Bulletin no 27 du 19/07/2008
 

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Bulletins du groupe d'Eveil à Psychologie, la Philosophie et la Spiritualité

Ces bulletins sont mis gracieusement à la disposition de toute personne jeune ou adulte qui s'intéresse aux questions posées par des enfants sur tous les aspects de la vie. Il restitue les découvertes et les réactions spontanées d’un groupe en cheminement.

Ce groupe (EPPS) est le résultat de la fusion des groupes d'Eveil à la Vie (EVV) et d'Eveil à la Lumière (EVL) qui ont cheminé en parallèle jusqu'en 2007.

Si l’identité des personnes concernées est révélée involontairement par les prénoms des enfants, elles pourront toujours, après la lecture de ce qui suit, établir un dialogue qui révèle l’amour des uns pour les autres.

 

 8 - 14 ans

 

  

BULLETIN N°27

Séance du 19/07/2008

Participants : Aurélie Claire R - Claire B – Estelle - Léa - Marion - Paul – Pauline – Pierre

Animatrices : Corinne - Laurence

 

Nous commençons nos travaux par un temps de méditation.

L’invité de cette rencontre est Didier.

 Planche de Marion : «Mes attitudes du moment »

A l’école, Marion désobéit aux professeurs et aux surveillants et elle  s’adresse de manière désinvolte à son frère en lui disant « salut Pierre ! ». Elle reconnaît que cette attitude est blessante et qu’elle ne souhaiterait pas que son frère agisse ainsi envers elle.

Marion a envie que les autres la remarquent. Son comportement distrait ses camarades pendant les cours et retarde la classe. Vouloir être remarquée aux yeux de tous incite Marion à désobéir davantage.

Marion explique qu’elle est très attachée à ses camarades car celles-ci lui donnent des bonbons mais également parce qu’elle n’aime pas être seule. L’attachement avec l’une d’entre elles est si fort qu’elle le vit comme un enfermement qui la conduit à obéir inconditionnellement et même à mentir.

Les quatre Nobles Vérité ont permis à Marion de comprendre que la cause de la souffrance est le désir. La préparation au contrôle des désirs et des émotions est le travail qui mène à la seconde initiation. Pour atteindre cette maîtrise, il ne faut pas se blinder systématiquement par rapport aux émotions ni dramatiser mais savoir exprimer certaines émotions lorsque cela est  bénéfique.

 La peur d’être seul

L’attitude de Marion est conditionnée par ses désirs matériels et sa peur d’être seule.

Si nous sommes dépendants du contexte, nous sommes vulnérables car notre milieu influence fortement notre comportement. Il est bien de pouvoir trouver la force de rester seule pour être moins influençable.

A la rentrée, Marion va suivre l’école à la maison, elle va ainsi expérimenter cette solitude relative mais sans être confrontée à ses camarades elle ne pourra peut-être pas acquérir la capacité intérieure de ne pas dépendre des autres.

Chez Aurélie, se sentir seule est vécu comme un rejet des autres envers sa personne ce qui lui donne une mauvaise image d’elle-même. Alors qu’à la maison, elle s’exprime sans ménagement et sans reconnaître ses torts, au collège, elle nuance ses propos de peur d’être écartée du groupe de ses camarades.

Léa a vécu le sentiment d’isolement en élémentaire où elle se sentait critiquée et rejetée. Ne souhaitant pas revivre cette expérience, il lui arrive de s’excuser sans le penser vraiment.

Pierre alterne entre l’envie d’être avec les autres et celle de rester seul. Ses besoins d’isolement sont souvent motivés par un désir de fuite ou des envies d’exclusivités relationnelles.

Pauline n’aime pas être seule mais elle a malgré tout à l’impression d’être seule.

Au collège, Pauline dit ce qu’elle pense sans manière, sans réfléchir au préalable. Pauline  ne s’excuse pas d’avoir prononcé des paroles blessantes de peur de paraître faible et de laisser l’autre prendre le dessus. Pauline pense que son orgueil l’empêche de reconnaître ses torts et que pour cette raison ses camarades s’éloignent d’elle.

Observation de la personnalité de Pauline

Dans le groupe, l’attitude de Pauline est différente. Elle surveille davantage ses propos car elle se considère dans un apprentissage. Si, elle doit s’excuser, elle le fera d’une manière ambiguë.

Les enfants s’expriment sur leurs ressentis par rapport au comportement de Pauline.

Léa et Claire R : Les remarques de Pauline sont spontanées et franches. Après, réflexion, elle peut adoucir, nuancer ses propos sans s’excuser, employant une « langue de bois ».

Pierre et Aurélie : Les critiques de Pauline sont perçues comme des jugements qui donnent l’impression d’être « catalogué » définitivement.

Ainsi, Aurélie a interprété une critique ponctuelle de Pauline sur son interprétation d’un morceau de musique comme un jugement négatif sur ses aptitudes de musicienne.

Claire B : Pauline peut avoir des paroles blessantes qui sortent spontanément. Elle donne des coups et des attaques verbales.

Marion : Pauline peut se montrer cassante. Peut-être, le fait-elle exprès, certaines fois, pour pousser l’autre à changer. En scorpion, Marion, interprète mal les remarques de Pauline. Elle souhaiterait lui dire son désaccord mais elle n’ose pas.

Claire R : Pauline cherche peut-être à provoquer. Claire est surprise d’entendre Pauline faire des réflexions aux autres enfants comme si elle était une adulte.

Pierre : La critique chez Pauline trahit peut-être un sentiment de supériorité.

Aurélie : Il se dégage de l’attitude de Pauline une impression de sérieux, de supériorité.

Léa : l’aspect de sérieux chez Pauline pourrait être une façade créée pour se défendre ou marquer sa supériorité.

Pierre : Pauline est exigeante et se fixe une auto discipline en se donnant des planches à réaliser.

Les enfants trouvent plusieurs qualificatifs pour décrire le comportement de Pauline : exigeant, dédaigneux, prétentieux, hautain et des expressions du type : « elle se croit », « elle s’y croit », « elle se la pète ».

La timidité

Pierre émet l’hypothèse qu’un sentiment de timidité se cache sous l’attitude de Pauline.

Cette remarque nous permet d’entrer dans l’analyse. Après avoir examiné l’apparence, nous commençons à réfléchir aux causes. L’analyse aide à excuser car dans ce processus, il s’agit d’aider l’autre et non de le condamner.

Les êtres timides ne sont pas spontanés. La solitude leur permet d’observer et de faire une check liste au sujet, en particulier, des personnalités qui osent et qui sont jugées orgueilleuses.

Mais lorsqu’il y a trop de pression tout ce qui a été contenu ne peut être retenu.

La timidité fait souffrir car la relation aux autres est subie. Notre jugement sur les autres est terni, noirci, seuls les défauts sont remarqués. Le jugement est altéré  par le ressenti de tristesse et/ou l’incapacité de communiquer.

Les enfants d’une fratrie sont en général moins timides que les enfants uniques  à moins que ces derniers soient mis sur un piédestal par leurs parents.

Didier et Laurence, tous deux, enfants uniques, ont eu des attitudes différentes. Didier cherchait spontanément la relation à l’extérieur de sa famille dans laquelle il ne sentait pas reconnue alors que Laurence était timide et ne s’exprimait pas.

Si Pauline avait des frères et sœurs, elle aurait des réactions immédiates. L’école est un milieu dans lequel Pauline est moins prudente que d’habitude et où elle peut s’exprimer sans retenue.

Il est possible que Pauline ne demande pas pardon car elle pense qu’elle a un crédit d’offense. En effet, certains êtres estiment qu’ils ont été trop offensés et, de ce fait,  ils prennent  davantage en compte  leurs blessures que celles qu’ils viennent d’infliger.

Pauline a peut être un postulat du type « de toutes façons,  je suis toujours seule, donc je n’ai rien à perdre de critiquer les autres ».

D’autres agissent comme des bourreaux estimant que leur attitude est parfaitement justifiée.

Comment exister avec les autres ?

Quelles sont les manières de dire le fond de nos pensées aux autres ?

Claire B et Estelle accumulent les récriminations et expriment tout d’un coup.

Paul et Aurélie cherchent à  trouver d’autres personnes qui ont le même avis qu’eux avant de s’exprimer. Cette méthode basée sur le regroupement nécessite davantage de temps.

Dans certains cas, tous peuvent se réunir pour faire une check-list de griefs.

Claire R se met à l’écart et attend que les choses s’arrangent. Une attitude qui peut s’apparenter à la diplomatie.

A la question « quelle méthode souhaiteriez vous employer dans le groupe ?», les enfants répondent qu’aucune ne leur semble appropriée à moins d’avoirs recours à des critiques qui permettent de mieux voir en soi.

Dans le groupe PPS, nous pouvons dire à un frère des critiques qui n’ont dans le but de détruire mais afin de permettre une meilleure compréhension de soi. Ces critiques donnent une coloration de nous-même qui lorsqu'elle est recoupée de nombreuses fois, devient un fait objectif. Cette démarche est différente du comportement, adopté à l’école, qui consiste à critiquer et à se taire devant la personne concernée.

 

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