Animatrice : Corinne
Nous débutons notre rencontre par une
méditation de visualisation suivie par le chant du Notre Père.
Aurélie relate l’accident de bicyclette de
Marion, sa sœur, survenu une semaine plus tôt. Lorsqu’elle l’a vue avec le
menton ouvert, le cou maculé de sang, Aurélie a été submergée par les
émotions. Elle pensait à la douleur que Marion pouvait ressentir. Elle avait
de l’amour et de la peur en même temps. Elle était angoissée de la laisser
seule pour aller prévenir ses parents.
Paul évoque la tristesse et la peur qu’il a
ressenties quand sa sœur Claire s’est faite opérée.
Comment se fait-il que l’on ressent des
émotions dans ces moments-là ? La vue de la souffrance d’autrui nous
rappelle à la chance que l’on a de ne pas être touché, nous dit Marion.
Nous envisageons trois cas pour essayer de
comprendre l’impact émotionnel des évènements :
- 1er cas : nous savons qu’une tornade est
passée sur le Japon mais nous n’avons pas vu d’images de l’évènement. Les
enfants pensent qu’ils ne ressentiraient pas d’émotions fortes car, dans ce
cas là, ils ne se rendraient pas vraiment compte des dégâts et de la
souffrance des habitants.
- 2ème cas : nous savons qu’une tornade est
passée sur le Japon et nous avons vu des images à la télévision. Quand on
regarde ces images, on « se met » dans la situation, on se met à la place de
ceux qui sont là-bas. On peut être ému en pensant à ceux que l’on connaît et
qui habitent là-bas.
- 3ème cas : nous sommes présents au Japon et
une tornade survient. A ce moment-là, on a peur de mourir soi-même.
Nous comprenons que notre émotion dépend de
la proximité que nous avons avec les personnes qui vivent l’évènement. Les
images ou la vue directe d’une personne qui vit un évènement douloureux
suscite des émotions en nous car nous nous imaginons être à sa place.
Devant les réactions de dégoût à l’évocation
du sang, nous nous interrogeons sur les raisons de cette répulsion. Pourquoi
a-t-on peur du sang ?
- parce qu’on a peur de se vider de tout son
sang.
- parce qu’on a peur de mourir.
Ce n’est pas tant le sang que l’idée de mort
qui est derrière qui nous fait peur.
Lorsqu’un de nos proches est hospitalisé, on
a peur pour lui ; ou plutôt, on a peur de le voir souffrir ou mourir et de
ne plus pouvoir avoir de relation avec lui. Nous avons peur de la rupture
affective.
Demandons-nous si, dans ces cas-là, notre
attitude relève de la véritable compassion qui s’exprime en amour et oubli
de soi.
Avant de clôturer la rencontre, Paul nous
parle de sa difficulté à vaincre ses colères. Il écoute le chant du Notre
Père et les paraboles des évangiles et cela l’aide à surmonter son petit
moi.
Nous clôturons la rencontre par une courte
méditation et le chant du Notre Père.

