Après
notre méditation, Léa exprime spontanément sa tristesse de ne pas avoir eu
le chaton qu'elle désirait très fort. Léa s'est identifiée à ce petit chat
après avoir appris que c'était le dernier-né de sa portée et qu'il était le
plus précoce au niveau des apprentissages. Elle sait qu'en pleurant elle
s'apitoie sur elle et fait sa "sentimentale" mais en même temps elle
n'arrive pas à différer et relativiser ses désirs. Elle pense que si
personne n'adopte ce chaton, il sera conduit à la Spa par les maîtres de la
maman chatte, puis il sera certainement piqué, ce qui génère chez Léa un
sentiment de perte.
Nous
comprenons que nous devons mettre en place le détachement, caractéristique
qui nous permet de renoncer à nos désirs sans pour autant devenir
indifférent car nous cherchons plus que tout à Aimer.
Pierre a
culpabilisé sur son attitude suite à un beau rêve qu'il a fait sur le Maître
Jésus. Il craint de ne pas pouvoir évoluer à cause des bêtises qu'il commet
et notamment lorsqu'il a déchiré les Mézouzas et le livre de prière chez ses
grands-parents. Pierre a travaillé sur la notion de rachat et pourtant il a
le sentiment de ne pas en avoir fait assez. Il doit considérer la valeur
symbolique du travail qu'il a fait avec ses sœurs et leur intention d'amour.
Pierre ne doit pas s'apitoyer sur lui ni entretenir un sentiment d'indignité
qui pourrait devenir un obstacle à son évolution.
Tandis
que Pierre monopolise un certain temps notre attention, nous demandons aux
autres enfants ce qu'ils ressentent pendant ce temps : leur capacité à
écouter l'autre s'amenuise, ils se laissent distraire par toutes sortes de
pensées et parfois ils ressentent chez Pierre une certaine confusion et de
la pitié de soi.
Nous
demandons aux enfants ce que Pierre attend de nous :
- Pauline
: il attend de nous qu'on lui dise qu'il a raison.
- Léa :
il veut qu'on l'aide à se corriger.
Pierre
souhaite se libérer, mais il ne sait pas comment ne pas pleurer sur son
sort. Sans doute devons-nous éviter de trop "coller" à notre personnalité.
Si je suis la personnalité et que je me comporte mal, alors je ne suis pas
aimable et conforme à ce que je souhaite pour moi-même. Si je recherche la
vision de l'âme, je comprends les mécanismes de la personnalité, je les
accepte et je me détache.
Quelle
attitude pouvons-nous adopter pour sortir de l'apitoiement après avoir fait
une bêtise ? Léa pense qu'en se disant : "là, j'ai obéi à ma nature
inférieure, au petit soi", elle évitera le piège de la pitié de soi.
Pauline,
lors d'un pèlerinage à Lourdes, a été interpellée par la notion de l'eau qui
ne guérit pas dans tous les cas. Le Frère Instructeur lui a expliqué qu'il
fallait mettre beaucoup de foi pour être guéri. Même s'il n'y a pas d'eau,
c'est la foi qui guérit.
Nous
reprenons le travail sur l'exposition des religions. Les enfants expliquent
à Claire tout ce qui a été entrepris à ce sujet. Nous choisissons les textes
qui seront à coller lors de la prochaine rencontre.
Nous nous
quittons après avoir prononcé le Notre Père.

