Bulletin no 33 du 11/10/2008
 

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Bulletins du groupe d'Eveil à Psychologie, la Philosophie et la Spiritualité

Ces bulletins sont mis gracieusement à la disposition de toute personne jeune ou adulte qui s'intéresse aux questions posées par des enfants sur tous les aspects de la vie. Il restitue les découvertes et les réactions spontanées d’un groupe en cheminement.

Ce groupe (EPPS) est le résultat de la fusion des groupes d'Eveil à la Vie (EVV) et d'Eveil à la Lumière (EVL) qui ont cheminé en parallèle jusqu'en 2007.

Si l’identité des personnes concernées est révélée involontairement par les prénoms des enfants, elles pourront toujours, après la lecture de ce qui suit, établir un dialogue qui révèle l’amour des uns pour les autres.

 

 8 - 14 ans

 

  

BULLETIN N°33

Séance du 11/10/2008

Participants : Aurélie Claire R - Claire B – Estelle - Léa - Marion - Paul – Pauline – Pierre - Thomas

Animatrices : Laurence

Planche de Marion sur le vol

Marion a volé des bonbons qu’elle distribuait pour obtenir l’amitié de ses camarades d’école.

Dans sa planche, elle analyse ses motivations et les vecteurs contraires qui étaient en elles.

Elle décrit les conséquences du vol pour elle mais aussi pour les commerçants. Elle explique que le vol est une perte d’argent que les commerçants ne peuvent utiliser pour leur famille.

Marion pense que Dieu nous a enseigné les commandements pour que nous ne souffrions pas. Si elle fait du mal aux autres, elle en subira irrémédiablement les conséquences. Si elle ne respecte pas les enseignements de Dieu, elle ne respecte pas Dieu et elle ne s’inscrit pas dans une démarche spirituelle.

Pour réparer l’acte commis, Marion a écrit des lettres d’excuses qu’elle a données aux commerçants et elle a remboursé en argent la valeur des bonbons volés.

Devant ce geste, les commerçants ont manifesté de la miséricorde.

En disant ainsi la vérité, Marion s’est libérée d’une charge. 

 

Le vol

Aurélie et Marion expliquent qu’elles ont volé car elles n’avaient pas assez d’argent de poche pour acheter des bonbons.

Marion désirait se faire des amis en offrant des bonbons aux enfants du collège.

Aurélie a d’abord été surprise par l’attitude de Marion, puis elle a remarqué que Marion était entourée de camarades depuis qu’elle distribuait des bonbons.

Le désir d’Aurélie d’avoir des amis a grandi jusqu’à focaliser son attention.

Elles reconnaissent qu’elles auraient pu dire la vérité mais la peur les empêchait de s’exprimer.

 

Le secret

Le fait de devoir cacher la vérité constituait pour Marion et Aurélie une préoccupation continuelle.

Le vol demandait de mettre en place différents stratagèmes et d’être très attentifs : se mettre dos aux commerçants, attendre qu’ils soient occupés, faire semblant de regarder une liste de course dans le sac pour dissimuler un objet.

La réflexion et l’observation permettant de trouver  des ruses prirent une place importante. L’attention fut captivée au point qu’il fut difficile d’être disponible pour d’autres sujets d’intérêt.

Aurélie constate que pendant cette période, elle devenait insolente et comprenait moins bien les propos d’autrui.

 

Se libérer du mensonge

Marion a l’impression d’avoir volé l’amitié des enfants à qui elle donnait des bonbons volés.

Aurélie n’arrivait pas à dormir la nuit pendant la période des vols. Il lui était difficile de s’exprimer librement car Marion lui disait de ne pas parler des vols. Se taire permettrait selon sa sœur de vivre comme si rien ne c’était passé et éviterait de faire des cauchemars.

Paul explique que lorsqu’il ment à quelqu’un, il a peur de parler à la personne car il craint qu’elle devine son mensonge. Il doit avouer la vérité pour être libéré.

Cependant, il est parfois difficile de changer d’attitude lorsque des mécanismes sont bien ancrés dans notre personnalité. Le réflexe d’inventer toujours des histoires pour expliquer nos comportements bizarres est très persistant.

Marion et Aurélie pensaient qu’il y aurait eu une sanction à un moment donné mais, déjà, la sanction intérieure était bien présente : ne pas se sentir bien, être toujours ravagé par la peur.

Elles pensent que le fait d’entretenir des émotions négatives crée une souffrance d’autant plus importante si nous avons conscience de mentir à ceux que nous aimons.

 

Les mécanismes du vol 

Nous reprenons les différentes étapes liées à l’expérimentation du vol :

- Un désir grandit sans être freiné.

- La possibilité de voler apparaît dans la conscience accompagnée d’une réprobation intérieure.

- La décision de voler l’emporte.

- Mise en place d’un cercle vicieux. Changement des comportements sous tendu par la peur : mise en place d’une organisation et de stratégies.

- Un sentiment d’amertume apparaît.

- Une prise de conscience sur l’absurdité du mensonge peut survenir lorsque le conflit intérieur s’intensifie.

- Un choix s’impose : continuer à voler ou se libérer en avouant.

Nous recherchons en nous  ce qui nous paraît important pour nous aider à être fort face aux tentations :

- Aurélie : Etre dans la vérité : car d’une part, « si tu es bien, les autres sont biens avec toi » et, d’autre part, si quelqu’un ment beaucoup, on ne le croit plus. Savoir que nous sommes aimés. Etre sur droit chemin. Aimer Dieu.

- Estelle : La joie. Etre dans l’amour. Fouler le sentier de Lumière.

- Paul : La paix. Ne pas se cacher. Pouvoir se confier. Prier.

- Marion : Avoir la volonté de travailler sur soi.

Que faire face à nos tentations ?

- Estelle : s’analyser

- Aurélie : Parler. Celui qui pense que les autres seront contre lui s’il agit d’une certaine façon, va éviter les comportements qui pourraient le mettre en désaccord avec son entourage.

Aurélie  se censure en fonction de l’idée qu’elle se fait des réactions des autres à ses propos. Elle prend beaucoup de précautions lorsqu’elle parle à ses grands-parents maternels et essayent d’anticiper le mouvement de leur pensée.

Ce type de méfiance limite notre capacité à exprimer l’amour. Nous serions plus libres si  nous pouvions dépasser la peur de ne pas être aimés des autres.

Nous devons nous exercer à observer, analyser, expliquer et surtout développer le sens de l’humour qui nous préservera des critiques destructrices.

Ainsi nous pourrons soulager nos frères en les aidant à se libérer de leurs peurs. La beauté de ce travail sera une grande satisfaction.

A la fin de la rencontre, Marion s’exprime sur ses émotions. Elle ressent de la joie car elle éprouve une libération. Elle est soulagée d’avoir pu parler.

   

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