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Bulletin du groupe d'Eveil à la psychologie et à la philosophie.
BULLETIN N° 10Séance du 13/02/1993 Le sujet abordé lors de cette séance a été la poursuite de la réflexion sur la phrase de conclusion de la dernière rencontre : "La nécessité de souffrir pour évoluer". Ce thème est apparu aux membres difficile à expliciter. La souffrance peut provenir d'un remord, d'un sentiment de rejet, d'abandon, de solitude, de ne pas être aimé. Cependant il existe d'autres types ou catégories de souffrance, tel le chômage, la faim, la douleur physique... La question s'est posée de savoir si le désir d'aider ceux qui souffrent est naturel et quelles sont les raisons alimentant un tel désir. Pour tous les membres du groupe, toute aide à une personne pressentie comme étant dans le besoin est un acte spontané et, pour certains, recherché (désir d'exercer une profession de service et d'aide). Afin de découvrir les motivations sous-jacentes, mais encore non exprimées d'une telle intention, une situation purement théorique a été envisagée : Une personne qui n'aurait jamais souffert aurait-elle envie d'aider une personne souffrante ? Un des membres a exprimé l'idée qu'aider quelqu'un, c'est souvent aussi souffrir avec elle. Il est difficile d'imaginer pour une personne n'ayant jamais connu aucun sentiment, ce que l'autre ressent, de même que l'aveugle de naissance ne peut concevoir ce qu'est la couleur et la lumière. Le groupe a donc pensé qu'un tel individu pour accéder à la connaissance devrait tôt ou tard expérimenter la possession et la privation d'une chose, c'est-à-dire la souffrance. Aussi, nous nous sommes interrogés sur les conditions nécessaires et/ou suffisantes pour accéder à l'état de non souffrance, encore appelé "bonheur". Il nous est apparu qu'un seul élément ne pouvait suffire et qu'il existe un dosage plus ou moins personnalisé de ces éléments. Des critères ont été évoqués : l'argent, l'amour, la "compagnie". Ce dernier terme a été discuté et étayé par différentes notions distinctes (chacune d'elles étant aussi nécessaire les unes que les autres) à savoir : la présence d'une masse de matière autour de soi (la nature), l'existence d'un rapport avec une masse vivante (un animal), d'une relation humaine, et finalement celle regroupant les autres, un lien établi avec une personne de sexe opposé. Ce besoin de compagnie a été rapproché de notre nécessité d'expérimentation de nos organes sensoriels. Nous nous sommes intéressés alors à essayer de faire un choix (dans le cas purement théorique où il serait à faire) d'une faculté sensorielle parmi les 5 que nous possédons. Les avis sont partagés de premier abord, mais notre réflexion nous a amené à penser que l'ouïe semble être de première nécessité, puis la vue, ensuite le toucher et enfin l'odorat et le goût.
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