Participants : Aurélie –
Claire R -
Claire B
– Estelle -
Léa -
Marion -
Paul
– Pauline
– Pierre -
Thomas
Animatrices :
Corinne
- Dominique
Invitée :
Annie
Planche d’Aurélie intitulée "le vol"
Aurélie a volé des bonbons
dans plusieurs boulangeries. Prise de remords, elle en a
parlé à ses parents. Ils lui ont alors demandé de faire des
lettres d’excuses aux commerçants et de leur rendre la somme
d’argent volée.
Elle explique son geste par :
- Son désir de reconnaissance
et de valorisation vis-à-vis des autres jeunes du collège.
- L'anticipation d'un refus
de la part de ses parents de lui acheter beaucoup de
bonbons.
Ses principales attitudes
sont souvent liées au regard que les autres posent sur elle.
Elle a peur d'être critiquée et méprisée ; de ce fait, elle
n'est pas naturelle : elle fait l’intéressante, elle se
montre provocatrice, blindée pour ne pas passer pour faible
ou sensible…
Au cours de cette période de
vol, l’intelligence pour faire le mal s’est développée en
elle et a pris la place de l’intelligence du bien et de la
réflexion. Sa raison et ses désirs se sont affrontés
suscitant un conflit intérieur important, souffre de
souffrance.
Le fait d'avouer ses vols l'a
libérée d'une charge émotionnelle importante. Elle réalise
qu'il lui faut davantage réfléchir avant d’agir car elle n'a
pas été seule à assumer les conséquences de ses vols : ses
parents aussi en ont assumé une partie puisqu'ils l'ont
accompagné voir les commerçants et ont eu une image négative
de l'éducation qu’ils lui avaient donné…
Dieu a donné des
commandements pour empêcher les hommes de souffrir. Ces
commandements vont dans le sens de la paix, de la joie et de
l’amour. Mais sa personnalité est têtue : même si on
l'avertit des conséquences négatives d’un acte, elle veut
quand même le faire car elle n’a pas peur des conséquences.
Pour avoir une attitude
élevée, il faut de la rigueur, de la persévérance et du
travail sur soi.
Elle essaie aujourd'hui de
regagner la confiance de ses parents pour vivre une relation
positive avec eux. Son but est de devenir un disciple qui
apprend à exprimer les qualités de l’Âme. Cela implique
qu'elle dise la vérité et qu'elle demande pardon avec le
cœur.
Commentaires sur la planche
Aurélie a conscience que dire
la vérité engendre la miséricorde chez les autres qui,
ainsi, ne se sentent pas trahis. Il peut y avoir une
attitude qui consiste à satisfaire tous ses désirs puis
toujours demander pardon et une autre qui consiste à
réfléchir pour ne pas céder à tous ses désirs.
Qu'est-ce qui s'est passé
chez Aurélie ? Est-ce le besoin d'être aimée, de se sentir
valorisée qui l'a poussée à commettre des actes qu'elle se
pensait incapable de faire ? Jusqu’où peut-on aller pour
être aimé des autres ? Pour des raisons affectives, on peut
faire des choses qu’on s’était promis de ne jamais faire.
Connaissons-nous bien nos limites ?
En réponse à cette question,
Pauline pense qu'elle ne tenterait pas de se suicider, mais
elle ressent parfois une telle impulsivité et violence
intérieure qu’elle n’est plus capable de réfléchir et
qu’elle pourrait peut-être tuer ou se droguer.
Nous demandons aux enfants
qui a déjà pensé au suicide.
Le suicide
- Pierre a envisagé le
suicide quand il se trouvait nul. Ce sentiment est né de
l’image que les autres lui renvoient. Aujourd’hui, il tente
d’ignorer ce que les autres pensent de lui mais quand il n’y
arrive pas, il accumule en lui des colères qui ne sortent
pas. Le suicide est une colère que l'on retourne contre soi.
Pierre a souvent envie de
crier, mais il s’en empêche. Nous lui demandons qu’est-ce
qu’il aurait envie d’exprimer et qu’il retient depuis
longtemps.
Il voudrait dire à sa mère
que le regard qu’elle porte sur lui le fait souffrir. Il
pense que sa mère le sous-estime, l’infériorise, le dénigre,
qu’elle transmet aux autres une image négative de lui. Il ne
se sent pas compris par ses parents. Pierre admet que même
sans le regard d'autrui, il porte une image négative de
lui-même mais il pense qu’il est à même de percevoir ce qui
doit être corrigé.
Son père lui fait les mêmes
reproches que sa mère, mais il a l’impression qu'il ne
cristallise pas son regard sur lui, qu'il lui laisse la
possibilité de changer. A contrario, Pierre dit de sa mère
qu’elle lui renvoie une image irrémédiable. Il a le
sentiment qu’elle le comprend moins bien depuis qu’elle
exerce en tant que psychologue. Il la trouve plus distante
et fausse.
- Thomas, pendant la
séparation de ses parents, a été confronté à l'idée du
suicide, mais il n'avait pas le courage de passer à l'acte,
surtout quand il pensait à la peine que cela procurerait à
ses parents.
- Aurélie pense au suicide
quand elle croit que les autres la rejettent et ne l'aiment
pas. Mais elle est « sûre » qu'elle ne passera pas à l'acte
car elle ne voudrait pas se faire mal.
- Paul et Marion expriment
des ressentis identiques à ceux d'Aurélie.
Le dialogue
Quand nous devons échanger
avec quelqu'un qui a un pouvoir sur nous, nous avons des
difficultés à dialoguer car on ne dialogue vraiment qu'avec
quelqu'un qui est au "même niveau" que nous. Les parents ont
un "pouvoir" sur leurs enfants. Peuvent-ils avoir un vrai
dialogue avec eux ? Nous pouvons observer ce mécanisme dans
d'autre lieu de rencontre comme l'entreprise. Quand un
patron sollicite un dialogue avec ses salariés, ces derniers
se méfient.
Qu’avons-nous peur de
perdre quand nous disons ce que nous pensons ? Depuis tout
petit l'enfant dit ce qui fait plaisir aux autres, ce que
ses parents attendent de lui. Les enfants savent ce qu’il
faut dire ou ne pas dire depuis l’âge de 2 ans environ. Le
sens de l’égo induit très tôt le mensonge.
Comment dialoguons-nous avec nos parents
-
Paul, dans ses colères, dit tout ce qu’il pense à sa maman,
mais après il se sent triste. Il a plus de mal à exprimer
certaines choses à son père.
- Thomas dit des choses à sa
mère quand il est en colère car il pense qu’elle peut le
comprendre.
- Marion ne dit pas ce
qu'elle pense aux personnes qu'elle aime car elle a peur de
perdre la relation ou bien que cela mette en place une
distance encore plus grande entre elle et l'autre. A plus de
facilité à dialoguer avec sa mère.
- Léa croit que si elle dit à
ses parents tout ce qu’elle pense d’eux, ils retourneraient
la situation contre elle, ils se défendraient. Elle estime
que si ses propos ne changent rien chez l'autre, ça ne sert
à rien de dire. A plus de facilité avec sa mère.
- Estelle a déjà exprimé
certaines choses à ses parents, mais rien de méchant.
- Aurélie pense que les
parents ont toujours la même image de leurs enfants, ils ne
voient pas qu’ils changent. Elle a l'impression que l'image
que ses parents ont d'elle ne peut pas changer. A plus de
facilité avec sa mère.
- Claire R. a du mal à dire à
ses parents ce qu'elle pense car elle ne veut pas leur faire
de mal ni qu’ils prennent de la distance.
- Claire B. n'a pas de
difficulté avec ses parents mais avec son papi Henry c’est
plus difficile. Elle n’a pas l’habitude de se confronter à
l’autorité de ses parents, alors dès que quelque chose ne va
pas elle se met à pleurer. Cela va chercher la notion
d'abandon. Son papi prend à cœur tout ce qu'elle devient. Il
est exigeant et protecteur. Elle a l'impression de ne pas
pouvoir s'exprimer, elle le ressent comme un désaveu, un
rejet. Le scorpion ascendant verseau cherche à être
irréprochable. Claire est loin de dire ce qu'elle pense à
son papi. Elle a des difficultés à changer ses habitudes,
c'est une manière de s'affirmer.
- Pierre n'exprime pas à ses
parents ce qu'il pense car cela leur ferait de la peine. Il
a beaucoup de réactivités et ses propos seraient méchants
voir violents.
- Pauline commence à exprimer
à ses parents et notamment à sa mère ce qu'elle pense
d'elle.
L'amour sécurité
Il y a en nous une dimension
affective colossale qui revendique une sécurité absolue sur
l’affection que les autres nous portent. Alors on commence à
négocier avec le côté binaire de notre esprit qui se traduit
par il m'aime / il ne m'aime pas.
Au fond, que risque t-on à
exprimer à l'autre nos ressentis ? On dramatise souvent, on
amplifie la portée émotionnelle.
Il serait intéressant de
mettre en place des duos analytiques entre un parent et un
enfant qui n'est pas le sien afin de renouveler le regard
que l'adulte et l'enfant porte sur l'autre et de
dédramatiser leurs relations. Rien ne nous interdit de faire
un dialogue "sandwich" du type : je t’aime mais il y a ça
qui ne va pas dans ton comportement…
Le sentiment d'impuissance
Le suicide est une fuite, un
sentiment d’impuissance. Celui qui commet cet acte se retire
de manière définitive, il arrête d’être en relation. Il ne
pense pas que les situations à envisager sont infinies.
Chaque fois que nous
éprouvons un sentiment d’impuissance, pensons à un événement
du passé où la situation s’est débloquée, où on a vu plus
large et plus haut. Quand nous rechutons, posons-nous les
questions suivantes :
Qu’est-ce que je n’ai pas
vu ?
Qui va me permettre de sortir
de ce sentiment-là ?
Lorsque nous sortons de la
souffrance en comprenant bien ce que nous venons de vivre,
nous sommes devenu plus fort, ce qui nous permet d'aider les
autres, d'être utile à notre tour.