Participants :
Alveen -
Aurélie –
Claire R -
Claire B
– Estelle -
Léa -
Marion -
Paul
– Pauline
– Pierre
– Thomas
Animatrices :
Dominique
- Laurence
Présentation de l’invité
Après avoir fait une méditation sur le silence, notre invité
Didier se présente. Il est né sous le signe du taureau,
ascendant capricorne. Didier vient dans le groupe depuis
1994, qu’il a connu grâce à Laurence. Auparavant, il
fréquentait un groupe de prière. Les enfants définissent les
caractéristiques du signe du taureau : fixité, calme,
lenteur.
La souffrance liée à la séparation
Léa s’exprime au sujet de la maman de son amie gravement
malade, en phase terminale. Elle a d’abord ressenti un
sentiment de tristesse et d’injustice, mais maintenant elle
arrive à se détacher lorsqu’elle envisage la mort du point
de vue de l’âme. Elle sait qu’elle ne peut faire plus que
prier et donner de l’amour. Léa ressentait deux types de
tristesse : celle de son amie et la sienne par
identification, imaginant que cela pouvait aussi lui
arriver.
Nous ne pouvons parler
d’injustice car nous ne connaissons pas la volonté de l’âme.
La tristesse et le sentiment d’injustice peuvent nous
conduire à nous renfermer sur nous même, à nous révolter
contre l’image que nous avons de Dieu, à le rejeter.
Les enfants considèrent que
la séparation avec des êtres qui nous sont chers doit être
plus difficile à admettre pour ceux qui pensent qu’il n’y a
qu’une seule vie, ou pour les athées.
Manque de confiance et négation
Pauline analyse la façon de
penser de son père. Pour lui, il n’y a pas de vie après la
mort, il ne voit pas pourquoi il serait triste quand un de
ses proches meurent. Cancer ascendant cancer, il s’est
construit une carapace qui devient de plus en plus épaisse,
qui cristallise comme nous pouvons l’observer chez le natif
du capricorne. Il ne semble pas heureux, attendant la mort
pour se libérer. Il ne croit en rien, ni en lui, et n’a
confiance en personne. Pauline pense que la mort de son père
l’affecterait, mais en même temps elle ne le connait pas car
il se désintéresse de tout. Sa maman voudrait que son père
sorte de son silence, mais il rejette toute tentative. Il
est comme anesthésié, il ne ressent plus rien. Probablement
que son éducation, ainsi que ses carences sur le plan
affectif lui ont fait poser des postulats qui l’empêchent
d’être heureux. Pauline n’essaie plus d’être en relation
avec lui car il nie tout, elle se dit « tant pis… » De ce
fait, ils n’ont plus de vie de famille. Elle relativise
cette relation et en souffre moins. Pauline regarde cela et
lutte afin de ne pas lui ressembler, car ses déterminismes
de capricorne pourraient aussi bien l’insensibiliser.
Thomas est conscient que les
relations avec son père sont fluctuantes, elles dépendent de
son humeur. Cependant, un dialogue est désormais possible.
Thomas a compris que de son père était malheureux.
La « bulle » du cancer
Nous interpellons les natifs
du cancer au sujet de leur bulle.
- Pierre : c’est comme si
j’étais dans un aquarium rempli d’eau dans lequel je finis
par me noyer.
- Claire R. : sans mes
parents, sans doute que je passerai mes journées dans ma
chambre, à lire, sans parler à personne.
- Estelle : je ne me renferme
presque plus grâce à l’aide du groupe, de mes parents et
grands-parents. Je ne fais plus de colère non plus.
- Nous demandons à Alveen si,
en ce moment, il est dans sa bulle. Alveen répond qu’il ne
sait pas.
Il est vrai que quand nous
sommes dans notre bulle nous ne pouvons le voir car nous
sommes dedans. Ce sont les autres qui peuvent nous le dire.
- Marion (ascendant cancer) :
quand je suis mise à l’écart par mon frère et ma sœur je
rentre dans ma bulle, ou bien quand les choses ne
m’intéressent pas. Je m’enferme et n’entend plus ce qui se
passe autour de moi.
Pour savoir si nous sommes
dans notre bulle, quelles questions pouvons-nous nous
poser :
-
est-ce que je suis actif ?
-
est-ce que je vois les autres ?
-
est-ce que j’entends ce qui se dit ?
La « bulle » qui nous isole
Chaque enfant constate qu’il
a lui aussi « sa bulle » :
- Paul : parfois après une
colère je m’isole dans ma bulle, je n’entends pas ce que
disent mes parents. Dès que je reconnais que j’ai fait une
colère, la tension retombe.
- Aurélie : quand je suis
dans ma bulle, j’entends sans comprendre ce qui se dit.
- Claire B : je suis dans ma
bulle quand je fais quelque chose qui me demande de la
concentration (devoirs, télé, lecture…).
- Pauline : je suis dans ma
bulle quand les autres m’agacent, ou quand je les trouve
inintéressant, notamment au collège. J’éprouve alors
beaucoup de mépris envers eux. Au conservatoire, j’ai plus
de points communs avec les autres élèves, alors je fais des
efforts pour aller vers eux, globalement ils sont plus
intéressants. Aller vers les autres n’est pas naturel pour
moi.
Nous demandons à Pauline si
son attitude au collège n’est pas semblable à celle de son
père ? Même si ses camarades de collège n’ont pas un
comportement « irréprochable », Pauline ne doit-elle pas
apprendre à les aimer, à comprendre, à compatir ?
- Thomas : je suis rarement
dans ma bulle car je m’ennuie.
- Léa : je suis dans ma bulle
quand il y a des enfants que je ne connais pas et avec qui
je ne veux pas faire connaissance, alors je m’isole et je
lis.
Rester dans sa bulle c’est
comme devenir autiste, on ne rencontre plus l’autre. Dans la
présence avec l’autre on peut aimer, être heureux de se
trouver en relation.
Lecture de l’Initié
Nous reprenons la lecture de
l’initié au chapitre 10 et nous nous arrêtons à « … tandis
que le chemin lent s'impose aux pusillanimes : tout autre
mode de progrès les conduirait inévitablement à leur
perte. »
Dans ce passage, Antonius et
Cyanara rencontre l’ermite. Celui-ci leur rappelle que c’est
le disciple qui va vers le Maître chercher l’instruction et
non l’inverse.
Antonius est frappé par le
sentiment de bonheur qui émane de l’ermite, aucune austérité
ni sévérité. L’ermite lui demande quel serait l’intérêt de
la philosophie si elle n’apportait pas la paix, la divine
indifférence ? Celui qui connaît la divine indifférence peut
dire : « je suis trop heureux pour pouvoir ressentir la
douleur ». Celui qui vit dans une indifférence profane peut
dire : "Je suis trop triste par moi-même pour éprouver
encore une douleur ni une joie quelconque."
L’ermite leur explique qu’une
partie de l’enseignement comporte des secrets qui ne peuvent
être divulgués au profane car cela peut être dangereux pour
lui et son entourage. Celui qui sort du silence demandé par
le Maître se verra fermer la voie directe qui mène à la
Connaissance, n’ayant plus à sa disposition que le chemin le
plus long. Le disciple doit aussi faire preuve de largeur et
de discernement afin de se prémunir contre l’intolérance et
le fanatisme.
Il existe pour chaque être
humain qui veut arriver à la connaissance la voie la mieux
adaptée pour lui. L’ermite leur apprend que la seule
différence entre le saint et le pécheur, c'est que le
premier choisit le chemin direct, le second la voie
détournée.
« De même, les esprits
vigoureux peuvent seuls espérer une rapide ascension vers la
Divine Connaissance, tandis que le chemin lent s'impose aux
pusillanimes : tout autre mode de progrès les conduirait
inévitablement à leur perte. »