Participants : Aurélie –
Claire R -
Claire B
– Estelle -
Léa -
Marion -
Paul
– Pauline
– Pierre
Animatrices :
Corinne
- Laurence
Nous commençons nos travaux
par un temps de méditation.
L’invité de cette rencontre
est Didier.
Planche de Marion :
«Mes attitudes du moment »
A l’école, Marion désobéit
aux professeurs et aux surveillants et elle s’adresse de
manière désinvolte à son frère en lui disant
« salut Pierre ! ». Elle reconnaît que cette attitude est
blessante et qu’elle ne souhaiterait pas que son frère
agisse ainsi envers elle.
Marion a envie que les autres
la remarquent. Son comportement distrait ses camarades
pendant les cours et retarde la classe. Vouloir être
remarquée aux yeux de tous incite Marion à désobéir
davantage.
Marion explique qu’elle est
très attachée à ses camarades car celles-ci lui donnent des
bonbons mais également parce qu’elle n’aime pas être seule.
L’attachement avec l’une d’entre elles est si fort qu’elle
le vit comme un enfermement qui la conduit à obéir
inconditionnellement et même à mentir.
Les quatre Nobles Vérité ont
permis à Marion de comprendre que la cause de la souffrance
est le désir. La préparation au contrôle des désirs et des
émotions est le travail qui mène à la seconde initiation.
Pour atteindre cette maîtrise, il ne faut pas se blinder
systématiquement par rapport aux émotions ni dramatiser mais
savoir exprimer certaines émotions lorsque cela est
bénéfique.
La peur d’être seul
L’attitude de Marion est
conditionnée par ses désirs matériels et sa peur d’être
seule.
Si nous sommes dépendants du
contexte, nous sommes vulnérables car notre milieu influence
fortement notre comportement. Il est bien de pouvoir trouver
la force de rester seule pour être moins influençable.
A la rentrée, Marion va
suivre l’école à la maison, elle va ainsi expérimenter cette
solitude relative mais sans être confrontée à ses camarades
elle ne pourra peut-être pas acquérir la capacité intérieure
de ne pas dépendre des autres.
Chez Aurélie, se sentir seule
est vécu comme un rejet des autres envers sa personne ce qui
lui donne une mauvaise image d’elle-même. Alors qu’à la
maison, elle s’exprime sans ménagement et sans reconnaître
ses torts, au collège, elle nuance ses propos de peur d’être
écartée du groupe de ses camarades.
Léa a vécu le sentiment
d’isolement en élémentaire où elle se sentait critiquée et
rejetée. Ne souhaitant pas revivre cette expérience, il lui
arrive de s’excuser sans le penser vraiment.
Pierre alterne entre l’envie
d’être avec les autres et celle de rester seul. Ses besoins
d’isolement sont souvent motivés par un désir de fuite ou
des envies d’exclusivités relationnelles.
Pauline n’aime pas être seule
mais elle a malgré tout à l’impression d’être seule.
Au collège, Pauline dit ce
qu’elle pense sans manière, sans réfléchir au préalable.
Pauline ne s’excuse pas d’avoir prononcé des paroles
blessantes de peur de paraître faible et de laisser l’autre
prendre le dessus. Pauline pense que son orgueil l’empêche
de reconnaître ses torts et que pour cette raison ses
camarades s’éloignent d’elle.
Observation de la
personnalité de Pauline
Dans le groupe, l’attitude de
Pauline est différente. Elle surveille davantage ses propos
car elle se considère dans un apprentissage. Si, elle doit
s’excuser, elle le fera d’une manière ambiguë.
Les enfants s’expriment sur
leurs ressentis par rapport au comportement de Pauline.
Léa et Claire R : Les
remarques de Pauline sont spontanées et franches. Après,
réflexion, elle peut adoucir, nuancer ses propos sans
s’excuser, employant une « langue de bois ».
Pierre et Aurélie : Les
critiques de Pauline sont perçues comme des jugements qui
donnent l’impression d’être « catalogué » définitivement.
Ainsi, Aurélie a interprété
une critique ponctuelle de Pauline sur son interprétation
d’un morceau de musique comme un jugement négatif sur ses
aptitudes de musicienne.
Claire B : Pauline peut avoir
des paroles blessantes qui sortent spontanément. Elle donne
des coups et des attaques verbales.
Marion : Pauline peut se
montrer cassante. Peut-être, le fait-elle exprès, certaines
fois, pour pousser l’autre à changer. En scorpion, Marion,
interprète mal les remarques de Pauline. Elle souhaiterait
lui dire son désaccord mais elle n’ose pas.
Claire R : Pauline cherche
peut-être à provoquer. Claire est surprise d’entendre
Pauline faire des réflexions aux autres enfants comme si
elle était une adulte.
Pierre : La critique chez
Pauline trahit peut-être un sentiment de supériorité.
Aurélie : Il se dégage de
l’attitude de Pauline une impression de sérieux, de
supériorité.
Léa : l’aspect de sérieux
chez Pauline pourrait être une façade créée pour se défendre
ou marquer sa supériorité.
Pierre : Pauline est
exigeante et se fixe une auto discipline en se donnant des
planches à réaliser.
Les enfants trouvent
plusieurs qualificatifs pour décrire le comportement de
Pauline : exigeant, dédaigneux, prétentieux, hautain et des
expressions du type : « elle se croit », « elle s’y croit »,
« elle se la pète ».
La timidité
Pierre émet l’hypothèse qu’un
sentiment de timidité se cache sous l’attitude de Pauline.
Cette remarque nous permet
d’entrer dans l’analyse. Après avoir examiné l’apparence,
nous commençons à réfléchir aux causes. L’analyse aide à
excuser car dans ce processus, il s’agit d’aider l’autre et
non de le condamner.
Les êtres timides ne sont pas
spontanés. La solitude leur permet d’observer et de faire
une check liste au sujet, en particulier, des personnalités
qui osent et qui sont jugées orgueilleuses.
Mais lorsqu’il y a trop de
pression tout ce qui a été contenu ne peut être retenu.
La timidité fait souffrir car
la relation aux autres est subie. Notre jugement sur les
autres est terni, noirci, seuls les défauts sont remarqués.
Le jugement est altéré par le ressenti de tristesse et/ou
l’incapacité de communiquer.
Les enfants d’une fratrie
sont en général moins timides que les enfants uniques à
moins que ces derniers soient mis sur un piédestal par leurs
parents.
Didier et Laurence, tous
deux, enfants uniques, ont eu des attitudes différentes.
Didier cherchait spontanément la relation à l’extérieur de
sa famille dans laquelle il ne sentait pas reconnue alors
que Laurence était timide et ne s’exprimait pas.
Si Pauline avait des frères
et sœurs, elle aurait des réactions immédiates. L’école est
un milieu dans lequel Pauline est moins prudente que
d’habitude et où elle peut s’exprimer sans retenue.
Il est possible que Pauline
ne demande pas pardon car elle pense qu’elle a un crédit
d’offense. En effet, certains êtres estiment qu’ils ont été
trop offensés et, de ce fait, ils prennent davantage en
compte leurs blessures que celles qu’ils viennent
d’infliger.
Pauline a peut être un
postulat du type « de toutes façons, je suis toujours
seule, donc je n’ai rien à perdre de critiquer les autres ».
D’autres agissent comme des
bourreaux estimant que leur attitude est parfaitement
justifiée.
Comment exister avec
les autres ?
Quelles sont les manières de
dire le fond de nos pensées aux autres ?
Claire B et
Estelle accumulent les récriminations et expriment tout d’un
coup.
Paul et Aurélie cherchent à
trouver d’autres personnes qui ont le même avis qu’eux avant
de s’exprimer. Cette méthode basée sur le regroupement
nécessite davantage de temps.
Dans certains cas, tous
peuvent se réunir pour faire une check-list de griefs.
Claire R se met à l’écart et
attend que les choses s’arrangent. Une attitude qui peut
s’apparenter à la diplomatie.
A la question « quelle
méthode souhaiteriez vous employer dans le groupe ?», les
enfants répondent qu’aucune ne leur semble appropriée à
moins d’avoirs recours à des critiques qui permettent de
mieux voir en soi.
Dans le groupe PPS, nous
pouvons dire à un frère des critiques qui n’ont dans le but
de détruire mais afin de permettre une meilleure
compréhension de soi. Ces critiques donnent une coloration
de nous-même qui lorsqu'elle est recoupée de nombreuses
fois, devient un fait objectif. Cette démarche est
différente du comportement, adopté à l’école, qui consiste à
critiquer et à se taire devant la personne concernée.