Participants : Aurélie –
Claire R -
Claire B
– Estelle -
Léa -
Marion -
Paul
– Pauline
– Pierre -
Thomas
Animatrices :
Laurence
- Claire
La comparaison aux autres
Pauline souhaite s’exprimer
sur les échanges qu’elle a eus récemment avec Léa.
Toutes les deux
communiquaient sur Messenger depuis la rentrée.
A la lecture des mails, Léa
s’est sentie blessée car Pauline affirmait ne pas avoir de
problèmes avec les garçons. A partir de ce moment, les
conversations ont dégénéré.
Léa a voulu que Pauline
présente ses excuses mais lorsqu’elle l’a fait cela n’a rien
changé.
Alors, Léa a souhaité
interrompre momentanément les contacts.
Mais quand elles se sont
parlées à nouveau, Léa a eu l’impression qu’elles se
comprenaient moins.
Léa pensait que Pauline
abordait intentionnellement le sujet des garçons pour la
faire réagir.
La rentrée de Léa s’était
bien passée mais elle faisait le constat qu’elle se sentait
toujours timide avec les garçons. Ce problème relationnel à
l’école durait depuis plusieurs années et n’était pas
résolu. Léa n’a pas envie d’aller vers les garçons de sa
classe. Pour cette raison, elle pense qu’ils n’osent pas
l’aborder car ils ont peur.
Au collège, Pauline avait
également des problèmes de communication de ce type mais, au
lycée, les contacts se sont révélés beaucoup plus aisés.
Elle explique que ce changement l’a rendu très heureuse au
point d’en oublier les autres. De ce fait, elle s’est
exprimée avec insistance sur ce sujet sans prendre
conscience des réactions de Léa.
Pauline et Léa pensent
qu’elles éprouvent l’une envers l’autre des relations
d’admiration teintées de jalousie.
D’une part, Pauline
souhaiterait pouvoir communiquer son affection avec autant
de facilité que Léa mais elle éprouve toujours de la
retenue.
Cette différence se retrouve
dans les caractéristiques des signes astrologiques : le
capricorne (chez Pauline) peut avoir des blocages
émotionnels et le lion (chez Léa) a une tendance naturelle a
être démonstratif. Deux maîtrises sont à acquérir.
D’autre part, Pauline pense
que Léa fait preuve de davantage de profondeur dans ses
analyses.
Mais, de son côté, Léa
souhaiterait avoir les mêmes capacités que Pauline en ce qui
concerne le travail scolaire, les études musicales ou
l’élaboration des planches.
Chacune en est arrivée à
penser que l’autre est plus avancée ce qui a contribué à
faire naître un sentiment de jalousie.
Le fait de se comparer aux
autres déstabilise les êtres qui peuvent transformer un
sentiment d’admiration en envie.
Cette attitude est éloignée
de la relation emprunte de gratitude qui unie le disciple au
maître.
Les enfants réfléchissent aux
raisons pour lesquelles la reconnaissance des qualités de
l’autre nous infériorise.
Chez Pauline, le désir d’être
le meilleur nous incite à examiner les performances des
autres. Nous comparons pour pouvoir imiter et arriver au
même résultat.
A partir de sa propre
expérience qui consiste à vouloir ressembler aux garçons
qui, au collège, sont reconnus pour faire rire aisément leur
auditoire, Thomas pense que l’imitation permet de se faire
aimer et de se faire connaître.
Si pour accomplir un désir,
nous empruntons un chemin qui est éloigné des tendances
naturelles de notre personnalité, nous pouvons adopter des
attitudes qui sont en contradiction avec nos propres
convictions. Cela peut nous rendre mal l’aise par rapport à
nous-même.
Pour Aurélie, Claire B,
Claire R, Marion, la comparaison peut générer deux
attitudes opposées. Souvent dans le travail, la réussite des
autres peut créer un sentiment d’infériorité ou donner envie
de produire un résultat égal. Suivant le cas, nous pouvons
être stimulés ou démoralisés.
Pierre ne désire pas se
comparer aux autres car cela le fait souffrir. Il qualifie
d’orgueil, le sentiment de déception occasionné par le
constat qu’il ne sait pas montré aussi performant que
l’autre.
Peut-on se comparer sans souffrir ?
Notre regard est souvent
très orienté par nos désirs ce qui ne nous permet d’avoir
une vision panoramique de notre situation.
Se situer par rapport aux
autres, nous conduit à relativiser notre situation face à
ceux qui réussissent mieux (ce que nous faisons
naturellement) mais aussi face à ceux qui sont confrontés à
des difficultés.
Cette vision nous permettrait
de réaliser la chance que nous avons. Nous pouvons avoir
cette attitude par rapport à nous même, en comprenant que
nous évoluons : nous avons déjà réalisé des progrès, acquis
des connaissances et aptitudes nouvelles et nous pouvons
continuer ainsi dans le futur.
Ce regard nous aide à avoir
une approche plus aimante et optimiste pour nous même et les
autres.
Pour Marion, en aimant les
autres, nous ne regardons pas ce que nous avons. Ce qui est
la véritable preuve de l’humilité, conclue Aurélie.
Tant que les êtres
s’identifient à leur personnalité, ils ont tendance à
vouloir briller mais c’est souvent en écrasant l’autre.
En s’identifiant avec l’âme,
une relation joyeuse d’amour s’instaure et vient influer sur
les autres relations.
Les enfants évoquent
également la possibilité d’un enrichissement mutuel qui
pourrait être créé par la fusion de deux personnalités.
Réactivité et interprétation
En poursuivant l’analyse de
ses échanges avec Pauline, Léa remarque qu’elle a interprété
les propos de Pauline en pensant qu’elle lui voulait du mal.
Il lui semblait également que pour sa part, elle avait
peut-être grossi les événements et elle regrettait de
n’avoir pas pu s’exprimer davantage dans les mails.
Le mental de Léa a-t-il
perverti la réalité, alors qu’il y avait une expression
simple de la joie de la part de Pauline ? En effet, Pauline
avait dépassé sa timidité et pouvait enfin s’exprimer.
De son côté,
Pauline reconnaît qu’inconsciemment elle s’était peut-être
engagée dans une réaction de type « règlement de compte »
avec Léa, en insistant sur sa facilité à entrer en contact
avec ses camarades.
Auprès des enfants du groupe,
Léa est appréciée car elle sait démontrer spontanément son
affection à tous (adultes, enfants, y compris les garçons)
et il est difficile pour ses frères et sœurs d’imaginer
qu’elle soit réservée au collège.
L’attitude de Léa dans le
groupe a pu susciter de l’envie chez Pauline.
Mais Léa s’est sentie blessée
par les propos de Pauline car elle n’avait pas l’impression
de s’exprimer facilement au collège.
Les conversations sur Internet
Les enfants échangent
régulièrement sur internet. Les conversations peuvent
aborder différents thèmes : la vie au collège, la
philosophie, des événements particuliers.
Pour Pauline, ces relations
permettent d’améliorer la personnalité car ce sont des mises
en situation dans lesquelles chacun s’exerce à communiquer.
Face au risque de voir la
qualité des échanges diminuer, l’élévation du niveau des
sujets doit être recherchée.
Les enfants apprécient de
pouvoir communiquer sur MSN car :
- Ils peuvent prolonger les
échanges du samedi, demander des explications ou parler du
collège.
- Il leur est plus facile de
s’exprimer sur des sujets délicats tel que l’adolescence
avec une personne que devant tout le groupe.
Cependant, les enfants font
le constat des limites de ce mode de communication :
- Les conversations en petit
comité peuvent exclure les autres enfants. Pour Claire B,
une attitude positive consisterait à ne plus avoir de
conversation qui favorise le secret.
- Les échanges peuvent
diminuer en qualité lorsque les enfants sortent d’un certain
cadre
- De fausses interprétations
peuvent être faites.
Le FI explique que MSN est un
moyen de communication pour lequel nous retrouvons les mêmes
défauts que dans les autres modes de communication.
Certains problèmes
d’interprétation sur MSN proviennent d’un manque de
paralangage.
Interdire de communiquer sur
MSN peut provoquer une transgression ce qui n’est pas
souhaitable.
En outre, communiquer étant
une qualité qui enrichie les rapports humains, l’exercer sur
MSN est intéressant. Toutefois, il faut être attentif à
savoir avec qui et pourquoi les enfants communiquent.