Au cours de
cette séance, les membres ont été invités à exprimer leurs ressentis et leurs
difficultés depuis la dernière séance, consacrée à la trahison, qui a suscité de
nombreuses remises en question. Il a aussi été suggéré à chacun de s'adresser à
tel ou tel membre du groupe qu'il souhaiterait interpeller pour l'inviter à
changer.
Depuis la
dernière séance, La. a été confrontée à ses propres violences et a
éprouvé une révolte intérieure contre ses difficultés, en particulier sa
"myopie" qui lui fait porter le même regard sur les détails du quotidien et sur
sa démarche spirituelle. Elle ressent en elle un manque de simplicité et de
confiance et éprouve un certain découragement. Elle a interpellé Fa. chez qui
elle perçoit une forme de distance dans la relation.
Pour Ph.,
la séance sur la trahison avait déjà été initiée par des phases préparatoires :
l'invitation à rendre grâces et à prier suggérée par un poème de M. Muller ainsi
qu'une récente question : "Qui d'entre vous s'en est déjà remis à Dieu pour
demander plus d'humilité ?". L'idée de trahir le Maître est insupportable pour
Ph. du fait de sa tendance à idéaliser la dévotion. Cela l'amène à éprouver
colère, irritation et peurs qui sont elles-mêmes autant de trahisons. Sa remise
en question lui fait comprendre la nécessité de faire taire le mental pour
écouter davantage le cœur en revenant à la prière de type chrétien. Prier pour
les autres, développer patience, obéissance et humilité lui semblent des
attitudes correctrices à cultiver en ce qui le concerne. S'agissant du groupe,
il a relevé un comportement déviant qui consiste, faute de pouvoir exprimer
l'amour, à adopter une attitude mielleuse. Il a interpellé Th. pour sa tendance
à l'humour déplacé et Si. pour sa propension aux bavardages après les
rencontres. Plus généralement, le groupe lui semble manifester trop de mollesse
et une tendance aux relations de compromis. Le fait de ne pas oser le dire lui
apparaît aussi comme une forme de trahison.
Th.
a conscience de sa déviance sur le plan mental qui s'exprime par une certaine
légèreté ou superficialité qui lui fait mélanger le sacré et le profane dans
l'humour. A la suite de la dernière séance, il a rédigé une planche intitulée :
"Celui par qui le scandale arrive". Le symbole de la robe l'a fortement
interpellé car il lui est apparu nécessaire d'être déjà purifié avant de la
revêtir. Il se dit également gêné par un mental récupérateur et boulimique de
concepts et de connaissances qui le conduit à la dissipation. Enfin, concernant
les embrassades avant ou après le service, elles lui semblent correspondre à un
besoin de se reconnaître.
Jo.
s'est sentie très mal à l'aise après la dernière séance. Elle s'est rendu compte
que la trahison était chez elle à relier avec sa difficulté à prendre sa place
au sein d'un groupe ou dans la vie. Ceci se traduit par une attitude de
mollesse. Elle a aussi fait état du sentiment de "mort" qu'elle éprouverait à
l'idée de ne pas pouvoir continuer à travailler dans le groupe.
J.D.,
en fonction de son vécu de couple, a conscience de devoir dépasser son orgueil,
sa rancœur et ses peurs, portes ouvertes à la trahison, et de devoir apprendre à
aimer. Il s'est adressé à Th. qu'il a rappelé au respect à cause de sa
décontraction, notamment dans sa tenue vestimentaire.
J.D. a
l'opportunité d'apprendre l'Amour grâce à l'épreuve qu'il traverse mais il
risque de se couper de Dieu s'il est tenté de se venger des infidélités de sa
compagne. Notamment, J.D. peut récupérer les conseils du frère Instructeur pour
satisfaire des mécanismes particuliers en privant sa compagne de ce qui se passe
dans le groupe. Bien que M.J. ait trahi son besoin affectif, J.D. doit dépasser
ses réactions afin de ne pas fermer son cœur.
Ma.
a le sentiment de trahir par une tendance à la récupération affective, par la
séduction et par sa difficulté à trouver un juste équilibre entre froideur et
gentillesse. Elle a exprimé à Fa. sa difficulté à entrer en relation avec lui.
Elle le trouve plus fermé depuis que M.H. est partie et ressent chez lui une
difficulté à exprimer l'amour. Elle s'est également adressée à My. avec laquelle
elle ne trouve pas d'accroche profonde dans la relation qui lui paraît
inconsistante.
Co.
se demandait depuis quelque temps que faire pour accélérer le processus sur le
sentier car elle avait une impression de stagnation. La dernière séance lui est
apparue comme une sonnette d'alarme dans un contexte de remises en questions
nombreuses et de réactivités. La dichotomie ressentie entre son vécu et ce
qu'elle exprime est pour elle le terreau du mensonge et de la trahison. Son
mental se protège par la fermeture et la censure, empêchant l'expression de
l'amour. Sans doute le groupe n'a-t-il pas franchi un certain seuil du fait des
diverses problématiques présentes en chacun. Cela doit inciter à cultiver plus
d'aspiration et à envoyer des pensées d'amour dans le sens de la progression.
Elle a interpellé Th. qui a du mal à garder sa juste place et dont la
problématique semble tourner autour de la question : "Qu'est-ce que la
Hiérarchie ?". Elle a également fait état de l'attitude de plus en plus absente
de Fa. et de sa non-implication. S'adressant à Mo., elle l'a interpellée au
sujet de sa focalisation sur certains points négatifs qui nourrissent la
critique.
Pour Ol.,
la réflexion sur la trahison a fait écho en lui par rapport à la dualité "noir /
blanc" qu'il observe en lui depuis ses plus anciens souvenirs. Le côté sombre
s'exprime par une tendance à se juger par rapport aux autres, à rechercher une
position en vue et avantageuse. Sa relation avec l'Instructeur lui semble
affectée par le problème de l'orgueil. Il oscille entre aspiration et affection
d'une part et rivalité intellectuelle d'autre part. Ceci peut le conduire à un
manque d'amour par rapport à plus avancé que lui et la dualité crainte / envie
qui pourrait alimenter la trahison. Sans doute cette tendance sombre est-elle un
rappel du côté rebelle et instinctif du signe du Scorpion qui influence sa
personnalité. Il aspire donc à rechercher l'humilité. Il a invité Th. à plus de
solennité et de retenue et a évoqué la nécessité d'éviter dans le groupe les
relations trop affectives et mielleuses qui sont difficiles à gérer et appellent
la fermeté en guise de réponse.
Il existe des
crises terribles où l'on peut attribuer à l'Instructeur tous les défauts que
l'on a. Elles résultent d'une association avec les couches inférieures
rattachées au passé. C'est le cas du Verseau soumis à sa "vague inférieure" ou
du Scorpion chez qui le gardien du Seuil peut susciter un rappel très puissant
du passé. Or, la lutte traduit la présence de l'obscurité et s'oppose à la Joie
de l'Amour révélé dans la Lumière. L'Instructeur sait, comprend et pardonne,
mais il souffre car il existe un lien au niveau du cœur entre lui et les
disciples. Il est un portique, un guide vers le Christ auquel il a recommandé
les disciples. On ne peut pas vaincre l'obscurité dans la solitude. Il faut donc
prier le Christ qui est au fond de notre cœur et aimer profondément celui qui
nous guide vers Dieu. Le disciple doit aussi avoir à l'esprit que la Hiérarchie
est "économe" et ne place pas deux guides au-dessus de lui. Il lui revient donc
de distinguer qui est son ami sur le plan vertical.
Cl.
s'est dite encore marquée par les lourdeurs du passé, mais elle progresse vers
plus de joie et d'amour. Ses limites se manifestent surtout sur le plan
intellectuel, par une tendance à l'orgueil et à l'apitoiement sur soi qui
pourraient conduire à la trahison. Sa personnalité craint la remise en question
et adopte une attitude de fermeture par rapport à autrui, empêchant une
véritable relation et l'expression de l'amour. Elle aspire à poursuivre le
travail au sein de ce groupe et s'interroge sur le choix de son futur métier :
lui permettra-t-il de servir ? Elle s'est adressée à An., sa sœur et mère, à
propos de ses remarques humoristiques qui lui permettent d'entretenir, dans
l'autodérision, sa tendance abusive de mère protectrice.
La lecture sur
la trahison a conduit Fa. à faire le constat des limitations de nos
personnalités car la trahison peut s'immiscer dans tous les aspects de notre vie
quotidienne.
Lorsque Fa.
évoque l'impression qu'il ressent de se sentir nulle part et très loin à la
fois, le frère Instructeur lui rappelle le souhait général des membres du groupe
de le voir s'exprimer davantage sur lui-même.
Les réticences
de Fa. à se confier, suscitent des questions ; ce silence est-il une marque de
dédain, d'orgueil ou de désespoir ? Fa. répond qu'il ne voit pas l'utilité de
partager ses problèmes. Il se retrouve, ainsi, dans la position paradoxale du
frère isolé qui a choisi le groupe. Fa., qui emploie souvent le mot "ami" pour
qualifier une relation, sait-il discerner qui sont ses véritables "amis" ?
Depuis quelques
temps, la solitude de Fa. a été renforcée par le départ du groupe de M.H., son
épouse. My., An. ou Si., dont le compagnon ne partage pas ou plus la démarche,
ont réussi à affirmer leur choix et à le faire accepter par leur compagnon.
Jusqu'à quel niveau peut-on vivre une intimité, partager des valeurs profondes,
éduquer des enfants en ne partageant pas son travail spirituel ? Il faut
nécessairement beaucoup d'amour pour continuer à vivre ensemble avec un
filtrage. Cette attitude est difficile tant que le cœur n'est pas éveillé car le
mental nous empêche d'avoir la réserve nécessaire. De plus, sous la pression, la
solution de facilité consiste, souvent, à se répandre.
Fa. vit sa
problématique avec ses énergies de Verseau. La solitude du Verseau est faite
pour apprendre à aimer davantage. Les frères et sœurs dynamisés par les énergies
de ce signe ont dès l'enfance une structure prédisposée au scepticisme et une
tristesse dont les raisons sont successivement l'isolement puis le mal être dans
la foule. Toutefois, nous pouvons nous demander si le Verseau subit l'isolement
ou s'il le récupère pour justifier une mise à l'écart volontairement choisie car
il reproduit les mêmes mécanismes d'isolement avec sa famille, ses amis, ses
collègues.
Ma. aurait
souhaité maintenir une relation avec M.H. Cependant, nous devons réaliser que la
porte qui est franchie lors de l'entrée dans le groupe doit être respectée lors
du départ d'un frère. Ce n'est pas en rejoignant sa personnalité que nous
l'aiderons. Au contraire, sa solitude doit l'aider à retrouver les raisons qui
l'ont fait rechercher le travail du groupe. Il est nécessaire de réaliser que
les difficultés rencontrées dans la démarche proviennent du fait qu'il ne s'agit
pas d'une simple psychothérapie mais d'un sentier initiatique. Le groupe révèle
ce qui est indésirable jusqu'à ce que nous puissions atteindre la fraternité.
Concernant les
compromis que l'on est amené à faire avec le monde profane, il est nécessaire de
faire appel à la Lumière qui est en soi afin de distinguer amis et ennemis ou
encore frères d'humanité et frères de groupe. Ceci afin de ne pas trahir le
processus initiatique en révélant, à des personnes qui ne sont pas prêtes, des
connaissances confiées par le Maître et qui relèvent du secret du cœur. N'y
a-t-il pas derrière cette attitude une volonté de se faire reconnaître ? Il est
donc nécessaire de sonder, avec le cœur, nos motivations ainsi que le frère
auquel on s'adresse, afin de distinguer "sol fertile et sol stérile". Il en est
de même vis-à-vis des frères et sœurs qui ont quitté le groupe : il faut
respecter leur choix et les laisser réfléchir dans la solitude afin qu'ils
puissent reconsidérer les raisons qui les ont amenés à frapper à cette porte.
En revanche, il
est essentiel de dire à un frère de groupe ce que l'on ressent de lui, en
l'interpellant de cœur à cœur. C'est une épreuve dont la finalité est
d'optimiser le parcours de chacun en suscitant une dynamique salutaire.
Cl.
se souvient du chemin parcouru depuis peu et sa progression lui procure de la
satisfaction. Cependant, elle se trouve confrontée à ses limites : orgueil,
tendance à l'apitoiement, qui peuvent conduire à la trahison. Dans ses échanges
avec les frères et sœurs, Cl. redoute le regard de l'autre et reste, de ce fait,
centrée sur sa personnalité, créant ainsi un obstacle à l'Amour.
Cl. ressent
l'aspiration pour poursuivre le chemin. Le frère Instructeur rappelle que
l'adhésion au groupe est le résultat d'un acquiescement à un certain nombre de
questions. Il n'y a ni avantages sociaux à gagner, ni exigences maçonniques mais
seulement une attitude d'Amour et de recherche de la connaissance.
Actuellement,
Cl. se questionne sur les motivations qui la poussent à devenir assistance
sociale. Lors de son dernier stage, elle a été témoin de propos durs et
désinvoltes tenus par ses tuteurs envers les personnes en difficulté dont ils
devaient s'occuper.
Cl. partage sa
problématique avec d'autres membres du groupe. Notre démarche nous incite à
choisir la voie du cœur et nous voudrions trouver un métier qui nous permette
d'exprimer l'Amour.
Si nous
cherchons à savoir quelle profession serait la plus appropriée pour atteindre
cet objectif, nous constatons qu'il n'existe pas de réponse toute faite.
L'attitude laxiste et proche de l'enfance de certains psychologues, celle de
prêtres qui officient comme des fonctionnaires ou celle de religieuses dures,
sèches et impitoyables dans leur jugement, illustrent notre propos. Dans toutes
circonstances, le mental discrimine et peut nous faire penser soit que les gens
sont médiocres soit qu'ils méritent notre estime car ils peuvent nous faire
gravir l'échelle sociale. A l'inverse, des métiers prédisposent au pouvoir ou à
l'avoir mais, paradoxalement, certains individus dont le rayon s'harmonise avec
ce type d'activité peuvent faire évoluer la société.
Nous sommes
souvent dans une fonction qui autorise des actes alors que le cœur est la source
d'une liberté insoupçonnable. Mais nous maintenons ces mécanismes afin, sans
doute, de nous prouver que nous sommes meilleurs que les autres. Nous sommes si
petits, qu'il nous faut des fonctions qui nous donnent l'impression d'être
quelqu'un qui aime. Mais quel sera le résultat de nos actions prétendues
altruistes si nous souffrons d'un sentiment d'infériorité ?
Quelle que soit
notre activité, nous devons nous demander chaque jour ce que nous pouvons faire
d'original pour forcer notre carcan et dépouiller la personnalité. Nous serons
ainsi conduits à agir au plus près de nos capacités intellectuelles en mettant
nos compétences entre les mains du Christ. Dans chaque profession, il existe des
occasions d'aimer, de sortir de la simple fonction à laquelle nous sommes
assignés. Le risque est d'être enfermé dans une fonction qui robotise.
Face à son
choix, Cl. réagit avec sa personnalité de Sagittaire qui se caractérise par ses
élans enfantins et l'impression de posséder la science infuse.
Chez J.P.,
le sujet de la trahison a fait remonter la peur d'être un simple passant. En
raison de son attitude à l'extérieur souvent marquée par l'orgueil et l'envie de
combattre, il ne se sent pas suffisamment digne pour porter la robe.
Le doute par
rapport à soi induit le doute des autres à notre égard. Nous créons ainsi les
conditions de la trahison. Le guide ne juge pas nos capacités mais apprécie la
direction que nous avons prise. Le frère Instructeur nous incite à faire le
constat qu'il faut éveiller le cœur et exprimer l'Amour, sans hésiter, avec nos
propres gestes. Si nous ne nous sentons pas dignes, tournons nous vers le Christ
et laissons lui nous répondre. Evidemment, le présent est le résultat de nos
pensées passées mais il faut cependant éviter d'en rajouter et demander la
miséricorde de Dieu. Nous pouvons aussi penser à l'Amour du Maître qui peut
prendre sur lui un certain fardeau.
A l'exemple de
J.P. qui travaille sur son attitude avant de rentrer dans le temple, nous devons
être attentifs à tous les symboles qui nous entourent car les couleurs de notre
mental témoignent de nos trahisons.
Di.
a été perturbé par le thème de la trahison et a ressenti de la culpabilité. Il
été saisi par le contraste entre l'Instructeur toujours présent et le passant
qu'il pouvait incarner. Cela a créé, chez lui, la peur que le temple ne s'ouvre
pas et l'impression de perdre un père spirituel. Un grand vide l'a saisi, lui
rappelant celui de ses séances analytiques. Puis, ses difficultés liées à
l'orgueil et la paresse ont ressurgi. Face à ce malaise, des chants de louange
ont émergé dans sa conscience. Di. exprime naturellement sa note dévotionnelle
dans le groupe mais doit être vigilant à ne pas régresser.
Les difficultés
sur le plan intellectuel entraînent de l'orgueil mais une facilité aurait les
mêmes effets. Un jour, nous devrons relativiser nos connaissances, cependant, la
société nous conditionne à être le meilleur. Pouvons nous affirmer que nous
sommes le meilleur pour partager avec les autres ? Nous devons gérer
simultanément nos facultés, notre caractère et la personnalité. Les épreuves
sont des opportunités d'Amour. Entre la volonté d'utiliser nos capacités et
notre désir d'humilité, nous rencontrons inévitablement des frustrations.
Si.
a constaté récemment qu'elle pouvait oublier, dans des moments de débordements
affectifs, la présence du Christ. Cette occultation de la force et de l'humilité
données par le Christ représente pour Si. une trahison.
La réaction de
Mo. par rapport à la trahison a été un sentiment de culpabilité suscité
par deux jugements sur sa propre personne qui sont, d'une part, un manque
d'implication et, d'autre part, l'impression de toucher à tout sans avoir de
véritable direction. Pour Mo., la passivité ou l'agitation l'éloignent du
véritable service.
Nous pouvons
demander au Christ comment servir mais il est possible que nous soyons déjà dans
le service avec le travail qui est les notre qu'il s'agisse d'une fonction
consacrée ou d'une petite tâche discrète. Nous devons avoir une idée juste de
nous-même en mettant en place une adéquation entre fonction, service et
reconnaissance. L'objectif de cette attitude est de mettre la personnalité à
genoux dans un premier temps, en recherchant l'humilité et dans un second temps,
seulement, en faisant reconnaître nos capacités dans un service particulier.
Ceux qui vivent
une crise d'orientation âme / personnalité en se demandant si leur service est
adapté, doivent s'en remettre au Christ et apprendre à reconnaître les petits
accomplissements.
Concernant ce
sujet, le frère Instructeur fait allusion au conte suivant : "Un jour un
maharadjah demanda à un yogi de lui communiquer ses secrets. Ce à quoi le yogi
répondit : "Tu les auras lorsque tu reviendras à genoux." Longtemps après, le
maharadjah revint à genoux, sans couronne et dépouillé."
Sa personnalité
du signe du Lion pousse Mo. à rechercher une reconnaissance. Elle voudrait avoir
la joie de réaliser qu'elle est en train de servir. Mais cette attitude relève
de l'orgueil car le critère du service est d'être dans la joie et de ne pas
penser à soi.
My.
s'est sentie fortement interpellée lors de la dernière séance. Des pensées
morbides l'ont submergée. La tristesse l'a envahie à l'idée qu'elle devait
quitter le groupe car elle se sentait être un poids mort et inutile.
Lorsque la
culpabilité risque de nous faire dévier en alimentant de mauvaises pensées, il
est nécessaire de se faire plus simple dans notre cœur et d'apprendre grâce à la
science de la méditation à éliminer les pensés obscures. Quand nous posons un
acte maladroit nous devrions éviter la culpabilité et le jugement, qui ne nous
sont d'aucune aide et ne nous font pas progresser. L'objectif d'optimiser les
pensées ne s'atteint pas par une correction permanente mais grâce à la prière
dans l'humilité pour accueillir l'Amour et accepter d'être pardonné. Peut-être
n'avons nous pas suffisamment cheminé pour en arriver à ces subtilités là. Dieu
souhaite que nous l'aimions, il n'exige pas mais nous a donné sa vie pour cela.
La culpabilité
revient à être sa propre référence. Nous pouvons nous rendre de plus en plus
insensible à ce que nous pensons de nous, mais cela ne suffit pas à nous rendre
heureux. Nous pouvons nous réconcilier avec la source de notre vie. Dans cette
relation, il y a l'Amour et la joie.
An.
a ressenti un malaise dès le début de la dernière séance. Elle avait le
sentiment d'être interpellée par rapport à la relation qu'elle avait eu la
semaine passée avec un ami. An. pensait avoir trahi le groupe en invitant cette
personne dont le comportement s'est révélé négatif. Cet ami est un jésuite qui a
passé sa vie à aider des enfants et des femmes. A soixante-dix ans, il s'est
refermé sur lui-même et attend que Dieu vienne le chercher. Il vie sans être
heureux et pense que les personnes âgées n'ont pas de valeur. Son travail social
aurait-il était une horizontalité sans invoquer le Christ dans chaque acte qu'il
faisait ?
Cet ami
recherchait particulièrement la présence d'An. qu'il apprécie pour sa culture
d'helléniste. Cette expérience fut un test pour An. Elle doit se positionner
avec fermeté et ne plus être une petite fille qui désire trouver un papa. Seules
les expériences qui élèvent sont à privilégier. Quel est l'idéal spirituel de
An. : la théologie, l'hellénisme... ? Sera-t-elle heureuse si elle se plonge
dans ces études ?
An. a également
eu des difficultés avec sa fille, Ma. Croyant qu'elle allait vers moins de
passions, elle a cédé à ses désirs. Ma. doit apprendre qu'elle ne sera jamais
satisfaite et An. ne doit pas l'éloigner de son père en voulant incarner
simultanément l'autorité paternelle et maternelle.
L'humour est
souvent employé chez An. Cette auto-dérision est-elle une volonté de
s'assassiner soi-même ou un moyen de dire encore des choses et de sauvegarder
des habitudes ? Il serait plus approprié de trouver un humour qui ne descende
personne mais qui vienne du cœur et dédramatise les situations au regard de
notre petitesse face à Dieu.
Do.
a pris conscience, lors de la dernière séance, de sa capacité potentielle à
trahir. Elle a réalisé qu'il existait beaucoup de façons très subtiles de
trahir. Pour Do., les principales causes de trahison sont l'insuffisance de ses
méditations et le manque de douceur de son caractère. Elle déplore, également,
le peu de détermination dans la direction choisie. Cette tiédeur résulte, selon
Do., de sa tendance à l'auto-dénigrement. Ces comportements lui renvoient un
manque de profondeur. Elle a accepté la robe en raison de l'aspect dévotionnel
de sa personnalité mais elle aurait souhaité lui donner une signification plus
profonde. Le fait de ne pas oser pointer la légèreté de son compagnon lui
renvoie sa propre légèreté.
Do. est dans
l'émotion, devant l'expression d'Amour du frère qui se tient à l'Est. Elle
ressent de plus en plus le besoin d'aimer mais se trouve confrontée à sa dureté
et sa sécheresse. Le frère Instructeur rappelle à Do. que tout ce qu'elle
souhaite arrivera et l'incite à regarder chaque effort effectué dans le
quotidien. Il n'existe pas de méthode, il s'agit uniquement de trier les pensées
en regardant celles qui ont la couleur du cœur. Éviter les pensées méchantes, ne
pas les laisser venir car il serait trop tard : nous les dirions forcément. Le
tri mental nous prépare à l'ouverture du cœur. Nous ne savons ouvrir le cœur
mais nous savons comment il se ferme.
Al.
sentait venir un moment difficile avant que ne soit abordé le sujet de la
trahison. La trahison, pour lui, consiste à avoir accepté davantage de travail
dans son activité professionnelle ce qui la rendu moins disponible pour le
service. Il a pris conscience à l'issue de la dernière séance, qu'arrêter la
démarche équivaudrait à vivre une incarnation pour rien. Al. souhaite ne plus
avoir recourt au mensonge et demande au frère instructeur de l'aider.
L'important est
d'optimiser notre démarche, d'apprivoiser notre relation avec notre propre
solitude et de nous consacrer à la pureté, au travail et à l'Amour. Seul et
pourtant pas seul et en même tant apprendre à aimer. Etre en communion profonde
avec les êtres qui passent dans notre environnement et en même temps vivre la
solitude. Cet Amour est omniprésent, il s'exprime à chaque seconde et se dirige
vers les êtres qui le demandent. Si une personnalité ne peut recevoir l'Amour
dans la situation présente, cet amour parviendra un jour à sa destination.
La relation
entre les âmes est belle. Alors que nous croyons ne pas être aimé, au-delà du
temps et de l'espace, nous serons surpris de recevoir cet Amour. L'Amour agit,
également, sur celui qui l'envoie car il reçoit en échange une vague de Joie.
Nous pensons être suspendu à un fil fragile mais nous ne savons pas que Dieu,
notre source infiniment aimante, ne nous abandonnera jamais. Nous attendons la
grande opportunité de servir avec un grand "S" qui sera cause d'une joie
profonde mais nous devons commencer par des petits actes. Redevenons petits pour
accéder à un autre royaume et ne nous empêchons pas d'aimer.