My. a ouvert la
séance avec une planche intitulée : "Réflexion sur ma non-implication dans le
service de groupe". Celle-ci lui a été donnée à la suite de son refus de
proposer sa candidature au poste de Secrétaire de l'Association. L'analyse a
permis à My. de repérer plusieurs causes à son attitude, alors qu'interpellée
sur le moment elle avait dit ne pas connaître les raisons de sa retenue.
Tout d'abord,
elle a réagi par crainte et disqualification personnelle devant ses difficultés
à utiliser l'outil informatique.
Ensuite, il
existe en elle un automatisme mental qui amplifie ses insuffisances et entraîne
des épreuves. Ne sachant pas, elle ne fait pas et se met hors-jeu par peur de
décevoir. Cette attitude systématique lui paraît découler d'un postulat de
manque d'humilité et de trahison qui parasite sa volonté et lui fait refuser
d'affronter les obstacles. La vie étant par définition une expansion infinie,
entretenir ce comportement lui semble relever du suicide. Au contraire, le don
de soi dans la coopération au service est un acte de Foi.
La troisième
raison de son refus réside dans une programmation d'échec qui s'est inscrite en
elle dès l'enfance et s'est cristallisée. Elle est en relation avec l'accident
de son frère dont elle s'est sentie responsable. La culpabilité qui en est
résultée est, selon My., "l'arbre qui cache la beauté de la forêt". Or, selon le
Tarot Initiatique : "Le passé est chose morte ; le temps l'a rendu figé. Il doit
être une source de leçons faisant mieux comprendre la vie et l'être mais jamais
quelque chose infiniment générateur de regrets venant gêner notre marche en
avant".
My. a aussi
évoqué une tendance à la fixité, liée au signe du Verseau et qui lui semble
significative de la peur de perdre le contrôle de ses véhicules. Cela lui est
apparu récemment au cours d'une méditation où elle a eu la sensation d'être un
plongeur, accroché à une barre, qui ne pouvait pas remonter à la surface. Or, il
peut être utile d'être déstabilisé, voire tourmenté, afin de ressentir la valeur
de la vie, de regarder les choses en face et de comprendre que le pain
spirituel, comme le pain physique, se gagne à force d'efforts.
Ne plus chercher
à se justifier et à inventer des stratagèmes pour se dissimuler, c'est sortir de
la nuit pour aller vers la lumière. La vérité est simple. Mais il faut soi-même
être simple pour la découvrir et tout subordonner à cette quête spirituelle
essentielle.
A la suite de
son analyse, My. s'est demandée si elle était allée au fond de sa réflexion. Il
faut en effet trouver la cause profonde et s'élever vers la Lumière, comme le
font les amoureux qui posent parfois des actes héroïques. Il ne s'agit plus
alors d'engagement mais d'amour de la Lumière et de la Vérité.
Mo. s'est sentie
interpellée par la planche de My. par rapport à l'humilité qui permet d'accepter
de reconnaître ses difficultés et de faire des efforts. Elle dit manquer de
volonté pour aller vers plus de connaissance.
Mais faut-il
faire des efforts pour être humble ou cela relève-t-il d'une décision ? Ni
le Vieil homme qui est là dès la naissance et qui doit mourir en nous, ni le
vieillard qui apparaît avec l'âge n'a envie d'aimer. Faut-il faire des efforts
de Vieil Homme et continuer à réagir et à s'accrocher à des thèses auxquelles on
tient ? C'est le Vieil Homme qui permet d'obtenir des diplômes. Mais cela ne
traduit pas une capacité à approcher la Lumière Spirituelle. Ne confondons pas
développement personnel et quête spirituelle. Faute de cela, si le véritable
travail spirituel n'a pas été effectué lorsque la vieillesse arrive, il ne reste
que démotivation et absence d'intelligence. Apprenons donc à réaliser chaque
jour un acte d'intelligence, un acte créateur, de compréhension, un effort que
l'on croit surhumain. Mobiliser l'intelligence pour répondre à une question
posée dans le quotidien permet d'éviter de devenir un automate. C'est en effet
l'automate, l'animal, le Vieil Homme qui manifeste son orgueil. Ce sont ces
"facultés" mécaniques, de défense sans intelligence qui demeurent chez le
vieillard, ainsi que son orgueil qui continue à croître.
Ainsi,
contrairement au Vieil Homme en nous qui cherche toujours à obtenir des
diplômes, il n'est pas besoin de beaucoup de pré-requis pour servir.
Commençons à servir pour "savoir" sur le plan spirituel. Si des
efforts doivent être fournis, ils doivent être orientés vers le développement de
l'Homme Spirituel. Lorsqu'il est né, il peut continuer à croître après 60 ans
sans problème. Mais il ne faut pas s'attarder sur le chemin : DK ne dit-il pas
qu'après 56 ans il est trop tard ? Cependant, à supposer que le cerveau se mette
"en retraite", ce n'est pas le cas du cœur : si l'on a appris à aimer, il est
possible de continuer. Ce qu'il faut donc promouvoir, ce sont les facultés du
cœur afin que le mental ne régente pas tout.
Pour cela,
l'écueil, notamment chez le Lion, est le manque d'humilité. Pour le signe
opposé, le Verseau, le manque d'énergie vitale l'amène à se marginaliser dans
une forme de bouderie et de tristesse. Peut-on être dans l'amour si l'on n'est
pas dans la joie ?
La séance s'est
poursuivie par l'évocation d'événements vécus
récemment par Ol.
Il y a quelques
semaines, il avait été contacté avec Cl., sa compagne, par Ma., 15 ans, sœur de
celle-ci. Ma. souhaitait venir passer quelques jours chez eux à Paris pour les
vacances de février. Ils avaient accepté, tout en la mettant en garde sur le
fait qu'ils n'étaient pas dotés de moyens de loisirs (télévision) et qu'ils
l'inciteraient au travail, particulièrement en mathématiques et en physique,
matières dans lesquelles elle est en difficulté au lycée.
A son arrivée,
le dimanche, le sujet étant évoqué, Ma. a argué du repos dominical pour éluder
la question. Le lundi, elle a dit ne pas avoir envie de faire des maths et s'est
signalée par des caprices au sujet de la nourriture. Les remarques d'Ol. à ce
sujet ont suscité en elle des émotions et un blocage qui s'est exprimé par
divers caprices et somatisations. Ol. n'a pas cédé à ses lamentations. Le mardi,
alors que Ma. souhaitait louer un DVD, il a refusé car elle n'avait fourni aucun
effort par rapport aux mathématiques. Ma. a encore affirmé ne pas avoir envie
d'en faire, ce qui a amené Ol. à lui poser un ultimatum auquel elle devait
répondre le lendemain : ou elle acceptait de faire des maths, ou elle retournait
chez ses parents. Le lendemain matin, elle a formulé une réponse dictée par la
colère : elle souhaitait rentrer chez elle. Ol. l'a mise en garde sur les
conséquences de son attitude : il valait mieux franchir l'obstacle que de fuir.
Cl., de son côté, a ressenti des tiraillements face à cette situation qui l'a
renvoyée à ses propres difficultés face à l'autorité et à l'effort. Mais elle a
appuyé son compagnon, percevant que Ma. manquait de droiture vis-à-vis de son
engagement.
Ol. a ensuite
téléphoné à An., mère de Ma., à qui il a exposé les faits, pensant qu'An. et Do.
son époux pourraient infléchir Ma. Mais An. s'est inclinée devant ce qui se
passait et n'a pas interpellé Marion. Il a eu le sentiment que le choix
d'orgueil fait par Marion était entériné. Il a donc sans ménagement remis Ma.
dans le premier train. Celle-ci ayant perdu sur le trajet son billet de retour,
il a dû en racheter un nouveau et n'a pas souhaité se faire rembourser afin de
placer Ma. en situation de dette envers lui. Celle-ci en effet ne lui a pas
semblé avoir conscience des notions de remerciement et d'excuse. Il a également
constaté chez elle une difficulté à s'adresser aux hommes. Ne voulant pas passer
par An. qui centralise trop les choses sur le plan familial, il a donc téléphoné
directement à Do., père de Ma., afin de l'inciter à se faire respecter. Il lui a
également demandé de se positionner clairement soit en cautionnant Ma., soit en
changeant les choses, faute de quoi la relation que Cl. et lui pourraient avoir
avec eux dans le futur, notamment lorsqu'ils auront des enfants, serait remise
en cause. Ol. a évoqué la difficulté qu'il éprouve lorsqu'il se rend chez eux,
sachant que Do., qui a quitté le groupe il y a plusieurs années, ne partage pas
ses valeurs. Il a donc volontairement cherché à radicaliser la situation afin
d'amener Do. à réagir. Mais celui-ci s'est contenté d'écouter et n'a pris la
parole qu'une minute.
An., interpellée
au sujet de ces événements, a expliqué qu'elle savait, dès le départ de Ma. à
Paris, que celle-ci allait être éprouvée tant sur le plan des mathématiques que
sur celui de l'autorité. Lorsque Ol. l'a appelée, elle n'a pas eu le sentiment
d'être invitée à prendre une décision, celle-ci lui semblant avoir déjà été
prise par Ol. qui avait posé un ultimatum à Ma. Sachant qu'elle approuvait la
"décision" d'Ol. à qui elle fait confiance, elle n'a pas pensé devoir chercher à
infléchir Ma., ce qui lui aurait semblé court-circuiter l'autorité d'Ol. Elle
s'est donc "tenue ferme" auprès de Cl. et Ol., faisant cause commune afin que
Ma. perçoive cette cohésion.
Mais comment
comprendre la difficulté de Ma. face à l'autorité masculine ? Quelle image de
l'homme An. lui a-t-elle transmise ? Do., son époux, ne doit-il pas se faire
respecter par lui-même sans qu'An. ait à le lui demander ? Que dire encore de
l'attitude d'An. qui, lorsque Ma. n'obéit pas à son père, accomplit la chose à
sa place au lieu de l'obliger à la faire ? Est-il bon de la surprotéger dès que
la moindre difficulté se présente, notamment sur le plan scolaire ?
Les membres ont
ensuite été invités à dire ce qu'ils auraient fait s'ils s'étaient trouvés dans
la même situation.
Th. aurait
demandé une explication claire entre Ol. et son enfant. Mais n'aurait-ce pas été
faire un procès à l'adulte en mettant l'enfant à égalité avec lui ?
Même si un
membre a déclaré ne pas être certain d'avoir la force de radicaliser le problème
comme l'a fait Ol., la majorité aurait incité l'enfant à tenir son engagement.
L'expérience de
Ol. et An. suscite un questionnement sur le mode d'éducation qu'il serait
souhaitable de donner à nos enfants et sur les valeurs que nous devons leur
transmettre.
Cette question
revêt un intérêt particulier dans notre société de consommation où les adultes
sont des éducateurs laxistes face à des enfants qui ne souffrent pas et ont
l’impression que toute est facile.
Nous avons dans
un premier temps abordé le rapport de l'éducateur à l'aspect émotionnel d'une
part, et à la force d'autre part, puis, dans un second temps nous avons examiné
certains choix éducatifs.
Si nous laissons
l’aspect émotionnel s’exprimer, nous nous privons de la lumière de la raison.
Afin d'éviter cet écueil, les parents peuvent décider en commun de mettre en
place une discipline. Dans ce cas, les enfants sensibles à cette dynamique
commencent à comprendre qu'il existe une grandeur sous-jacente. Un tel choix
éducatif ne privilégie pas les mécanismes de l’enfant qui sont en grande partie
ceux du vieil homme. Il n'y a pas à discuter avec l'enfant roi.
Dépasser
l'aspect émotionnel nécessite de faire preuve de force. Pour les femmes, le
rapport qu'elles entretiennent avec les hommes est souvent significatif de leur
attitude face à la force. Par exemple, An. est-elle en mesure de permettre à son
compagnon de se faire respecter ? Il semblerait qu'elle cherche à provoquer son
conjoint en le dévalorisant afin qu’il s’exprime. La problématique d'An. vis à
vis de son époux ne procède-t-elle pas du regard, plus général, d’An. sur les
hommes ? Ayant eu à souffrir dans le passé du comportement nuisible d'un homme,
An. aurait-elle fini par détester tous les hommes ? Un tel mécanisme, pourrait
expliquer les réticences d'An. à écouter les conseils du frère instructeur. De
plus An. doit veiller à ne pas dénigrer son conjoint devant son enfant.
Par un raccourci
simpliste, les vertus de la force sont souvent associées à la testostérone. Cet
amalgame peut conduire un individu qui condamne la force à rejeter l’homme et
toutes ses qualités. Or, la virilité est une force qui appartient à tout être,
homme ou femme, qui s'efforce de regarder les choses en face et désire avancer
droit.
Cette vision
rejoint la théorie de Jung selon laquelle chaque être a une composante masculine
et féminine. Nous sommes incités à dépasser les anciens schémas afin de
promouvoir chez l'enfant des qualités qui ne sont pas sexuées telles que le
courage, l'humilité et la droiture.
Cette
compréhension est un préalable indispensable de la recherche spirituelle. Ainsi,
nous croyons parfois chercher un maître alors que nous sommes encore dans la
relation œdipienne et que nous attendons un père.
En outre, des
maîtres s’expriment au travers de corps féminins. D'ailleurs, parler de
périphérique féminin ou masculin plutôt que d’homme ou de femme serait plus
proche de la réalité spirituelle.
L'éducateur doit
porter un regard critique sur ses actes et chercher les causes qui l'animent.
Si nous faisons
certaines tâches en estimant que nous sommes esclave alors nos enfants ne
voudront pas accomplir ces mêmes tâches.
Si nos
motivations sont purement économiques lorsque nous punissons nos enfants pour
des objets abîmés alors nos critères éducatifs sont relatifs à la valeur d'un
objet à un moment donné.
Si nous
monnayons notre éducation, en récompensant avec de l'argent les efforts de
l'enfant alors nous limitons la portée spirituelle de ce qui est transmis. Nous
nous contentons d'une éducation athée, basée sur le plaisir et l'argent et
génératrice d'angoisse. Dans ce contexte, un homme se fait respecter à la mesure
du salaire qu'il ramène chez lui.
L'éducateur doit
tenter de transmettre une discipline à l'enfant. Tous les enseignements offrent
des opportunités pour atteindre cet objectif. Toutefois, l'éducateur aura
intérêt à choisir un domaine qu'il connaît bien. Ainsi l'enfant verra un modèle
en l'éducateur et sera encouragé et guidé. Souvent les parents n'ayant pas le
temps nécessaire pour cet apprentissage le confient à un autre et compensent par
de l'argent. De plus, les frustrations passées des parents souvent invoquées
pour justifier les activités offertes à leurs enfants, servent souvent de
justifications pour leurs propres désirs et alimentent ceux de leurs enfants.
L'attachement de
Ma. pour les chevaux n'est pas forcément incompatible avec l'éducation qu'elle
doit recevoir. Avoir des chevaux peut être représentatif de valeurs si les
parents incitent l'enfant à une discipline, et à s'occuper lui-même des chevaux.
Si la maîtrise de soi est vue comme l'objectif primordial, cette expérience est
bénéfique. En apprenant à dominer son propre caractère, l'enfant parviendra
naturellement à se faire obéir par l'animal car l'animal respecte la hiérarchie.
L'enfant pourra devenir son propre roi sans faire preuve d’une tyrannie
vis-à-vis de l'animal. En permettant aux enfants de côtoyer des animaux, il faut
veiller à ne pas les laisser exprimer leurs instincts de domination, qui sont
des expressions animales.
L’éducation est
une comédie humaine à travers laquelle nous sommes amenés tour à tour, à être
bon ou méchant, à faire varier le ton et l'intensité de la voix et des
sentiments, et dans laquelle nous sommes inévitablement jugés. Mais l’important
n'est-il pas d'éviter de se prendre au sérieux tout en prenant au sérieux la
vie. Une analogie peut être faite avec le théâtre qui permet de connaître les
lois de la nature humaine pour s'en détacher. Nous endossons un rôle à un moment
donné sans rester prisonnier de ce rôle.
Nous devons être
capables de tout, entre les deux colonnes (rigueur et miséricorde), et ne pas
avoir peur de mourir. Nous devons pouvoir nous appuyer sur une véritable
compréhension de la sagesse qui nécessite de savoir mourir, renoncer, se
détacher. Savoir mourir est plus difficile que de se suicider ou qu’être
indifférent. L'enfant reconnaît la sagesse de l'adulte. Le respect qu'il lui
donne provient davantage de la reconnaissance d'une attitude de noblesse que du
grade d'une fonction. En conséquence, l'éducateur a intérêt à se questionner sur
sa droiture afin d'éviter les trahisons et les compromissions. Un éducateur doit
rechercher à être droit devant les enfants et ne pas avoir peur de la mort. La
vieillesse qui amène la diminution des capacités physiques nous apprend à mourir
et à nous centrer sur l'essentiel de ce que nous sommes, le penseur.
Le frère
instructeur conclue en encourageant An. à comprendre le rôle de l'éducateur.
Cette démarche est suffisante pour l'instant, l’effort viendra après. L'obstacle
est de vouloir arriver à nos fins comme un forcené, une bête fauve alors que
seuls l'intelligence, l'humilité et l'Amour sont nécessaires.
Demandons à Dieu
de nous montrer ce que nous sommes vraiment et ce qui doit être démonté.
Nous devons
sauver les âmes, elles sont précieuses. Peu d'opportunités sont offertes et
beaucoup de temps est perdu. Nous devons voir le temps qui nous est imparti pour
faire passer les valeurs essentielles.
Les opportunités
offertes par la réincarnation ne doivent pas nous inciter à relâcher les
d'efforts. A ce sujet, il est dit que Bouddha, avant de s’incarner, voulait
enseigner la loi de réincarnation aux hommes alors que la Hiérarchie pensait que
ce n'était pas opportun. Est-ce ces mêmes préoccupations qui ont poussé l'Eglise
a occulté la réincarnation en invoquant des motifs qui semblent peu clairs ?
D'autre part, le
frère instructeur incite An. à ne pas redouter les réactions de sa fille.
L'adulte a le pouvoir d'agir en raison de l'affection que lui porte l'enfant. L’Amour
permet à l’enfant de voir ce qui est grand et de reconnaître le bien fondé des
actes posés par l’éducateur. Si en bas, la personnalité n’a pas apprécié
l’action de l'éducateur, l’âme rend grâce à un autre niveau.
Les frères et
les sœurs sont ensuite invités à exprimer leurs réactions sur le thème de
l'éducation.
Th. a été
vivement saisi par ce qui vient d'être dit. Il s'interroge sur la place de
l'Amour dans son attitude qui oscille entre crise d’autoritarisme et désir de
faire plaisir à ses enfants. Trouver une ligne de conduite semble très compliqué
surtout si l’on est soi-même un enfant. Les mouvements oscillatoires sont
inévitables dans notre cheminement car il faut toujours chercher une réponse
adaptée à la situation présente. Le frère instructeur recommande à Th. de ne pas
se préoccuper de ses oscillations et de plutôt s'ouvrir à des concepts
directeurs plus élevés.
Fa. reconnaît
avoir des difficultés à gérer ses enfants.
Ph. se sent
rassuré par rapport à son attitude d’éducateur. Toutefois, il pense devoir
veiller à ne pas renforcer son autorité. Le frère instructeur lui rappelle
qu'avoir une vision claire est le meilleur garant pour trouver l'attitude
juste.
Cl. apprend ce
que peut-être l’éducation et réalise que la patience est nécessaire.
Ol. ne prétend
pas avoir eu la réponse optimale par rapport à Ma. Reconnaissant que l'essentiel
est de sauver des êtres, il est conscient, qu'au-delà de ses déterminismes, il
doit chercher à aimer et non pas à tuer la relation. Il souhaiterait avoir
l'occasion et la capacité d'exprimer l’Amour d’une autre manière que par la
dureté.
An. avoue que la
prise de conscience sur sa manière d'éduquer sa fille a été douloureuse. Ce
constat est d'autant plus pénible qu'An. pensait avoir mieux réussi l'éducation
de son troisième enfant que celle des deux aînés. Suite à la décision d'Ol., sa
fille a réagi violemment, comparant le groupe à une secte en quête de
perfection. Seul, le frère instructeur continue d'incarner pour elle Amour et
rigueur. An. espère être une bonne éducatrice pour ses petits enfants. Mais elle
ne doit pas chercher à se transformer pour être une bonne grand-mère. Elle doit
s'éduquer et s'accomplir elle-même, ce qui la rendra capable en toute
circonstance d'avoir un rôle approprié.
My. revient sur
son passé et reconnaît avoir fait beaucoup d’erreurs, notamment, lorsqu'elle a
menacé sa fille de la mettre à la porte si elle ne réussissait pas son
baccalauréat. Cet exemple illustre l'importance de ne promettre que ce que nous
sommes en mesure de tenir.
Co. éprouve
parfois un sentiment d’impuissance dans son rôle d'éducatrice. Bien qu'ayant
pris conscience que l’Amour pouvait tout, elle éprouve des difficultés à choisir
une réponse juste qui lui coûtera plus d'efforts. Lutter contre cette tendance
nécessite de prendre des milliers de décisions chaque jour.
J.D. reconnaît
l’enfant en lui dans son attitude rigide en bute à celle plus laxiste de sa
femme.
Il alterne entre
des sentiments tendres pour son épouse et une dureté. Pour sortir de ces
mécanismes, J.D. doit considérer le pardon comme une force basée sur la
compréhension. Le pardon dans la miséricorde n’est pas un pardon de faiblesse,
ni l'expression d'un complexe d’infériorité. Au contraire, il s'agit de
s'appuyer sur la souffrance qui nous a été infligée pour aimer davantage et
s’oublier. Au fur et à mesure que nous avançons, nous pourrons ainsi nous
découvrir solidaire de l’humanité. Nous souffrons et nous reconnaissons en
nous-même un peu de toutes les misères humaines, alors nous nous mettons à
prier.
A l'exemple du
Christ, portant toute cette misère humaine, nous sommes conduits à endosser ce
que nous avons été il y a très longtemps. Nous comprenons qu'il n'y a rien de
bon dans le vieil homme mais nous n’en faisons pas un complexe. Notre
périphérique devient un outil. Nous réalisons qu'un autre périphérique ne nous
aiderait pas davantage et nous pouvons dire : "Moi l’âme je sers et je ne suis
pas ce corps. Je peux tout dire de ce périphérique mais, Moi, l’Ame, je suis
parfait".
Nous montrons à
l'enfant que nous accomplissons notre devoir puis nous tirons notre révérence.
S'évertuer à corriger un petit défaut s'avère être une perte de temps.
L'important est d'élever notre regard et de nous aligner.
Jo. a dépassé le
seuil des 56 ans tout en poursuivant sa démarche spirituelle. Franchir cette
étape l'a rendue plus calme et elle sait, aujourd'hui, qu'elle a un service à
accomplir envers des hommes en difficulté. Gardant en mémoire le mal que lui a
fait un homme, elle n'a pas pu récemment aider un collègue masculin qui la
sollicitait. Depuis, Jo. est déterminée à dépasser cet obstacle afin de pouvoir
servir.
Mo. n'a pas le
sentiment d’avoir réussi en tant qu'éducatrice. Elle a le sentiment de devoir
apprendre l’écoute et la douceur. Son objectif est d'aller vers plus de sagesse
en donnant de l’Amour dans chaque acte accompli.
Di. s'est senti
interpellé. Il s'interroge sur ses capacités à exiger des enfants ce qu'il n'est
pas en mesure d'être lui-même. Son comportement oscille entre excès de colère et
confusion affective qu'il n’arrive pas à dépasser. Il reste parfois sur
l'impression d’être tyrannique et de ne pas arriver à trouver le juste milieu.
Ma. a souffert
en écoutant les réflexions qui viennent d'être faites. Elle s'interroge sur
l'image qu'elle a des hommes car cette représentation doit avoir des
répercussions sur l’enfant qu'elle élève. Les symboles attribués à Ma. sont
significatifs du rapport qu'elle entretient avec l'aspect masculin : "la petite
fille avec un gros camion", " la petite fille qui va déposer des fleurs à
l’autel et qui a peur du Monsieur dans l’église".
Ma doit renoncer
à attendre un second enfant car son compagnon ne le désire pas et cette
naissance n'améliorerait pas les relations du couple.
Ma. est
interpellée sur les craintes de son fils à prier les yeux fermés. Th. tient à
méditer avec sa mère. Or, l'ambiance choisie par Ma. (sur le lit de Ma. et dans
le noir) est sans doute peu propice à un enfant. Les méditations pour les
enfants doivent être basées sur la visualisation, la musique ou une image
positive afin de ne pas éveiller le psychisme inférieur.
Si. qui
reconnaît n’avoir eu, à la base, que peu de connaissance en matière d’éducation,
remercie sa fille Pa. d'avoir su lui inspirer une grande exigence. Les efforts
de Pa. vont au-delà des mouvements initiés par Si. De ce fait, cette aspiration
très forte permet à Si. de se dépasser.
La. désirerait
découvrir le courage et la rigueur nécessaires pour stimuler ses enfants à
grandir dans la droiture. Retenue par son angoisse, elle n'ose pas les corriger
efficacement et cette attitude va à l'encontre de la fermeté que tente
d'instaurer son compagnon.