Bulletin no 160 du 11/01/2003
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 160

Séance du 11/01/2003

Au cours de cette séance, les membres ont été invités à exprimer leurs ressentis et leurs difficultés depuis la dernière séance, consacrée à la trahison, qui a suscité de nombreuses remises en question. Il a aussi été suggéré à chacun de s'adresser à tel ou tel membre du groupe qu'il souhaiterait interpeller pour l'inviter à changer.

Depuis la dernière séance, La. a été confrontée à ses propres violences et a éprouvé une révolte intérieure contre ses difficultés, en particulier sa "myopie" qui lui fait porter le même regard sur les détails du quotidien et sur sa démarche spirituelle. Elle ressent en elle un manque de simplicité et de confiance et éprouve un certain découragement. Elle a interpellé Fa. chez qui elle perçoit une forme de distance dans la relation. 

Pour Ph., la séance sur la trahison avait déjà été initiée par des phases préparatoires : l'invitation à rendre grâces et à prier suggérée par un poème de M. Muller ainsi qu'une récente question : "Qui d'entre vous s'en est déjà remis à Dieu pour demander plus d'humilité ?". L'idée de trahir le Maître est insupportable pour Ph. du fait de sa tendance à idéaliser la dévotion. Cela l'amène à éprouver colère, irritation et peurs qui sont elles-mêmes autant de trahisons. Sa remise en question lui fait comprendre la nécessité de faire taire le mental pour écouter davantage le cœur en revenant à la prière de type chrétien. Prier pour les autres, développer patience, obéissance et humilité lui semblent des attitudes correctrices à cultiver en ce qui le concerne. S'agissant du groupe, il a relevé un comportement déviant qui consiste, faute de pouvoir exprimer l'amour, à adopter une attitude mielleuse. Il a interpellé Th. pour sa tendance à l'humour déplacé et Si. pour sa propension aux bavardages après les rencontres. Plus généralement, le groupe lui semble manifester trop de mollesse et une tendance aux relations de compromis. Le fait de ne pas oser le dire lui apparaît aussi comme une forme de trahison. 

Th. a conscience de sa déviance sur le plan mental qui s'exprime par une certaine légèreté ou superficialité qui lui fait mélanger le sacré et le profane dans l'humour. A la suite de la dernière séance, il a rédigé une planche intitulée : "Celui par qui le scandale arrive". Le symbole de la robe l'a fortement interpellé car il lui est apparu nécessaire d'être déjà purifié avant de la revêtir. Il se dit également gêné par un mental récupérateur et boulimique de concepts et de connaissances qui le conduit à la dissipation. Enfin, concernant les embrassades avant ou après le service, elles lui semblent correspondre à un besoin de se reconnaître. 

Jo. s'est sentie très mal à l'aise après la dernière séance. Elle s'est rendu compte que la trahison était chez elle à relier avec sa difficulté à prendre sa place au sein d'un groupe ou dans la vie. Ceci se traduit par une attitude de mollesse. Elle a aussi fait état du sentiment de "mort" qu'elle éprouverait à l'idée de ne pas pouvoir continuer à travailler dans le groupe. 

J.D., en fonction de son vécu de couple, a conscience de devoir dépasser son orgueil, sa rancœur et ses peurs, portes ouvertes à la trahison, et de devoir apprendre à aimer. Il s'est adressé à Th. qu'il a rappelé au respect à cause de sa décontraction, notamment dans sa tenue vestimentaire.

J.D. a l'opportunité d'apprendre l'Amour grâce à l'épreuve qu'il traverse mais il risque de se couper de Dieu s'il est tenté de se venger des infidélités de sa compagne. Notamment, J.D. peut récupérer les conseils du frère Instructeur pour satisfaire des mécanismes particuliers en privant sa compagne de ce qui se passe dans le groupe. Bien que M.J. ait trahi son besoin affectif, J.D. doit dépasser ses réactions afin de ne pas fermer son cœur. 

Ma. a le sentiment de trahir par une tendance à la récupération affective, par la séduction et par sa difficulté à trouver un juste équilibre entre froideur et gentillesse. Elle a exprimé à Fa. sa difficulté à entrer en relation avec lui. Elle le trouve plus fermé depuis que M.H. est partie et ressent chez lui une difficulté à exprimer l'amour. Elle s'est également adressée à My. avec laquelle elle ne trouve pas d'accroche profonde dans la relation qui lui paraît inconsistante. 

Co. se demandait depuis quelque temps que faire pour accélérer le processus sur le sentier car elle avait une impression de stagnation. La dernière séance lui est apparue comme une sonnette d'alarme dans un contexte de remises en questions nombreuses et de réactivités. La dichotomie ressentie entre son vécu et ce qu'elle exprime est pour elle le terreau du mensonge et de la trahison. Son mental se protège par la fermeture et la censure, empêchant l'expression de l'amour. Sans doute le groupe n'a-t-il pas franchi un certain seuil du fait des diverses problématiques présentes en chacun. Cela doit inciter à cultiver plus d'aspiration et à envoyer des pensées d'amour dans le sens de la progression. Elle a interpellé Th. qui a du mal à garder sa juste place et dont la problématique semble tourner autour de la question : "Qu'est-ce que la Hiérarchie ?". Elle a également fait état de l'attitude de plus en plus absente de Fa. et de sa non-implication. S'adressant à Mo., elle l'a interpellée au sujet de sa focalisation sur certains points négatifs qui nourrissent la critique. 

Pour Ol., la réflexion sur la trahison a fait écho en lui par rapport à la dualité "noir / blanc" qu'il observe en lui depuis ses plus anciens souvenirs. Le côté sombre s'exprime par une tendance à se juger par rapport aux autres, à rechercher une position en vue et avantageuse. Sa relation avec l'Instructeur lui semble affectée par le problème de l'orgueil. Il oscille entre aspiration et affection d'une part et rivalité intellectuelle d'autre part. Ceci peut le conduire à un manque d'amour par rapport à plus avancé que lui et la dualité crainte / envie qui pourrait alimenter la trahison. Sans doute cette tendance sombre est-elle un rappel du côté rebelle et instinctif du signe du Scorpion qui influence sa personnalité. Il aspire donc à rechercher l'humilité. Il a invité Th. à plus de solennité et de retenue et a évoqué la nécessité d'éviter dans le groupe les relations trop affectives et mielleuses qui sont difficiles à gérer et appellent la fermeté en guise de réponse.

Il existe des crises terribles où l'on peut attribuer à l'Instructeur tous les défauts que l'on a. Elles résultent d'une association avec les couches inférieures rattachées au passé. C'est le cas du Verseau soumis à sa "vague inférieure" ou du Scorpion chez qui le gardien du Seuil peut susciter un rappel très puissant du passé. Or, la lutte traduit la présence de l'obscurité et s'oppose à la Joie de l'Amour révélé dans la Lumière. L'Instructeur sait, comprend et pardonne, mais il souffre car il existe un lien au niveau du cœur entre lui et les disciples. Il est un portique, un guide vers le Christ auquel il a recommandé les disciples. On ne peut pas vaincre l'obscurité dans la solitude. Il faut donc prier le Christ qui est au fond de notre cœur et aimer profondément celui qui nous guide vers Dieu. Le disciple doit aussi avoir à l'esprit que la Hiérarchie est "économe" et ne place pas deux guides au-dessus de lui. Il lui revient donc de distinguer qui est son ami sur le plan vertical. 

Cl. s'est dite encore marquée par les lourdeurs du passé, mais elle progresse vers plus de joie et d'amour. Ses limites se manifestent surtout sur le plan intellectuel, par une tendance à l'orgueil et à l'apitoiement sur soi qui pourraient conduire à la trahison. Sa personnalité craint la remise en question et adopte une attitude de fermeture par rapport à autrui, empêchant une véritable relation et l'expression de l'amour. Elle aspire à poursuivre le travail au sein de ce groupe et s'interroge sur le choix de son futur métier : lui permettra-t-il de servir ? Elle s'est adressée à An., sa sœur et mère, à propos de ses remarques humoristiques qui lui permettent d'entretenir, dans l'autodérision, sa tendance abusive de mère protectrice. 

La lecture sur la trahison a conduit Fa. à faire le constat des limitations de nos personnalités car la trahison peut s'immiscer dans tous les aspects de notre vie quotidienne.

Lorsque Fa. évoque l'impression qu'il ressent de se sentir nulle part et très loin à la fois, le frère Instructeur lui rappelle le souhait général des membres du groupe de le voir s'exprimer davantage sur lui-même.

Les réticences de Fa. à se confier, suscitent des questions ; ce silence est-il une marque de dédain, d'orgueil ou de désespoir ? Fa. répond qu'il ne voit pas l'utilité de partager ses problèmes. Il se retrouve, ainsi, dans la position paradoxale du frère isolé qui a choisi le groupe. Fa., qui emploie souvent le mot "ami" pour qualifier une relation, sait-il discerner qui sont ses véritables "amis" ?

Depuis quelques temps, la solitude de Fa. a été renforcée par le départ du groupe de M.H., son épouse. My., An. ou Si., dont le compagnon ne partage pas ou plus la démarche, ont réussi à affirmer leur choix et à le faire accepter par leur compagnon. Jusqu'à quel niveau peut-on vivre une intimité, partager des valeurs profondes, éduquer des enfants en ne partageant pas son travail spirituel ? Il faut nécessairement beaucoup d'amour pour continuer à vivre ensemble avec un filtrage. Cette attitude est difficile tant que le cœur n'est pas éveillé car le mental nous empêche d'avoir la réserve nécessaire. De plus, sous la pression, la solution de facilité consiste, souvent, à se répandre.

Fa. vit sa problématique avec ses énergies de Verseau. La solitude du Verseau est faite pour apprendre à aimer davantage. Les frères et sœurs dynamisés par les énergies de ce signe ont dès l'enfance une structure prédisposée au scepticisme et une tristesse dont les raisons sont successivement l'isolement puis le mal être dans la foule. Toutefois, nous pouvons nous demander si le Verseau subit l'isolement ou s'il le récupère pour justifier une mise à l'écart volontairement choisie car il reproduit les mêmes mécanismes d'isolement avec sa famille, ses amis, ses collègues.

Ma. aurait souhaité maintenir une relation avec M.H. Cependant, nous devons réaliser que la porte qui est franchie lors de l'entrée dans le groupe doit être respectée lors du départ d'un frère. Ce n'est pas en rejoignant sa personnalité que nous l'aiderons. Au contraire, sa solitude doit l'aider à retrouver les raisons qui l'ont fait rechercher le travail du groupe. Il est nécessaire de réaliser que les difficultés rencontrées dans la démarche proviennent du fait qu'il ne s'agit pas d'une simple psychothérapie mais d'un sentier initiatique. Le groupe révèle ce qui est indésirable jusqu'à ce que nous puissions atteindre la fraternité.

Concernant les compromis que l'on est amené à faire avec le monde profane, il est nécessaire de faire appel à la Lumière qui est en soi afin de distinguer amis et ennemis ou encore frères d'humanité et frères de groupe. Ceci afin de ne pas trahir le processus initiatique en révélant, à des personnes qui ne sont pas prêtes, des connaissances confiées par le Maître et qui relèvent du secret du cœur. N'y a-t-il pas derrière cette attitude une volonté de se faire reconnaître ? Il est donc nécessaire de sonder, avec le cœur, nos motivations ainsi que le frère auquel on s'adresse, afin de distinguer "sol fertile et sol stérile". Il en est de même vis-à-vis des frères et sœurs qui ont quitté le groupe : il faut respecter leur choix et les laisser réfléchir dans la solitude afin qu'ils puissent reconsidérer les raisons qui les ont amenés à frapper à cette porte.

En revanche, il est essentiel de dire à un frère de groupe ce que l'on ressent de lui, en l'interpellant de cœur à cœur. C'est une épreuve dont la finalité est d'optimiser le parcours de chacun en suscitant une dynamique salutaire. 

Cl. se souvient du chemin parcouru depuis peu et sa progression lui procure de la satisfaction. Cependant, elle se trouve confrontée à ses limites : orgueil, tendance à l'apitoiement, qui peuvent conduire à la trahison. Dans ses échanges avec les frères et sœurs, Cl. redoute le regard de l'autre et reste, de ce fait, centrée sur sa personnalité, créant ainsi un obstacle à l'Amour.

Cl. ressent l'aspiration pour poursuivre le chemin. Le frère Instructeur rappelle que l'adhésion au groupe est le résultat d'un acquiescement à un certain nombre de questions. Il n'y a ni avantages sociaux à gagner, ni exigences maçonniques mais seulement une attitude d'Amour et de recherche de la connaissance.

Actuellement, Cl. se questionne sur les motivations qui la poussent à devenir assistance sociale. Lors de son dernier stage, elle a été témoin de propos durs et désinvoltes tenus par ses tuteurs envers les personnes en difficulté dont ils devaient s'occuper.

Cl. partage sa problématique avec d'autres membres du groupe. Notre démarche nous incite à choisir la voie du cœur et nous voudrions trouver un métier qui nous permette d'exprimer l'Amour.

Si nous cherchons à savoir quelle profession serait la plus appropriée pour atteindre cet objectif, nous constatons qu'il n'existe pas de réponse toute faite. L'attitude laxiste et proche de l'enfance de certains psychologues, celle de prêtres qui officient comme des fonctionnaires ou celle de religieuses dures, sèches et impitoyables dans leur jugement, illustrent notre propos. Dans toutes circonstances, le mental discrimine et peut nous faire penser soit que les gens sont médiocres soit qu'ils méritent notre estime car ils peuvent nous faire gravir l'échelle sociale. A l'inverse, des métiers prédisposent au pouvoir ou à l'avoir mais, paradoxalement, certains individus dont le rayon s'harmonise avec ce type d'activité peuvent faire évoluer la société.

Nous sommes souvent dans une fonction qui autorise des actes alors que le cœur est la source d'une liberté insoupçonnable. Mais nous maintenons ces mécanismes afin, sans doute, de nous prouver que nous sommes meilleurs que les autres. Nous sommes si petits, qu'il nous faut des fonctions qui nous donnent l'impression d'être quelqu'un qui aime. Mais quel sera le résultat de nos actions prétendues altruistes si nous souffrons d'un sentiment d'infériorité ?

Quelle que soit notre activité, nous devons nous demander chaque jour ce que nous pouvons faire d'original pour forcer notre carcan et dépouiller la personnalité. Nous serons ainsi conduits à agir au plus près de nos capacités intellectuelles en mettant nos compétences entre les mains du Christ. Dans chaque profession, il existe des occasions d'aimer, de sortir de la simple fonction à laquelle nous sommes assignés. Le risque est d'être enfermé dans une fonction qui robotise.

Face à son choix, Cl. réagit avec sa personnalité de Sagittaire qui se caractérise par ses élans enfantins et l'impression de posséder la science infuse. 

Chez J.P., le sujet de la trahison a fait remonter la peur d'être un simple passant. En raison de son attitude à l'extérieur souvent marquée par l'orgueil et l'envie de combattre, il ne se sent pas suffisamment digne pour porter la robe.

Le doute par rapport à soi induit le doute des autres à notre égard. Nous créons ainsi les conditions de la trahison. Le guide ne juge pas nos capacités mais apprécie la direction que nous avons prise. Le frère Instructeur nous incite à faire le constat qu'il faut éveiller le cœur et exprimer l'Amour, sans hésiter, avec nos propres gestes. Si nous ne nous sentons pas dignes, tournons nous vers le Christ et laissons lui nous répondre. Evidemment, le présent est le résultat de nos pensées passées mais il faut cependant éviter d'en rajouter et demander la miséricorde de Dieu. Nous pouvons aussi penser à l'Amour du Maître qui peut prendre sur lui un certain fardeau.

A l'exemple de J.P. qui travaille sur son attitude avant de rentrer dans le temple, nous devons être attentifs à tous les symboles qui nous entourent car les couleurs de notre mental témoignent de nos trahisons. 

Di. a été perturbé par le thème de la trahison et a ressenti de la culpabilité. Il été saisi par le contraste entre l'Instructeur toujours présent et le passant qu'il pouvait incarner. Cela a créé, chez lui, la peur que le temple ne s'ouvre pas et l'impression de perdre un père spirituel. Un grand vide l'a saisi, lui rappelant celui de ses séances analytiques. Puis, ses difficultés liées à l'orgueil et la paresse ont ressurgi. Face à ce malaise, des chants de louange ont émergé dans sa conscience. Di. exprime naturellement sa note dévotionnelle dans le groupe mais doit être vigilant à ne pas régresser.

Les difficultés sur le plan intellectuel entraînent de l'orgueil mais une facilité aurait les mêmes effets. Un jour, nous devrons relativiser nos connaissances, cependant, la société nous conditionne à être le meilleur. Pouvons nous affirmer que nous sommes le meilleur pour partager avec les autres ? Nous devons gérer simultanément nos facultés, notre caractère et la personnalité. Les épreuves sont des opportunités d'Amour. Entre la volonté d'utiliser nos capacités et notre désir d'humilité, nous rencontrons inévitablement des frustrations. 

Si. a constaté récemment qu'elle pouvait oublier, dans des moments de débordements affectifs, la présence du Christ. Cette occultation de la force et de l'humilité données par le Christ représente pour Si. une trahison. 

La réaction de Mo. par rapport à la trahison a été un sentiment de culpabilité suscité par deux jugements sur sa propre personne qui sont, d'une part, un manque d'implication et, d'autre part, l'impression de toucher à tout sans avoir de véritable direction. Pour Mo., la passivité ou l'agitation l'éloignent du véritable service.

Nous pouvons demander au Christ comment servir mais il est possible que nous soyons déjà dans le service avec le travail qui est les notre qu'il s'agisse d'une fonction consacrée ou d'une petite tâche discrète. Nous devons avoir une idée juste de nous-même en mettant en place une adéquation entre fonction, service et reconnaissance. L'objectif de cette attitude est de mettre la personnalité à genoux dans un premier temps, en recherchant l'humilité et dans un second temps, seulement, en faisant reconnaître nos capacités dans un service particulier.

Ceux qui vivent une crise d'orientation âme / personnalité en se demandant si leur service est adapté, doivent s'en remettre au Christ et apprendre à reconnaître les petits accomplissements.

Concernant ce sujet, le frère Instructeur fait allusion au conte suivant : "Un jour un maharadjah demanda à un yogi de lui communiquer ses secrets. Ce à quoi le yogi répondit : "Tu les auras lorsque tu reviendras à genoux." Longtemps après, le maharadjah revint à genoux, sans couronne et dépouillé."

Sa personnalité du signe du Lion pousse Mo. à rechercher une reconnaissance. Elle voudrait avoir la joie de réaliser qu'elle est en train de servir. Mais cette attitude relève de l'orgueil car le critère du service est d'être dans la joie et de ne pas penser à soi. 

My. s'est sentie fortement interpellée lors de la dernière séance. Des pensées morbides l'ont submergée. La tristesse l'a envahie à l'idée qu'elle devait quitter le groupe car elle se sentait être un poids mort et inutile.

Lorsque la culpabilité risque de nous faire dévier en alimentant de mauvaises pensées, il est nécessaire de se faire plus simple dans notre cœur et d'apprendre grâce à la science de la méditation à éliminer les pensés obscures. Quand nous posons un acte maladroit nous devrions éviter la culpabilité et le jugement, qui ne nous sont d'aucune aide et ne nous font pas progresser. L'objectif d'optimiser les pensées ne s'atteint pas par une correction permanente mais grâce à la prière dans l'humilité pour accueillir l'Amour et accepter d'être pardonné. Peut-être n'avons nous pas suffisamment cheminé pour en arriver à ces subtilités là. Dieu souhaite que nous l'aimions, il n'exige pas mais nous a donné sa vie pour cela.

La culpabilité revient à être sa propre référence. Nous pouvons nous rendre de plus en plus insensible à ce que nous pensons de nous, mais cela ne suffit pas à nous rendre heureux. Nous pouvons nous réconcilier avec la source de notre vie. Dans cette relation, il y a l'Amour et la joie. 

An. a ressenti un malaise dès le début de la dernière séance. Elle avait le sentiment d'être interpellée par rapport à la relation qu'elle avait eu la semaine passée avec un ami. An. pensait avoir trahi le groupe en invitant cette personne dont le comportement s'est révélé négatif. Cet ami est un jésuite qui a passé sa vie à aider des enfants et des femmes. A soixante-dix ans, il s'est refermé sur lui-même et attend que Dieu vienne le chercher. Il vie sans être heureux et pense que les personnes âgées n'ont pas de valeur. Son travail social aurait-il était une horizontalité sans invoquer le Christ dans chaque acte qu'il faisait ?

Cet ami recherchait particulièrement la présence d'An. qu'il apprécie pour sa culture d'helléniste. Cette expérience fut un test pour An. Elle doit se positionner avec fermeté et ne plus être une petite fille qui désire trouver un papa. Seules les expériences qui élèvent sont à privilégier. Quel est l'idéal spirituel de An. : la théologie, l'hellénisme... ? Sera-t-elle heureuse si elle se plonge dans ces études ?

An. a également eu des difficultés avec sa fille, Ma. Croyant qu'elle allait vers moins de passions, elle a cédé à ses désirs. Ma. doit apprendre qu'elle ne sera jamais satisfaite et An. ne doit pas l'éloigner de son père en voulant incarner simultanément l'autorité paternelle et maternelle.

L'humour est souvent employé chez An. Cette auto-dérision est-elle une volonté de s'assassiner soi-même ou un moyen de dire encore des choses et de sauvegarder des habitudes ? Il serait plus approprié de trouver un humour qui ne descende personne mais qui vienne du cœur et dédramatise les situations au regard de notre petitesse face à Dieu. 

Do. a pris conscience, lors de la dernière séance, de sa capacité potentielle à trahir. Elle a réalisé qu'il existait beaucoup de façons très subtiles de trahir. Pour Do., les principales causes de trahison sont l'insuffisance de ses méditations et le manque de douceur de son caractère. Elle déplore, également, le peu de détermination dans la direction choisie. Cette tiédeur résulte, selon Do., de sa tendance à l'auto-dénigrement. Ces comportements lui renvoient un manque de profondeur. Elle a accepté la robe en raison de l'aspect dévotionnel de sa personnalité mais elle aurait souhaité lui donner une signification plus profonde. Le fait de ne pas oser pointer la légèreté de son compagnon lui renvoie sa propre légèreté.

Do. est dans l'émotion, devant l'expression d'Amour du frère qui se tient à l'Est. Elle ressent de plus en plus le besoin d'aimer mais se trouve confrontée à sa dureté et sa sécheresse. Le frère Instructeur rappelle à Do. que tout ce qu'elle souhaite arrivera et l'incite à regarder chaque effort effectué dans le quotidien. Il n'existe pas de méthode, il s'agit uniquement de trier les pensées en regardant celles qui ont la couleur du cœur. Éviter les pensées méchantes, ne pas les laisser venir car il serait trop tard : nous les dirions forcément. Le tri mental nous prépare à l'ouverture du cœur. Nous ne savons ouvrir le cœur mais nous savons comment il se ferme. 

Al. sentait venir un moment difficile avant que ne soit abordé le sujet de la trahison. La trahison, pour lui, consiste à avoir accepté davantage de travail dans son activité professionnelle ce qui la rendu moins disponible pour le service. Il a pris conscience à l'issue de la dernière séance, qu'arrêter la démarche équivaudrait à vivre une incarnation pour rien. Al. souhaite ne plus avoir recourt au mensonge et demande au frère instructeur de l'aider.

L'important est d'optimiser notre démarche, d'apprivoiser notre relation avec notre propre solitude et de nous consacrer à la pureté, au travail et à l'Amour. Seul et pourtant pas seul et en même tant apprendre à aimer. Etre en communion profonde avec les êtres qui passent dans notre environnement et en même temps vivre la solitude. Cet Amour est omniprésent, il s'exprime à chaque seconde et se dirige vers les êtres qui le demandent. Si une personnalité ne peut recevoir l'Amour dans la situation présente, cet amour parviendra un jour à sa destination.

La relation entre les âmes est belle. Alors que nous croyons ne pas être aimé, au-delà du temps et de l'espace, nous serons surpris de recevoir cet Amour. L'Amour agit, également, sur celui qui l'envoie car il reçoit en échange une vague de Joie. Nous pensons être suspendu à un fil fragile mais nous ne savons pas que Dieu, notre source infiniment aimante, ne nous abandonnera jamais. Nous attendons la grande opportunité de servir avec un grand "S" qui sera cause d'une joie profonde mais nous devons commencer par des petits actes. Redevenons petits pour accéder à un autre royaume et ne nous empêchons pas d'aimer.

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