Bulletin no 17 du 01/03/2008
 

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Bulletins du groupe d'Eveil à Psychologie, la Philosophie et la Spiritualité

Ces bulletins sont mis gracieusement à la disposition de toute personne jeune ou adulte qui s'intéresse aux questions posées par des enfants sur tous les aspects de la vie. Il restitue les découvertes et les réactions spontanées d’un groupe en cheminement.

Ce groupe (EPPS) est le résultat de la fusion des groupes d'Eveil à la Vie (EVV) et d'Eveil à la Lumière (EVL) qui ont cheminé en parallèle jusqu'en 2007.

Si l’identité des personnes concernées est révélée involontairement par les prénoms des enfants, elles pourront toujours, après la lecture de ce qui suit, établir un dialogue qui révèle l’amour des uns pour les autres.

 

 8 - 14 ans

 

  

BULLETIN N°17

Séance du 01/03/2008

 

Participants : Alveen - Aurélie Claire R - Claire B – Estelle - Léa - Marion - Paul – Pauline – Pierre – Thomas

Animatrices : Dominique - Laurence

Présentation de l’invité

Après avoir fait une méditation sur le silence, notre invité Didier se présente. Il est né sous le signe du taureau, ascendant capricorne. Didier vient dans le groupe depuis 1994, qu’il a connu grâce à Laurence. Auparavant, il fréquentait un groupe de prière. Les enfants définissent les caractéristiques du signe du taureau : fixité, calme, lenteur.

La souffrance liée à la séparation

Léa s’exprime au sujet de la maman de son amie gravement malade, en phase terminale. Elle a d’abord ressenti un sentiment de tristesse et d’injustice, mais maintenant elle arrive à se détacher lorsqu’elle envisage la mort du point de vue de l’âme. Elle sait qu’elle ne peut faire plus que prier et donner de l’amour. Léa ressentait deux types de tristesse : celle de son amie et la sienne par identification, imaginant que cela pouvait aussi lui arriver.

Nous ne pouvons parler d’injustice car nous ne connaissons pas la volonté de l’âme. La tristesse et le sentiment d’injustice peuvent nous conduire à nous renfermer sur nous même, à nous révolter contre l’image que nous avons de Dieu, à le rejeter.

Les enfants considèrent que la séparation avec des êtres qui nous sont chers doit être plus difficile à admettre pour ceux qui pensent qu’il n’y a qu’une seule vie, ou pour les athées.

Manque de confiance et négation

Pauline analyse la façon de penser de son père. Pour lui, il n’y a pas de vie après la mort, il ne voit pas pourquoi il serait triste quand un de ses proches meurent. Cancer ascendant cancer, il s’est construit une carapace qui devient de plus en plus épaisse, qui cristallise comme nous pouvons l’observer chez le natif du capricorne. Il ne semble pas heureux, attendant la mort pour se libérer. Il ne croit en rien, ni en lui, et n’a confiance en personne. Pauline pense que la mort de son père l’affecterait, mais en même temps elle ne le connait pas car il se désintéresse de tout. Sa maman voudrait que son père sorte de son silence, mais il rejette toute tentative. Il est comme anesthésié, il ne ressent plus rien. Probablement que son éducation, ainsi que ses carences sur le plan affectif lui ont fait poser des postulats qui l’empêchent d’être heureux. Pauline n’essaie plus d’être en relation avec lui car il nie tout, elle se dit « tant pis… » De ce fait, ils n’ont plus de vie de famille. Elle relativise cette relation et en souffre moins. Pauline regarde cela et lutte afin de ne pas lui ressembler, car ses déterminismes de capricorne pourraient aussi bien l’insensibiliser.

Thomas est conscient que les relations avec son père sont fluctuantes, elles dépendent de son humeur. Cependant, un dialogue est désormais possible. Thomas a compris que de son père était malheureux.

La « bulle » du cancer

Nous interpellons les natifs du cancer au sujet de leur bulle.

- Pierre : c’est comme si j’étais dans un aquarium rempli d’eau dans lequel je finis par me noyer.

- Claire R. : sans mes parents, sans doute que je passerai mes journées dans ma chambre, à lire, sans parler à personne.

- Estelle : je ne me renferme presque plus grâce à l’aide du groupe, de mes parents et grands-parents. Je ne fais plus de colère non plus.

- Nous demandons à Alveen si, en ce moment, il est dans sa bulle. Alveen répond qu’il ne sait pas.

Il est vrai que quand nous sommes dans notre bulle nous ne pouvons le voir car nous sommes dedans. Ce sont les autres qui peuvent nous le dire.

- Marion (ascendant cancer) : quand je suis mise à l’écart par mon frère et ma sœur je rentre dans ma bulle, ou bien quand les choses ne m’intéressent pas. Je m’enferme et n’entend plus ce qui se passe autour de moi.

 

Pour savoir si nous sommes dans notre bulle, quelles questions pouvons-nous nous poser :

-          est-ce que je suis actif ?

-          est-ce que je vois les autres ?

-          est-ce que j’entends ce qui se dit ?

La « bulle » qui nous isole

Chaque enfant constate qu’il a lui aussi « sa bulle » :

- Paul : parfois après une colère je m’isole dans ma bulle, je n’entends pas ce que disent mes parents. Dès que je reconnais que j’ai fait une colère, la tension retombe.

- Aurélie : quand je suis dans ma bulle, j’entends sans comprendre ce qui se dit.

- Claire B : je suis dans ma bulle quand je fais quelque chose qui me demande de la concentration (devoirs, télé, lecture…).

- Pauline : je suis dans ma bulle quand les autres m’agacent, ou quand je les trouve inintéressant, notamment au collège. J’éprouve alors beaucoup de mépris envers eux. Au conservatoire, j’ai plus de points communs avec les autres élèves, alors je fais des efforts pour aller vers eux, globalement ils sont plus intéressants. Aller vers les autres n’est pas naturel pour moi.

Nous demandons à Pauline si son attitude au collège n’est pas semblable à celle de son père ? Même si ses camarades de collège n’ont pas un comportement « irréprochable », Pauline ne doit-elle pas apprendre à les aimer, à comprendre, à compatir ?

- Thomas : je suis rarement dans ma bulle car je m’ennuie.

- Léa : je suis dans ma bulle quand il y a des enfants que je ne connais pas et avec qui je ne veux pas faire connaissance, alors je m’isole et je lis.

Rester dans sa bulle c’est comme devenir autiste, on ne rencontre plus l’autre. Dans la présence avec l’autre on peut aimer, être heureux de se trouver en relation.

Lecture de l’Initié 

Nous reprenons la lecture de l’initié au chapitre 10 et nous nous arrêtons à « … tandis que le chemin lent s'impose aux pusillanimes : tout autre mode de progrès les conduirait inévitablement à leur perte. »

Dans ce passage, Antonius et Cyanara rencontre l’ermite. Celui-ci leur rappelle que c’est le disciple qui va vers le Maître chercher l’instruction et non l’inverse.

Antonius est frappé par le sentiment de bonheur qui émane de l’ermite, aucune austérité ni sévérité. L’ermite lui demande quel serait l’intérêt de la philosophie si elle n’apportait pas la paix, la divine indifférence ? Celui qui connaît la divine indifférence peut dire : « je suis trop heureux pour pouvoir ressentir la douleur ». Celui qui vit dans une indifférence profane peut dire : "Je suis trop triste par moi-même pour éprouver encore une douleur ni une joie quelconque."

L’ermite leur explique qu’une partie de l’enseignement comporte des secrets qui ne peuvent être divulgués au profane car cela peut être dangereux pour lui et son entourage. Celui qui sort du silence demandé par le Maître se verra fermer la voie directe qui mène à la Connaissance, n’ayant plus à sa disposition que le chemin le plus long. Le disciple doit aussi faire preuve de largeur et de discernement afin de se prémunir contre l’intolérance et le fanatisme.

Il existe pour chaque être humain qui veut arriver à la connaissance la voie la mieux adaptée pour lui. L’ermite leur apprend que la seule différence entre le saint et le pécheur, c'est que le premier choisit le chemin direct, le second la voie détournée.

« De même, les esprits vigoureux peuvent seuls espérer une rapide ascension vers la Divine Connaissance, tandis que le chemin lent s'impose aux pusillanimes : tout autre mode de progrès les conduirait inévitablement à leur perte. »

 

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