Participants :
Aurélie –
Claire R -
Claire B
– Estelle -
Léa -
Marion -
Paul
– Pauline
– Pierre
– Thomas
Animatrices :
Corinne - Laurence
Présentation de notre invité
Nous commençons nos travaux par un temps de médiation.
L’invitée de cette rencontre est Marie.
Planche
de Pierre : « La confiance »
Confiance : n.f ; : du latin confidentia d’après l’ancien
français fiance « fois ». Espérance ferme, assurance de
celui qui se fie à quelqu’un ou à quelque chose.
Pierre a dû réfléchir sur la confiance en raison de sa
désobéissance. Il explique que ses actes sont plus souvent
motivés par ses désirs que par une réflexion. Ce
comportement a pour conséquence de lui faire perdre la
confiance d’autrui.
La confiance améliore les relations entre les personnes mais
le mensonge peut rompre ces liens car celui qui se sent
trahit ressent de la tristesse ou de la colère.
Lorsque Pierre est face à une personne qui ne lui fait pas
confiance, dans un premier temps, il est triste, puis, il
oublie et s’enferme dans une bulle dans laquelle il
reste passif sans réfléchir, ni bouger, attendant qu’un le
fasse réagir. Cet état de passivité ne contribue pas à
rétablir la confiance à son égard.
Lorsque survient un désir, Pierre trahit à nouveau car, sa
passivité ne lui a pas permis d’observer ses mécanismes.
Pierre pense que les autres peuvent imaginer qu’il ne
souhaite pas entretenir de relation.
Il se demande si son amour pour les autres est réel ou s’il
est conditionné par leur capacité à satisfaire ses désirs.
Changer son comportement est difficile pour Pierre. S’il est
fâché, il ne voit que ses défauts et ne se croit pas capable
de changer.
Lorsqu’il n’agit pas conformément à ce qui lui est demandé,
Pierre éprouve de la honte et une envie d’agir. Mais
finalement, il s’intéresse à ses désirs dont la réalisation
lui permettra de « s’échapper », tout en espérant que cela
passera inaperçu.
En conclusion, Pierre exprime le désir de dépasser sa
tendance au mensonge car il ne veut pas rompre la relation
qui le lie aux autres.
Le vol
Pierre, Marion et Aurélie ont volé des bonbons dans
plusieurs magasins.
Pierre n’en a pas parlé parce qu’il avait honte et qu’il
avait arrêté. Marion avait peur de se faire réprimander et
voulait avoir de bonnes relations avec ses parents.
Aurélie se sentait mal à l’aise car elle pensait que ses
parents avaient une bonne image d’elle alors que, depuis un
mois, elle volait.
Ce poids se faisait si lourd qu’elle décida de parler.
Depuis, les enfants ont écrit des lettres aux
commerçants et sont allés les porter en avouant leurs
fautes.
Les commerçants, touchés par ce geste, ont été dans la
miséricorde. L’un d’eux a raconté qu’il avait volé dans sa
jeunesse.
Le besoin d’expérimentation
La société actuelle est très influente. Il y a 50 ans, les
enfants étaient peu tentés de poser des actes de
transgression car ils étaient davantage isolés, les
distractions étaient moins nombreuses et toutes les
émissions tendancieuses à la télévision étaient filtrées.
A contrario, la société actuelle donne un libre accès à
toutes sortes de programme.
Les enfants sont dans le virtuel et n’ont pas la possibilité
de faire la distinction entre le réel et l’imaginaire.
Récemment des jeunes ont tué car selon leur témoignage : ils
voulaient « voir ce que cela faisait ». Les enfants
d’aujourd’hui sont des expérimentateurs avec tous les
risques que cela comporte.
Dans le groupe certains ont déjà volé quand ils étaient
petits.
Paul a volé des chewing-gums. Il a ramené au magasin
avec son papa et s’est fait corriger.
Pauline a volé mais elle n’avait pas conscience de son acte.
Marie, notre invité, a volé à une camarade, lors d’un retour
de voyage de Lourdes, une petite statuette de La Vierge.
Constatant le désarroi de sa compagne, Marie avoua son vol.
Cette expérience l’a fortement marquée et l’a définitivement
dissuadée de voler.
Le désir d’expérience conduit les hommes à expérimenter les
lois de l’univers. Mais, il faut une certaine sagesse
pour ne pas réaliser toutes les expériences.
La confrontation avec le réel
Comment pouvons-nous prendre conscience de la portée de nos
actes ?
Les Dix commandements rappellent les lois élémentaires. Il a
sans doute était nécessaire de les écrire car les hommes
sont immatures. Dieu dans sa miséricorde a donné des lois
pour que les hommes ne souffrent pas.
Les enfants élaborent une échelle de gravité des actes :
tuer, laisser presque mort, violer, voler.
Voler est un acte qui déjà indirectement ôte la vie car il
s’agit d’enlever à quelqu’un ses moyens de vivre (son pain,
sa nourriture, son argent,…).
Le directeur d’une grande surface a expliqué aux enfants
qu’un nombre trop important de vols peut motiver une
décision de licenciement.
Une prise de conscience peut venir d’une confrontation avec
des faits marquants de la réalité.
Le FI demande s’il nécessaire que Aurélie, Pierre et
Marion se rendent à l’hôtel de police.
Si quelqu’un commet un crime, le fait de demander pardon à
la famille de la victime suffit-il ?
Marion reconnaît qu’il serait utile de se rendre à la police
pour apprendre les peines encourues en cas de vol mais,
d’autre part, elle redoute des conséquences d’une telle
visite sur son casier judiciaire. En effet, avoir un casier
judiciaire compromet l’accès à beaucoup de métiers :
fonctionnaires, agents de sécurité, enseignants, personnel
du milieu médical et de la justice,…
En étant pris sur le vif, les enfants auraient été vivement
apostrophés. Comme cela n’a pas été le cas, une
confrontation avec la police pourrait être utile.
Paul pense que Pierre, Marion et Aurélie devraient aller à
la Police car s’ils ne le font pas, ils vont éviter la
Police toute leur vie.
Pour Claire B, aller à la police devrait peut être aider les
enfants à ne plus voler en raison de la peur et de la honte
suscitées par cette expérience.
Le karma
Aurélie explique que le karma occasionne tôt ou tard des
conséquences et qu’en avouant, elle a peut-être réduit le
karma.
Récemment, Aurélie a dû rembourser une vitre cassée par une
de ses camarades. Au début, elle a trouvé cela injuste, puis
elle a compris que cet événement était peut-être en rapport
avec son attitude.
La réaction des enfants
Les enfants sont interrogés sur leurs réactions lorsqu’ils
ont appris que Pierre, Marion et Aurélie avaient volé.
La réaction de Léa vis-à-vis de vol a été ambivalente. Elle
a tout d’abord été surprise mais, dans un second temps, cet
étonnement fut amoindri car les enfants avaient remarqué que
Pierre, Aurélie et Marion aimaient faire des actes en
cachette.
Claire B, Claire R et Estelle ont été surprises.
Thomas et Paul ont trouvé cet événement choquant.
Pauline n’est pas étonnée car beaucoup de vols ont lieu à
son collège.
Mais les enfants affirment que leur regard sur Pierre,
Marion et Aurélie ne va pas changer et qu’ils vont toujours
les aimer.
Les enfants pensent que les parents de Pierre, Marion et
Aurélie peuvent avoir diverses réactions :
- être peinés en pensant qu’ils n’ont pas fait le nécessaire
pour éduquer leurs enfants,
- être déçus au regard de l’effort que représente
l’éducation des enfants,
- avoir honte et craindre pour leur réputation,
- être triste en pensant que leurs enfants vont souffrir.
Sont-ils des parents trop stricts ? Il est possible que leur
rigueur ait suscité des réactions. Marion a peut-être voulu
provoquer car ses parents s’occupaient trop de Pierre.
L’éducation se passe entre deux colonnes : rigueur et
miséricorde.
Est-on capable d’osciller en souplesse de l’une à l’autre ?
Pour être un éducateur, il faut agir par amour et non
par ressentiment ou par colère car les bonnes décisions ne
sont jamais prises dans la colère.
La réactivité de Pierre
La fin de la séance, Pierre est dans un état que les enfants
qualifient de bulle de réactivité (Claire R, Paul, Marion,
Thomas), d’absence (Estelle), de passivité (Pauline).
Ce paralangage associé à la bouderie et à une certaine
agressivité rappelle la réserve propre au cancer.
Le FI incite Pierre à prendre conscience de la couche dans
laquelle il se réfugie et
qui l’empêche de voir son attitude et d’en sortir.
Cet état fait de la peine à Pierre et à ceux qui
l’entourent.
Cependant, les autres ne doivent pas être malheureux
de cette attitude ou si Pierre ne changer, il doit
s’expliquer pour que ceux qui l’entourent puissent
comprendre.
Nous clôturons notre rencontre par une méditation.