Bulletin no 165 du 22/03/2003
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 165

Séance du 22/03/2003

La séance a été marquée par la prise de fonction de La. comme Frère de la Miséricorde. Interrogée sur sa manière d'envisager ce rôle, La. a expliqué qu'elle y voyait un double aspect : matériel et spirituel. Sur le plan matériel, il s'agit de favoriser une ambiance propice à la méditation en préparant le rituel (ordre, propreté de la salle, encens, lumières...). Sur le plan spirituel, elle se doit d'être attentive envers ses frères et soeurs, ce qui nécessite une orientation plus constante vers le service. Il a été rappelé que les deux fonctions, Rigueur et Miséricorde, s'appuient sur la force de l'Amour. 

Si. a ensuite lu au groupe une planche intitulée : "Acte manqué", motivée par son absence, à trois reprises, lors des méditations de nouvelle et pleine lune. La dynamique spirituelle au sein du groupe s'intensifiant, les opportunités d'épreuves et de remises en question invitent la personnalité au silence. Pour Si., malentendante, le mot "silence" est douloureux car il lui rappelle un quotidien d'isolement vécu dans un monologue incessant. Le monologue n'est-il pas un dialogue de sourd ? Invitée à un silence qui la fait souffrir, sa personnalité, trahie dans ses attentes, trahit donc à son tour la volonté sur laquelle elle est censée s'aligner.

Que faire ? Si. a réaffirmé le choix qu'elle a fait de la Vie en conscience avec la Volonté qui l'anime. Dans le royaume de l'Ame, il n'y a pas de place pour les revendications personnelles, tout attachement étant synonyme de mort. Si. comprend que sa participation au sein de ce groupe ne peut se déployer "que" sur le plan énergétique et que c'est là une chance à saisir. Elle a rappelé un passage du "Coeur ardent" : "Maître, que dois-je faire pour avoir en partage la Vie éternelle ?" "Une seule chose : va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens, suis-moi". Si. se propose d'accomplir ce pas en toute conscience et confiance car, selon la Parole de Jésus, "Tout est possible pour Dieu."

A la suite de son analyse, Si. a ajouté que sa situation de "vie intensifiée" lui permettait de comprendre qu'elle est entendue à un certain niveau par le Christ et qu'elle L'entend. 

D'autres membres ont été interpellés par rapport aux actes manqués.

Suite à la mise en place d'une liste de diffusion pour les membres du groupe, deux soeurs n'ont pas répondu au mail qui invitait chacun à s'inscrire.

Jo. a reçu le mail et ne s'est pas sentie interpellée. Elle ressent des peurs par rapport à l'informatique et dit avoir sombré dans une forme d'inconscience.

My., qui avait évoqué ces mêmes peurs lors d'une analyse à la dernière séance, a lu le mail sans aller jusqu'au bout, ne trouvant aucun message en "pièce jointe". Mais il s'agissait d'un message très explicite, sans fichier joint, que tout le monde a reçu. Sans doute n'a-t-elle pas su faire ce qu'il fallait. Faut-il pour autant ajouter le mensonge et l'orgueil au manque de compréhension en n'ayant pas la simplicité de demander des explications ? My. se considère-t-elle comme un membre à part entière ou cette inintelligence révèle-t-elle un désir de mourir ? My. a donc été invitée à retrouver le mail et à y répondre, faute de quoi elle ne pourra pas reprendre sa place dans le groupe. Il faut en effet arriver à se sauver. Dans les couches inférieures, l'intelligence diminue. Mais même le cœur incite à l'adaptation et fait tout pour se servir de l'intelligence et de tous les moyens. La mise en place de la liste de diffusion est donc révélatrice de la vigilance, de la disponibilité et de l'orientation de chacun. 

Th. a ensuite lu une nouvelle planche : "Je me suis disqualifié. Ben oui..." Alors que Th. participe au groupe de travail sur la lecture, il a déclaré à la dernière réunion qu'il ne s'était pas entraîné à lire. Cette attitude est une réaction inconsciente de l'orgueil de sa personnalité, blessée de ne pas avoir été estimée prête à passer de l'entraînement à la lecture enregistrée. Ceci s'est traduit par un relâchement de la vigilance qui démontre son inconstance et la volatilité de ses engagements.

La cause profonde de cette difficulté est peut-être à rechercher dans une absence d'énergie propre. Pour avancer, Th. est dépendant du regard de l'autre, de la reconnaissance ou de l'amour qu'on lui porte, sur le plan familial comme professionnel. Cela le conduit à adopter des comportements tyranniques qui éloignent de l'Amour véritable, qui donne sans rien attendre en retour. Des trahisons sur le plan professionnel ont été pour lui douloureuses mais salutaires, même pour son amour propre.

Il s'interroge aujourd'hui avec plus d'acuité sur les moyens à mettre en œuvre, avec la structure Poissons / Gémeaux qui est la sienne, pour s'auto-déterminer et avancer avec énergie et constance. Face à ses deux véhicules volatiles et instables, il doit sans cesse s'accrocher à la vision d'un autre moi, stable, serein, fort, pratiquant dans l'oubli de lui-même innocuité et parole juste.

Revenant aux difficultés repiratoires rencontrées dans la lecture, Th. a expliqué qu'elles apparaissaient lorsque le corps astral était sollicité, ce qui est le cas lors des exercices devant le groupe.

Pour conclure, Th. estime ne pas s'être disqualifié, mais avoir "calé en tant que moteur" ou s'être "volatilisé en tant que carburant" conformément aux deux aspects de sa structure. Et pourtant il travaille, multiplie les opportunités de service, tempère ses jugements, s'efforce d'être attentif aux signes et de comprendre avant d'agir. Il perçoit peut-être enfin la nécessité vitale d'intégrer ces concepts : Sérénité, Stabilité, Force, Service.

Après cette lecture, Th. a ajouté que son orgueil était toujours présent, mais qu'il commençait à être jugulé par une meilleure compréhension de celui qui sert. Il s'efforce également de dépasser en lui la pitié de soi, une sorte de romantisme un peu mièvre, et de se situer au niveau du cœur.

La tendance romantique des Poissons peut être un atout pour l'écriture, mais nos forces finissent par devenir des faiblesses et la Force doit alors être recherchée à un niveau plus élevé : dans la confiance que "Pour Dieu, tout est possible". Faute de quoi, on atteint seulement une maîtrise de soi qui s'apparente au "fakirisme".

Sans doute avons-nous trouvé une démarche qui nous arrange depuis des années. Accueillons donc les crises avec joie car elles révèlent ce qui est enfoui et que l'on croyait stabilisé. Les crises peuvent être terribles mais elles permettent la régénération des couches bâties depuis des années. Avant d'avoir une vraie relation avec Dieu, il faut passer par des crises profondes qui rendent humbles et à l'issue desquelles il reste le petit enfant qui entrera dans le Royaume des Cieux.

L'humilité n'est pas une simple vertu gratuite et nous ne savons pas quel chemin inattendu Dieu nous a préparé pour y parvenir. Par quels dépouillements devrons-nous passer pour rencontrer Dieu ? A un certain stade, il y a une dynamique profonde à mettre en place au-delà du mental, pour démolir le mental et ses certitudes. Sinon, le risque est de rester bloqué dans une dynamique intellectuelle sans valeur avec les autres, un échange calculé où on ne perdra pas. Mais la remise en question du mental achoppe sur plusieurs écueils. Le premier est le scepticisme et le manque d'amour qui peut en résulter, comme ce peut être le cas chez les Verseaux. Le second est d'aboutir à une ascèse sans véritable renoncement, destinée à obtenir un pouvoir soutendu par de belles théories : on fait alors du psychisme et non de la spiritualité. Malgrè ces difficultés, le processus se poursuit et aboutit à la compréhension que le pouvoir à rechercher est l'humilité. 

Chaque membre du groupe est incité à regarder s'il va vers une crise qui le rendra septique ou bien plein d'espérance. La crise n'est jamais là où nous pouvons l'attendre. Le mental ne nous permet pas de tout voir car il est comme un ennemi qui nous fait face en permanence. L'analyse doit être associée à la prière afin que tout soit bouleversé et que la graine puisse être semée dans une terre pure, dont les pierres cachées auront été mises à jour et enlevées.

My. s'interroge sur ce qui pourrait ébranler les natifs du signe du Verseau. An., elle-même Verseau, pense que la miséricorde de Dieu permet d'aller au plus profond, de secouer la matière la plus dure.

Il nous est toujours possible de dire non mais ce non est-il compatible avec la démarche ? Débusquons les "non" qui nous mettent dans un état qui ne nous permet plus d'avancer. En résistant à l'autre, ne résistons-nous pas à l'Amour ? Nous devons être vigilant face aux mécanismes du vieil homme qui se sent plus avisé que son voisin sur les dessous de tel ou tel événement. Il démontre par là même son scepticisme et son manque d'amour.

Do. a repris sa place de membre et a l'impression de ne pas entendre les choses de la même façon. Par rapport à la planche de Th., Do. exprime le même type de demande et d'attache. Elle a conscience que chacun attend de l'autre sans rien donner et qu'ils doivent acquérir tous deux plus de simplicité dans leurs rapports. Y a-t-il une crise à redouter après le Service ? Pour Do., elle consisterait d'abord à se réhabituer à ses énergies propres, puis à accepter les évènements qui lui permettront d'acquérir plus de douceur, de simplicité et d'humilité.

Mo. pense que la crise qu'elle pourrait vivre doit être à la mesure de son manque d'humilité. Elle a l'impression de prier avec ses névroses et de ne pas faire correctement ce qu'elle a à faire. Mo., dans l'émotion, fait part de son angoisse à l'idée de ne plus pouvoir apprendre et avancer. Comment atteindre l'humilité dans le quotidien ? En regardant ce qu'il y a à voir et en acceptant ce qui se présente.

Fa. se sent confronté au quotidien aux travaux d'Hercule et au fait qu'il ne baisse pas les bras mais continue de résister. 

La réflexion suivante est alors soumise à chacun : "Si je mets en place l'humilité, pourrais-je continuer à faire ce que je fais sur le plan familial et socio-professionnel ? Y a-t-il des fonctions non compatibles avec l'humilité ?" 

Fa., qui exerce une fonction publique, pense qu'il ne peut pas baisser les bras sans que cette attitude soit perçue comme une faiblesse.

C'est dans les moments de relâchement de la conscience que l'on doit mettre en place l'humilité. Elle est souvent vécue comme non conforme à nos fonctions. Ne nous condamnons pas à être le plus fort dans la relation, mais imaginons l'inverse : Soyons humble face à des agitateurs.

Le signe des Gémeaux est un des seuls signes à pouvoir prendre facilement le mental à revers. Il a la faculté de regarder devant et derrière, voyant ainsi les coulisses où se déroule le jeu de la société, lui permettant de percer à jour la comédie humaine.

On ne pourra pas faire l'économie de la mort du vieil homme. La méfiance ne permet pas de vivre l'humilité. Seul l'Amour pourra désarmer l'adversaire. Ne parle-t-on pas d'humilité désarmante ? Il semblerait que les caractéristiques du Scorpion et du Verseau les conduisent à la méfiance et au scepticisme, déguisés sous une apparente sagesse.

Pourquoi ne veut-on pas mettre en place l'humilité ? C'est probablement un problème de recherche de la Vérité. La rigueur est un moyen pour atteindre l'humilité. C'est dans la profondeur que l'on rencontre l'autre, que l'on rencontre Dieu, et que l'on devient humble. Le Frère Instructeur interpelle Th. sur la possibilité d'être créatif et humble en même temps. Approfondir ici, établir des passerelles ailleurs, permettra d'être conséquent. Avoir une démarche scientifique et aller jusqu'au bout de notre recherche nous incite à ne pas nous raconter d'histoires.

Si l'on observe chaque profession, on constate que l'humilité ne peut s'acquérir à priori dans aucunes d'entre elles. Alors, saisissons l'opportunité d'introduire de la "Sainteté" dans notre profession, tel Robert Schuman, le "ministre moine". 

Arrivons-nous à supporter d'être superficiel ? Les membres sont interpellés sur ce qu'il faudrait faire pour devenir humble.

Di. souhaite acquérir souplesse et simplicité.

J.D. aurait besoin de pardonner et de ne plus dépendre du regard de l'autre, en particulier de celui de sa compagne. Est-ce que ce qu'il a vécu lui a permis d'être plus humble ? Il semblerait que J.D. ait plus de facilité à relativiser que dans le passé.

J.P., dans son travail, subit les vexations de son patron en baissant la tête, accumulant de la rancœur, et le conduisant à vouloir armer le guerrier. J.P. peut-il assumer un autre comportement intérieur, gérer les énergies autrement qu'en baissant la tête et en générant de l'agressivité ? Il y a une façon de "passer" dans le mental comme nous ne l'avons encore jamais fait, se frayer une autre voie afin de trouver une autre réponse. Soyons vigilant face aux réactions binaires du mental qui tombe toujours dans le piège de la dualité.

Profitons d'être à l'école des disciples pour accepter notre situation professionnelle avec tous ses inconvénients.

Co., étudiante, pense que cette fonction n'est pas incompatible avec l'humilité si le mental ne récupère pas le savoir. En tant que mère de famille, Co. a un idéal d'humilité.

Mais peut-on parler d'idéal l'humilité ? L'humilité, c'est l'abandon de tout.

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