Bulletin no 96 du 03/09/2005
 

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Bulletins du groupe d'Eveil à la Vie

Ces bulletins sont mis gracieusement à la disposition de toute personne jeune ou adulte qui s'intéresse aux questions posées par des enfants sur tous les aspects de la vie. Il restitue les découvertes et les réactions spontanées d’un groupe en cheminement. Si l’identité des personnes concernées est révélée involontairement par les prénoms des enfants, elles pourront toujours, après la lecture de ce qui suit, établir un dialogue qui révèle l’amour des uns pour les autres.

 8 - 10 ans

  

 

BULLETIN N°96

Séance du 03/09/2005

Animatrice : Corinne

Nous débutons notre rencontre par une méditation de visualisation suivie par le chant du Notre Père.

Aurélie relate l’accident de bicyclette de Marion, sa sœur, survenu une semaine plus tôt. Lorsqu’elle l’a vue avec le menton ouvert, le cou maculé de sang, Aurélie a été submergée par les émotions. Elle pensait à la douleur que Marion pouvait ressentir. Elle avait de l’amour et de la peur en même temps. Elle était angoissée de la laisser seule pour aller prévenir ses parents.

Paul évoque la tristesse et la peur qu’il a ressenties quand sa sœur Claire s’est faite opérée.

Comment se fait-il que l’on ressent des émotions dans ces moments-là ? La vue de la souffrance d’autrui nous rappelle à la chance que l’on a de ne pas être touché, nous dit Marion.

Nous envisageons trois cas pour essayer de comprendre l’impact émotionnel des évènements :

- 1er cas : nous savons qu’une tornade est passée sur le Japon mais nous n’avons pas vu d’images de l’évènement. Les enfants pensent qu’ils ne ressentiraient pas d’émotions fortes car, dans ce cas là, ils ne se rendraient pas vraiment compte des dégâts et de la souffrance des habitants.

- 2ème cas : nous savons qu’une tornade est passée sur le Japon et nous avons vu des images à la télévision. Quand on regarde ces images, on « se met » dans la situation, on se met à la place de ceux qui sont là-bas. On peut être ému en pensant à ceux que l’on connaît et qui habitent là-bas.

- 3ème cas : nous sommes présents au Japon et une tornade survient. A ce moment-là, on a peur de mourir soi-même.

Nous comprenons que notre émotion dépend de la proximité que nous avons avec les personnes qui vivent l’évènement. Les images ou la vue directe d’une personne qui vit un évènement douloureux suscite des émotions en nous car nous nous imaginons être à sa place.

Devant les réactions de dégoût à l’évocation du sang, nous nous interrogeons sur les raisons de cette répulsion. Pourquoi a-t-on peur du sang ?

- parce qu’on a peur de se vider de tout son sang.

- parce qu’on a peur de mourir.

Ce n’est pas tant le sang que l’idée de mort qui est derrière qui nous fait peur.

Lorsqu’un de nos proches est hospitalisé, on a peur pour lui ; ou plutôt, on a peur de le voir souffrir ou mourir et de ne plus pouvoir avoir de relation avec lui. Nous avons peur de la rupture affective.

Demandons-nous si, dans ces cas-là, notre attitude relève de la véritable compassion qui s’exprime en amour et oubli de soi.

Avant de clôturer la rencontre, Paul nous parle de sa difficulté à vaincre ses colères. Il écoute le chant du Notre Père et les paraboles des évangiles et cela l’aide à surmonter son petit moi.

Nous clôturons la rencontre par une courte méditation et le chant du Notre Père.

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