Bulletin no 31 du 13/09/2008
 

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Bulletins du groupe d'Eveil à Psychologie, la Philosophie et la Spiritualité

Ces bulletins sont mis gracieusement à la disposition de toute personne jeune ou adulte qui s'intéresse aux questions posées par des enfants sur tous les aspects de la vie. Il restitue les découvertes et les réactions spontanées d’un groupe en cheminement.

Ce groupe (EPPS) est le résultat de la fusion des groupes d'Eveil à la Vie (EVV) et d'Eveil à la Lumière (EVL) qui ont cheminé en parallèle jusqu'en 2007.

Si l’identité des personnes concernées est révélée involontairement par les prénoms des enfants, elles pourront toujours, après la lecture de ce qui suit, établir un dialogue qui révèle l’amour des uns pour les autres.

 

 8 - 14 ans

 

  

BULLETIN N°31

Séance du 13/09/2008

Participants : Aurélie Claire R - Claire B – Estelle - Léa - Marion - Paul – Pauline – Pierre - Thomas

Animatrices : Laurence - Claire

 

La comparaison aux autres 

Pauline souhaite s’exprimer sur les échanges qu’elle a eus récemment avec Léa.

Toutes les deux communiquaient sur Messenger depuis la rentrée.

A la lecture des mails, Léa s’est sentie blessée car Pauline affirmait ne pas avoir de problèmes avec les garçons.  A partir de ce moment, les conversations ont dégénéré.

Léa a voulu que Pauline présente ses excuses mais lorsqu’elle l’a fait cela n’a rien changé.

Alors, Léa a souhaité interrompre momentanément les contacts.

Mais quand elles se sont parlées à nouveau, Léa a eu l’impression qu’elles se comprenaient moins.  

Léa pensait que Pauline abordait intentionnellement le sujet des garçons pour la faire réagir.

La rentrée de Léa s’était bien passée mais elle faisait le constat qu’elle se sentait toujours timide avec les garçons. Ce problème relationnel à l’école durait depuis plusieurs années et n’était pas résolu. Léa n’a pas envie d’aller vers les garçons de sa classe. Pour cette raison, elle pense qu’ils n’osent pas l’aborder car ils ont peur.

Au collège, Pauline avait également des problèmes de communication de ce type mais, au lycée, les contacts se sont révélés beaucoup plus aisés. Elle explique que ce changement l’a rendu très heureuse au point d’en oublier les autres. De ce fait, elle s’est exprimée avec insistance sur ce sujet sans prendre conscience des réactions de Léa.

Pauline et Léa pensent qu’elles éprouvent l’une envers l’autre des relations d’admiration teintées de jalousie.

D’une part, Pauline souhaiterait pouvoir communiquer son affection avec autant de facilité que Léa mais elle éprouve toujours de la retenue.

Cette différence se retrouve dans les caractéristiques des signes astrologiques : le capricorne (chez Pauline) peut avoir des blocages émotionnels et le lion (chez Léa) a une tendance naturelle a être démonstratif. Deux maîtrises sont à acquérir.

D’autre part, Pauline pense que Léa fait preuve de davantage de profondeur dans ses analyses.

Mais, de son côté, Léa souhaiterait avoir les mêmes capacités que Pauline en ce qui concerne le travail scolaire, les études musicales ou l’élaboration des planches.

Chacune en est arrivée à penser que l’autre est plus avancée ce qui a contribué à faire naître un sentiment de jalousie.

Le fait de se comparer aux autres déstabilise les êtres qui peuvent transformer un sentiment d’admiration en envie.

Cette attitude est éloignée de la relation emprunte de gratitude qui unie le disciple au maître.

Les enfants réfléchissent aux raisons pour lesquelles la reconnaissance des qualités de l’autre nous infériorise.

Chez Pauline, le désir d’être le meilleur nous incite à examiner les performances des autres. Nous comparons pour pouvoir imiter et arriver au même résultat.

A partir de sa propre expérience qui consiste à vouloir ressembler aux garçons qui, au collège, sont reconnus pour faire rire aisément leur auditoire, Thomas pense que l’imitation permet de se faire aimer et de se faire connaître. 

Si pour accomplir un désir, nous empruntons un chemin qui est éloigné des tendances naturelles de notre personnalité, nous pouvons adopter des attitudes qui sont en contradiction avec nos propres convictions. Cela peut nous rendre mal l’aise par rapport à nous-même.

Pour Aurélie, Claire B, Claire R, Marion, la comparaison peut générer deux  attitudes opposées. Souvent dans le travail, la réussite des autres peut créer un sentiment d’infériorité ou donner envie de produire un résultat égal. Suivant le cas, nous pouvons être stimulés ou démoralisés.

Pierre ne désire pas se comparer aux autres car cela le fait souffrir. Il qualifie d’orgueil, le sentiment de déception occasionné par le constat qu’il ne sait pas montré aussi performant que l’autre.

 

Peut-on se comparer sans souffrir ?

 Notre regard est souvent très orienté par nos désirs ce qui ne nous permet d’avoir une vision panoramique de notre situation.

Se situer par rapport aux autres, nous conduit à relativiser notre situation face à ceux qui réussissent mieux (ce que nous faisons naturellement) mais aussi face à ceux qui sont confrontés à des difficultés.

Cette vision nous permettrait de réaliser la chance que nous avons. Nous pouvons avoir cette attitude par rapport à nous même, en comprenant que nous évoluons : nous avons déjà réalisé des progrès, acquis des connaissances et aptitudes nouvelles et nous pouvons continuer ainsi dans le futur.

Ce regard nous aide à avoir une approche plus aimante et optimiste pour nous même et les autres.

Pour Marion,  en aimant les autres, nous ne regardons pas ce que nous avons. Ce qui est la véritable preuve de l’humilité, conclue Aurélie.

Tant que les êtres s’identifient à leur personnalité, ils ont tendance à vouloir briller mais c’est souvent en écrasant l’autre.

En s’identifiant avec l’âme, une relation joyeuse d’amour s’instaure et vient influer sur les  autres relations.

Les enfants évoquent également la possibilité d’un enrichissement mutuel qui pourrait être créé par la fusion de deux personnalités.

 

Réactivité et interprétation

En poursuivant l’analyse de ses échanges avec Pauline, Léa remarque qu’elle a interprété les propos de Pauline en pensant qu’elle lui voulait du mal. Il lui semblait également que pour sa part, elle avait peut-être grossi les événements et elle regrettait de n’avoir pas pu s’exprimer davantage dans les mails.

Le mental de Léa a-t-il perverti la réalité, alors qu’il y avait une expression simple de la joie de la part de Pauline ? En effet, Pauline avait dépassé sa timidité et pouvait enfin s’exprimer.

De son côté, Pauline reconnaît qu’inconsciemment elle s’était peut-être engagée dans une réaction de type « règlement de compte » avec Léa, en insistant sur sa facilité à entrer en contact avec ses camarades.

Auprès des enfants du groupe, Léa est appréciée car elle sait démontrer spontanément son affection à tous (adultes, enfants, y compris les garçons) et il est difficile pour ses frères et sœurs d’imaginer qu’elle soit réservée au collège.

L’attitude de Léa dans le groupe a pu susciter de l’envie chez Pauline.

Mais Léa s’est sentie blessée par les propos de Pauline car elle n’avait pas l’impression de s’exprimer facilement au collège.

 

Les conversations sur Internet

Les enfants échangent régulièrement sur internet. Les conversations peuvent aborder différents thèmes : la vie au collège, la philosophie, des événements particuliers.

Pour Pauline, ces relations permettent d’améliorer la personnalité car ce sont des mises en situation dans lesquelles chacun s’exerce à communiquer.

Face au risque de voir la qualité des échanges diminuer, l’élévation du niveau des sujets doit être recherchée.         

Les enfants apprécient de pouvoir communiquer sur MSN car :

- Ils peuvent prolonger les échanges du samedi, demander des explications ou parler du collège.

- Il leur est plus facile de s’exprimer sur des sujets délicats tel que l’adolescence avec une personne que devant tout le groupe.

Cependant, les enfants font le constat des limites de ce mode de communication :

- Les conversations en petit comité peuvent exclure les autres enfants. Pour Claire B, une attitude positive consisterait à ne plus avoir de conversation qui favorise le secret.

- Les échanges peuvent diminuer en qualité lorsque les enfants sortent d’un certain cadre

- De fausses interprétations peuvent être faites.

Le FI explique que MSN est un moyen de communication pour lequel nous retrouvons les mêmes défauts que dans les autres modes de communication.

Certains problèmes d’interprétation sur MSN proviennent d’un manque de paralangage.

Interdire de communiquer sur MSN peut provoquer une transgression ce qui n’est pas souhaitable.

En outre, communiquer étant une qualité qui enrichie les rapports humains, l’exercer sur MSN est intéressant. Toutefois,  il faut être attentif à savoir avec qui et pourquoi les enfants communiquent.

  

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