Participants :
Claire - Paul - Marion - Aurélie
Animatrice :
Dominique
Après avoir prononcé le mantram de
l’oiseau de joie, Marion nous lit sa planche intitulée : Pourquoi je me mêle de
ce qui ne me regarde pas.
« Jeudi midi en janvier, j’étais à
côté de Mme Prunier (maîtresse d’Aurélie) et elle m’a demandé comment ça se
passait avec M. Peuch (mon maître). Je lui ai répondu « pas trop mais peut-être
que je vais changer d’école ».
Je lui ai dit qu’on allait peut-être
changer d’école parce qu’elle m’avait demandé comment ça se passait avec M.
Peuch et je voulais un peu en rajouter parce que je voulais faire mon
intéressante et parce que je ne savais pas trop quoi dire. Je veux tout raconter
à l’avance. Je veux raconter tout à l’avance parce que je me sens seule quand je
ne parle pas. Je me sens seule parce que je ne fais rien et je m’ennuie. Quand
je parle je ne suis pas triste parce que je fais quelque chose, je ne m’ennuie
pas et je suis joyeuse. Je veux tout raconter à l’avance parce que je veux dire
ce que je sais pour rendre les autres plus intéressés à moi. Je veux qu’on
s’intéresse plus à moi et pas aux autres. Je voudrais essayer de ne plus le
faire et je tiendrai ma promesse.
Frère Instructeur guide moi
Vers la lumière,
Dans la joie
Et l’amour
De dieu. »
Marion convient que c’était à ses
parents d’annoncer aux maîtresses leur départ éventuel de cette école. Nous
essayons de trouver dans la planche de Marion les motifs qui l'ont conduite à
parler à la place des autres.
1) Je veux tout raconter à l’avance
parce que je me sens seule quand je ne parle pas. Quand je me sens seule, je
suis triste.
Marion pense que l’éloignement
dissout l’amour que l’on peut avoir à son égard. Par exemple, quand ses parents
sont occupés par leur travail, ils ne pensent pas à elle et de ce fait ils ne
l’aiment plus. Pourtant, lorsque Marion est à l’école, elle continue à aimer ses
parents avec la même intensité. Devons-nous être dans une proximité physique
pour s’aimer ? Marion croit que si l’on ne pense pas à elle tout le temps, on ne
l’aime pas. L’amour ne se trouve pas au niveau de nos pensées, il se situe dans
notre cœur. Si nous pensons toute la journée à la même personne, nous ne sommes
plus disponibles pour accomplir notre devoir. Devons-nous rechercher une
relation affective exclusive ? Le Frère Instructeur a de l’amour pour de
nombreuses personnes, cependant ses pensées ne vont pas tout le temps vers
elles. Notre amour s’élargit plus nous gravissons les barreaux de l’échelle qui
mène à Dieu.
2) Je veux tout raconter à l’avance
parce que je veux dire tout ce que je sais pour que les autres s’intéresse plus
à moi.
Marion avoue sa jalousie envers son
frère Pierre, qui est plus âgé qu’elle et qui sait plus de choses qu’elle. Elle
se rend compte qu'elle est jalouse du savoir de ses aînés, même si elle comprend
par ailleurs que ce n’est pas important pour son âme.
Marion souhaite en savoir le plus
possible pour transmettre ses connaissances à ses camarades pour qu’ils
s’intéressent à elle. Cette attitude ne va-t-elle pas conduire Marion à devenir
orgueilleuse et à faire grandir son petit moi ? Quand Marion est jalouse,
est-elle dans l’amour ? Aime-t-elle Pierre à l’instant où elle est envieuse ?
Sans doute que non, car dans ces moments-là, elle pose un regard négatif sur lui
et elle lui en veut. Si nous alimentons le sentiment de jalousie, nous finirons
par détester les autres et par être rejeté à notre tour. Marion ne
cherche-t-elle pas l’inverse ? La jalousie nous éloigne de nos frères et sœurs.
Nous reprenons les bouteilles
contenant les habitudes du petit moi. Marion n’enlève et ne rajoute aucune
habitude. Paul retire de la bouteille : Je suis jaloux à l’école. Claire
rajoute : J’ai peur. Aurélie rajoute : Je boude.
Nous continuons la lecture de Claire,
la lumière d'Assise (paragraphe 73 à 80) : Agnès, la sœur de Claire, tente de la
rejoindre à l'abbaye, afin de consacrer elle aussi sa vie à Jésus-Christ. Son
oncle tente de l'en empêcher et, avec l'aide de ses compagnons, ils la
maltraitent. Claire, entendant sa sœur l'appeler à l'aide, s'élance à son
secours après avoir prié pour elle. Agnès est étendu sur le sol, évanoui, et
plusieurs hommes n'arrivent pas à la soulever tant son corps pèse soudainement
lourd. Son oncle lui assène un dernier coup sur la tête et hurle de douleur car
il ressent au bras une douleur terrible. Claire leur reproche de lutter contre
la puissance de Dieu. L'oncle d'Agnès et de Claire retourne à Assise, suivi de
ses compagnons. Agnès, qui se sent déjà mieux, regagne l'abbaye avec Claire,
louant et remerciant Dieu. Leur oncle, touché par la grâce, vient implorer le
pardon de ses nièces, leur demandant la guérison de son bras. Devant ce
"miracle", les parents de Claire et Agnès sont enfin convaincus que leur
résolution est inspirée par Dieu. Agnès reçoit à son tour l'habit de pauvreté.
Trois amies les rejoignent. Claire souhaite s'établir à Saint-Damien, aspirant à
une vie encore plus pauvre et recueillie, et souhaite que Frère François l'aide
à accomplir ce voeu. Mais celui-ci quitte l'Italie, rejoignant les Croisés pour
prêcher l'Evangile aux infidèles.
Nous nous séparons après avoir
prononcé le Notre Père.

