Nous commençons nos
travaux par la méditation "l'océan d'azur".
Aujourd'hui nous
accueillons My., visiteuse du groupe PPS, ainsi qu'un nouveau frère,
Alveen, âgé de sept ans, natif du signe du Cancer. Les enfants lui
présentent le groupe et ce que nous y faisons.
Il y a des lectures
de "planche". Une planche est un travail de réflexion fait par
l'enfant à la demande d'un adulte (parent, animatrice...), dont le
sujet porte sur une problématique le concernant, une transformation
à opérer. Par exemple, Estelle a fait une planche intitulée
"Pourquoi je fais le bébé ?", Paul a plusieurs fois planché sur ses
colères... Cette analyse est ensuite commentée car elle suscite des
réactions ou interrogations chez les autres enfants.
Puis il y a la partie
"enseignement" de concepts spirituels ainsi que la lecture de livres
élévateurs.
Il est nécessaire que
chaque enfant puisse exprimer les raisons qui le conduisent à venir
dans ce groupe.
Claire B. nous fait
part des hésitations qu'elle a eu à revenir dans le groupe dans les
jours qui ont précédé cette rencontre. Elle a mesuré avec sa maman
le "pour" et le "contre", ce qui lui a permis de se rendre compte
qu'elle avait plus de raisons de venir que de raisons pour quitter
le groupe. Ses doutes sont dus principalement à deux raisons :
Premièrement elle n'arrive pas à exprimer aux autres, dans son
quotidien, ce qu'elle fait dans le groupe le week-end. Dès lors,
elle se sent obligé de mentir car, ne sachant pas expliquer sa
démarche avec suffisamment de discernement, elle craint d'être jugé
et de ne plus être aimé. Cela s'est déjà produit pour chacun des
enfants du groupe. Comment se justifier devant les autres ?
Deuxièmement, Claire
craignait qu'en dévoilant ses défauts devant le groupe elle soit
jugée et moins appréciée des autres enfants.
Finalement Claire a
décidé de rester parce qu'elle s'entend bien avec tout le monde,
elle se sent très bien ici et apprend de nombreuses choses. De plus,
l'intégration dans le groupe PPS s'est fait très rapidement pour
elle, ce qui l'a fait réfléchir sur ses motivations. Cette
intégration est un essai, les enfants doivent s'exprimer si cela est
trop dur.
Chacun invente une
explication pour ses amis et dit des demi-vérités. Il faut un grand
courage pour dire "je vais prier, méditer, et réfléchir sur ce qui
me permettrait de me corriger".
C’est aux enfants de
montrer par leur comportement qu’ils ne sont pas dans une secte :
ils doivent faire preuve à l'école et dans la société
d'intelligence, d'intégration, de gentillesse…
Parfois nous avons un
préjugé sur les autres et nous n’osons pas faire la prière avec eux.
Il faut cependant faire preuve de courage et d’intuition. Nous
apprenons à être intelligent et, avec finesse et psychologie, nous
saurons progressivement à qui nous pourrons parler ou non de notre
démarche. A nous de montrer que nous sommes ouverts, bien adapté
dans notre école, pas intolérant. La peur d'être jugé n'a pas
d'importance dans ce groupe car nous ne parlons plus en termes de
qualité et de défaut, mais de mécanisme à modifier.
Anaëlle fait preuve
d'une certaine timidité dans ce groupe et ne s'exprime pas. Il
appartient aux adultes de le voir et de lui permettre de sortir de
son silence. Anaëlle ne veut pas qu'on lui dise ce qu'elle a à
faire. C'est un mécanisme propre à tous les enfants, même si les
causes diffèrent de l'un à l'autre. Quand elle est en conflit avec
l'adulte, Anaëlle reste dans sa chambre, boude, ne dit rien
(comportement scorpion). Les adultes doivent insister pour la sortir
de son mutisme et de son opposition à l'autorité.
Alveen pense qu'il se
comporte différemment à la maison et à l'extérieur.
Thomas exprime le
fait qu'il a tendance à se mêler des affaires des autres. Cela
interpelle pratiquement tous les autres enfants.
Marion et Aurélie
lisent leur planche : "le silence et la méditation"
Cette réflexion leur
a été donnée par leur père alors qu'à plusieurs reprises il leur
demandait le silence en voiture afin de méditer.
Cette planche a
permis à Marion de chercher les vertus du silence, de l'oubli de
soi, du respect. Le silence permet d'entendre la voix de l'âme et
ainsi de s'élever.
Pour Aurélie, cette
remise en question lui permet de comprendre que faire silence permet
d'être dans l'écoute, d'entendre la voix de son âme, et que rompre
ce silence est un manque de respect pour celui qui médite et qui
entre en ce moment là en contact avec son âme.
Pierre se sent
interpellé par rapport au silence. Il intervient sans se préoccuper
de ce qui se passe autour de lui.
Léa persiste dans ce
qu'elle est en train de faire alors que ses parents lui demandent
d'arrêter.
Chaque enfant à sa
manière s'obstine dans son activité, en continuant à lire ou à
regarder la télévision alors qu'il lui est demandé de passer à autre
chose. En général faire silence est difficile pour les enfants.
Nous essayons de
répertorier les différents types de silence expérimentés par chacun
de nous :
· Silence recueillement -
concentration
· Silence émotion
· Silence frustration –
attente passive
· Silence bouderie
· Silence d'indignité
· Silence respect - humilité
· Silence rêverie -
déconnexion
· Silence manque d'énergie
· Silence stratégique : pour
avoir de l'affectif, pour être reconnue
· Silence timidité
· Silence d'appréciation -
plaisir
My. nous fait part
de sa joie d'avoir participé à notre rencontre et exprime aux
enfants le fait qu'ils ont de la "chance" de travailler si jeune de
cette façon là.
Nous nous séparons
après avoir prononcé le mantram "Accordez-moi la Lumière..."