Bulletin no 163 du 22/02/2003
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 163

Séance du 22/02/2003

My. a ouvert la séance avec une planche intitulée : "Réflexion sur ma non-implication dans le service de groupe". Celle-ci lui a été donnée à la suite de son refus de proposer sa candidature au poste de Secrétaire de l'Association. L'analyse a permis à My. de repérer plusieurs causes à son attitude, alors qu'interpellée sur le moment elle avait dit ne pas connaître les raisons de sa retenue.

Tout d'abord, elle a réagi par crainte et disqualification personnelle devant ses difficultés à utiliser l'outil informatique.

Ensuite, il existe en elle un automatisme mental qui amplifie ses insuffisances et entraîne des épreuves. Ne sachant pas, elle ne fait pas et se met hors-jeu par peur de décevoir. Cette attitude systématique lui paraît découler d'un postulat de manque d'humilité et de trahison qui parasite sa volonté et lui fait refuser d'affronter les obstacles. La vie étant par définition une expansion infinie, entretenir ce comportement lui semble relever du suicide. Au contraire, le don de soi dans la coopération au service est un acte de Foi.

La troisième raison de son refus réside dans une programmation d'échec qui s'est inscrite en elle dès l'enfance et s'est cristallisée. Elle est en relation avec l'accident de son frère dont elle s'est sentie responsable. La culpabilité qui en est résultée est, selon My., "l'arbre qui cache la beauté de la forêt". Or, selon le Tarot Initiatique : "Le passé est chose morte ; le temps l'a rendu figé. Il doit être une source de leçons faisant mieux comprendre la vie et l'être mais jamais quelque chose infiniment générateur de regrets venant gêner notre marche en avant".

My. a aussi évoqué une tendance à la fixité, liée au signe du Verseau et qui lui semble significative de la peur de perdre le contrôle de ses véhicules. Cela lui est apparu récemment au cours d'une méditation où elle a eu la sensation d'être un plongeur, accroché à une barre, qui ne pouvait pas remonter à la surface. Or, il peut être utile d'être déstabilisé, voire tourmenté, afin de ressentir la valeur de la vie, de regarder les choses en face et de comprendre que le pain spirituel, comme le pain physique, se gagne à force d'efforts.

Ne plus chercher à se justifier et à inventer des stratagèmes pour se dissimuler, c'est sortir de la nuit pour aller vers la lumière. La vérité est simple. Mais il faut soi-même être simple pour la découvrir et tout subordonner à cette quête spirituelle essentielle. 

A la suite de son analyse, My. s'est demandée si elle était allée au fond de sa réflexion. Il faut en effet trouver la cause profonde et s'élever vers la Lumière, comme le font les amoureux qui posent parfois des actes héroïques. Il ne s'agit plus alors d'engagement mais d'amour de la Lumière et de la Vérité.

Mo. s'est sentie interpellée par la planche de My. par rapport à l'humilité qui permet d'accepter de reconnaître ses difficultés et de faire des efforts. Elle dit manquer de volonté pour aller vers plus de connaissance.

Mais faut-il faire des efforts pour être humble ou cela relève-t-il d'une décision ? Ni le Vieil homme qui est là dès la naissance et qui doit mourir en nous, ni le vieillard qui apparaît avec l'âge n'a envie d'aimer. Faut-il faire des efforts de Vieil Homme et continuer à réagir et à s'accrocher à des thèses auxquelles on tient ? C'est le Vieil Homme qui permet d'obtenir des diplômes. Mais cela ne traduit pas une capacité à approcher la Lumière Spirituelle. Ne confondons pas développement personnel et quête spirituelle. Faute de cela, si le véritable travail spirituel n'a pas été effectué lorsque la vieillesse arrive, il ne reste que démotivation et absence d'intelligence. Apprenons donc à réaliser chaque jour un acte d'intelligence, un acte créateur, de compréhension, un effort que l'on croit surhumain. Mobiliser l'intelligence pour répondre à une question posée dans le quotidien permet d'éviter de devenir un automate. C'est en effet l'automate, l'animal, le Vieil Homme qui manifeste son orgueil. Ce sont ces "facultés" mécaniques, de défense sans intelligence qui demeurent chez le vieillard, ainsi que son orgueil qui continue à croître.

Ainsi, contrairement au Vieil Homme en nous qui cherche toujours à obtenir des diplômes, il n'est pas besoin de beaucoup de pré-requis pour servir. Commençons à servir pour "savoir" sur le plan spirituel. Si des efforts doivent être fournis, ils doivent être orientés vers le développement de l'Homme Spirituel. Lorsqu'il est né, il peut continuer à croître après 60 ans sans problème. Mais il ne faut pas s'attarder sur le chemin : DK ne dit-il pas qu'après 56 ans il est trop tard ? Cependant, à supposer que le cerveau se mette "en retraite", ce n'est pas le cas du cœur : si l'on a appris à aimer, il est possible de continuer. Ce qu'il faut donc promouvoir, ce sont les facultés du cœur afin que le mental ne régente pas tout.

Pour cela, l'écueil, notamment chez le Lion, est le manque d'humilité. Pour le signe opposé, le Verseau, le manque d'énergie vitale l'amène à se marginaliser dans une forme de bouderie et de tristesse. Peut-on être dans l'amour si l'on n'est pas dans la joie ? 

La séance s'est poursuivie par l'évocation d'événements vécus récemment par Ol.

Il y a quelques semaines, il avait été contacté avec Cl., sa compagne, par Ma., 15 ans, sœur de celle-ci. Ma. souhaitait venir passer quelques jours chez eux à Paris pour les vacances de février. Ils avaient accepté, tout en la mettant en garde sur le fait qu'ils n'étaient pas dotés de moyens de loisirs (télévision) et qu'ils l'inciteraient au travail, particulièrement en mathématiques et en physique, matières dans lesquelles elle est en difficulté au lycée.

A son arrivée, le dimanche, le sujet étant évoqué, Ma. a argué du repos dominical pour éluder la question. Le lundi, elle a dit ne pas avoir envie de faire des maths et s'est signalée par des caprices au sujet de la nourriture. Les remarques d'Ol. à ce sujet ont suscité en elle des émotions et un blocage qui s'est exprimé par divers caprices et somatisations. Ol. n'a pas cédé à ses lamentations. Le mardi, alors que Ma. souhaitait louer un DVD, il a refusé car elle n'avait fourni aucun effort par rapport aux mathématiques. Ma. a encore affirmé ne pas avoir envie d'en faire, ce qui a amené Ol. à lui poser un ultimatum auquel elle devait répondre le lendemain : ou elle acceptait de faire des maths, ou elle retournait chez ses parents. Le lendemain matin, elle a formulé une réponse dictée par la colère : elle souhaitait rentrer chez elle. Ol. l'a mise en garde sur les conséquences de son attitude : il valait mieux franchir l'obstacle que de fuir. Cl., de son côté, a ressenti des tiraillements face à cette situation qui l'a renvoyée à ses propres difficultés face à l'autorité et à l'effort. Mais elle a appuyé son compagnon, percevant que Ma. manquait de droiture vis-à-vis de son engagement.

Ol. a ensuite téléphoné à An., mère de Ma., à qui il a exposé les faits, pensant qu'An. et Do. son époux pourraient infléchir Ma. Mais An. s'est inclinée devant ce qui se passait et n'a pas interpellé Marion. Il a eu le sentiment que le choix d'orgueil fait par Marion était entériné. Il a donc sans ménagement remis Ma. dans le premier train. Celle-ci ayant perdu sur le trajet son billet de retour, il a dû en racheter un nouveau et n'a pas souhaité se faire rembourser afin de placer Ma. en situation de dette envers lui. Celle-ci en effet ne lui a pas semblé avoir conscience des notions de remerciement et d'excuse. Il a également constaté chez elle une difficulté à s'adresser aux hommes. Ne voulant pas passer par An. qui centralise trop les choses sur le plan familial, il a donc téléphoné directement à Do., père de Ma., afin de l'inciter à se faire respecter. Il lui a également demandé de se positionner clairement soit en cautionnant Ma., soit en changeant les choses, faute de quoi la relation que Cl. et lui pourraient avoir avec eux dans le futur, notamment lorsqu'ils auront des enfants, serait remise en cause. Ol. a évoqué la difficulté qu'il éprouve lorsqu'il se rend chez eux, sachant que Do., qui a quitté le groupe il y a plusieurs années, ne partage pas ses valeurs. Il a donc volontairement cherché à radicaliser la situation afin d'amener Do. à réagir. Mais celui-ci s'est contenté d'écouter et n'a pris la parole qu'une minute.

An., interpellée au sujet de ces événements, a expliqué qu'elle savait, dès le départ de Ma. à Paris, que celle-ci allait être éprouvée tant sur le plan des mathématiques que sur celui de l'autorité. Lorsque Ol. l'a appelée, elle n'a pas eu le sentiment d'être invitée à prendre une décision, celle-ci lui semblant avoir déjà été prise par Ol. qui avait posé un ultimatum à Ma. Sachant qu'elle approuvait la "décision" d'Ol. à qui elle fait confiance, elle n'a pas pensé devoir chercher à infléchir Ma., ce qui lui aurait semblé court-circuiter l'autorité d'Ol. Elle s'est donc "tenue ferme" auprès de Cl. et Ol., faisant cause commune afin que Ma. perçoive cette cohésion.

Mais comment comprendre la difficulté de Ma. face à l'autorité masculine ? Quelle image de l'homme An. lui a-t-elle transmise ? Do., son époux, ne doit-il pas se faire respecter par lui-même sans qu'An. ait à le lui demander ? Que dire encore de l'attitude d'An. qui, lorsque Ma. n'obéit pas à son père, accomplit la chose à sa place au lieu de l'obliger à la faire ? Est-il bon de la surprotéger dès que la moindre difficulté se présente, notamment sur le plan scolaire ?

Les membres ont ensuite été invités à dire ce qu'ils auraient fait s'ils s'étaient trouvés dans la même situation.

Th. aurait demandé une explication claire entre Ol. et son enfant. Mais n'aurait-ce pas été faire un procès à l'adulte en mettant l'enfant à égalité avec lui ?

Même si un membre a déclaré ne pas être certain d'avoir la force de radicaliser le problème comme l'a fait Ol., la majorité aurait incité l'enfant à tenir son engagement. 

L'expérience de Ol. et An. suscite un questionnement sur le mode d'éducation qu'il serait souhaitable de donner à nos enfants et sur les valeurs que nous devons leur transmettre.

Cette question revêt un intérêt particulier dans notre société de consommation où les adultes sont des éducateurs laxistes face à des enfants qui ne souffrent pas et ont l’impression que toute est facile.

Nous avons dans un premier temps abordé le rapport de l'éducateur à l'aspect émotionnel d'une part, et à la force d'autre part, puis, dans un second temps nous avons examiné certains choix éducatifs. 

Si nous laissons l’aspect émotionnel s’exprimer, nous nous privons de la lumière de la raison. Afin d'éviter cet écueil, les parents peuvent décider en commun de mettre en place une discipline. Dans ce cas, les enfants sensibles à cette dynamique commencent à comprendre qu'il existe une grandeur sous-jacente. Un tel choix éducatif ne privilégie pas les mécanismes de l’enfant qui sont en grande partie ceux du vieil homme. Il n'y a pas à discuter avec l'enfant roi.

Dépasser l'aspect émotionnel nécessite de faire preuve de force. Pour les femmes, le rapport qu'elles entretiennent avec les hommes est souvent significatif de leur attitude face à la force. Par exemple, An. est-elle en mesure de permettre à son compagnon de se faire respecter ? Il semblerait qu'elle cherche à provoquer son conjoint en le dévalorisant afin qu’il s’exprime. La problématique d'An. vis à vis de son époux ne procède-t-elle pas du regard, plus général, d’An. sur les hommes ? Ayant eu à souffrir dans le passé du comportement nuisible d'un homme, An. aurait-elle fini par détester tous les hommes ? Un tel mécanisme, pourrait expliquer les réticences d'An. à écouter les conseils du frère instructeur. De plus An. doit veiller à ne pas dénigrer son conjoint devant son enfant. 

Par un raccourci simpliste, les vertus de la force sont souvent associées à la testostérone. Cet amalgame peut conduire un individu qui condamne la force à rejeter l’homme et toutes ses qualités. Or, la virilité est une force qui appartient à tout être, homme ou femme, qui s'efforce de regarder les choses en face et désire avancer droit.

Cette vision rejoint la théorie de Jung selon laquelle chaque être a une composante masculine et féminine. Nous sommes incités à dépasser les anciens schémas afin de promouvoir chez l'enfant des qualités qui ne sont pas sexuées telles que le courage, l'humilité et la droiture.

Cette compréhension est un préalable indispensable de la recherche spirituelle. Ainsi, nous croyons parfois chercher un maître alors que nous sommes encore dans la relation œdipienne et que nous attendons un père.

En outre, des maîtres s’expriment au travers de corps féminins. D'ailleurs, parler de périphérique féminin ou masculin plutôt que d’homme ou de femme serait plus proche de la réalité spirituelle. 

L'éducateur doit porter un regard critique sur ses actes et chercher les causes qui l'animent.

Si nous faisons certaines tâches en estimant que nous sommes esclave alors nos enfants ne voudront pas accomplir ces mêmes tâches.

Si nos motivations sont purement économiques lorsque nous punissons nos enfants pour des objets abîmés alors nos critères éducatifs sont relatifs à la valeur d'un objet à un moment donné.

Si nous monnayons notre éducation, en récompensant avec de l'argent les efforts de l'enfant alors nous limitons la portée spirituelle de ce qui est transmis. Nous nous contentons d'une éducation athée, basée sur le plaisir et l'argent et génératrice d'angoisse. Dans ce contexte, un homme se fait respecter à la mesure du salaire qu'il ramène chez lui. 

L'éducateur doit tenter de transmettre une discipline à l'enfant. Tous les enseignements offrent des opportunités pour atteindre cet objectif. Toutefois, l'éducateur aura intérêt à choisir un domaine qu'il connaît bien. Ainsi l'enfant verra un modèle en l'éducateur et sera encouragé et guidé. Souvent les parents n'ayant pas le temps nécessaire pour cet apprentissage le confient à un autre et compensent par de l'argent. De plus, les frustrations passées des parents souvent invoquées pour justifier les activités offertes à leurs enfants, servent souvent de justifications pour leurs propres désirs et alimentent ceux de leurs enfants.

L'attachement de Ma. pour les chevaux n'est pas forcément incompatible avec l'éducation qu'elle doit recevoir. Avoir des chevaux peut être représentatif de valeurs si les parents incitent l'enfant à une discipline, et à s'occuper lui-même des chevaux. Si la maîtrise de soi est vue comme l'objectif primordial, cette expérience est bénéfique. En apprenant à dominer son propre caractère, l'enfant parviendra naturellement à se faire obéir par l'animal car l'animal respecte la hiérarchie. L'enfant pourra devenir son propre roi sans faire preuve d’une tyrannie vis-à-vis de l'animal. En permettant aux enfants de côtoyer des animaux, il faut veiller à ne pas les laisser exprimer leurs instincts de domination, qui sont des expressions animales. 

L’éducation est une comédie humaine à travers laquelle nous sommes amenés tour à tour, à être bon ou méchant, à faire varier le ton et l'intensité de la voix et des sentiments, et dans laquelle nous sommes inévitablement jugés. Mais l’important n'est-il pas d'éviter de se prendre au sérieux tout en prenant au sérieux la vie. Une analogie peut être faite avec le théâtre qui permet de connaître les lois de la nature humaine pour s'en détacher. Nous endossons un rôle à un moment donné sans rester prisonnier de ce rôle.

Nous devons être capables de tout, entre les deux colonnes (rigueur et miséricorde), et ne pas avoir peur de mourir. Nous devons pouvoir nous appuyer sur une véritable compréhension de la sagesse qui nécessite de savoir mourir, renoncer, se détacher. Savoir mourir est plus difficile que de se suicider ou qu’être indifférent. L'enfant reconnaît la sagesse de l'adulte. Le respect qu'il lui donne provient davantage de la reconnaissance d'une attitude de noblesse que du grade d'une fonction. En conséquence, l'éducateur a intérêt à se questionner sur sa droiture afin d'éviter les trahisons et les compromissions. Un éducateur doit rechercher à être droit devant les enfants et ne pas avoir peur de la mort. La vieillesse qui amène la diminution des capacités physiques nous apprend à mourir et à nous centrer sur l'essentiel de ce que nous sommes, le penseur. 

Le frère instructeur conclue en encourageant An. à comprendre le rôle de l'éducateur. Cette démarche est suffisante pour l'instant, l’effort viendra après. L'obstacle est de vouloir arriver à nos fins comme un forcené, une bête fauve alors que seuls l'intelligence, l'humilité et l'Amour sont nécessaires.

Demandons à Dieu de nous montrer ce que nous sommes vraiment et ce qui doit être démonté.

Nous devons sauver les âmes, elles sont précieuses. Peu d'opportunités sont offertes et beaucoup de temps est perdu. Nous devons voir le temps qui nous est imparti pour faire passer les valeurs essentielles.

Les opportunités offertes par la réincarnation ne doivent pas nous inciter à relâcher les d'efforts. A ce sujet, il est dit que Bouddha, avant de s’incarner, voulait enseigner la loi de réincarnation aux hommes alors que la Hiérarchie pensait que ce n'était pas opportun. Est-ce ces mêmes préoccupations qui ont poussé l'Eglise a occulté la réincarnation en invoquant des motifs qui semblent peu clairs ?

D'autre part, le frère instructeur incite An. à ne pas redouter les réactions de sa fille. L'adulte a le pouvoir d'agir en raison de l'affection que lui porte l'enfant. L’Amour permet à l’enfant de voir ce qui est grand et de reconnaître le bien fondé des actes posés par l’éducateur. Si en bas, la personnalité n’a pas apprécié l’action de l'éducateur, l’âme rend grâce à un autre niveau. 

Les frères et les sœurs sont ensuite invités à exprimer leurs réactions sur le thème de l'éducation. 

Th. a été vivement saisi par ce qui vient d'être dit. Il s'interroge sur la place de l'Amour dans son attitude qui oscille entre crise d’autoritarisme et désir de faire plaisir à ses enfants. Trouver une ligne de conduite semble très compliqué surtout si l’on est soi-même un enfant. Les mouvements oscillatoires sont inévitables dans notre cheminement car il faut toujours chercher une réponse adaptée à la situation présente. Le frère instructeur recommande à Th. de ne pas se préoccuper de ses oscillations et de plutôt s'ouvrir à des concepts directeurs plus élevés. 

Fa. reconnaît avoir des difficultés à gérer ses enfants. 

Ph. se sent rassuré par rapport à son attitude d’éducateur. Toutefois, il pense devoir veiller à ne pas renforcer son autorité. Le frère instructeur lui rappelle qu'avoir une vision claire est le meilleur garant pour trouver l'attitude juste. 

Cl. apprend ce que peut-être l’éducation et réalise que la patience est nécessaire. 

Ol. ne prétend pas avoir eu la réponse optimale par rapport à Ma. Reconnaissant que l'essentiel est de sauver des êtres, il est conscient, qu'au-delà de ses déterminismes, il doit chercher à aimer et non pas à tuer la relation. Il souhaiterait avoir l'occasion et la capacité d'exprimer l’Amour d’une autre manière que par la dureté. 

An. avoue que la prise de conscience sur sa manière d'éduquer sa fille a été douloureuse. Ce constat est d'autant plus pénible qu'An. pensait avoir mieux réussi l'éducation de son troisième enfant que celle des deux aînés. Suite à la décision d'Ol., sa fille a réagi violemment, comparant le groupe à une secte en quête de perfection. Seul, le frère instructeur continue d'incarner pour elle Amour et rigueur. An. espère être une bonne éducatrice pour ses petits enfants. Mais elle ne doit pas chercher à se transformer pour être une bonne grand-mère. Elle doit s'éduquer et s'accomplir elle-même, ce qui la rendra capable en toute circonstance d'avoir un rôle approprié. 

My. revient sur son passé et reconnaît avoir fait beaucoup d’erreurs, notamment, lorsqu'elle a menacé sa fille de la mettre à la porte si elle ne réussissait pas son baccalauréat. Cet exemple illustre l'importance de ne promettre que ce que nous sommes en mesure de tenir. 

Co. éprouve parfois un sentiment d’impuissance dans son rôle d'éducatrice. Bien qu'ayant pris conscience que l’Amour pouvait tout, elle éprouve des difficultés à choisir une réponse juste qui lui coûtera plus d'efforts. Lutter contre cette tendance nécessite de prendre des milliers de décisions chaque jour.

J.D. reconnaît l’enfant en lui dans son attitude rigide en bute à celle plus laxiste de sa femme.

Il alterne entre des sentiments tendres pour son épouse et une dureté. Pour sortir de ces mécanismes, J.D. doit considérer le pardon comme une force basée sur la compréhension. Le pardon dans la miséricorde n’est pas un pardon de faiblesse, ni l'expression d'un complexe d’infériorité. Au contraire, il s'agit de s'appuyer sur la souffrance qui nous a été infligée pour aimer davantage et s’oublier. Au fur et à mesure que nous avançons, nous pourrons ainsi nous découvrir solidaire de l’humanité. Nous souffrons et nous reconnaissons en nous-même un peu de toutes les misères humaines, alors nous nous mettons à prier.

A l'exemple du Christ, portant toute cette misère humaine, nous sommes conduits à endosser ce que nous avons été il y a très longtemps. Nous comprenons qu'il n'y a rien de bon dans le vieil homme mais nous n’en faisons pas un complexe. Notre périphérique devient un outil. Nous réalisons qu'un autre périphérique ne nous aiderait pas davantage et nous pouvons dire : "Moi l’âme je sers et je ne suis pas ce corps. Je peux tout dire de ce périphérique mais, Moi, l’Ame, je suis parfait".

Nous montrons à l'enfant que nous accomplissons notre devoir puis nous tirons notre révérence. S'évertuer à corriger un petit défaut s'avère être une perte de temps. L'important est d'élever notre regard et de nous aligner. 

Jo. a dépassé le seuil des 56 ans tout en poursuivant sa démarche spirituelle. Franchir cette étape l'a rendue plus calme et elle sait, aujourd'hui, qu'elle a un service à accomplir envers des hommes en difficulté. Gardant en mémoire le mal que lui a fait un homme, elle n'a pas pu récemment aider un collègue masculin qui la sollicitait. Depuis, Jo. est déterminée à dépasser cet obstacle afin de pouvoir servir. 

Mo. n'a pas le sentiment d’avoir réussi en tant qu'éducatrice. Elle a le sentiment de devoir apprendre l’écoute et la douceur. Son objectif est d'aller vers plus de sagesse en donnant de l’Amour dans chaque acte accompli. 

Di. s'est senti interpellé. Il s'interroge sur ses capacités à exiger des enfants ce qu'il n'est pas en mesure d'être lui-même. Son comportement oscille entre excès de colère et confusion affective qu'il n’arrive pas à dépasser. Il reste parfois sur l'impression d’être tyrannique et de ne pas arriver à trouver le juste milieu. 

Ma. a souffert en écoutant les réflexions qui viennent d'être faites. Elle s'interroge sur l'image qu'elle a des hommes car cette représentation doit avoir des répercussions sur l’enfant qu'elle élève. Les symboles attribués à Ma. sont significatifs du rapport qu'elle entretient avec l'aspect masculin : "la petite fille avec un gros camion", " la petite fille qui va déposer des fleurs à l’autel et qui a peur du Monsieur dans l’église".

Ma doit renoncer à attendre un second enfant car son compagnon ne le désire pas et cette naissance n'améliorerait pas les relations du couple.

Ma. est interpellée sur les craintes de son fils à prier les yeux fermés. Th. tient à méditer avec sa mère. Or, l'ambiance choisie par Ma. (sur le lit de Ma. et dans le noir) est sans doute peu propice à un enfant. Les méditations pour les enfants doivent être basées sur la visualisation, la musique ou une image positive afin de ne pas éveiller le psychisme inférieur. 

Si. qui reconnaît n’avoir eu, à la base, que peu de connaissance en matière d’éducation, remercie sa fille Pa. d'avoir su lui inspirer une grande exigence. Les efforts de Pa. vont au-delà des mouvements initiés par Si. De ce fait, cette aspiration très forte permet à Si. de se dépasser. 

La. désirerait découvrir le courage et la rigueur nécessaires pour stimuler ses enfants à grandir dans la droiture. Retenue par son angoisse, elle n'ose pas les corriger efficacement et cette attitude va à l'encontre de la fermeté que tente d'instaurer son compagnon.

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