-ci finit par fleurir.

Faut-il construire le sur-moi ? Celui-ci s'édifie dans l'enfance et constitue une étape nécessaire jusqu'à ce que la voie de l'Amour puisse être transmise. L'étage supérieur du mental doit rapidement prendre le dessus et amener l'enfant à "être gentil" par générosité et non plus par devoir, faute de quoi on ne fait que "dresser l'animal" qui se construira lui-même dans la dureté. La véritable gentillesse ne peut résulter d'un sur-moi trop présent, pas plus que d'un sur-moi inexistant.

De nombreux membres ont le sentiment de se battre contre leur sur-moi. Mais comment le faire disparaître ? Doit-on "se battre" contre lui ou développer des qualités d'Amour ? Si le sur-moi dicte des règles de politesse, il semble impossible de poser des actes contraires et d'être dans l'Amour. Mais comment distinguer un acte d'Amour ?

Posons des actes libres, car nous ne pourrons pas être heureux si nous ne sommes pas libres. Chaque acte n'est libre que s'il est l'expression de l'Amour. Les actes d'Amour nous permettent de dialoguer avec notre âme. Posons-nous la question de la motivation de nos actes. Cet acte a-t-il été posé en vertu de l'amour ou d'une pulsion réactive ? Seul un acte d'amour peut apporter la Joie. Seul un acte d'amour peut nous rapprocher de l'humanité. Saint Augustin disait : "Aime et fais ce que tu veux".

La joie s'installe en nous car, dans l'amour, l'âme nous communique ses vibrations. Nous pouvons encore ressentir de la tristesse par rapport à un frère qui souffre, mais seulement par compassion ou empathie, et non plus par pitié de soi.

Ne cherchons pas à utiliser une méthode qui conforterait le sur-moi au lieu de le chasser, étant donné qu'appliquer une méthode conduit à "faire ceci" ou "ne pas faire cela". Oser poser des actes dans l'amour peut être une manière de faire éclater le sur-moi : l'autre peut parfois ne pas comprendre la motivation de ces actes, s'il pense toujours en terme de "donnant-donnant". Si nous sommes trop dépendant des autres, nos actes ne sont pas vraiment libres. Accomplissons notre devoir afin de nous libérer. Un enfant ne peut pas poser des actes d'amour tant qu'il est trop dépendant des adultes qui l'entourent, mais si ceux-ci expriment l'amour, alors l'enfant l'exprimera à son tour.

Lorsque nous commençons à aimer les autres, nous ne ressentons plus d'inquiétude, nous ne nous posons plus la question de savoir si les autres nous aiment en retour. Ce qui compte, c'est que quelque chose s'accomplisse dans l'amour. Apprenons à méditer dans ce sens, car si le quotidien est altéré, nous ne rechercherons pas la beauté dans la méditation.

Il nous est parfois plus facile de poser un véritable acte d'amour avec des inconnus qu'avec nos proches, avec qui nous pouvons partager une histoire difficile ou douloureuse. Ne quêtons pas l'amour des autres car si nous donnons, nous recevrons de l'amour. Cela ne nous empêche pas de voir l'autre avec ses limitations. Peut-être l'autre n'est-il pas toujours prêt à recevoir notre amour.

Notre mental ne nous permet pas de percevoir la réalité de l'autre, mais seulement sa représentation kama-manasique, créée par nous-même, et souvent sans réel rapport avec la réalité.

Les gens simples sont souvent plus aimants que les gens très diplômés, affairistes ou calculateurs car plus nous sommes "intelligents", plus nous attribuons à l'autre l'intention de nous nuire. L'humilité nous permet de nous poser certaines questions : Comment Dieu nous voit-Il ? Comment notre personnalité est-elle perçue par notre âme ? La réalité renvoyée par l'observateur ne doit pas nous attrister, car c'est seulement un descriptif du comportement de notre personnalité. Plus nous relativiserons notre instrument, plus notre âme s'exprimera.

Le Maître présente "plus haut" ce que nous lui donnons, il ne récupère rien pour lui car nous sommes tous tournés vers Dieu. Il n'y a rien à revendiquer pour soi ; en donnant nous renonçons à être un "leader". Nous abandonnons tout qualificatif et toute terminologie qui rassure. 

Lors de la lecture d'une prière rédigée par une sœur, à qui il est suggéré de retravailler le fond et le style, le groupe s'interroge sur les qualités nécessaires pour écrire de beaux poèmes. Il en ressort les vertus suivantes :

1.     Amour – Joie – Vérité

2.     Sensibilité – Culture

3.     Beauté – Feu – Vibration

A fortiori, la tristesse, l'impatience, le manque d'amour et la rigidité nous empêchent d'être des poètes. Lorsque nous écrivons une invocation, nous exprimons une réalité profonde qui équivaut à une méditation. Notre conscience s'élargit à celle du groupe et nous exerçons notre capacité à exprimer des sentiments, l'amour, la joie.

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