En début
de séance, les enfants se mobilisent pour mettre en place des objets
nécessaires au rituel de méditation. Lorsque tout est en place, il est
10h55. Nous faisons remarquer aux enfants qu’anticiper la séance par une
préparation adéquate serait bienvenu. Cela sous-entend de connaître l’heure
à laquelle commence la réunion (10h45) et d’avoir une montre au poignet.
Nous constatons que la majorité ne connaît pas l’heure du début de séance et
n’a pas de montre. Devenir responsable, c’est pouvoir s’assumer, être
autonome. Cela induit une prise en charge personnelle et une prise de
conscience des conséquences qu’un comportement immature (se laisser vivre,
attendre que l’on nous appelle…) peut avoir sur le fonctionnement d’un
groupe.
Thomas
pense qu’il est important d’arriver à l’heure pour ne pas perturber le
travail et pour ne rien manquer. Pierre voit la ponctualité comme une marque
de respect pour ceux qui nous font travailler.
Arriver à
l’heure, c’est comprendre également que nous ne sommes pas seuls, que nos
actions ou nos manquements ont des répercussions sur ceux qui nous
entourent ; arriver à l’heure, c’est s’associer à un rythme, prendre
conscience de la beauté inhérente à une vie de groupe harmonieuse.
Mais
qu’est-ce qu’une prise de conscience ? Pierre pense qu’il s’agit d’une
réflexion, le fait de réaliser ce qu’on lui dit, une certaine forme de
présence à ce qui advient.
La
progression, l’évolution de l’homme est associée à l’ouverture de
conscience. Ainsi, progressivement, au fil des incarnations et des
expériences vécues, l’homme voit son champ de vision s’élargir ; il devient
à même de prendre en compte tous les paramètres environnants et anticiper
les conséquences de tout mouvement. La conscience élargie est celle qui peut
tout voir à la fois.
On
pourrait établir une distinction entre une conscience temporelle
correspondant à la conscience de ce qui peut advenir dans le futur à partir
des actes du présent et une conscience « géographique », c’est-à-dire qui
saurait embrasser toutes les conséquences d’un acte, à l’instant t, dans un
périmètre très large.
Nous
comprenons que la conscientisation est la conséquence d’un processus de
réflexion : réflexion sur les moyens de faire ce que l’on projette,
réflexion sur les conséquences sur autrui et sur la possibilité de différer
nos désirs. Pauline souligne que bien souvent, nous ne réfléchissons pas à
nos désirs. Nous nous disons : « j’ai envie, je le fais » sans voir que ce
désir pourrait engendrer comme problèmes.
Ainsi,
une conscience large correspondrait à la faculté de voir en même temps
beaucoup de choses, comme si l’on était positionné en haut d’une montagne,
baigné par le la lumière et inspiré par Dieu.
Nous
poursuivons notre rencontre par la préparation de la prochaine séance qui
aura lieu avec le Frère Instructeur dans la chambre haute. Il est demandé
aux enfants de réfléchir à des questions qui leur semblent fondamentales et
qui pourront faire l’objet de la prochaine rencontre.
Pierre :
-
Pourquoi Dieu est éternel ? Qu’est-ce que l’éternité ?
-
Pourquoi n’y a-t-il plus de miracles ? de prophètes ?
-
Pourquoi ne pouvons-nous pas faire de miracles ? Pourquoi n’avons-nous pas
assez de foi ?
Pauline :
-
Pourquoi naissons-nous ?
-
Pourquoi Dieu a choisi certains hommes pour être saints ?
-
Quels animaux avons-nous pu être avant ?
Léa :
-
Après la mort, est-ce plus beau que la vie ?
-
Pourquoi souffre t-on ?
-
Pourquoi a-t-on évolué ?
-
Pourquoi y a-t-il de la haine sur terre ? Pourquoi le mal existe ?
Thomas :
-
pourquoi ne pourrions-nous pas être un animal dans la prochaine vie ?
(Thomas aimerait être un animal qui court très vite pour pouvoir voyager et
découvrir le monde).
-
Comment l’univers a-t-il été créé ?
Nous
poser des questions nous permet de chercher des réponses qui nous permettent
d’élargir notre conscience et donner du sens à notre vie. Nous nous
interrogeons : en quoi la conscience permet-elle de donner du sens ?
Si l’on
est pas conscient de ce que l’on fait, nous dit Pierre, on ne peut apprendre
de nouvelles choses et donner davantage de sens à notre vie.
Pour
illustrer son propos, Léa donne l’exemple de deux phrases :
-
le lapin mange la carotte
-
la carotte mange le lapin.
La
seconde phrase n’a aucun sens, contrairement à la première. Nous pouvons
affirmer cela car nous avons conscience de ce qu’est une carotte et de ce
qu’est un lapin. Ainsi, la conscience nous permet de savoir ce qu’est la
réalité.
Le mot
« conscience » vient de « science » qui signifie « savoir » et le préfixe
« con » qui veut dire « avec ». Aussi, être conscient de ce que l’on fait,
c’est poser des actes « avec du savoir », en pleine connaissance de cause.
Permettons-nous, par la remise en question de notre petit moi, de ne plus
faire les choses de manière automatique mais en pleine conscience.

