Après une courte méditation, chacun est invité à
parler de son vécu de la quinzaine qui vient de s’écouler. Thomas nous dit
qu’il a fêté son septième anniversaire le 16 octobre dernier.
Suite à un aparté de Pierre, qui disait à Léa que
Thomas était jaloux de lui (de ses 7 ans), il a été remis en question par
rapport à son attitude. Est-ce une façon de s’affirmer par rapport à Thomas
qui vient d’arriver dans le groupe ? N’est-ce pas Pierre qui est jaloux de
Thomas (Pierre n’étant plus le seul à avoir 7 ans) ?
Nous invitons Pierre à réfléchir à son attitude et
rappelons que, dans ce groupe, la vérité doit prévaloir sur les tendances du
petit moi de chacun.
Les enfants expriment spontanément leur joie de
grandir. Pour Léa, avoir un an de plus signifie avoir des cadeaux. Elle
associe, comme Thomas, le fait devenir adulte à la possibilité d’avoir plus
d’argent. Pauline souhaite, comme Pierre, devenir vite une adulte pour
apprendre plus de choses et devenir un « disciple ». Nous laissons comprendre
que le travail pour être un disciple de la Sagesse antique commence dès à
présent et se réalise à chaque instant où la pensée est dirigée vers le but de
l’âme.
Chacun a ensuite parlé du métier qu’il souhaite
exercer plus tard : Thomas parle d’être policier, Pierre d’être médecin pour
accueillir et soigner la douleur d’autrui, Léa souhaite devenir chanteuse
(pour le plaisir) ou maîtresse (pour s’occuper d’enfants) et Pauline se
projette en monitrice d’équitation ou pharmacienne.
Nous revenons sur la notion de jalousie que chaque
enfant vit à un moment ou un autre. Thomas dit qu’il ne connaît pas la
jalousie et qu’il est toujours content de ce qu’il a. Pierre évoque son
égoïsme qui le fait désirer tous les jouets qu’il peut rencontrer. Nous
réalisons qu’il est impossible et pas souhaitable de posséder tout ce qui
existe sur cette terre. Nous devons donc comprendre que des limites doivent
être imposées aux désirs matériels pour ne pas souffrir (jalousie, tristesse,
frustration…) et pour, un jour, être dans le véritable détachement de celui
qui ne cherche qu’à donner et non plus à prendre.
Les enfants proposent des phrases que l’on pourrait
se dire lorsque l’on sent la jalousie monter : « je suis bien avec ce que j’ai
déjà », « je ne peux pas tout avoir, sinon les autres n’auront rien », « je ne
vais pas m’empêcher d’être heureux ». Nous parlons de la notion de
contentement qui consiste à se satisfaire de ce que l’on a, le plus important
étant la lumière que l’on peut acquérir et dispenser par les qualités d’âme
que l’on peut exprimer.
Pierre parle de sa réflexion de la quinzaine sur le
fait qu’il avait dit, lors de la précédente rencontre, être plus intéressé par
la religion juive que par les autres religions. Il souhaite dire au groupe que
toutes les religions l’intéressent.
Mais au fait, qu’est-ce qu’une religion ? Que
signifie le mot « religion » ? Ce dernier vient du latin « relegere » qui se
traduit par « rassembler » ou de « religare » qui veut dire « relier ». Cette
étymologie est interprétée de différentes manières par les enfants : pratiquer
une religion signifierait se rassembler (plusieurs personnes) pour se relier à
Dieu ou rassembler ce qu’il y a de plus beau en soi pour se relier à l’aspect
de Dieu qui nous habite (l’âme).
Ainsi, nous voyons sur l’arbre des « fils
d’Abraham » qui retrace les différentes communautés et courants religieux
issus de la tradition d’Abraham (plus de 120 !) que nombreuses sont les
manières de se relier à Dieu. Nous pourrions également rajouter un second
arbre retraçant les différents courants des religions de l’orient (bouddhisme,
shintoïsme, zoroastrisme, confucianisme…). Nous constatons ainsi qu’il y a
autant de manière de se relier à Dieu que de peuples, voire même autant que
d’êtres humains ! Ainsi, chacun adopte la voie qui convient à sa culture, sa
structure, ses prédispositions…
Les enfants précisent que toutes les manières de
vivre la religion sont bonnes dans la mesure où elles ne portent pas atteinte
à la vie des autres. Ils citent les auteurs des récents attentats aux
Etats-Unis comme exemples d’une mauvaise compréhension de ce que signifie « se
relier à Dieu » qui doit nécessairement être rattaché à l’amour et à la paix.
Nous évoquons différentes façons de prier :
récitations de textes, chants, danse (soufisme), méditation… chacune étant la
bonne pour celui qui la pratique puisqu’elle est celle qui lui permet de
s’élever ; ainsi nous apprenons à accepter l’autre dans sa différence.
Les enfants sont invités à se procurer un cahier
sur lequel ils pourront noter dans la quinzaine les évènements marquants de
leur vie ou les pensées qu’ils souhaitent faire partager au groupe.
Nous finissons la rencontre par une courte
méditation.

